Une commission malade de sa mission

Il faut être reconnaissants envers le Dr Alain Naud (Le Devoir, 9 novembre), qui démontre que la Commission sur les soins de fin de vie (CSFV) fait son travail d’une façon peu convaincante. Elle néglige la majeure partie de ce pour quoi elle a été créée et s’acharne à mal faire la seule dont elle s’occupe. Ce n’est pas sans rappeler cette épigramme épitaphe du cardinal Richelieu :

 

« Ci-gît un cardinal qui fit autant de bien que de mal

 

Le bien qu’il fit il le fit mal

 

Le mal qu’il fit il le fit bien ».

 

Le radar du Dr Naud a détecté bien des choses, dont cet inénarrable motif de non-conformité qu’était la date d’expiration de la carte d’assurance-maladie du mourant, sur le point d’expirer lui-même. On se croirait dans Kafka ou dans Molière.

 

L’admirable consensus politique qui a présidé à la genèse de cette loi devrait ressurgir pour que tous s’entendent pour abolir sans tarder cette commission et en remettre la mission au Collège des médecins, gardien de l’intégrité de l’acte médical et protecteur du public.

 

À lire cette analyse du rapport de la commission, on constate que l’aide médicale à mourir ne se trouve pas sur une pente glissante de la banalisation du geste, mais qu’elle fait plutôt face à la côte abrupte d’une résistance qui ne dit pas son nom.

2 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 15 novembre 2017 09 h 16

    « ...et en remettre la mission au Collège des médecins...»

    Dieu nous en préserve. Ce Collège et les millionnaires du stéthoscope ont déjà trop de pouvoir.

  • Yvon Bureau - Abonné 15 novembre 2017 15 h 24

    OUI à notre Commission

    Voici le moment venu pour notre Commission de corriger le tir, visant des mandats nouveaux.

    Il y a tant à faire et à bien et mieux le faire.

    Que les commissaires ne soient que des pro-choix.

    Que les pro-vie à tout prix se retirent, par cohérence et par honnêteté.

    Quant à la population et aux professionnels concernés, envoyez des propositions pour bonifier les soins de fin de vie.

    Réjouissons nous d'avoir une Commission sur les soins de fin vie. À nous tous d'en prendre soins.

    Pendant ce temps, espérons que le Gouvernement Trudeau va demander à la Cour suprême son avis sur C-14/AMM. Pour des clartés ensoleillées sur le juridique et le clinique , loin du concept de confusion massive "Mort naturelle raisonnablement prévisible".