Lac Barrière: l’assaut des minières

Manifestation devant le Palais de justice de Montréal en août 2014. «L’exploitation minière de notre territoire ne sera pas tolérée», écrit Norman Matchewan.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Manifestation devant le Palais de justice de Montréal en août 2014. «L’exploitation minière de notre territoire ne sera pas tolérée», écrit Norman Matchewan.

Mon peuple, les Algonquins du lac Barrière, a souvent dû faire des concessions ou accepter des intrusions sur son territoire traditionnel. Ces intrusions étaient autorisées par le gouvernement du Québec sans notre consentement. Une grande partie de notre territoire est connue par les Québécois sous le nom de la Réserve faunique La Vérendrye. Nous continuons à vivre, à chasser, à pêcher et à pratiquer diverses activités culturelles sur le territoire.

 

Malgré la présence d’une réserve faunique et d’un accord, vieux de 25 ans, de cogestion et de partage de la richesse sur une partie de notre territoire traditionnel, des compagnies forestières et minières ont pris le territoire d’assaut et ont compromis nos capacités de nourrir les membres de notre communauté et de pratiquer notre culture. En réponse, nous avons bloqué l’autoroute et des routes forestières, expulsé des exploitants miniers et forestiers, entamé des procédures judiciaires et manifesté au Québec et à Ottawa avec des centaines d’alliés. Nous prenons les mesures qui s’imposent pour protéger le territoire.

 

Une reprise de négociations avec le gouvernement du Québec sur l’application de l’accord intergouvernemental nous a permis un peu d’optimisme quant à la voie de la réconciliation. Malheureusement, les événements récents démontrent à nouveau que les engagements ne sont pas respectés et que des industries se font accorder des laissez-passer pour accéder aux ressources du territoire, sans le consentement de notre peuple algonquin.

 

Nous sommes prêts à chercher des accommodements avec certaines activités forestières et récréatives, ainsi qu’avec les barrages hydroélectriques existants, mais l’exploitation minière de notre territoire ne sera pas tolérée. Malgré cette prise de position claire, le gouvernement québécois a levé dernièrement la suspension, en vigueur depuis de nombreuses années, des droits miniers détenus par la compagnie minière junior Copper One. Cette dernière prévoit couper des arbres et forer sur notre territoire cet automne et cet hiver. Cette compagnie et d’autres ont fait le bornage de concessions minières à travers notre territoire sans notre consentement et malgré le fait que nous ayons répété que l’exploitation minière n’est pas compatible avec notre vision du territoire et de la poursuite de nos activités traditionnelles. À aucun moment, nous n’avons été informés au cours des récentes négociations d’un changement dans la position du gouvernement québécois concernant les activités minières sur notre territoire.

 

Cette situation nous a incités à construire un campement de défense du territoire que nous utilisons pour surveiller les activités de Copper One et d’autres compagnies.

 

Nous invitons vivement tous ceux qui apprécient le territoire — les eaux, les poissons et la faune de cette région — ceux avec qui nous la partageons — à se joindre à nous pour s’opposer à ce nouveau type de développement des plus nuisibles pour l’environnement. Nous appelons les groupes sensibles à notre cause à travers le Québec et ailleurs à travailler avec nous pour empêcher les activités d’exploration planifiées par Copper One de se réaliser. Nous vous invitons tous à vous joindre à cet effort. Soyez assurés que nous ferons le nécessaire pour protéger le territoire.

  • Raynald Rouette - Abonné 21 novembre 2016 09 h 52

    Le politique, le judiciaire, les services de l'ordre, un trio au service du 1%


    Le Canada s'est construit sur cette base, ils sont interdépendants, ça explique beaucoup de choses...

    Les lois qui nous régissent sont l'oeuvre des puissants et de leurs représentants politiciens en place depuis la conquête de 1759 jusqu'à nos jours.

    Une véritable alliance entre autochtones et alloctones pour un «Québec libre» est-il possible?

    Il faut que les deux communautés se parlent afin de briser leurs chaînes!

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 21 novembre 2016 13 h 21

    Il est malheureux que...

    nous en sachions si peu sur votre peuple, les Algonquins du Lac Barrière... de la Réserve faunique La Vérendrye...Et lorsque j'ai vu les bannières, écrites en français, sur la photo...je suis allée voir plus loin...sur internet et j'y suis restée près de 2 heures.

    On dit souvent n'importe quoi sur Internet mais...j'y ai appris un tas de choses fort intéressantes pour quelqu'un qui, comme moi, cherche à comprendre, à apprendre.

    Une raison de ce non-savoir...c'est que la plupart des autochtones,en réserve, (sic) sont pupilles du gouvernement fédéral à 90%, ne parlent que leur langue autochtone et ...l'anglais. D'ailleurs c'est de: "les Algonquins de Barriere Lake" dont il est question dans le site fédéral des Affaires autochtones.
    On nous dit aussi que le peu de renseignements que le citoyen canadian sic /québécois reçoit, l'est ou le sont de la part des médias...Hors, ce sont plutôt les Iroquois/Mohawks qui font la manchette plus souvent qu'autrement...

    Comme nous nous battons, nous aussi, pour la protection du territoire québécois, face aux minières et pétroleux de toutes sortes, il me semble normal de vous appuyer dans vos démarches.