Infirmières: c’est le temps que ça change!

Le débat qui fait fureur au Québec ces jours-ci devrait nous mener vers un vrai débat sur le rôle et le futur des infirmiers et des infirmières dans le système de santé au Québec.

 

Que ce soit dans les institutions francophones ou anglophones, il y a un problème existentiel dans la profession. Le pouvoir, l’idéologie patriarcale dominante et le grand écart visible entre le soutien financier et moral donné aux médecins dès le début de leur formation et celui offert aux infirmières sont en train d’oblitérer la place des infirmières comme pivot du système de santé. Les conditions auxquelles les infirmières font face sont complètement inacceptables en 2018. L’idéologie dominante qui permet que les infirmières soient confrontées tous les jours au manque de personnel et d’équipement de base, les micro-agressions quotidiennes qu’elles subissent, le manque de temps pour recevoir de la formation continue, le manque de reconnaissance de leur expertise, l’humiliation de toujours faire des compromis sur l’ampleur de leur tâche, l’impossibilité de prendre des pauses, la prise en charge forcée d’une unité même quand on a très peu d’expérience, la condition de plus en plus lourde des patients, le fait d’être toujours tenues pour acquises et les conséquences inévitables pour leur carrière quand elles osent briser l’omerta : tout ça doit cesser !

 

Nous avons besoin d’une table de concertation pour entreprendre un vrai dialogue. Celle-ci doit comprendre des infirmières et des infirmiers pratiquant dans tous les milieux, des éducateurs, des chercheurs, les ministres de la Santé et de l’Éducation, les syndicats et l’Ordre des infirmières. Il faut créer une vision commune pour que la profession prenne la place qui lui revient dans le système de santé, en équilibre avec les autres professions. Si nous relevons ce défi, nous attirerons et garderons les meilleures recrues infirmières. Et en cours de route, j’en suis persuadée, nous trouverons des solutions pour assurer le bien-être de tous les Québécois.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 février 2018 08 h 07

    Déjà quand les libéraux perdront le controle

    tout le monde respirera mieux et se sentira léger.