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    Partage de la route

    Automobilistes et cyclistes, gardez votre calme

    1 août 2017 |Patrick Mahony | Idées
    Ce n’est pas dans un esprit de confrontation ni par pulsion suicidaire que les cyclistes ne roulent pas dans l’accotement, mais bien par nécessité.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Ce n’est pas dans un esprit de confrontation ni par pulsion suicidaire que les cyclistes ne roulent pas dans l’accotement, mais bien par nécessité.

    C’est avec grand plaisir que je prends part à ce débat… qui n’en est pas un. Je suis cycliste, motocycliste et automobiliste. Ce qui fait que j’en paie, des taxes, pour rouler sur les routes… même quand je suis à vélo. Aussi bien mettre en terre tout de suite cet argument bidon.

     

    J’ai roulé des milliers de kilomètres en auto et en vélo au Québec, aux États-Unis et en Europe, et je peux vous garantir que la pire attitude des automobilistes envers les cyclistes est au Québec. Je peux aussi vous dire que certains des pires comportements de cyclistes… sont aussi au Québec.

     

    Il y a beaucoup d’éducation à faire auprès des automobilistes québécois, puisque certains propos suintent l’ignorance. Faut pas leur en vouloir. Ils ne savent juste pas. À la base, les pistes cyclables ont été conçues pour les familles et les cyclistes récréatifs qui roulent à pas plus de 20 km/h. On ne peut pas rouler à plus de 20 km/h sur une piste cyclable, ce qui est parfait pour des raisons évidentes de sécurité, vu la clientèle cible.

     

    Par contre, les cyclosportifs qui roulent de 25 à 40 km/h doivent rouler sur les routes. Ce sont eux qui font l’objet de tant de mépris mal placé. Je fais partie de ceux-là. Les cyclosportifs doivent composer avec des routes parfois franchement dégueulasses et des accotements inexistants ou fissurés.

     

    Soyez assurés, chers automobilistes, que ce n’est pas dans un esprit de confrontation ni par pulsion suicidaire que les cyclistes ne roulent pas dans l’accotement, mais bien par nécessité. Dans la région de Magog, les accotements où il fait bon rouler se font rares, surtout pour une sortie de 100 km. Sur 100 km, on va rouler au moins un 20 km en zone « hasardeuse », où nous allons empiéter sur la voie carrossable des voitures.

     

    Nous nous en excusons d’avance. On ne le fait pas exprès. C’est une question de survie. Et si jamais nous roulons côte à côte sur une route de campagne peu passante et que nous ne vous entendons pas arriver à temps pour nous remettre en file indienne, vous pouvez donner un petit coup de klaxon pour annoncer que vous êtes là, et on va se tasser sans vous faire un doigt d’honneur.

     

    Avec le vent, des fois on n’entend pas. Par contre, là où je vous rejoins, chers automobilistes, c’est à savoir que certains cyclistes exagèrent. Certains prennent effectivement la moitié d’une voie, se foutent des automobilistes et les envoient promener.

     

    J’en conviens, l’attitude de ces cyclistes qui se pensent au Tour de France et qui croient que la route leur appartient est déplorable. Vous pouvez klaxonner, leur dire de faire attention, que vous ne voulez pas les écraser, mais souvenez-vous que vous avez une voiture ou un camion de plusieurs centaines de kilos avec un pouvoir démesuré comparativement au cycliste.

     

    Raser les jambes des cyclistes avec votre pare-chocs est inutile. De toute façon, la plupart ont déjà les jambes rasées. C’est donc une perte de temps. Tout autant que les coller et les forcer vers l’accotement ou accélérer en débile une fois à la hauteur des cyclistes. Ça ne nous impressionne pas de toute façon.

     

    À la fin de la journée, que vous soyez en train de tirer votre bateau vers un lac ou votre véhicule récréatif vers un camping, nous voulons tous la même chose. Rentrer à la maison, serrer nos enfants et souper en famille après avoir passé quelques heures à faire une activité qu’on aime. Pensez à ça la prochaine fois que vous aurez le goût de frôler un cycliste: c’est peut-être le père de deux beaux enfants. Est-ce que je veux vraiment en faire des orphelins ? Et les cyclistes, la prochaine fois que le goût de rouler en peloton vous prendra, demandez-vous si vous êtes prêt à laisser votre partenaire élever les enfants seul. Prenez votre gaz égal, partagez la route, faites preuve d’un peu de courtoisie et de civisme et tout le monde va rentrer pour souper avec le sourire.













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