Libre opinion - Un inquiétant tollé médiatique

La dernière semaine a vu se produire un phénomène d’enflure médiatique préoccupant à propos des coûts encourus pour la venue des 22 conseillers culturels en poste dans les délégations du Québec à l’étranger. Préférant scruter au peigne fin la facture occasionnée par cette venue, certains critiques semblent avoir fait l’économie d’une réflexion sur le rôle fondamental joué par ces conseillers culturels ainsi que sur les raisons légitimes qui ont motivé leur convocation par le ministre de la Culture, Maka Kotto.


Ces délégués exercent un rôle fondamental pour favoriser l’exportation et la promotion des oeuvres artistiques en tant que biens culturels du Québec. Une exportation nécessaire pour beaucoup d’organismes artistiques en arts de la scène en raison de l’exiguïté du marché intérieur. Or, ce travail d’exportation nécessite des facilitateurs de contacts à l’étranger, la mise en relation avec des diffuseurs, la recherche de financement dans les pays hôtes ou encore une aide pour les relations de presse. Ces rôles joués par les conseillers culturels font d’eux des maillons essentiels dans la longue chaîne du rayonnement culturel du Québec sur la scène internationale. Dans un contexte où les deux principaux programmes d’aide à la tournée ont été abolis par le gouvernement conservateur tout comme un nombre préoccupant de postes d’attachés culturels dans les ambassades du Canada situées dans des métropoles culturelles européennes, les conseillers culturels du Québec sont aujourd’hui plus que jamais nécessaires.


Leur convocation au Québec à la mi-novembre par le ministre Kotto n’était en rien aléatoire. Elle concordait avec la tenue de la biennale de la Conférence internationale des arts de la scène (CINARS). Cette plateforme incontournable a réuni 1300 participants, dont 280 acheteurs de 41 pays venus voir plus de 100 productions québécoises. Elle aura également permis aux conseillers culturels de prendre le pouls de la création québécoise pour être aux premières lignes de la promotion de ces oeuvres sur les scènes à l’étranger.


N’en déplaise à certains, ni un diffuseur ni un conseiller culturel ne sauraient se contenter d’une expérience virtuelle pour mesurer la pleine valeur de ces oeuvres.


Le jugement hâtif, à partir d’une lecture parcellaire, fait par certains médias et politiciens alimente un discours tendancieux. Celui voulant que la culture, à la différence d’autres secteurs, doive accompagner chaque dollar dépensé d’interminables justifications pour se prémunir des préjugés qui perdurent. Et c’est bien là le plus inquiétant de toute cette histoire.

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Dominique Leduc - Comédienne et présidente du Conseil québécois du théâtre (CQT)

2 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 19 décembre 2012 13 h 37

    Le bougon

    Nathalie Pétrovski a écrit que le dénonciateur anonyme était sûrement un libéral sur le point d'être rétrogradé. Elle décrit la nécessité d'une telle rencontre. Elle énumère ensuite la floppée d'activité auxquelles ces gens se sont prêtés. Je me demande comment ils ont pu passer au travers dans si peu de temps.

  • Laurette - Abonné 20 décembre 2012 14 h 51

    Un beau geste

    Réunir 1 300 participants, dont 280 acheteurs potentiels venant de 41 pays, pour voir plus de 100 productions de la scène québécoise, et en une seule semaine, chapeau! Sûrement qu'on en dressera un bilan. En tout cas, nos conseillers culturels à l'étranger ont du pain sur la planche. Quant à nos cinéastes, ils auraient, semble-t-il, leur propre réseau de promotion à l'étranger. Et les écrivains? Qui s'occupe d'eux? Nos conseillers culturels à l'étranger peuvent-ils seulement les lire? Parce qu'il faut savoir que nos livres récemment parus prennent plus de six semaines à se rendre en France, par exemple, puisqu'ils arrivent par bateau, comme au temps de Champlain...