Les idées de l’autre

Qu’il est difficile d’être un intellectuel au pays du Québec ! Qu’il est encore plus risqué d’oser parler de nos racines ! Bien sûr, il est moins périlleux de se fondre dans le grand nulle part, d’où l’on ressort usiné, dépossédé de particularités, transparent. L’article de Michel Lapierre, « L’utopie comme étincelle d’espoir » (Le Devoir, 9 et 10 septembre 2017), portant sur le livre de Jacques Pelletier, est tout simplement navrant. Bien sûr, Jacques Pelletier a parfaitement le droit de défendre son point de vue dans son livre. Mais ce sont les commentaires désobligeants de Michel Lapierre à l’égard de Mathieu Bock-Côté qui détonnent.

 

Michel Lapierre se réjouit d’une façon malsaine de la satire de Jacques Pelletier à l’égard de Mathieu Bock-Côté, qu’il qualifie de « satire efficace bien méritée ». Il se réfugie derrière l’auteur du livre dont il fait la critique pour lancer ses fléchettes empoisonnées, étant sans doute bien incapable de le faire à découvert. Car il faut de l’esprit et de la culture pour se mesurer à Mathieu Bock-Côté. Michel Lapierre frétille aux insultes de Jacques Pelletier qui traite Mathieu Bock-Côté de « singe savant ». Il en rajoute en parlant de « portrait plus vrai que nature ». On croirait un enfant qui lance des pierres aux passants, caché sur son balcon sous l’oeil bienveillant de papa-maman. En se travestissant en père Fouettard de nos intellectuels, Michel Lapierre ne se grandit pas, et fait reculer le sain débat d’idées, déjà fragilisé au Québec.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 septembre 2017 08 h 50

    Cent pour cent d'accord, bravo !

    Je ne sais pas ce qui a pris à M. Lapierre, qui est beaucoup plus mesuré d'habitude.

  • André Joyal - Abonné 12 septembre 2017 09 h 10

    Merci Madame!

    Faisant partie des plus anciens lecteurs du Devoir, je ne peux que me réjouir de votre mise au point. Comme beaucoup d'autres lecteurs, je perçois une tendance de notre journal à se rapprocher de QS. Çe va devenir franchement insupportable.

    Quant à Jacques Pelletier, serait-il jaloux de MBC qui, dans le Quartier Latin, à Paris, se fait saluer chaleureusement par des jeunes? Je doute que notre écrivain retraité puisse en dire autant en ce qui le concerne. Donnons encore 30 ans à MBC et l'histoire permettra de juger laquelle des oeuvres des deux auteurs primera sur l'autre.

    • Réjean Martin - Abonné 12 septembre 2017 17 h 21

      bien dit, André!

  • Marc Therrien - Abonné 12 septembre 2017 12 h 40

    Sans nos prédécesseurs, point de salut?


    Si Mathieu Bock-Côté est un singe savant, il est certainement le plus savant des singes puisqu’il n’a pas eu besoin d’un temps infini pour produire des textes qui font du sens (réf : paradoxe du singe savant). S’il est un intellectuel de parade, tant mieux pour moi qui a eu la chance de le découvrir parce qu’il prend le risque de s’exposer. Puisque je ne connais pas Jacques Pelletier, je ne suis pas en mesure de «regarder qui parle» et de savoir d’où il tient son propos pour le justifier.

    Mathieu Bock-Côté démontre qu’il est possible de mener une vie intellectuelle en dehors des murs de l’université tout en se rapprochant du peuple qu’il peut certes influencer. Je ne sais pas s’il est difficile d’être un intellectuel au pays du Québec, mais il est certes risqué de se tenir à droite.

    Pour le reste, il semble que certains intellectuels rendus au crépuscule aient de la difficulté à accepter qu’ils n’ont pu changer le monde par leurs idées et que ceux qui les suivront ne feront pas nécessairement pire.

    Marc Therrien

  • Huguette Lavigne - Abonnée 12 septembre 2017 13 h 12

    Huguette Lavigne-Abonnée

    Je suis tout à fait d'accord avec M. André Joyal quand à la tendance du journal à se rapprocher de QS.Je commence à en être fatiguée.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 12 septembre 2017 16 h 02

      J'appuie votre position.

  • François Thérien - Abonné 12 septembre 2017 16 h 20

    Bien dit!

    Quand la critique se résume au lancement d'insultes, ça fait pitié et ça n'a sûrement pas sa place dsns le Devoir, C'est à mon avis aussi déplorable que le l'entartagedont Mathieu Bock-Côté fut victime à Québec. Le philosophe allemand Jürgen Habermas avait une expression très précise pour décrire cel: Linksfascismus, fascisme de gauche.