Non à la violence

Que ce soit les groupes antiracistes opposés à La Meute, les organisations contre la brutalité policière ou les étudiants du Printemps érable, tous veulent convaincre la majorité de l’opinion publique de la justesse de leur cause. C’est pour cela qu’ils manifestent. Alors, il faut le dire clairement : la violence n’est jamais acceptable. Ni contre les personnes ni contre les biens. Car elle est toujours contre-productive et enlève toute sympathie et crédibilité à la cause qu’on prétend défendre.

 

C’est un vieux débat : celui du « respect de la diversité des tactiques ». Les groupes (souvent anarchistes) qui acceptent (et parfois prônent) l’usage de la violence exigent des groupes non violents qu’ils respectent leur droit à penser et agir différemment. Avec le résultat inévitable qu’un petit groupe violent attire beaucoup plus la couverture des médias qu’une grosse manifestation pacifique. Et que la cause du plus grand nombre est discréditée par l’action (« respectée » ou tolérée) d’une petite minorité. C’est pourquoi il faut toujours dire NON, clairement et fermement, à tout usage de la violence, de droite comme de gauche, de nos amis comme de nos adversaires. D’autant plus que nous ne gagnerons jamais rien par les affrontements violents : nous avons tout à perdre et rien à gagner.

 

Il ne s’agit pas ici d’un plaidoyer pour la vertu, mais d’une simple analyse rigoureuse du combat social. Si nous voulons gagner (quoi que ce soit), nous devons mettre la majorité (bruyante ou silencieuse) de notre côté. Et la violence va toujours l’éloigner de notre cause. Toujours.

11 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 24 août 2017 01 h 22

    La violence n'est jamais acceptable quelle que soit la justesse de la revendication.

    Vous avez raison, Dominique Boisvert, la violence n'est jamais justifiée. Si l'on regarde du côté de l'histoire, on peut constater que les mouvements les plus réussis tels que celui de Mahatma Ghandi, qui a chassé l'Empire britannique de l'Inde, sans recourir à la violence. De même que le mouvement contre l'apartheid de l'Afrique du Sud, avec Nelson Mandela, comme le mouvement contre l'esclavage de Martin Luther King, ces mouvements n'ont jamais utilisé la violence pour gagner leur cause.
    En ayant recours à la violence, on perd notre crédibilité et conséquemment notre cause, quelle que soit la justesse de la revendication.

    • Bernard Terreault - Abonné 24 août 2017 08 h 06

      Bien de rappeler Ghandi, Mandela, King. Ils n'ont pas réglé définitivement les problèmes, loin de là, mais ils ont amorcé un mouvement irrésistible. Un certain Lévesque a passé proche, lui aussi.

    • Claudette Lepage - Abonné 24 août 2017 09 h 10

      Il faut tout de même considérer l'utilisation de la désobéissance civile par Ghandi et Mandela.À lire sur le sujet : Guy Durand.

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 août 2017 22 h 51

      À Claudette Lepage: Oui, certainement on peut utiliser la désobéissance civile pour revendiquer une cause. Mais la désobéissance civile ne se traduit pas en violence!

  • Christian Labrie - Abonné 24 août 2017 06 h 53

    La violence discrédite

    C'est bien vrai que la violence discrédite un mouvement. C'est sans doute pour cela qu'à Montebello jadis, lors d'une manifestation défendant sur des questions plus d'ordre économiques une position de gauche, des policiers habillés en civils et en manifestants, se sont mis à lancer des pierres pour faire déraper une manifestation qui jusque là se déroulait pacifiquement. C'était avant le printemps érable, mais ça préfigurait ce qui allait s'y passer. Il est étonnant que ce qui était un énorme scandale sur l'état de notre démocratie ait été vite oublié, ou disparu, des débats dans les médias.

    • Jacques Patenaude - Abonné 24 août 2017 08 h 55

      C'est pour cela qu'on ne devrait jamais tolérer dans nos manif des individus masqués dont on ne peut connaitre l'identité.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 août 2017 00 h 33

      Les extrémistes de la gauche sont tellement à gauche, qu’ils ont rejoint la droite. C’est la circonvolution du cercle à partir de l’extrémisme. Et pour le 90% des gens qui ne sont ni à droite ni à gauche, ils deviennent les otages de ces groupes farfelus encouragés par l’establishment, le 1%, les élites, les mondialistes, les libre-échangistes, les néocolonialistes, les néolibéralistes et les altermondialistes.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 24 août 2017 08 h 19

    Le cycle de la violence : de dominant à dominé à dominantu maîtres

    Et la violence «historique» des USA, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon, Union Soviétique, France, Espagne, Chine et j'en oublie sûrement???

    Cette violence systématique leur a permis de devenir temporairement et chacun leur tour les maîtres du monde.

    La prédation, la guerre, le génocide, l'eugénisme, la discrimination, les persécutions, les occupations illégales de territoires, toutes ces formes de violence ne peuvent tôt ou tard que provoquer des actes de rétaliation de la part de la victime.

    Les pays développés deviennent alors les victimes avec les moyens dont disposent les victimes de l'autre côté du mur de la haine. Et ainsi de suite dans le délire et la vengeance...

    • Marc Therrien - Abonné 24 août 2017 18 h 29

      La passion pour la violence est certes potentiellement contagieuse. C'est pourquoi autant que faire se peut, je préfère m'en tenir éloigné.

      Certaines personnes sont mieux "équipées" que moi pour la laisser vivre en eux et faire face à celle de leurs semblables. Heureusement (ou malheureusement?), on peut "choisir" aujourd'hui d'aller dans l'armée pour espérer combattre et j'espère bien qu'on ne vivra jamais plus la conscription.

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 août 2017 22 h 58

      À Jean-Pierre Marcoux: «Deux maux ne font pas un bien!» Two wrongs do not make a right!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 24 août 2017 11 h 56

    … ?!? …

    « Si nous voulons gagner (quoi que ce soit), nous devons mettre la majorité (bruyante ou silencieuse) de notre côté. Et la violence va toujours l’éloigner de notre cause. Toujours. » (Dominique Boisvert, Scotstown)

    Effectivement, si la « violence » se joint à l’Argumentaire principal, il est à peu près « sûr » que les données de la manifestation-mobilisation tomberont en désuétude et que la population se réjouira de penser autrement la-dite cause !

    Cependant, et depuis le départ du Noblet (1959), le Québec a vécu plusieurs manifs dont celles rattachées à des questions de Syndicats (1972), de Femmes (Marche Pain et Rose, 28 mai 1995), de l’Enfance de Duplessis-Léger (Marche Silencieuse, vers 2000), du Monde étudiant (Printemps Érable, 2012), et de l’Immigration (2017).

    Parmi ces « manifs » et sauf erreur, celles qui ont accueilli favorablement l’opinion publique demeurent la Marche des Femmes et celle de l’Enfance !

    Quant aux autres …

    … ?!? … - 24 août 2017 -