Libre opinion - Compétitivité : des solutions accessibles

Il a été abondamment question depuis quelque temps du déclin de notre secteur manufacturier et de notre trop faible productivité. Le Bilan 2013 sur la productivité et la prospérité au Québec est sans équivoque : un virage majeur et rapide s’impose. Un virage d’autant plus important que le secteur manufacturier est névralgique pour le développement économique de la métropole, où il représente 12 % du PIB et 220 000 emplois, en plus d’être responsable d’une large part de nos exportations.

 

Pourquoi nos entreprises accusent-elles ce retard aujourd’hui ? Plusieurs vents contraires qui ont soufflé durant la dernière décennie, dont l’appréciation du dollar canadien et la concurrence accrue des pays émergents, ont ébranlé la production et entraîné le déclin de l’emploi. Il est temps de renverser la tendance. Ne pas agir aura de graves conséquences sur notre prospérité et notre niveau de vie. Comment y parvenir ? Les avis des experts convergent : nos PME doivent avoir recours aux solutions numériques et à l’automatisation. En intégrant les technologies de pointe, les entreprises seront plus productives et compétitives, favoriseront la création de richesse, développeront des emplois de qualité et seront à même d’attirer la relève.

 

Et le moment est opportun pour le faire. L’économie américaine prend de la vigueur, l’ouverture des marchés européens ira en s’accroissant, notre dollar s’est légèrement déprécié et les prix des matières premières ont baissé. Les entreprises doivent saisir cette occasion pour repenser leur modèle d’affaires et intégrer de nouveaux procédés de fabrication.

 

Nul besoin de réinventer la roue : nous possédons l’expertise en matière de numérique et d’automatisation. Les gouvernements du Canada et du Québec, le CEFRIO et le REAI comptent parmi les principaux acteurs qui oeuvrent à soutenir nos entreprises manufacturières dans leurs démarches d’acquisition de ces technologies.

 

Par exemple, l’initiative PME 2.0 du gouvernement du Québec pilotée par le CEFRIO accompagne des entreprises manufacturières des secteurs de la mode et de l’aéronautique dans leurs démarches de passage au numérique. Les leçons tirées de ces projets pilotes doivent servir à l’élaboration d’outils et de façons de faire pour les PME d’autres secteurs industriels afin d’améliorer leur performance.

 

De même, le REAI regroupe des entreprises qui sont toutes des partenaires pour les PME manufacturières souhaitant réaliser des projets en automatisation et intégrer de meilleures pratiques d’affaires. Les solutions sont conçues ici et sont plus à portée de main qu’on ne le pense !

 

Mais quel ingrédient nous manque-t-il pour saisir le virage ? La mobilisation. C’est pourquoi la Chambre a organisé, de concert avec le CEFRIO et le REAI, le 21 février un forum stratégique. On y a présenté des cas concrets de réussite d’entreprises qui ont changé leurs procédés. Des cas qui sauront convaincre les entreprises et les acteurs concernés de se mobiliser et de coordonner leurs efforts pour améliorer leur compétitivité et celle de tout le secteur.

 

C’est en développant la capacité numérique des entreprises et en encourageant l’adoption de procédés en automatisation qui permettent d’innover que nous provoquerons le renouveau du secteur manufacturier. Les conditions de succès sont réunies. Agissons !


Michel Leblanc - Président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Serge Bouchard - Directeur général du Regroupement des équipementiers en automatisation industrielle (RÉAI) et Jacqueline Dubé - Présidente-directrice générale du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO)

1 commentaire
  • Jules Langlois - Inscrit 21 février 2014 13 h 32

    La fourmie devra apprendre à chanter

    Ce sera difficile, déjà nos concurrents s'automatisent, ils vont acheter tellement de robots a une vitesse si rapide que même si un pauvre investisseur d'ici se décide a en acquérir un, le temps de traduires les instructions son marché aura été innodé de produits encore moins cher. Sans douane ni frontière il n'y a pas d'avenir pour la fabrication ici sinon marginale.
    Les fournisseurs sont loin, les grappes industrielles décimés, les résaux de distribution perdus, notre maché intérieur minuscule et saturé, l'expertise se dilue. Il est un peu tard pour regretter, la fabrication à déjà été sacrifié. La programmation aussi, le design, la mise en marcher, et même la recherche suivront.

    Ironiquement les seuls à pouvoir exporter seront peut-être ceux qui fabriquent des robots et des procédés qui aideront à rendre nos concurrents encore plus productifs.

    Mais avec les super conseils des chambres de commerces, on en est pas à une contradiction près. La fourmie est mieux d'apprendre à chanter si elle veut de la petite monnaie.

    http://www.marketing-chine.com/chine/automatisatio