Coeurs de pirates

La situation difficile des infirmières a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps, et la figure d’Émilie Ricard est venue, la semaine passée, confirmer l’état lamentable de leurs conditions de travail. Pour avoir côtoyé les hôpitaux deux fois plutôt qu’une cette année, ça ne prend pas la tête à Papineau pour constater que le personnel infirmier est totalement débordé. À cela, voir le duo Couillard-Barrette se taper dans le dos et crier haut et fort que tout va bien ; les entendre chanter en choeur, comme les Denis Drolet, que c’est fantastique, nous démontre à quel point ils sont déconnectés de la réalité. Il faudrait sans doute appeler police secours, comme le chantait Gerry Boulet, pour les accompagner dans les urgences et les obliger à prendre le pouls d’eux-mêmes de la déconfiture du système. À la proue du navire hospitalier, à bout de force, les infirmières tentent l’impossible pour sauver le rafiot de la dérive. Ça leur prend vraiment des coeurs de pirates pour maintenir le cap et traverser les tempêtes qui les frappent au quotidien. Pour reprendre le titre du magnifique dernier recueil de poésie de Denise Desautels, quand pourront-elles voir surgir un bras d’horizon ? Pas demain la veille, comme c’est parti là.