Propagande ou littérature?

« Cancer, toxicomanie, mort, réfugiés, intimidation, guerre, génocide, inceste, viol, homoparentalité, diversité sexuelle (sic !), transidentité, aide à mourir, violence conjugale, hyperphagie, automutilation, anorexie, bipolarité, suicide », voilà le monde merveilleux auquel nous convie aujourd’hui ce qu’on ose encore appeler la littérature jeunesse. La tête nous en tourne.

De la qualité de l’écriture, de la justesse du ton, de la richesse de l’imaginaire ou de l’originalité du scénario, nous ne saurons rien. Le Devoir nous parle plutôt de « socioréalisme ». Voilà qui fait étrangement penser au « réalisme socialiste », de triste mémoire. Un art formaté par une volonté de « construire un monde meilleur » et un homme nouveau plutôt que l’honnête homme de Montaigne.

L’enfant n’est pas l’adulte. On doit l’aider à grandir en le rassurant sur ce qu’il est, sur ce que nous sommes et d’où nous venons en le protégeant des violences de la société et des laideurs du monde. L’enfant a besoin de rêve pour se projeter vers l’avenir. Les défis qu’on lui propose doivent être à sa mesure. Ne l’étouffons pas avec toutes nos souffrances et nos angoisses d’adultes.

Le roman en général devrait être un objet délicat à manipuler avec soin, loin de toute forme d’utilitarisme, ou de toute forme de propagande. La beauté avant toute chose, disait le poète.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 7 décembre 2017 08 h 19

    La beauté avant tout chose ?

    Pas plutôt :
    De la musique avant toute chose
    Et pour cela préfère l'impair
    Plus vague et plus soluble dans l'air
    Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

  • Céline Delorme - Abonnée 7 décembre 2017 18 h 53

    Exagération étouffante

    " Le Devoir nous parle plutôt de « socioréalisme ». Voilà qui fait étrangement penser au « réalisme socialiste », de triste mémoire. "

    Je suis bien d'accord avec vous, Mme Favre, où est la beauté dans toutes ces normes rigides?
    De plus, il faudrait éviter: "le cadre hétéronormatif" et éviter "le récit qui n'est pas d'autonomisation féminine". (critique du livre de Philip Pullman).
    Le garçon tombe amoureux de la fille...quelle idée!

    Je me définis comme féministe, mais on est ici dans l'exagération la plus totale et rigide des livres pour enfants...