Le PIB du français… et de l’anglais ?

Dans son dernier papier, Jean-Benoît Nadeau évoque avec justesse la myopie des Français concernant la pertinence de leur langue qu’ils semblent maintenant ne percevoir qu’à travers le prisme rapetissant de leurs maîtres à penser anglo-américains.

Il serait par ailleurs intéressant de chiffrer les avantages économiques que retirent les pays anglo-saxons de leur langue qu’ils imposent unilatéralement comme lingua franca au reste du monde (avec la complicité des élites nationales d’un peu partout) ainsi que les coûts correspondants que doivent assumer tous les autres pays non anglophones. Il y a bien eu le rapport Grin, qui nous a donné des chiffres pour l’Europe, et Robert Phillipson (Linguistic Imperialism), qui a tenté de quantifier un peu la dimension économique de cet impérialisme linguistique, mais l’évaluation exhaustive est encore à faire.

L’impérialisme linguistique n’est pas plus acceptable, ni plus inévitable que les autres types d’impérialismes. L’évaluation à faire et la diffusion des coûts et bénéfices liés à l’imposition d’une langue nationale au reste du monde amèneraient certainement une remise en question de la dynamique actuelle de la communication internationale et commerciale. Cette remise en question serait également facilitée aujourd’hui par le déclin relatif des pays anglophones et la montée en puissance de pays non anglophones (Chine, Russie, Brésil, Inde, etc.). Un nouvel ordre linguistique mondial est tout aussi possible que souhaitable.

3 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 14 mars 2017 07 h 01

    Vive l'espéranto!

  • Yves Côté - Abonné 14 mars 2017 07 h 06

    Tourlou quand même !

    Nous Québécois, n'avons de leçon à donner à personne.
    Laissons les Français décider pour eux-mêmes dans un espace européen qui tente de se construire. Ils sont bien assez grands et ont une Histoire bien assez longue et tumultueuse pour en décider d'eux-mêmes...
    Malgré quelques parisianistes enragés et avides de se montrer plus beaux et à la mode que les autres, la vérité des choses est que la langue française est très loin d'être en danger en France comme c'est le triste cas au Québec...
    Occupons-nous plutôt de notre territoire et de nos espaces culturels à nous, Québécois.
    A cet espace personnel-là qu'on ne cesse de broyer par un usage médiocre de cette langue qui pourtant, non seulement nous donne à être ce que nous sommes en différences mais fonde notre revendication historique au droit d'exister et de persister dans le temps pour e futur.
    A cet espace collectif, donc, que nous ne cessons d'abandonner pour des raisons individualistes X ou Y, toujours en abdiquant quelque chose de notre personnalité collective.

    PS : Pour tous les crédules que nous ne cessons d'abandonner notre propre pays, aller marcher une journée entière dans le Plateau ou dans le Vieux-Québec et ouvrez-vous les oreilles. Et pour les plus jeunes de nous, demandez à vos Vieux quelle langue on y entendait il y a à peine une génération ?

    Et allez, Tourlou quand même !

  • Bernard Terreault - Abonné 14 mars 2017 09 h 26

    Brexit et Europe

    Avec le Brexit, l'Anglais qui était la langue seconde de tout le monde et donc sa lingua franca, ne sera plus une langue officielle en Europe! Sera-t-il remplacé? L'Allemand est trop peu connu des autres et trop difficile à apprendre, le Français généralement plus connu et plus facile, mais pas assez puissant politiquement et économiquement pour s'imposer.