Libre opinion - Source d’immobilisme, le syndicalisme?

M. Éric Duhaime vient de publier Libérez-nous des syndicats !, dans lequel il reproche aux organisations syndicales d’empêcher la société québécoise de progresser. M. Duhaime reconnaît d’emblée que les syndicats ont beaucoup contribué au progrès de la société québécoise, ajoutant même qu’il n’est pas contre le syndicalisme, mais il affirme du même souffle que notre taux de syndicalisation serait une nuisance. Cherchez l’erreur !


L’auteur utilise un truc vieux comme le monde : accuser son chien d’avoir la rage pour mieux d’en débarrasser. Son analyse ne résiste pourtant pas aux faits. Rappelons-nous l’époque où Lucien Bouchard était à la tête du gouvernement ; les syndicats du Québec se sont joints volontiers à l’effort gouvernemental pour atteindre l’objectif du déficit zéro. Ils ont fait des concessions appréciables en ce sens, et ce, à même les régimes de retraite ou autrement. Tout au long des années du gouvernement Charest, les mêmes syndicats ont offert en vain leur collaboration. Encore aujourd’hui, nous souhaitons vivement contribuer à réduire le coût des dépenses publiques, en proposant notamment que l’on mette fin à l’abus de la sous-traitance.


M. Duhaime et ses semblables accusent les syndicats, tel le SPGQ, de protéger les emplois et de chercher à améliorer le sort de leurs membres, mais passent sous silence le fait que ce ne sont pas les syndicats qui ont poussé le Québec vers un endettement abusif. Ce sont les promoteurs en tous genres. Ce sont eux qui ont bénéficié des investissements exagérés et incontrôlés en infrastructures très coûteuses.


Parlant de contrôle, nous militons depuis des années pour un relèvement de l’expertise en planification, supervision et contrôle des projets gouvernementaux. Pendant ce temps, les divers porte-parole de la droite continuent de militer pour une réduction des effectifs de la fonction publique. Or, cette réduction a causé une perte de moyens et d’expertise extrêmement dommageable pour l’efficacité gouvernementale et l’intégrité des finances publiques, comme le démontre la commission Charbonneau.


L’économiste Pierre Fortin, pourtant un allié objectif de M. Duhaime, a reconnu qu’un Québec plus syndiqué, et donc plus équitable dans la répartition de sa richesse, s’était beaucoup mieux relevé de la dernière crise économique que ses voisins. M. Duhaime préférerait peut-être une situation où les Québécoises et Québécois se retrouveraient de plus en plus nombreux seuls face à leurs employeurs privés ou publics ? Nous croyons qu’au contraire, il faut encourager la syndicalisation, parce qu’elle est à la fois source de progrès et chien de garde contre les abus des puissants.

  • Dumas Dominique - Inscrit 8 mars 2013 06 h 22

    Est-ce de l'humour?

    1) Le déficit 0 sous Bouchard a été fait avec des coupures cosmétiques et temporaires en offrant de généreuses retraites à bon nombre de syndiqués. Aucune vraie coupure sauf dans l'ancienneté. Les syndicats se sont d'ailleurs foutu des effets pervers qu'on a connu par la suite. Au même moment, on a créé les CPE qu'aucun Québécois n'avait demandé, mais qui assurait une nouvelle manne pour les syndicats.

    2) Leur volonté de supposément "réduire le coût des dépenses publiques, en proposant notamment que l’on mette fin à l’abus de la sous-traitance" est encore une stratégie pour aller chercher des cotisations! Et les économies sont plus imaginaires quand on connaît le besoin de la machine étatique à toujours grossir en plus du déficit des caisses de retraites, des problèmes qu'on ne retrouve pas en sous-traitance.

    3) Une très grande partie, sinon la majorité de la dette a été accumulée à cause des dépenses courantes. De l'épicerie. Les services. La machine étatique.

    4) Il ne faut pas seulement une réduction des effectifs, mais une révision complète du rôle de l'État. Des coupures cosmétiques ne changent rien au fond du problème.

    5) Pierre Fortin "un allié objectif de M. Duhaime"... HAHAHAHAHA

    6) Les syndicats québécois n'ont jamais même passé proche de comprendre les causes de la crise, alors comment pourraient-ils comprendre le hasard qui a fait qu'un viaduc a tué quelques personnes au bon moment pour faire croire que le Québec ne vivait pas de crise? On peut parler d'avant et après la crise aussi?

    7) Finalement, ce qui est le plus drôle, c'est qu'encore une fois, le syndicat évite totalement le sujet de l'usurpation de la parole et de l'argent des syndiqués pour faire de l'activisme en ne représentant que l'aristocratie syndicale et en ne consultant jamais réellement les membres.

    • Daniel Côté - Inscrit 8 mars 2013 07 h 20

      Que de sophismes et stéréotypes...

      Vous écoutez trop de radio poubelle!

    • Dumas Dominique - Inscrit 8 mars 2013 08 h 19

      Faible réponse sans contenu... Même le roi syndical a mieux fait que vous plus haut avec sa tentative d'argumentation.

    • P. Raymond - Inscrit 8 mars 2013 13 h 04

      Quelle tristesse de voir toute cette classe moyenne réclamer elle-même à grands cris sa disparition.

    • Daniel Côté - Inscrit 8 mars 2013 17 h 52

      1) Le déficit 0, temporaire ?!?!? La dette par rapport au PIB a continuellement baissée de 1997 à 2007. Il faut connaître la différence entre un déficit structurel et un déficit de conjoncture. Par contre, de 2001 à 2011, bien que le personnel de première ligne a augmenté de 6% (c’est moins que la démographie) le « staffs » de gestion a augmenté de 53% dans la santé, ce reprochant de la parité avec la première ligne! Un fonctionnaire cadre a un meilleur salaire, de meilleurs avantages sociaux et fond de pension qu’un syndiqué! De la a cibler les syndiqués… Les CPE, de nature à aider la natalité et l’intégration au travail, reste surtout une mesure de droite. De plus, le parti libéral et les entrepreneur ont plus profités des CPE qu’un salarié qui a bien mérité son salaire.
      2) La sous-traitance coûte plus chère dans la santé qu’un interne. Il me semble que les firmes qui « offrent » de meilleurs salaires et avantages sociaux aux infirmières dans le privé devrait vous allumer une lumière, règle de trois oblige!
      3) Le mythe de la dette versus les dépenses courantes. On enlève le paiement des intérêts de la dette et l’on passe au surplus. Loin de s’endetter pour l’épicerie!
      4) Coupure cosmétique, quelle belle expression! Cela relève plus du « cosmétique » que de l’argumentation justement!
      5) Pierre Fortin est un jour l’allié de la droite, l’autre jour l’allié de la gauche…. Il doit être centriste quelque part!
      6) Belle exemple de sophisme. Mêler syndicat, viaduc qui s’écroule et crise économique! La crise de 2007 est dût à une bulle hypothécaire et le viaduc de la Concorde fut construit par un donateur libéral qui s’est improvisé entrepreneur pour obtenir le contrat. Il a fini sénateur!
      7) Les syndicats, (et non pas généralisé avec « le » syndicats) il y en a des bons, des moins bons et des pas bons, comme n’est quel humain, ça reste des humains derrière cela. Pour l’activisme, les compagnies, les ordres professionnels, la presse même, tous font de l’activisme!!!

    • Daniel Côté - Inscrit 8 mars 2013 17 h 54

      Je n’ai pas argumenté au départ parce que mon idée est que l’on argumente pas avec des enfants, faut les éduquer et le temps fait le reste!

      Lisez moins l'IEDM, Éric Duhaime et le réseau Libaaarté Québec!!!

    • Dumas Dominique - Inscrit 9 mars 2013 07 h 05

      5) Je n'ai honnêtement rien à foutre que ce soit un libéral ou un péquiste qui a fait le viaduc. La réalité, c'est que les syndicats ont toujours blâmé les "déréglementations" pour la crise alors que ces déréglementations n'existent pas. Les gouvernements (spécialement celui US) ont demandé aux banques de prêter même aux pauvres afin qu'ils aient accès à la propriété. Une belle mesure de gauche. Ça a créé une bulle et elle a ensuite éclaté en 2008.

      Pourquoi les banques l'ont fait? Parce que les gouvernements ont garanti les prêts. Ils n'ont donc pas "sauvé les banques", mais simplement respecté leur promesse nuisible avec l'argent des contribuable.

      Pendant ce temps, au Québec, un viaduc est tombé. On a investi massivement dans les infrastructures et ça a fait croire qu'on ne vivait pas de crise. Mais le Québec a vécu tout de même une crise alors que sa croissance est au ralenti par rapport au "ROC" depuis des décennies. C'est plus clair? Vous avez suivi?

      6) Que l'aristocratie syndicale fasse de l'activisme avec son argent au lieu de celui de ses membres. Comme les compagnies et autres. Au moins, qu'ils soient libres de ne pas payer le bout de cotisation qui sert à se battre contre leurs valeurs et que ce soit clair combien de gens les syndicats représentent vraiment. Pcq quand ils prétendent représenter 1,2 millions de membres, on ne peut qu'en rire.

    • Dumas Dominique - Inscrit 9 mars 2013 12 h 50

      1) Quelle dette? Celle que Parizeau veut qu'on regarde ou celle qu'il veut cacher? Avec un gouvernement qui cache ses dépenses (19 milliards au dernier budget) en dehors du budget et qui laisse les universités, commissions scolaires, hôpitaux, municipalités et maintenant même les CPE faire des déficits à sa place (alors qu'au final, c'est toujours le provincial et le même contribuable qui ramassent la facture) depuis des années, il faut être dupe pour croire au déficit 0 qui n'a été respecté que 2 ans. C'est pourquoi le chiffre de la dette totale de l'État québécois est si important!

      D'ailleurs, que ce soit le PQ ou le PLQ n'y change rien. Ce sont 2 partis étatistes et dépensiers qui au fond plaisent aux syndicats demandant toujours plus d'étatisme. La taille de l'État n'a d'ailleurs jamais cessé de croître depuis 1998 malgré qu'on a toujours un chef syndical qui va faire son choqué sur un rien afin que de vraies réformes n'aient jamais lieu.

      2) Les CPE une mesure de droite... Si Pierre Fortin, qui a récemment prétendu que les CPE rapportait de l'argent (une prétention rapidement démolie), est supposément un allié d'Éric Duhaime, pourquoi pas des garderies étatisées de droite? Le fait que vous n'ayez pas le début d'une idée de ce que sont la droite et la gauche explique cependant beaucoup de choses.

      3) Vous l'avez dit vous-mêmes, le nombre de cadres en santé a explosé. Avec de la sous-traitance, on évite cela. On s'évite aussi des déficits actuariels encore plus gros qu'aujourd'hui. Quand les syndicats disent que leurs non-membres coûtent plus chers, c'est ce dont ils ne parlent jamais.

      4) Vous voulez plus clair? Il n'y en a pas de coupures! Les budgets augmentent d'année en année comme le nombre d'employés et de programmes. Point final.

    • Daniel Côté - Inscrit 9 mars 2013 16 h 22

      Être mal informé est une chose que l'on peut remédier mais être désinformé, c'est un acte volonté qu'il est difficile de remédier.

      Démagogie, quand tu nous tiens....

    • Dumas Dominique - Inscrit 10 mars 2013 16 h 35

      Aurez-vous cette volonté?

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 mars 2013 06 h 47

    Supprimez

    Supprimez les syndicats et regardez bien vos salaires dégringoler, même les non-syndiqués, tous ! Ceux qui vont travailler à 70% de leur salaire actuel seront les chanceux.

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mars 2013 09 h 54

      Le plus insidieux, c'est que, si l'adhésion devenait facultative, des nombreux employeurs offriraient sans doute de meilleurs salaires aux non-syndiqués. Jusqu'à ce que le syndicat soit mort.

  • Jeffrey Fournier - Inscrit 8 mars 2013 07 h 03

    Que des oublies....

    Bizarre, pas un seul mot sur le rôle des syndicats dans la mésanventure du construction du state olympique que nous avons payé pendant presque qu'un demi-siècle.

    Pas un mot non plus sur la FTQ-Collusion (oops, FTQ-construction).

    Pas un mot sur l'utilisation des côtisations des membres (plusieurs furieux) pour financer la gréve étudiante du printemps érable dans le but de renverser un gouvernment moins tendre envers sa cause.

    Ai-je vraiment besoin de continuer?

    • Gilles Goulet - Inscrit 8 mars 2013 07 h 53

      Non, n'en rajoutez pas. Vous êtes limité à un certain nombre de mots, alors vous manqueriez de place.

    • Daniel Côté - Inscrit 8 mars 2013 18 h 09

      Certains syndicats ont ramassés une pointe de gâteau dans la construction du stade mais reste que les entrepreneurs ont ramassés la part du lion!

      Il me semble qu'appuyer la jeunesse c'est déjà mieux que ces nantis qui financent l'IEDM (avec de gros retour d'impôt) dans le but de renverser la classe moyenne!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 mars 2013 06 h 05

      M.Fournier à propos du stade et même de l'Expo, ce que vous oubliez est que la plupart des journaliers avec de belles bottines neuves étaient des avocats, des notaires, des policiers et des pompiers qui venaient remplir leurs goussets à se promener dans la bouette et à ne pas se trouver là où il y avait de l'ouvrage à faire; pendant que les camions entraient par un bout du chantier pour ressortir à l'autre et monter jusqu'à Bromon. Ceci n'est pas une légende hurbaine. Je ne parle pas à travers mon chapeau dur. Merci.

  • Jean-Robert Primeau - Inscrit 8 mars 2013 08 h 16

    D'accord !

    Beau texte, modéré et juste. Le capitalisme néo-libéral doit être discipliné et surveillé. Le synicalisme peut jouer une partie de ce rôle.

  • Jean Lapointe - Abonné 8 mars 2013 09 h 02

    L'anti-syndicalisme est trop répandu


    Profitons donc de l'occasion qui nous est donnée lors de la publication de ce livre pour essayer de mieux faire connaître en quoi ça consiste le syndicalisme.

    Trop de gens voient dans les syndicats les uniques responsables des grèves qui parfois inévitablement viennent les perturber dans leurs vies quotidiennes.

    Il faut combattre l'ignorance. Pour cela il faut mieux faire connaître ce qu'il y a de positif dans le fait qu'il existe des syndicats.

    Même trop souvent des syndiqués ne le savent pas suffisamment.

    Les syndicats sont indispensables dans une société qui se veut de plus en plus démocratique. Il faut essayer de le faire comprendre.

    L'éducation ça ne doit pas se faire qu'à l'école. Ce serait trop lui demander.