Montréal, une ville bilingue?

Chère Valérie Plante,

 

D’abord, je tiens à vous féliciter de votre éclatante victoire : vous êtes la mairesse de Montréal. Attiré par votre enthousiasme, par votre franc sourire et surtout par vos priorités, j’ai voté pour vous. J’en suis fier. Vous êtes la première mairesse de Montréal, événement historique. Bravo !

 

Cependant, je dois vous exprimer un petit malaise à la suite de votre grand discours le soir de votre victoire. Vous avez dit ce qu’il fallait dire ; fort bien.

 

Toutefois, je fus surpris de la place importante de l’anglais dans votre discours, comme si Montréal était une ville bilingue.

 

Pourtant, vous savez comme moi que Montréal est la deuxième ville française au monde. Que la langue officielle commune au Québec et dans toutes les grandes villes du Québec est le français.

 

Une salutation chaleureuse en une ou deux phrases en anglais, un petit coucou aux Québécois dont la langue maternelle est l’anglais, aurait suffi. C’est faire injure à la majorité des anglophones québécois qui comprennent bien le français. M. Peter Trent, longtemps maire de Westmount, l’arrondissement le plus anglophile du Québec, accepte que le français soit la langue officielle commune du Québec, comprend le français et le parle bien.

 

Voyez comment s’expriment les chefs d’État dans le monde. Leurs discours officiels se font dans la langue de leur pays. Le président de la France s’adresse au besoin en français aux millions d’Américains et de Britanniques qui visitent la France chaque année, dont la majorité est heureuse de parler en français.

 

Si vous avez la vision d’un Montréal bilingue, je vais regretter d’avoir voté pour vous. J’espère que ce n’est pas le cas.

 

Cordiales salutations.

  • Robert Beauchamp - Abonné 10 novembre 2017 01 h 15

    Anglophile?

    Surpris également d'avoir entendu Mme plante déclarer qu'il y aura une place plus importante de l'anglais dans certains arrondissements pour tenir compte '' des deux langues officielles du Canada''. Cette déclaration m'indique au moins 2 éléments: Mme Plante est d'allégeance NPD et s'aligne sur la politique de ce parti fédéraliste ou / et elle a une approche clientéliste qui deviendra divisive. Elle ignore sciemment que la majorité des citoyens issus de l'immigration ont une langue maternelle autre que l'anglais mais que l'on assimile trop volontiers dans l'expression ''anglophones''. On est loin de l'intégration et de la promotion du français. C'est une grave erreur et une orientation que je réprouve entièrement. Montréal n'a certes pas besoin de s'angliciser plus rapidement, la vitesse est déjà suffisante.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 10 novembre 2017 11 h 18

      À Robert Beauchamp,

      «Mme Plante est d'allégeance NPD et s'aligne sur la politique de ce parti fédéraliste.... et elle a une approche clientéliste qui deviendra divisive» - Robert Beauchamp

      — Qui sont les véritables diviseurs ?

      Les péquistes, qui ont réduit l'indépendance à une simple petite cause linguistique plutôt qu'à un large cause d'émancipation sociale pour tous les citoyens et citoyennes du Québec, ne sont non seulement parvenus qu'à faire stagner les appuis à l'indépendance à 40% durant 45 ans, mais sont en train d'en payer le prix politique avec un Parti québécois moribond qui ne bénéficie plus que de 20% des appuis derrière la CAQ.

      L'indépendance ne se fera pas en opposant bêtement les anglophones, les francophones et les immigrants. Mais en proposant un projet de pays emballant pour tout le monde et en expliquant que le Québec indépendant qu'on espère et qu'on désire pourrait être un État plus juste, plus égalitaire et plus démocratique que l'État canadien.


      Christian Montmarquette

      Extrait du discours de la victoire de Valérie Plante:

      «The francophones, the anglophones and allophones community of Montreal have more in common than what many people wants us to beleve. » - Valérie Plante

      .

    • Robert Beauchamp - Abonné 10 novembre 2017 13 h 51

      Et oui M. Montmarquette, vous citez précisément Mme Plante en anglais, ce qui confirme mon propos. Je ne commenterai pas plus loin vos jugements déclaratoires ex-cathedra.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 10 novembre 2017 15 h 04

      À Robert Beauchamp,

      J'imagine que Pauline Marois, confirmerait aussi vos propos en se livrant elle-même à des déclarations en anglais..

      C'est vraiment de l'intégrisme linguistique votre affaire, quand on sait que ce discours de Valérie Plante ne comportait que très peu de lignes en anglais.

      -CM

  • Jean Lapointe - Abonné 10 novembre 2017 08 h 15

    Vous demandez l'impossible à madame Plante

    «Voyez comment s’expriment les chefs d’État dans le monde. Leurs discours officiels se font dans la langue de leur pays.» (Marc-André Tardif)

    Le problème monsieur Tardif est-ce que ce n'est pas le fait que le Québec n'est pas, pas encore, véritablement un pays officiellement?

    IL n'est qu' une simple province du Canada et au Canada il y a deux langues officielles. Au Québec il y a bien sûr la loi 101 mais c'est une simple loi qui peut être amendée par un gouvernement facilement parce que cette loi n'est pas inscrite dans une constitution étant donné que le Québec n'a pas de constitution.

    Les anglophones de Montréal, contrairement à un bon nombre de francophones, ne vivent pas au Québec dans leur tête mais au Canada et par conséquent ils ne se gênent pas pour imposer leur langue à Montréal en particulier parce qu'ils se disent vivants dans un pays bilingue.

    C'est ce qu'on se fait souvent dire quand on réclame plus de français à Montréal. Je le sais d'expérience.

    Vous demandez donc quelque chose d'impossible concrètement à madame Plante.

    Si elle décidait de ne s'adresser surtout qu'en français aux anglophones vous pouvez être sûr qu'elle se ferait traiter d'intolérante sinon de raciste parce que non respectueuse de la constitution canadienne.

    Alors la seule solution c'est l'indépendance pour que soit inscrit dans une constitution d' un Québec indépendant que le français est la seule langue officielle du Québec et la seule langue commune.

  • Bernard Terreault - Abonné 10 novembre 2017 08 h 35

    En fait

    L'Arabe, l'Espagnol, sont presque en train de détrôner l'anglais comme langue maternelle, comme l'Italien et le Yiddish il y a 50 ans !

    • Jean Richard - Abonné 10 novembre 2017 13 h 27

      Mais contrairement à l'anglais, l'arabe et l'espagnol ne sont pas des langues colonisatrices à Montréal.

      Ainsi, connaissez-vous des chaînes de cinéma à Montréal où on présente des films en arabe ou en espagnol ? Y a-t-il des salles de spectacle où on présente à la tonne des pièces de théâtre, des récitals ou autres produits culturels en arabe ou en espagnol ?

      Est-ce qu'à Radio-Canada, on fait l'éloge de l'arabe et de l'espagnol ? Est-ce que nos câblodistributeurs offrent à leur menu des dizaines de stations de télé en arabe ou en espagnol ? Est-ce qu'à cette même Radio-Canada on a des animateurs qui traduisent constamment des mots français en arabe ou en espagnol ?

      Enfin, alors que le français emprunte à l'anglais à un rythme excessif, les arabismes et les hispanismes sont plus que rares.

  • Bernard Morin - Abonné 10 novembre 2017 08 h 51

    Je ne suis pas un citoyen de Montréal mais j'ai ardemment souhaité et je suis très heureux de l'élection de Valérie Plante. Mais moi aussi j'ai ressenti un malaise en entendant ce discours bilingue.

  • Solange Bolduc - Abonnée 10 novembre 2017 09 h 16

    Bravo Monsieur !

    Je vous remercie de votre appui! Au Québec, c'est en français que l'on communique!