Encore des piétons fauchés à Montréal!

Décidément, Montréal ne donne pas sa place sur le plan des statistiques d’accidents impliquant des véhicules et des piétons. Et ce sont évidemment les piétons qui sont les victimes. La belle formule pleine de vertu qui dit « priorité aux piétons » devient de plus en plus dérisoire. On devrait plutôt dire : priorité aux véhicules à quatre roues et gare à vous, piétons.

Déjà que pour 2015-2016, le nombre de morts de piétons à la suite d’un impact automobile à Montréal avait atteint un nouveau sommet. Voilà que maintenant, ce sont les déneigeuses qui les fauchent. OK, on connaît un hiver des plus virulents, mais tout de même : est-ce une raison pour sacrifier des vies humaines ?

Soit que les conducteurs de ces déneigeuses effectuent leur travail avec négligence, soit que leurs appareils ne sont pas adaptés à la présence de vies humaines déambulant en ville.

Les opérations de déneigement devraient être dotées d’un irréprochable plan de sécurité et être mises en vigueur dès cet hiver. Je me souviens que lorsque j’habitais Montréal dans les années 1990, plus d’une fois j’ai failli me faire heurter par un véhicule de déneigement en sortant de chez moi, rue Marie-Anne.

J’ai l’impression que pour le moment, le déneigement à Montréal est effectué à la va-comme-je-te-pousse, ce qui entraîne son lot de défaillances et indubitablement son lot d’accidents graves. Les victimes potentielles : hommes, femmes et enfants qui circulent le plus normalement du monde dans leur ville.

5 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 2 février 2018 06 h 55

    La qualité de présence

    Je suis une piétonne l'hiver et cycliste l'été, et je suis bouche bée de voir certains piétons qui semblent totalement déconnectés de la réalité des rues, comme si les camions de déneigement étaient la projection d'un monde virtuel et qu'ils seraient sans danger. J'ai eu des frissons à plusieurs moment, un qui traversaient en pleine rue (St-Hubert) alors qu'il y avait environ 5 camions, 3 souffleuses, 1 niveleuse.... ou sur Jean-Talon à marcher à côté de la niveleuse comme si c'était la personne qui l'accompagnait dans la journée!... Les piétons se comportent avec eux comme s'ils étaient dans un conte de fée. Ils sont pareils sur les chantiers de contruction...ils sont simplement ... déconnecté de la réalité. Comme si tout était un décor fabriqué par internet... je suis très consciente personnellement que je peux me retrouver sous les roues de ces mastodontes, donc j'adopte des comportements prudents.

    • Luc Le Blanc - Abonné 2 février 2018 11 h 47

      Je suis cycliste quatre-saisons, et de tous les usagers de la route, ce sont les piétons qui m'inquiètent le plus, étant apparemment les moins allumés de tous. Le klaxon pour me signaler aux voitures me sert plutôt à réveiller les piétons qui traversent au rouge sans regarder autre chose que leur téléphone. Et s'ils regardent dans ma direction alors que je file sur mon feu vert, ça ne les inquiète pas plus que la vue d'un Pokemon, ou pensent-ils qu'ils marcheront assez vite pour se faufiler ou que c'est à moi de les éviter puisqu'on leur a dit qu'ils avaient la priorité (même quand ils violent leur feu rouge?). Ne comprenant apparemment rien des axes de circulation des carrefours dont ils ignorent les feux piétonniers, ils s'exposent en toute inconscience. Hélas, dans tous ces accidents piéton-véhicule, on n'arrive jamais à savoir qui a usurpé le droit de passage de qui.

      J'exagère? Allez faire un tour au coin Mont-Royal et Saint-Hubert et observez les piétons couper le trafic débouchant de Resther.

    • Maryse Veilleux - Abonnée 2 février 2018 20 h 19

      A monsieur Le Blanc: je sais que vous n'exagérez pas, je connais le coin de rue dont vous parlez.

  • Gilbert Turp - Abonné 2 février 2018 07 h 48

    Vite, vite, pour les autos

    Il n'y a pas plus de neige qu'avant. Mais il y a plus d'autos.
    C'est pour les autos (dont le nombre a au moins doublé depuis une décennie) qu'on se dépêche de déneiger à toute vapeur à Montréal.
    Ma femme a du courir à toutes jambes 2 fois depuis 2 semaines pour échapper à une chenillette du soir...

  • Jean Richard - Abonné 2 février 2018 10 h 15

    Problème national et non régional

    « Décidément, Montréal ne donne pas sa place sur le plan des statistiques d’accidents impliquant des véhicules et des piétons. »

    Il est normal qu'il y ait plus d'accidents impliquant des piétons à Montréal que dans des petites villes : il y a beaucoup plus de piétons. Les statistiques boiteuses de la SAAQ ne révèlent pas la réalité, car dans le calcul des déplacements, le piéton est celui qui va du point A au point B en se déplaçant exclusivement à pieds. Or, la STM assure plus d'un million de déplacements par jour et ces gens qui prennent le métro ou l'autobus, ils sont piétons pour une partie du parcours.

    On aurait tort de régionaliser le problème alors qu'il est national. Le CSR, le code de la sécurité routière, semble avoir été rédigé par des gens qui n'ont jamais marché sur un trottoir (ou qui n'ont jamais pédalé à vélo). Ce CSR est plutôt le reflet d'une culture de la priorité automobile. Et l'usage qu'on fait de ce code fait partie beaucoup plus du problème que de la solution. En théorie, il existe des situations de priorité aux piétons. Mais elles sont si rares que l'automobiliste les ignore.

    Une version révisée du CSR est en gestation. Certains croient qu'elle contribuera à faire avancer la cause de la sécurité automobile. Certains y croient, d'autres, aussi nombreux, ont des doutes. L'approche légaliste a le défaut d'évacuer le jugement et si le nouveau CSR ne redonne pas sa place au jugement, il ne nous fera pas avancer. Outre le jugement, il y a la culture. Jusqu'à quel point un recueil de lois et d'articles de règlement viendra-t-il influencer la culture ? Veut-on en arriver à une culture du respect (valeur absente chez trop d'automobilistes) ou à une culture de la crainte de la contravention (efficace en Ontario, mais pas infaillible : l'argent n'a pas la même valeur pour tous).

    Et les déneigeurs ? La surpopulation automobile les oblige à travailler de nuit. Il y a là une partie du problème...