La parole à nos lecteurs

Faire la différence

 

Les sacrifices sont nombreux pour ceux et celles qui osent se lancer en politique. Je l’ai fait pendant quatre ans et une de mes inquiétudes était l’impact qu’aurait mon engagement sur le quotidien de mes enfants.

Mes enfants ont deux et cinq ans. Bien qu’ils aient vécu plusieurs belles expériences, je dois mentionner mes nombreuses absences, les gens qui m’interpellaient à l’épicerie ou dans la rue, les voyeurs qui voulaient en savoir un peu trop sur notre vie privée, cette éducatrice de la garderie qui tenait absolument à dire à mon fils que son ami, le maire, elle le détestait (et je suis plus polie qu’elle)… Bref, bien qu’ils soient jeunes, je sais que mon choix de faire de la politique a eu un impact sur mes enfants. Comme société, on le permet. On trouve ça normal. Ça vient avec le job !

Lundi, j’ai lu sur les réseaux sociaux le mépris de plusieurs individus à l’égard d’Alexandre Coderre, fils de Denis Coderre. J’ai eu beaucoup de peine. Pourquoi les enfants et l’entourage de personnalités publiques n’ont-ils pas le droit d’échapper aux médias ? Est-ce que leur vie nous appartient ? Chaque famille, même celles des politiciens, a ses défis, enjeux et problèmes. Si les proches choisissent d’en parler, je salue leur courage. Mais s’ils ne le veulent pas ? Il n’y a pas de recours. Ils doivent « rentrer la tête dans les épaules et foncer », comme me l’a déjà conseillé un grand politicien.

Vous trouvez que c’est sensé ? Aucun parent que je connais ne veut exposer son enfant de cette manière. Aucune personne ne veut obliger ses proches à vivre ainsi. Par exemple, si Alexandre Coderre s’appelait Alexandre Tremblay, jamais nous n’aurions entendu parler de lui.

Si vous me dites que ç’a toujours été comme ça, je vous répondrai que c’est une excellente raison de se relever les manches pour changer cette culture de « l’élu qui appartient corps et âme aux citoyens ». Bien sûr, les politiciens ne font pas un travail ordinaire. Il nécessite un grand dévouement et chaque citoyen mérite d’être entendu par « son » élu. Mais je peux vous assurer qu’un élu (homme, femme, jeune, aîné, de toutes les communautés) prendra de meilleures décisions s’il est connecté à la vraie vie. Les élus ne vivent pas dans la plus haute tour d’un château. Ils sont, avant tout, des citoyens, des pères et des mères, qui ne devraient jamais avoir à choisir entre protéger leurs familles et assurer le service public. Les deux doivent se conjuguer. Voilà la réelle signification de la conciliation famille-travail.

Au cours des dernières années, de nombreux politiciens ont publiquement exprimé des malaises et des difficultés à concilier le privé et l’engagement politique. Certains ont quitté leurs fonctions. Depuis, il y a des améliorations, mais il reste encore beaucoup à faire pour moderniser nos pratiques et nos attentes envers ceux qui, malgré tout le cynisme et le dédain de certains, donnent une partie d’eux à la société. Une partie d’eux, oui, pas toute leur vie et celles de leurs proches. Apprenons à faire la différence.


Marie-Ève Brunet, génératrice de changements sociaux
Montréal, le 30 janvier 2019

 

De Sotchi à Pyeonchang

 

Les Jeux olympiques sont nés à Olympie, dans la Grèce antique. Depuis, on ne cesse de les célébrer à la grandeur du monde, au prix de bien des tourments et de trop de milliards.

L’occasion est excitante pour certains chefs d’État de démontrer leur puissance en dépit de dettes insolvables. Et que dire des dispositifs de sécurité que ces Jeux occasionnent ? Pourquoi ne pas choisir d’installer définitivement les Jeux olympiques d’été dans leur contrée natale ?

On pourrait commencer par y construire une installation de base, permanente, qui pourrait être louée aux pays choisis par le CIO. Primo ! Pour les Jeux d’été, la Grèce. Le pays élu aurait le devoir d’améliorer les aménagements selon des critères précis du Comité en vue d’en perfectionner le site. Et comme la Grèce n’apporte pas suffisamment de neige, il faudrait choisir, pour les Jeux d’hiver, un pays nordique qui a besoin d’aide ou qui est prêt à en donner.

Les coûts démesurés en seraient réduits d’autant et les excès de triomphalisme et les dettes accumulées ne seraient plus que de mauvais souvenirs.

Les sports, bien sûr, c’est important, mais combien d’autres secteurs pourraient bénéficier de ces fonds épargnés ? La nourriture, l’éducation, les soins, la culture…

Il me semble que ce serait faire montre d’un brin d’altruisme, d’égard, de modération et d’humanité face à notre monde.


Marie-Paule Tremblay
Québec, le 26 janvier 2018