Libre opinion - La déplorable partialité du DGE et de l’INM

Le 16 août dernier, l’Institut du Nouveau Monde a organisé un débat entre quatre candidats à la mairie de Montréal, soit Richard Bergeron, Denis Coderre, Marcel Côté et Mélanie Joly.

 

Pendant dix jours, j’ai fait des pressions pour y participer en donnant des entrevues aux médias et par une mise en demeure envoyée à l’organisme la veille de l’événement. De son côté, Michel Venne, directeur de l’INM, n’est pas revenu sur sa décision de m’exclure du débat et, quand les journalistes lui ont demandé pourquoi il avait invité Mélanie Joly, qui est candidate indépendante comme moi, il a répondu que c’était à cause de son jeune âge (elle a 34 ans). En tant qu’éditeur, j’ai toujours dénoncé la discrimination faite sur la base de l’âge en publiant notamment un livre sur les clauses de disparité de traitement qui affectent les jeunes travailleurs. Toute ma vie, j’ai défendu la cause des jeunes, comme en témoignent les essais Interdit aux autruches et Génération IDéaliste, publiés respectivement en 1997 et en 2004. Aujourd’hui, à 49 ans, je crois toujours en notre jeunesse.

 

L’INM se définit comme « un organisme non partisan dont la mission est de favoriser la participation citoyenne et de renouveler les idées au Québec ». Il est paradoxal d’avoir ces prétentions et d’exclure du débat un éditeur, renommé pour ses livres polémiques. (Rappelons que j’ai publié Normand Lester, Jacques Parizeau, Richard Le Hir et beaucoup d’autres.) Peu importe cette contradiction, peut-être que vous vous direz que l’INM avait le droit d’organiser un débat avec les candidats de son choix, et ce point de vue est défendable.

 

Le lendemain du débat, j’ai appris que le Directeur général des élections du Québec était l’un des partenaires officiels de l’INM ! Le DGE, qui est censé être d’une neutralité absolue, s’associe à un organisme, qui approuve le favoritisme politique ! Quatre jours durant, Michel Venne a défendu bec et ongles son choix de m’exclure du débat, et le DGE n’a pas réagi. Le DGE doit jouer le rôle de chien de garde de la démocratie et il a perdu toute sa crédibilité en n’intervenant pas dans ce dossier. Le DGE aurait dû sommer l’INM d’inviter tous les candidats autorisés sous peine de retirer son partenariat. En n’ayant pas pris position, le DGE s’est placé dans une situation inacceptable. Si le DGE encourage la partialité, quelle institution démocratique nous reste-t-il ?

 

Après le débat auquel j’ai assisté en tant que spectateur, un journaliste de Radio-Canada m’a interviewé en me demandant ce que j’aurais dit si j’avais participé au débat. J’ai répondu que j’étais le seul à avoir une position claire face à la langue et qu’aucun des candidats ne faisait la différence entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme collectif. Sur une base individuelle, ai-je expliqué, il est bien de parler l’anglais (je suis moi-même polyglotte), mais dans toutes les villes bilingues, il y a une langue qui empiète sur l’autre et, à Montréal, l’anglais gagne du terrain au détriment du français. Eh bien, cette entrevue n’a pas été présentée aux nouvelles de fin de soirée. Le dimanche 25 août, Isabelle Perras, vice-présidente et directrice générale, Citoyen Optimum, une firme de relations publiques, a commenté l’actualité municipale à RDI Matin et elle a affirmé que je ne serais invité dans aucun débat.

 

Il y a quelques mois, la Chambre de commerce de Montréal avait brossé le portrait du candidat idéal et je pense avoir le profil qu’il faut. Je suis un homme d’affaires prospère et j’ai des idées de gauche. Je suis dynamique, fonceur et innovateur. Enfin, je suis d’une intégrité exemplaire et comme je le dis souvent : « Je préfère mourir qu’être croche. »

6 commentaires
  • Renaud Guénette - Abonné 10 septembre 2013 08 h 49

    Le rôle du DGE

    Lors de la dernière campagne électorale provinciale, le DGE m'avait répondu qu'il n'était pas en mesure d'influencer les médias car ceux-ci étaient indépendant de leur choix éditorial. C'est ainsi que Jean-Martin Aussant n'a pas été invité au débat des chefs malgré le fait qu'ils aient invités la représentante de Québec Solidaire, Françoise David, même si celle-ci n'avait pas été élue et ne siègeait pas à l'Assemblée Nationale. Curieusement, après les élections, tous les médias se ruaient sur JMA pour avoir son opinion sur tout et rien. Je constate comme vous, monsieur Brulé, que les médias orientent les choix des électeurs et m'en désole. Quant au rôle du DGE, celui-ci n'applique tout simplement plus la loi qui prévoit une égalité des chances pour les candidats en se cachant derrière la pseudo impartialité des médias de masse.

  • Jean D. Bélanger - Abonné 10 septembre 2013 09 h 11

    Ou est le probleme M. Venne ? Nous decu de votre attitude .

  • Michel Benoit - Inscrit 10 septembre 2013 09 h 59

    Egalement éclipsé pour le débat....et par les médias

    J'ai annoncé ma candidature à la mairie de Montréal avec un colistier dans LaSalle en date du 4 août. Dès l'annonce du débat INM, j'ai communiqué avec l'organisation pour faire partie du débat. On m'a mentionné que tout était réglé depuis plusieurs semaines et que de toute façon, on ne voulait pas plus de 4 candidats.

    J'ai indiqué que je serais présent de toute façon. On a souligné ma présence juste avant le début du débat des candidats.

    5 semaines plus tard, les médias n'ont même pas mentionné que j'étais un des 10 candidats annoncés.

    Et il y a 3 semaines, je découvre une faille dans la Loi électorale relativement au remboursement des dépenses électorales qui pénalise toute équipe qui ne présente pas 103 candidats à Montréal ( écart entre un remboursement de 10 % au lieu de
    70 %.

    10 septembre 2013...... constat d'un déficit démocratique insurmontable...

    Je retire donc ma candidature à la mairie de Montréal ( avec un colistier ).

  • Jean Boucher - Inscrit 10 septembre 2013 11 h 05

    « Je préfère mourir qu’être croche. »

    Que voulez-vous c'est comme ça dans le plusse meilleur pays du monde quand notre gauche caviar, les fonctionnaires et mandarins déconnectés du DGE, les multiculturalistes socialo-capitalistes d'Ottawa et de Québec, les souverainistes minoritaires en chicane et nombreux politiciens corrompus font continuellement les manchettes, peut-être parce que considérés bons vendeurs par les "sponsors" et propiétaires capitalistes des médias.

    Innovez Monsieur et arrêtez de vous plaindre. Vous en êtes capable. Pour faire davantage valoir vos idées, n'allez surtout pas du côté de Bergeron et Coderre, vous n'auriez aucune chance de les réaliser. Il reste vous savez qui, ça en vaut peut-être la peine, plutôt que de « préférer mourir seul ».

  • Richard Laroche - Inscrit 10 septembre 2013 12 h 33

    Désillusion

    Personne n'est impartial. PERSONNE.

    La seule impartialité se trouve dans le Public : tout le monde.

    Or, c'est avec de petites faveurs et des cachotteries que la démocratie devient oligarchie. C'est évident que les mass médias pourraient "spinner" cet épisode avec l'INM pour en faire un scandale. Mais ils ne le feront pas.

    Le DGE avait des amis avant d'être DGE. Pour être nommé DGE, il faut bien que quelqu'un vous aime. Et pour être aimé, il faut bien partager certains intérêts. Personne n'est impartial.

    Et rien ne prouve que M. Brûlé n'aurait pas certains penchants une fois au pouvoir. En fait, c'est à ça que sert le pouvoir: faire des faveurs. Le problème là dedans, c'est quand on cherche à cacher ses partialités pour éviter le jugement du Public, c'est probablement que les faveurs qu'on accorde sont injustes.

    Alors, M. Brûlé. Seriez-vous prêt à offrir aux Montréalais une candidature honnête? Seriez-vous prêt à représenter tous les Montréalais dans chacun de vos gestes en tant que Maire? Car celui qui prétend me représenter et agir en mon nom ne devrait avoir rien à me cacher, n'est-ce pas?

    Et si vous proposiez un mandat où toutes les activités officielles seraient télédiffusés en direct sur internet, à chaque jour, sans coupure ni montage? Techniquement, pas trop difficile, même CUTV pas-de-budget réussit ça. Fini les réunions confidentielles et les discussions de projets secrets, fini les excrocs qui cherchent à vous sous-tirer des faveurs honteuses. Fini les hauts fonctionnaires qui magouillent des liens d'amitié avec le monde des affaires pour manipuler les marchés.

    Alors, qu'en dites-vous?