Libre opinion - La «loi 78» a mis fin à la violence

La confiance du public est ébranlée par toutes les enquêtes, allégations et rumeurs qui portent sur le mode de financement de nos partis politiques, tant sur la scène québécoise que municipale. Une minorité de gens malhonnêtes a réussi à imposer la perception que tout est pourri au Québec, alors que des dizaines de milliers d’honnêtes citoyens contribuent de leurs deniers parce qu’ils croient l’action menée par les partis politiques et les hommes et les femmes qui les animent.

Deux principes doivent nous guider : la réduction du plafond des contributions pour les mettre à l’abri de tout soupçon et le respect du droit fondamental des citoyens de contribuer et d’appuyer le parti de leur choix, y compris les partis politiques émergents. D’entrée de jeu, je pense à une augmentation du financement public des partis, une proposition que je fais mienne et qui me paraît faire consensus. L’élimination du crédit d’impôt, applicable aux contributions politiques, fait aussi partie de ma proposition.


Il nous faut adapter notre système, mais pas de la manière brusque, insensible et incomplète que l’on retrouve dans le projet de loi 2 déposé la semaine dernière par le ministre Bernard Drainville. Je propose une réduction à 200 $ du plafond annuel de contribution, plutôt qu’à 100 $ comme le prévoit le projet de loi ministériel. Cela permettrait de maintenir une participation réelle des citoyens intéressés, tout en maintenant l’objectif d’une limite au-delà de tout soupçon. Dans ma proposition, le Directeur général des élections verserait aux partis 1 $ pour chaque dollar amassé, jusqu’à concurrence de 200 $.


J’ajoute que si j’étais au pouvoir, la même réforme s’appliquerait au cadre municipal pour y étouffer dans l’oeuf les nombreuses tentations de collusion et de corruption. Je compléterais le tout en augmentant le pourcentage de remboursement des dépenses électorales afin de faciliter l’apparition de nouveaux partis et de candidats indépendants au niveau municipal.

 

Étudiants : pour un vote électronique et secret


Un autre engagement qui me tient à coeur, c’est la protection des droits individuels, une des valeurs libérales fondamentales. Je pense ici à la protection de ceux et celles qui, le printemps dernier, ne pouvaient assister à leurs cours, victimes de menaces et d’intimidation. Je sais que le projet de loi 78 (devenu la loi 12) a été l’objet de controverses. Mais, dites-moi, qui d’autre que l’État peut se lever et protéger les innocents contre les intimidateurs ? Poser la question c’est y répondre. Il y avait de l’intimidation et de la violence sur nos campus collégiaux et universitaires, et la loi 12 a arrêté cette violence.


Comme leader du Parti libéral, si cent personnes veulent en attaquer cinq, je me lèverai pour défendre ces cinq personnes. C’est mon devoir, c’est notre devoir d’agir en cas de menaces, même au prix de perdre des votes.


À quelques semaines d’un sommet sur l’éducation, les menaces de boycottages et de manifestations reprennent de plus belle malgré la volonté de deux tiers des Québécois et de la grande majorité des étudiants. Voilà pourquoi je propose qu’aucun mouvement de boycottage ne soit possible, à moins d’avoir été approuvé par un vote secret, par Internet, des membres de l’association étudiante concernée. Les étudiants, comme tout le monde, sont libres de leur choix, mais encore faut-il qu’ils puissent l’exprimer.


La disposition du vote secret existe dans notre Code du travail. Il est temps que ça existe aussi au sein des associations étudiantes afin que la véritable volonté des étudiants puisse s’exprimer, sans menaces ni brimades.

  • Yves Claudé - Inscrit 12 novembre 2012 03 h 53

    L’abrogation de la «loi 78» par le PQ a mis fin à la violence !

    Monsieur Bachand, sinistre “va-t-en-guerre” du gouvernement Charest, tente de se refaire une “virginité politique” en misant sur l’amnésie collective des Québécois… En pure perte, car nous l’aurons “dans la mémoire longtemps” !

    En effet, c’est bien l’abrogation de la «loi 78» par le PQ, et non son ignoble instauration par des députés rampants, qui a mis fin à la violence !

    Monsieur Bachand fait le “moraliste” : les mouvements sociaux, y compris le mouvement étudiant, n’ont pas de leçon de démocratie à recevoir de la part d’un représentant d’un régime déchu et corrompu !

    Le “Bachand nouveau” est, de fait, une faillite éthique et politique avant même sa mise en marché.

    Monsieur Bachand, un peu de discrétion ! Il n’est d’ailleurs pas certain qu’un purgatoire prolongé soit à même de vous refaire une improbable “virginité politique” !

    Yves Claudé

  • Jean-Luc Marret - Inscrit 12 novembre 2012 06 h 05

    Monsieur Bachand, il faut choisir et non imaginer…

    En quelques lignes vous avez démontré – presque brillamment – l’incohérence du gouvernement auquel vous participiez!

    Contre vents et marées et seul dans le monde occidental, votre gouvernement a décrété que les étudiants faisaient du boycottage – et non une grève —, les associations étudiantes ne pouvant d’aucune façon être comparées aux syndicats. Vous le réaffirmez aujourd’hui, mais demandez en même temps qu’on leur impose le vote secret, une disposition existant dans le Code du travail.

    Que vous le reconnaissiez ou non, c’était bien une grève et « le droit au cours » que le gouvernement – et le parti libéral – prétendait protéger n’est qu’une invention de votre part…

    • Georges Washington - Inscrit 12 novembre 2012 10 h 50

      Bien dit. Le droit de grève des étudiants a toujours été tacitement reconnu par tous les gouvernements qui se sont succédés, sauf le vôtre. Là est votre erreur dans la gestion de ce conflit.

      Le projet de loi 78 n'est venu qu'envenimer les choses dans la foulée de la judiciarisation du conflit alors que du côté politique vous vous en laviez les mains. Vous avez laissé le sale travail être fait par les tribunaux et la police.

      Peut-être bien que le PQ frappera aussi un mur avec l'ASSE, cela reste à voir. Mais, au moins dans ce cas nous saurons que tout aura été tenté du côté politique pour conclure une entente raisonnable et transparente avec les étudiants et aux yeux de la population.

      Il serait peut-être temps d'apprendre des leçons au lieu d'en donner.

  • Israël Desrosier - Inscrit 12 novembre 2012 06 h 45

    Un miroir pour Bachand

    Commencez donc par donner l'exemple. Vous et votre parti n'êtes pas en mesure de donner des leçons ou des conseils à qui que ce soit ces derniers temps. Si vous avez perdu des votes, ce n'est pas seulement à cause de la loi 12, mais bien parce qu'il y a de sérieuses allégations de copinage, de népotisme, de collusion et de corruption. La commission Charbonneau ne sera probablement pas tendre à votre égard à ce sujet.

    Vous voulez parler des droits des citoyens? Commencez donc par les respecter vous même en oeuvrant pour le bien public plutôt que pour les amis de la ploutocratie. Pour ce qui est du vote secret, vous avez raison, mais pourquoi ne pas l'appliquer aussi à l'Assemblée nationale? Question de laisser un député d'appuyer ou non un projet de loi qui peut aller à l'encontre de ses principes éthiques et moraux.

    Quand vous serez un vrai modèle d'intégrité, vous pourrez donner des leçons, mais ce n'est pas le cas pour le moment même si le Conseil du patronat vous donne des petites tapes d'encouragement dans le dos...

  • Gilles Bousquet - Inscrit 12 novembre 2012 07 h 00

    Mettre le feu pour mieux l'éteindre

    Le PLQ Charest-Bachand a mis le feu aux étudiants pour tenter de l'éteindre afin de bien paraître dans le but de se faire réélire, malgré les mauvais sondages, tous les scandales et la mauvaise administration de ce parti pourri aux PPP.

    Tous les députés Libéraux devraient avoir honte de faire partie de ce parti....minimum.

  • Guy Berniquez - Inscrit 12 novembre 2012 07 h 15

    Écraser une mouche avec un marteau

    « C’est mon devoir, c’est notre devoir d’agir en cas de menaces, même au prix de perdre des votes. »

    M. Bachand croit que pour quelques casseurs durant la grève des étudiants, il fallait écraser une mouche avec un marteau. Surtout que c'est lui et son gvt qui a provoqué cette situation.

    Si j'étais lui, seraient plutôt des excuses au citoyen du Qc qu'il devrait faire.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 novembre 2012 13 h 07

      «quelques casseurs» ????

      Les voyages d'autobus organisés et payés par des syndicats pour aller a Victoriaville s'attaquer avec des pierres a une réunion du parti au pouvoir, et démocratiquement élu, c'est anecdotique a vos yeux ?

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 12 novembre 2012 20 h 03

      M. Arès...

      Ainsi, ce que vous avez compris, c'est que les syndicats ont armé et transporté des armées de casseurs pour agresser le gouvernement dûment élu?

      Wow.

    • Jonathan Prud'homme - Abonné 12 novembre 2012 20 h 37

      les "voyages d'autobus" vers Victo. étaient en majeure partie payés par les manifestants eux-mêmes et l'ASSÉ. Dommage que certains veuillent y voir une méga influence des méchants syndicats qui ont toujours oeuvré pour empêcher les gouvernements d'opprimer les gens...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 novembre 2012 23 h 00

      'Armé', pas vraiment, les boules de billards et les roches devaient bien être des contributions personnelles...

      Mais pour l'implication des syndicats c'est bien difficile de savoir de façon précise puisque que le tout se passe dans la plus grande opacité. Ce n'est pas demain que l'on va avoir un reportage sur les détails de l'implication des différents syndicats dans ce conflit....

      Tout de même, Yves Boisvert qui n'a pas l'habitude de tenir des propos 'imaginatif' disait dans un papier sur l'implication syndicale aux négociations que:

      «Les syndicats, depuis le début, avaient soutenu le mouvement étudiant. Tant idéologiquement que financièrement et que du point de vue de l'organisation. Des spécialistes en mobilisation de la CSN ont été impliqués dans plusieurs événements»

      http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-bois

    • Jean-François Robert - Inscrit 16 novembre 2012 14 h 41

      Et quand les étudiants présenteront-ils des excuses au grand public ?
      Avez-vous déjà entendu cette chanson de Raymond Lévesque qui dit qu'à 50 ans, tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien. Et bien, je vous dirais que les étudiants laissent sous-entrendre qu'ils comprennent tout au niveau économique, fiscal et financier, mais dans les faits, ils ne comprennent rien. Ils ne comprennent même pas ce que veut dire le mot gratuité. De mon côté, j'ai fais comprendre à mes enfants, avant même qu'ils aient atteint l'âge de dix ans que la gratuité n'existait pas ! Il y a et aura toujours quelqu'un qui devra payer pour vous offrir cette gratuité si cher à ces étudiants. Et que diront-ils lorsqu'ils découvriront, après leurs études, qu'il leur en coûte de plus en plus cher pour maintenir tout ces belles mesures gouvernementales qui sont offertes gratuitement à certaines personnes. Avec le beau et merveiileux syndrome pas dans ma cours, vous direz probablement par la suite, que ce sont les autres qui doivent payer les pots cassés et non les anciens étudiants. Après tout, faut bien vivre ! Il y a une phrase qui dit que la liberté de quelqu'un se termine là où commence celle de l'autre. Quand les étudiants comprendront-ils qu'ils ont enfrein la liberté des autres citoyens ?