Bloc québécois - Le temps de mourir n’est pas encore venu

Les médias ont fait grand cas des propos d’Yves Michaud prônant ouvertement la disparition du Bloc québécois (BQ). En tant que militants indépendantistes, nous tenons à rappeler que le BQ est le seul parti fédéral exclusivement dédié à la défense des intérêts du Québec.

 

En ce sens, voter pour un parti fédéraliste, c’est élire des représentants qui devront tôt ou tard nous trahir en suivant une ligne de parti contraire aux intérêts du Québec.

 

Les députés du NPD nous en ont donné un exemple éloquent depuis les dernières élections : ils ne se sont pas levés pour souligner que le chantier naval de Québec n’a pas reçu sa juste part des contrats maritimes de la défense canadienne. Ils ont applaudi lorsque le gouvernement conservateur a décidé de financer, à même les impôts des Québécois, le développement hydroélectrique de Terre-Neuve, en concurrence directe et déloyale avec Hydro-Québec. Ils n’ont même pas sourcillé lorsque le fédéral s’est engagé dans la contestation judiciaire d’une loi adoptée à l’unanimité par notre Assemblée nationale…

 

C’est donc dire qu’en laissant la place aux partis résolument fédéralistes, les Québécois acceptent qu’on participe, en leur nom, à un ordre constitutionnel établi envers, contre et malgré eux. Ceux qui crient à l’incohérence des indépendantistes et prétendent qu’ils feraient mieux d’annuler leur vote plutôt que d’élire des représentants au sein d’une instance qu’ils souhaitent quitter ne semblent pas comprendre qu’il est impossible, dans le système actuel, de voter pour qu’un siège reste vide au Parlement fédéral. Alors, pourquoi les indépendantistes et les insatisfaits devraient-ils abdiquer leurs droits démocratiques en acceptant de se faire représenter par leurs adversaires ?


Arguments illégitimes

 

On a pu lire dernièrement de fines analyses affirmant que le Bloc québécois priverait le PQ des militants et des ressources nécessaires à l’élection d’un gouvernement majoritaire. Il n’en est rien. Premièrement, le BQ est formé de militants de plusieurs allégeances partisanes. (Faut-il le rappeler, il y a plus de partis souverainistes au Québec que de partis fédéralistes…) Deuxièmement, s’il y a un mouvement au Québec qui ne manque pas de militants convaincus et actifs, c’est bien le mouvement souverainiste ; lequel possède amplement d’effectifs pour soutenir une antenne fédérale. Troisièmement, laisser la représentation fédérale aux partis fédéralistes, c’est leur concéder, à même nos impôts, d’importantes ressources financières, humaines et matérielles (du financement étatique, du personnel politique, des bureaux de circonscription, des téléphones, etc.) en sachant qu’ils n’hésiteront pas à s’en servir contre les intérêts et les aspirations légitimes du peuple québécois à la première occasion. Pour paraphraser Jean Chrétien, « on ne gagne pas une guerre » en cédant le terrain et les avantages logistiques à nos adversaires…

 

En conclusion, nous souhaitons tous que le Bloc meure un jour, une fois que le Québec n’aura plus besoin de défendre ses intérêts propres au sein d’une fédération hostile qui le méprise et l’isole constamment. Malheureusement, ce jour n’est pas encore venu et le Bloc a donc encore sa raison d’être.

 


*Frédéric Labrie, PQ de Labelle, enseignant ; Rachid Bandou, commission citoyenneté, PQ ; Martin Laforest, électricien, Laval ; Henri-Paul Milette, ébéniste retraité, Saint-Antoine ; Sophie St-Gelais, travailleuse sociale, Saint-Jérôme ; Claude Veilleux, enseignant, Saint-Jérôme ; Denis Labelle, PQ de Labelle, retraité ; Marie-Ève Gouin, enseignante, Valleyfield.

15 commentaires
  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 10 janvier 2014 06 h 20

    Le fondement de la politique...

    Défendre ses intérêts d'État , c'est le fondement de la politique.

    • Michel Blondin - Abonné 10 janvier 2014 09 h 28

      EXACTEMENT!

      Le Bloc doit aussi changer sa clause crepusculaire de vie courte.

      AU CONTRAIRE, Il doit plutot se transformer en embassadeur universel de promotion des interets, du savoir faire et des valeurs societales du Quebec, (avant) pendant et apres le processus d'accession a la souverainete.

      En attendant, ceder du terrain, c'est abdiquer avant l'heure!

    • Michel Blondin - Abonné 10 janvier 2014 18 h 41

      ( Excusez...d'une tablette sans accent... pas très lisible)

      Je voulais dire ceci:

      Plutôt que d'une vie courte, le Bloc doit devenir une sorte d'embassadeur politique du Québec en faisant la promotion avant et pendant, sous toutes ses formes, de la souveraineté.

      Après, en permanence, il serait naturel de devenir un porte-parole, un promoteur de nos intérêts, de notre savoir faire et de nos valeurs sociétales.

  • Jean-Robert Primeau - Inscrit 10 janvier 2014 07 h 25

    D'accord !

    J'endosse votre position. Il ne faut pas s'attendre qu'un/e élu/e fédéraliste défende le Québec aussi bien que s'il ou elle est indépendantiste.
    Si le nationalisme canadien est légitime, le québécois l'est tout autant.

  • Pierre Labelle - Inscrit 10 janvier 2014 07 h 50

    Un jour peut-être....

    J'ai toujours été tiède à l'idée d'un parti indépendantiste sur la scène fédérale, encore et plus que jamais aujourd'hui je le demeure. Diviser nos forces ne peut que nuire à la cause que nous défendons et toutes ces discussions et déclarations en sont une preuve on ne peut plus éloquente. Déjà en 64, quand j'étais membre du RIN cette division faisait des sienne, le RN dirigé par Gilles Grégoire défendait la même cause mais.... C'est quoi notre maudit problème? Notre grande spécialité; se diviser, se saper, se nuire et j'en passe. Quand tout cela va-t-il cesser? Les uns parlent contre la pertinence du Bloc, d'autres pour, certains trouvent en Option National le véritable parti indépendantiste, d'autres disent et défendent le PQ, à cela s'ajoute les tenants de QS, une véritable tour de Babel qui fait sourire et rire les fédéralistes. Un certain Péloquin nous a déjà interpeller il me semble; "vous êtes pas tannés de......... bandes de caves" Peut-être que certain pensait et continue de croire que le message est pour le voisin.... Mon avis ne vaut pas plus ni moins que celui de monsieur et madame tout le monde mais je vous le donne quand même. Si un jour la totalité des indépendantistes vont annuler leur vote à un scrutin fédéral, peut-être que là nous serons pris au sérieux. En attendant nous tenons le rôle de; fou du roi, ou de la reine, c'est selon.

  • Cyril Dionne - Abonné 10 janvier 2014 07 h 54

    Oui !

    Oui pour le Bloc et dehors les imposteurs.

    • Michel Bédard - Inscrit 10 janvier 2014 09 h 17

      Dans son histoire, le Bloc a appuyé 75% des projets de loi présentés au parlement... Question: bien que rien ne soit parfait, le Bloc n'a-t-il pas démontré lui-même que le fédéralisme canadien est plutôt avantageux pour le Québec ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 10 janvier 2014 10 h 47

      Le Bloc, monsieur Bédard, sert avant tout à deux choses:
      à rappeler au ROC que le souverainisme québécois existe encore;
      à être au coeur de la forteresse ennemie le jour où le Québec déclarera son indépendance.

  • France Marcotte - Abonnée 10 janvier 2014 08 h 45

    Un remède à la nécrose

    Quand sur un front il ne se passe plus rien, quand on ne perçoit plus de mouvement, je crois qu'il vaut mieux risquer de se tromper que de ne rien faire.

    Quand la sclérose menace, il peut être préférable de jeter son chapeau de l'autre côté de la clôture et de se mettre en danger pour aller le chercher plutôt que de rester immobile.
    On suscite à coup sûr des réactions vitales, le mouvement reprend.