La parole à nos lecteurs

Une question de transparence

 

J’ai eu la curiosité de vérifier la définition du mot meute dans le Larousse. « Meute : Foule, bande acharnée contre quelqu’un. » On peut être en désaccord avec ces gens-là, mais nul ne peut leur reprocher de manquer de transparence.


Marcel Boulanger
Montréal, le 30 janvier 2018

 

Il a recueilli tous les orphelins de la rue

 

L’oeuvre du père Emmett Johns doit se poursuivre. Le gouvernement reconnaît la grandeur et la pertinence de cette oeuvre. Mais au lieu de lui ériger une statue inerte, le gouvernement doit subventionner l’oeuvre du père Johns afin de lui assurer une pérennité, car il est démontré que son oeuvre a toujours été essentielle et répond à un besoin criant des jeunes de la rue. Il y aura toujours des enfants dans la rue totalement abandonnés, mal-aimés et sans famille. L’oeuvre du père Emmett doit se poursuivre et recevoir l’argent nécessaire et de façon récurrente. C’est la meilleure façon de le remercier et de lui rendre honneur et respect. Son oeuvre, c’est lui. Les enfants dans les rues, ce sont ses enfants. Avec la mort du père Emmett, ils ne doivent pas redevenir orphelins de la rue.


Jocelyne Dumont
Saint-Jean-Port-Joli, le 27 janvier 2018

 

La médecine souffre d’une crédibilité déclinante

 

Plusieurs vaccins sont de grands succès : ainsi, la variole a été éradiquée et la polio s’est raréfiée. Par contre, il faut reconnaître que certains agents infectieux ne semblent pas se prêter à une prophylaxie par vaccination : il n’y a toujours pas de vaccin efficace contre le sida, et les vaccins contre la grippe ont quelquefois une efficacité presque nulle (virus trop variables).

La médecine a aussi beaucoup abusé des médications de toutes sortes : qu’on songe à ces médicaments antidouleur prescrits à propos de tout et de rien. (L’auteur en a fait l’expérience. Aux États-Unis, certains médecins recevaient des bonis s’ils prescrivaient des opioïdes, d’où les nombreux problèmes de dépendance.)

Surtout, de nombreuses études pharmaceutiques ont été entachées d’erreurs et d’omissions : efficacité thérapeutique surévaluée et effets secondaires graves grandement sous-estimés. (Le Bextra est un bel exemple !) Ce fait est lié à une certaine corruption de la science : songeons à ces scientifiques qui « découvrent » que les produits de Monsanto sont inoffensifs !

Surtout, la médecine est soumise à la loi des rendements décroissants : elle réussit bien contre les maladies « simples », comme la variole, beaucoup moins contre les maladies très complexes comme le sida, la grippe, les cancers ou les maladies dégénératives. Il semble bien qu’elle ne puisse jamais guérir ce mal mortel entre tous : le vieillissement. Il suffit de voir le faible coût des recherches qui sont venues à bout de la variole et des sommes astronomiques investies dans la recherche sur le cancer ou le sida.

 

Pierre Gagnon
Montréal, le 28 janvier 2018

 

Pardon

 

Mon ami,

Vendredi dernier, on s’est payé, toi et moi, une querelle de chiffonniers devant l’entrée du CHUM. Tu trouvais que je prenais trop de temps à dégager alors que je te trouvais agressif avec tes coups de klaxon répétés. Quand tu es venu cogner à ma vitre pour me pousser à dégager au plus vite, ma mince couche de vernis de civilisation s’est écaillée et, entre un vigoureux échange de doigts d’honneur, je t’ai invité à retourner dans ton pays. Je n’aurais pas dû et je te demande pardon. J’ai vu et lu dans ton regard une tristesse résignée : pas encore un autre ! J’aurais dû être plus sensible à la situation : peut-être étais-tu un de ces chauffeurs de taxi surdiplômés dont je retardais le gagne-pain. Peut-être étais-tu, tout comme moi, exaspéré par la circulation pénible dans les rues du centre-ville abandonnées au verglas par les autorités. Peut-être était-ce seulement une mauvaise journée. Je regrette d’autant plus ma « rage » au volant que, le même jour, de nombreuses autres personnes de bonne volonté tentaient de rétablir des ponts entre les communautés à l’occasion de la commémoration de la tuerie à la grande mosquée de Québec. Reste avec nous, tu as pleinement mérité qu’on puisse parfois s’engueuler… fraternellement.

 

Raymond Lepage
Montréal, le 29 janvier 2018