Fluoration: distiller le doute dans les esprits

Photo: Michaël Monnier Le Devoir

Il est malheureux de constater que des personnages comme Gilles Parent se servent de nos journaux pour tromper sciemment la population avec des propos mensongers concernant la fluoration de l’eau potable (« Fluoration : faire confiance aux autorités de la santé ? », Le Devoir, 31 décembre 2014).

Je suis médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, associé du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, et j’ai toute la formation nécessaire pour prescrire aux municipalités l’ajustement des concentrations de fluor dans l’eau potable pour prévenir la carie dentaire. Gilles Parent le sait très bien puisque nous avons débattu de cette question devant le conseil municipal de Sainte-Marie de Beauce, en juin 2009. Il le sait très bien aussi puisque nous nous sommes rencontrés en commission parlementaire sur cette question, en avril 2013.

Ses allégations de non-compétence et de non-imputabilité sont franchement mensongères. Comme tout médecin, je peux être poursuivi par mon ordre professionnel si je prescris un examen ou un traitement qui ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique. Je suis donc tout à fait responsable de ma prescription. Il n’y a aucune controverse scientifique sur l’efficacité et l’efficience de l’optimisation des niveaux de fluorure dans l’eau potable des réseaux municipaux.

Le médecin qui prescrit un traitement à son patient ne peut pas grand-chose si ce patient décide d’en faire fi. Il en est de même lorsque le patient est une communauté ou une collectivité. Les spécialistes en santé publique et médecine préventive ou les spécialistes en médecine du travail sont souvent confrontés au fait que, même si certaines personnes sont prêtes à mettre en oeuvre le traitement prescrit, c’est la décision collective qui prévaut.

Dans le cas de la fluoration de l’eau potable, cette mesure préventive est pourtant l’une des plus efficaces qui soient, avec un rendement d’environ 80 dollars pour chaque dollar investi. Mais le lobby des fabricants du doute est bien puissant et n’hésite pas à utiliser le mensonge pour distiller le doute dans les esprits. Nous en avons encore une brillante démonstration…

30 commentaires
  • Michel Vallée - Inscrit 6 janvier 2015 01 h 22

    Quel est votre intérêt de souhaiter que tous et chacun –même ceux qui portent un râtelier !- consomme votre potion ?

    L’aqueduc n’est ni un dispensaire ni une pharmacie, et il n’est guère éthique de forcer le consentement des citoyens en leur administrant par un service public une substance qui n’est même pas homologuée par Santé-Canada.

    Comme disait l’autre, les lacs de l’Abitibi ne sont pas fluorés, et pourtant à ce jour on n’y a jamais pêché un brochet muni d’un dentier.

  • Marc Rainville - Inscrit 6 janvier 2015 06 h 17

    À qui profite le crime ?

    L'industrie des produits chimiques est passée maître dans l'art de coopter des professionnels de tout acabit. La meilleure façon de mener ce pays à sa perte, c'est de continuer à faire son jeu. La meilleure façon de faire attention à sa santé dentaire, c'est de se brosser les dents.

  • Johanne St-Amour - Abonnée 6 janvier 2015 08 h 18

    De gré ou de force!

    De gré ou de force, on nous fera avaler de l'eau fluorée!

    Cet article me rappelle les propos de M. Horacio Arruda,directeur national de santé publique et sous-ministre adjoint au ministère de la Santé, dans Le Devoir du 2 juillet 2013 dans lequel il mentionnait vouloir fluorer l'eau potable de la moitié de la population d'ici 2017.

    J'ai rarement vu un aussi grand acharnement! Très curieux, alors que les soins dentaires sont à la charge des gens eux-mêmes, sauf pour les plus démunis et qu'une très grande quantité de produits d'hygiène dentaire au fluor existe. On menaçait même de mettre ses composés de fluor dans l'alimentation si l'inacceptabilité sociale persistait! Quand des scientifiques croient détenir la "vérité de la Palice" et veulent imposer une vision, ce n'est plus des mesures de santé, mais des mesures autoritaires de coercition.

  • Johanne Dion - Inscrit 6 janvier 2015 08 h 29

    Moi, j'en veux pas!

    Même si un médecin me prescrit des médicaments, j'ai toujours le choix de ne pas avaler sa prescription. Hé bien, il est bien là le problème: si l'eau de mon robinet est fluorée, je n'ai pas le choix que de la boire! Je peux toujours acheter ma pâte à dent fluorée, mais laissez l'eau tranquille! On n'est pas du bétail dans un élevage! La fluoration de l'eau potable, c'est de la médication de masse. Les médecins peuvent bien en débattre ad vitam aeternam, nous sommes dans une société qui jouit d'une liberté de choix, à ce que je sache!

  • Renaud Blais - Inscrit 6 janvier 2015 08 h 58

    Médicament non prescrit et non homologué

    Ce médecin est aussi prétentieux que bien des soit-disant professionnels.
    De plus, il parle autant de fric que de santé, qui n'est pas de sa compétence.
    Sauf qu'il ne répond pas aux questions de fond:
    - Quel pourcentage de l'eau des aqueduc passe par les dents ?
    - Quel est l'effet de la surfluoration des eaux sur nos sol ?
    - Pourquoi ne pas suggérer, à ceux qui le veulent d'utiliser un dentifrice fluoré ?
    - Où est l'homogation du fluore à Santé Canada ?
    - Que faire des déchets de fluore si on ne le mets pas dans l'eau soit-disant potable ?
    - etc.
    Renaud Blais
    Québec

    • Serge-Étienne Parent - Abonné 7 janvier 2015 10 h 00

      Q1: Peu, mais suffisamment pour diminuer substanciellement les occurences de caries.
      Q2: Il n'y a pas de "surfluoration" et aucun effet sur l'environnement aux doses prescrites.
      Q3: La fluoration est une approche complémentaire à l'éducation à l'hygiène dentaire.
      Q4: Au Québec, l'homologation est effectuée par le Laboratoire de santé publique et le contrôle de qualité est effectué régulièrement par le Laboratoire et en usine.
      Q5: Le fluor est entre autre utilisé en métallurgie.