Liberté d'expression — Est-ce correct de frapper un nazi?

La question est apparue lorsqu’une vidéo de Richard Spencer, chef de file du mouvement «alt-right», en photo, se faisant frapper par un militant du mouvement antifasciste devint virale au mois de janvier dernier.
Photo: Chip Somodevilla / Getty Images / Agence France-Presse La question est apparue lorsqu’une vidéo de Richard Spencer, chef de file du mouvement «alt-right», en photo, se faisant frapper par un militant du mouvement antifasciste devint virale au mois de janvier dernier.

Est-ce correct de frapper un nazi ? Cette question est apparue lorsqu’une vidéo de Richard Spencer, chef de file du mouvement alt-right, se faisant frapper par un militant du mouvement antifasciste devint virale au mois de janvier dernier. Si, jusqu’à tout récemment, j’étais de ceux qui répondaient catégoriquement par la négative, les événements de Charlottesville sont venus remettre en question cette conviction.

 

La liberté d’expression est une des pierres angulaires de l’idéal démocratique. Si la citation « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrais jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » a longtemps traduit l’importance de la liberté d’expression, la plupart des sociétés occidentales ont limité celle-ci en excluant certains types de discours, tels les discours haineux ou incitant à la haine. Cependant, les autorités n’ont pas tendance à punir certains groupes usant de ces rhétoriques, comme le montre la résurgence des groupes néonazis, suprémacistes blancs, xénophobes, homophobes et autres, ici comme ailleurs, qui peuvent manifester impunément leurs convictions. L’apogée de cette tolérance a eu lieu à Charlottesville lorsque plusieurs de ces groupes se sont réunis pour la manifestation « Unite the Right » qui visait à dénoncer la décision de déboulonner une statue de Robert E. Lee, général sudiste et esclavagiste notoire. Lors de ces manifestations, on a vu des manifestants parader avec des torches, crier des slogans nazis, insulter des passants sur la simple base de la couleur de leur peau et charger des contre-manifestants pacifistes en voiture, faisant, par le fait même, un mort et une vingtaine de blessés. […]

 

Un paradoxe

 

Karl Popper, philosophe autrichien, a développé un paradoxe qui traduit tous les dangers de permettre et de tolérer l’intolérance. En effet, dans son paradoxe de la tolérance, il explique que la tolérance absolue ou illimitée qui permet l’expression de discours intolérants mène à l’éradication de la tolérance puisque les discours intolérants deviennent alors banals, au même titre que les discours tolérants. Il explique ainsi la montée des mouvements fascistes et nazis en Europe dans la période entre les deux guerres. Selon Popper, pour permettre à la tolérance de s’épanouir et de prospérer au sein de la société, il faut faire preuve d’intolérance face aux mouvements intolérants, d’où le paradoxe. Cette intolérance face à l’intolérance, toujours selon Popper, peut aller jusqu’à l’utilisation de la force.

 

Selon cette logique, la réponse à la question initiale, est-ce correct de frapper un nazi ?, devient indéniablement oui puisque frapper ce dernier est une expression d’intolérance face à l’intolérance.

 

D’un autre côté, notre conception de la démocratie moderne veut que chaque idée puisse s’exprimer librement et de façon pacifique dans l’arène politique et publique. En effet, la démocratie occidentale est basée sur l’idée que le débat public est bénéfique et qu’il aide à la progression de la société. Elle est aussi basée sur l’idée qu’une fois que le débat a eu lieu, tous en acceptent le résultat. Cette même conception veut que tous puissent se reconnaître dans les choix électoraux qui s’offrent à eux, que ce soit par l’existence de multiples partis politiques ou par l’existence de mouvements ou de franges au sein de ceux-ci. Cela vaut aussi pour les idées moins populaires, plus radicales et intolérantes, comme le sont le néonazisme, le suprémacisme blanc et d’autres mouvements de ce type.

 

Lorsque les partisans d’idées ou de valeurs précises ne trouvent pas d’espaces démocratiques leur permettant l’expression de ces idées, on peut dès lors parler d’échec démocratique. C’est un peu l’approche que préconise Slavoj Zizek, philosophe slovène, lorsqu’il dit que la réponse aux provocations des groupes alt-right ne réside pas dans la violence, mais plutôt dans une élévation du débat et que les progressistes devraient répondre en devenant les porte-étendards de la décence, de la politesse et des bonnes manières.

 

Selon cette logique, le fait que quelqu’un exprime des idées intolérantes n’est pas un justificatif valable pour frapper cet individu. Dès lors, frapper Richard Spencer pour ses idées est un geste antidémocratique puisqu’il nie le droit à certaines idées d’être exprimées dans la même arène et selon les mêmes règles que des idées plus largement admises.

 

Si pour certains la réponse à la question « est-ce correct de frapper un nazi ? » semble être d’une simplicité évidente, la réalité est tout autre. Cette question nous force à réfléchir au plus haut point sur les valeurs qui nous semblent chères comme société. Devons-nous lutter contre l’intolérance quitte à être intolérants à notre tour comme le suggère Karl Popper ou devons-nous plutôt essayer de maintenir de plus hauts standards démocratiques et favoriser la décence, la politesse et les bonnes manières ? Alors, est-ce correct de frapper un nazi ? La question mérite d’être posée.

42 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 23 août 2017 05 h 21

    Oui...

    Est-ce correct de frapper un nazi ?
    Ca dépend...
    Selon moi, ça dépend du sens donné au verbe "frapper".

    Qui donc est toujours menacé par les porteurs avoués du nazisme ?
    Qui, au-delà des individus qui sont d'abord visés par leurs ahurissantes, avilissantes et stupides idées ?
    Qui, sinon la société elle-même dans laquelle vivent ces adeptes de l'ignorance pure ?

    Alors oui, oh oui ! la société en question a le droit de frapper ces dernières personnes ainsi "en uniforme".
    De les frapper par la loi, bien entendu, pour éclairer les citoyens de la contagion haineuse possible de leur abrutissement.
    De les frapper en les disqualifiant, par exemple, de leurs droits de vote.
    De leur imposer de même de se présenter obligatoirement à la police à toutes les semaines et sans exception possible autre que l'hospitalisation.
    De les isoler socialement pour leur ôter toute possibilité d'attractivité auprès des gens, surtout des jeunes, qui se cherchent une personalité toute prête, à défaut de croire possible de forger la leur.
    De les frapper culturellement et solidairement, afin que tous comprennent que le leurre du racisme n'est jamais une opinion. En particulier lorsqu'il se présente sous forme d'organisation politique.
    A interdire...
    Ne sait-on pas depuis des décennies à quoi abouti un tel excès de liberté d'expression pour un concept aussi facile à adopter que vide de sens véritable ?
    Avons-nous vraiment envie de participer à un nouvel anéantissement programmé de toute une jeunesse ? Et ce, pour servir quelques intérêts égoïstes et malsains ?
    Jamais le racisme ne peut être une opinion, tant son idée de hiérarchie des groupes humains est une putréfaction de l'esprit. Faut-il encore le prouver pour que les plus bêtes de nous ? Alors qu'ils ne s'en rendront même pas encore compte.
    Oui, il faut frapper ceux qui frappent l'humanité, en tout ou en partie, pour réduire sa pensée au stade larvairel.
    Les frapper là où ça fait mal : pas au corps, mais au besoin de recon

    • Cyril Dionne - Abonné 23 août 2017 15 h 26

      M. Côté,

      Vous savez que le racisme n’est pas unidirectionnel. Le racisme inversé n’est pas un leurre. Mais vous semblez être d’accord pour limiter la liberté d’expression des gens avec qui vous n’êtes pas d’accord. La liberté d’expression est aussi fondamentale que nécessaire parce qu’elle libère les peuples du joug de la classe dominante.

      Un néo-nazi n’est pas un nazi dans le pur sens du terme de l’Allemagne hitlérienne. Il ne faudrait pas confondre nos nouilles de l’extrême droite qui font des discours dans leurs temps libres avec ceux qui ont créé une infrastructure autant gouvernementale que privée dans l’élimination de races et ethnies en suivant à la lettre, les principes de l’eugénisme. On parle ici d’extrémisme qui est autant à la gauche qu’à la droite et non pas d’incitations à la haine ou de diffamation bien couverts sous notre Code criminel. En fin de compte, ce sont les actes extrémistes qu’on voudrait bannir afin de maintenir un vivre ensemble dans une communion sociétale démocratique. Il y a autant de fascistes de la gauche que de la droite. Voir Jaggi Singh et nos djihadistes mal-aimés de l’EI.

      Pourquoi avoir une contre-manifestation alors que des gens s’expriment librement et qui sont bien encadrés par les autorités ? Si on veut faire passer notre point de vue, on s’organise pour faire notre manifestation ailleurs et dans un autre temps. Sinon, on semble vouloir bannir ceux qui n’ont pas le même point de vue philosophique que nous sans parler de la violence inévitable qui résulte des confrontations entre les deux groupes.

      L’extrême droite, comme pour l’extrême gauche, sont toujours la résultante d’une faillite intellectuel de la part de ceux qui gouvernent. Pourquoi Donald Trump a été élu le 45e président des États-Unis » et il y a eu le BREXIT au Royaume Uni ? Parce que les gens ont en ras-le-bol des discours creux et peuplés de mensonges des politiciens. La langue de bois de la Sainte rectitude politique a fait son temps.

    • Yves Côté - Abonné 24 août 2017 03 h 38

      Monsieur Dionne, par les confusions de pensée et exemples déformés que vous exposez, vous participez tristement à embrouiller les esprits.
      Il y a tant de concepts que vous y tordez et de demi-vérités pour donnez raison au racisme, que vous portez atteinte à la rigueur minimale de pensée à exiger d'un intellectuel intègre.
      Vos approximations fautives y sont partout présentees comme des vérités absolues.
      D'ailleurs, voici quelques exemples concrets des détournements de sens que vous avez produits par idéologie aveugle.
      D'abord, le racisme n'est pas à la hauteur de ce qu'est une opinion, mais est tout simplement une absence totale de pensée. Ou si vous préférez, un vide abyssale de logique élémentaire puisqu'il repose, que vous le vouliez ou non, que vous pe perceviez ou non, que vous le cachiez ou non n'y change rien, repose sur un classement hiérarchique des humains et des groupes humains en strate de valeurs.
      Monsieur, les hommes-les femmes, les Blancs-les Noirs-les Autres, les Québécois-les Canadiens-les Autres, les peuples nantis-les peuples pauvres, les catholiques-les musulmans-les athés-les autres, les petits-les grands-les moyens, les personnes valides-les personnes handicapées-les personnes malades, les jeunes-les ainés-les autres, etc ont non seulement tous les mêmes droits humains à être ce qu'ils sont, mais à l'exprimer.
      La limite d'expression que je propose n'est rien de moins qu'élémentaire envers les individus qui font la promotion active de la haine. Celle de l'une, de l'autre ou de plusieurs des catégories non-exhaustives de personnes ci-dessus.
      Ensuite, sur "La liberté d’expression" qui donne à "libérer les peuples", je vous suggère fortement de vous intéresser aux premières heures de la montée du nazisme en Europe. Vous retrouverez partout la déformation de cette idée de liberté comme la justification la plus fréquente à la présentation de la haine comme étant une "opinion" et de l'organisation de cette absence d'idées en système et parti pol

    • Yves Côté - Abonné 24 août 2017 03 h 39

      Ce qui nous amène au nazisme et au néo-nazisme dont vous proposez de faire une distinction de sens fondamental que d'ailleurs vous qualifiez "pur sens du terme". Pureté qui justement devrait, malencontreusement pour vous et l'idéologie nauséabonde que vous tentez de présenter comme une pensée qui aurait sa place en pays libre, nous ramener aux préceptes infondés mais rendus facilement populaires qui ont donnés naissance au parti Nationalsozialismus, National-Socialiste en français ou si vous préférez, au nazisme sous sa forme contractée...
      Selon le sens trompeur de votre exposé, que vous présentez ouvertement comme capable de séparer le nazisme du néo-nazisme dans leur essence, le néo-modernisme ne serait pas du modernisme, le néo-impressionisme ne serait pas de l'impressionisme, etc.
      Et surtout, démontrant ainsi l'absurdité de cette prétention que le néo-nazisme n'est pas du nazisme bien qu'étant directement issue de celui-ci, alors que lui-même est un néologisme du mot "fascisme", concept totalitaire qui l'a précédé en "logique"...
      D'ailleurs, votre exposé sur la différence qu'il faut faire entre ceux que vous appelez des "nouilles" et ceux qui ont su créer une Allemagne et voulu créer une dictature européenne nazie est révélateur de la méconnaissance totale que vous montrez de l'histoire du nazisme puisque justement, le mouvement nazi devenu ensuite parti politique fut exactement bâti sur un recrutement lent et patient sur une décennie de ce type de personnes. Recrutement public croissant et de plus en plus construit d'exaltations racistes qui devenaient claires et nettes.
      Autrement, SVP, comment faites-vous donc pour condamner une contre-manifestation, vous qui vantez les mérites de toutes les expressions publiques possibles ?
      Je me demande par quel détournement de sens maintenant vous y arrivez...
      Et en final ici, je terminerai sur le même ton sentencieux et pseudo-paternaliste dont vous usez pour contredire mon message de paix.

    • Yves Côté - Abonné 24 août 2017 03 h 40

      Et en final ici, je terminerai sur le même ton sentencieux et pseudo-paternaliste dont vous usez pour contredire mon message de paix.
      Monsieur, ce n'est pas "Parce que les gens ont en ras-le-bol des discours creux et peuplés de mensonges des politiciens" qu'il doit être donné aux individus et groupes de laisser libre-court au nazisme et à ses concepts, comme s'il s'agissait d'un sujet comme les autres.
      Pour peu que vous soyez sérieux dans vos recherches de connaissances sur le sujet, pour peu que vous preniez en compte les atrocités historiques, les massacres de masse, les assassinats de familles entières, les morts de jeunes de vingt ans par millions sur les champs de bataille en une époque qui n'est certainement pas éloignée de la nôtre dans le temps, pour peu donc que vous soyez aussi de bonne foi en n'étant pas vous-même déjà infesté par ce qui n'est qu'une peste de l'esprit, en tant qu'humain respectueux de la vie et des humains surtout, vous devez participer à la dépréciation totale et de tous pour le nazisme.
      Cela incluant tout ce qui en découle, à l'exemple précis de ce qu'on appelle le néo-nazisme.
      Et de l'affirmer n'est certainement pas du genre exact de ce qu'est la rectitude politique et la langue de bois, Monsieur.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 août 2017 08 h 34

      M. Côté,

      Vous pensez pour une seconde que ceux qui se joignent à des groupes de la droite comme la Meute connaissent l’histoire du nazisme? J’en doute fort. Vous pensez qu’ils ont lu William L Shirer, Alan Bullock, Ian Kershaw, Christabel Bielenberg, Albert Speer, Helmuth James von Moltke et j’en passe? Pensez-vous que ceux-ci ont étudié à l’université le phénomène du nazisme et de sa doctrine, l’eugénisme qui était prévalente partout dans le monde durant les années 20 et 30 même ici au Canada? Encore une fois, laissez-moi en douter. Il y a une exagération du pouvoir de ces groupes de la droite par ceux de l’establishment et les élites. Ce nouveau phénomène de la droite dépeint plutôt un vide de leadership et une population laissée pour contre. Hitler et ses fascistes ont été votés au pouvoir parce les Allemands avaient tout essayé auparavant. Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NAZI) était la risée de tous durant les années 20 avant le Krach de 1929.

      Le racisme est d’une vulgarité sans précédent dans une démocratie et un état de droit qui pratiquent le vivre ensemble dans une communion sociétale. La meilleure façon de contrer la montée de celui-ci, c’est en renforçant la liberté d’expression au point de vue légal pour le dénoncer de façon pacifique. Vous semblez confondre les pays en mettant tout le monde dans le même sac. Le Québec n’est pas les États-Unis, l’Autriche, la Hongrie etc.

      Toutes les bonnes âmes qui prêchent l’égalité pour tous sont souvent les premiers à rejoindre les rangs des extrémistes durant les conflits. La Résistance française durant l’occupation nazie se comptait seulement en dizaines de membres parce que la plupart avaient rejoint le général Pétain. Et de ce nombre, la plupart étaient des communistes qui suivaient les ordres de Staline. Vous connaissez sans doute François Mitterrand, lui qui s’était associé au régime de Vichy jusqu’en 44 avant que tout le monde s’aperçoive que le régime nazi tirait à sa fin.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 août 2017 08 h 36

      M. Côté (2),

      La contre-manifestation était violente. En fait, ce sont seulement eux qui ont commis des actes de violence physique. Il fut un temps où la gauche travaillait pour les gens ordinaires et les travailleurs qui étaient exploités par les patrons. Aujourd’hui, ceux-ci sont secondaires à la cause altermondialiste puisque pour les bien-pensants et donneurs de leçons, qui ne gravitent pas dans le monde des pauvres et des sans abris, alimentent cette rectitude politique avec des stupidités à tous les jours. Plusieurs, du haut de leur tour d’ivoire, essaient de nous faire la leçon. Et si on est en désaccord avec eux ou bien on aurait quelques questions à poser, tout de suite ils vous taxeront de xénophobes ou même de racistes.

      En utilisant des sophismes, on peut, à l’extrême, justifier notre position démagogique. Ce que semblez faire. Vous banalisez les groupes d’extrêmes gauches en mentionnant que c’était seulement une minorité au sein de ce groupe qui ont été violent. C’est le même argument pour les musulmans. Ce n’est pas notre religion qui est violente ou qui incite à la violence, ce sont des fidèles qui sont trop empeignés du coran. « Ben » oui.

      Doit-on vous rappeler que ce sont les groupes d’extrêmes gauches qui ont été les plus violents et meurtriers durant le 20e siècle dernier? Ils ont réussi à éclipser notre p’tit barbu dont les troupes faisaient du « goose-stepping ». Plus de 100 millions de morts, Mao Zedong, Joseph Staline, Pol Pot, Fidel Castro et j’en passe, obligent. Maintenant, il y a une idéologie politico-religieuse aux accents meurtriers qui risque de faire encore pire. C’est ben pour dire.

    • Yves Côté - Abonné 25 août 2017 04 h 52

      Monsieur Dionne, je serai bref et direct. Je pense que cela est nécessaire pour remettre les choses à leur places ou si vous préférez, l'église au milieu de village.
      D'abord, où donc voyez-vous que je cautionne la violence de qui que ce soit ?
      Relisez sans trop vous emballer mon commentaire de départ et ma réponse à vous et vous le constaterez certainement...
      Peut-être votre enthousiasme vous emporte-t-il un peu trop ? Ce qui est toujours trompeur, bien que restant tout en noblesse d'esprit pour la personne qui se trompe ainsi.
      Mais peut-être aussi est-ce autre chose qui guide votre plume et alors, la chose en serait bien moins glorieuse ? Comme je ne suis pas en mesure d'en juger, j'argumenterai encore en terme purement intellectuel.
      Monsieur, j'ai bien peur d'avoir le déplaisir de vous suggérer de replonger sérieusement et calmement dans les faits historiques réels pour ne plus prendre certaines propagandes trompeuses, mais par dessus tout nauséabondes, pour comptant.
      En effet, d'abord, comment pouvez-vous percevoir avec ce que j'écris, que j'estime "que ceux qui se joignent à des groupes de la droite comme la Meute connaissent l’histoire du nazisme" alors que partout j'exprime exactement le contraire ?
      Moi pas comprendre...
      Ensuite, d'où tenez-vous donc que "les Allemands avaient tout essayé auparavant" ?
      Tout ?!?
      Ce n'est pas parce que le fruit (pourtant pourri) apparaissait mûr au tiers des électeurs (proportion du vote pour Hitler et son parti) et que l'opportunisme nazi (hantise populiste de la gauche... Tiens, tiens ! je vais relire votre dernière ligne de texte) et rejet violent et total par les forces "de l'ordre" des "asociaux, dépravés et dégénérés" leur donne alors des ailes, que les nazis détenaient pour autant la seule solution qui restait au pays.
      Loin de là !
      Encore ensuite, il est tout aussi totalement faux d'affirmer que "le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NAZI) était la risée de tous avant le Krach de 1929". Faux, parce qu'il ne l'était que de ces intellectuels qui étaient aveuglés de leurs propres succès. Trompeur autant que de croire que "la Résistance française durant l’occupation nazie se comptait seulement en dizaines de membres parce que la plupart avaient rejoint le général Pétain".
      Dizaines ! Dizaines !? Curieux que vous repreniez ici justement un des mantras discursifs, aussi faciles, médiocres qu'indémontrables, préférés de l'extrême-droite (française et autres)...
      Pour de ce qui est de François Mitterand, je pense là aussi que vous prenez trop de vos "informations" dans une certaine presse bien connue (pourtant) pour ses mensonges et généralisation trompeuses.
      Mais malheureusement pour vous et votre texte, il y a pire.
      Enfin il y a mieux pour nous lecteurs...
      Où trouvez-vous donc dans mes mots que je "banalise les groupes d’extrêmes gauches en mentionnant que c’était seulement une minorité au sein de ce groupe qui ont été violent" ?
      Où donc est cette mention ?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 août 2017 16 h 38

      Je serai bref, quitte à devoir y insister !

      Simple clin d'oeil :)

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 août 2017 07 h 02

    … frapper ou ?!?

    « Devons-nous (…) ? Alors, est-ce correct de frapper un nazi ? » (Hadrien Chénier-Marais, Candidat à la Maîtrise, Dpt Science politique, U Mtl)

    De cette question, douceur double + une :

    A Compte tenu, et nonobstant ?, du monde de l’éthique, « frapper un nazi », ou « vandaliser », pendant une manifestation, apparaissent constituer un délit passible de judiciarisation ;

    B Compte tenu, ou nonobstant ?, des éléments structurant le néo-nazisme actuellement « actif », des éléments rappelant ceux du 3ème Reich, « frapper un (tel) nazi » pourrait apparaître, ici, fondé et légitimé, et ;

    C Compte tenu de ce qui précède, la question susceptible d’être retenue vise moins celle de savoir s’il est « correct » que de savoir s’il est comme « permis-interdit » de « frapper un nazi », et ce, avant qu’il ne frappe à son tour, une fois parvenu au Pouvoir !

    Finalement, devant-derrière des questions-activités de tolérance et démocratie appréhendées, difficiles à vivre, doit-on …

    … frapper ou ?!? - 23 août 2017 -

  • Marc Therrien - Abonné 23 août 2017 07 h 11

    Tolérer que chacun se fasse justice morale lui-même?


    Frapper un nazi est certes un geste d’une grande autorité ayant pour but de ramener à l’ordre un individu dont on juge qu’il dépasse les bornes. Ce genre de geste est autorisé pour les policiers qui peuvent utiliser la force raisonnable dans le cadre légal où un arrêt d’agir criminel est en cause. Est-ce qu’un citoyen peut se permettre de faire preuve d’autorité morale en frappant un nazi quitte à commettre une voie de fait susceptible d’être punie? Il me semble que tolérer que l’on se fasse justice morale soi-même ne nous fasse pas progresser par en avant dans le projet humaniste.

    Toute comparaison peut apparaître boiteuse, mais je me demande avec cette question s’il est correct de frapper un enfant en colère qui hors de lui-même dépasse les bornes au point de faire sortir son parent de ses gonds. Si on ne valorise plus l’emploi de la violence physique dans l’éducation des enfants, j’imagine qu’en toute cohérence on devrait aussi ne pas la valoriser dans la « ré-éducation » des adultes oppositionnels qui ont de la difficulté à vivre avec le consensus social. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir combien de gens ruminant des idées extrêmes ont eux-mêmes été éduqués dans la violence pour pouvoir ainsi la légitimer.

    Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 23 août 2017 19 h 01

      Excellent commentaire M. Therrien.

      Frappez un nazi! De quel nazi parle-t-on? Qu’est-ce que nazi? Quelqu’un qui ne pense pas comme vous?

      Dans tout ce cirque médiatique multiculturaliste, bien que les actions de l’extrême droite sont condamnables, le mouvement de la gauche radicale fait autant plus peur, sinon plus. Cette manie qu’ils ont à dénoncer ceux qui ne pensent comme eux, quitte à utiliser la violence pour faire valoir leur point de vue me rappelle bien plus une certaine idéologie politico-religieuse qui n’accepte pas la critique de ses dogmes et de sa doctrine. Cet empressement à limiter la parole des autres même si celle-ci va à l’encontre de nos principes et valeurs démocratiques, élève la critique des ces groupes marginaux au niveau du blasphème. Ce ne sont pas les mêmes qui s’acharnent aux Nations unies de faire reconnaître comme un acte illégal, la critique de l’islam? S’ils veulent faire taire ce groupe mal informé de « droitistes » du weekend, imaginez ce qu’ils veulent faire avec les valeurs et les principes des gens ordinaires lorsqu’ils vont à l’encontre de leur idéologie? Le maire Labeaume avait raison; dehors tous ces extrémistes de grand chemin. La gauche devrait plutôt s’inspirer de Mahatma Gandhi.

  • Michel Lebel - Abonné 23 août 2017 07 h 12

    Non!


    La réponse me paraît évidente: dans une démocratie, on ne peut répondre à quelconque parole dite en public par un geste violent à l'égard de celui qui la prononce. J'ajoute également qu'on ne peut se faire justice soi-même.

    M.L.

  • François Beaulé - Abonné 23 août 2017 07 h 14

    Les mots et les actes

    La bonne réponse à la question posée par M. Chénier-Marais est « non ».

    Tout simplement parce que les actions violentes sont beaucoup plus répréhensibles que les paroles violentes. Ce sont les actes violents qui sont d'ailleurs lourdement sanctionnés par le code criminel au Canada et dans toutes les démocraties du monde. Alors que les démocraties protègent la liberté d'expression des idées, verbalement et par écrit.

    Il existe cependant des différences dans les limites de la liberté d'expression selon les pays. Le Canada interdit l'expression de propos haineux et l'incitation à la violence physique alors que les États-Unis accorde une liberté totale à cette expression.

    La liberté d'expression à la canadienne nous permet de débattre sur la légitimité ou non de réprimer les discours racistes ou sexistes. Mais l'individu seul ou un groupe particulier n'a pas le droit d'empêcher l'expression de certaines idées tolérées par la loi. Surtout pas par la violence et l'agression physique.

    En ce sens, les contre-manifestations sont malvenues quand elles ont pour but d'empêcher l'expression d'idées tolérées par la loi. Pour que la liberté d'expression soit effective, il faut que chaque idée puisse réellement être visible et audible et non pas masquée par des contre-manifestants qui chahutent dans le but de bloquer cette expression.