De la radio poubelle dans les autobus scolaires

Ainsi, la Commission scolaire de la Capitale a décidé de faire marche arrière et de permettre à ses chauffeurs d’autobus d’écouter les radios poubelles en présence d’élèves. Permettez-moi de m’étouffer dans mon café.

Que des chauffeurs d’autobus n’aient pas la jugeote d’éviter aux enfants d’être exposés aux radios poubelles, ça peut laisser perplexe. Que le caquiste Éric Caire en profite pour défendre sa radio préférée en agitant l’épouvantail de la censure, ça étonne moins. Mais qu’un ministre de l’Éducation et une commission scolaire ne voient pas de problèmes à ce que les aboiements des animateurs de ces radios puissent se faire entendre jusque dans les autobus, c’est inquiétant.

Ce n’est pas une question de censure, ce n’est même pas la question de savoir si oui ou non, ou de quelle manière les radios poubelles ont pu jouer un rôle dans le massacre de la grande mosquée.

Il faut plutôt se demander en quoi ces radios ont leur place dans un contexte scolaire. Ce ton intimidateur, ces faits déformés, cette logique argumentaire déficiente, cette haine des autres… N’envoie-t-on pas nos enfants à l’école justement pour les équiper contre ces grossièretés ?

Ce n’est pas un appel à la censure, mais à la responsabilité des écoles. D’ailleurs, des extraits de radio poubelle devraient peut-être servir d’objet pédagogique en classe. En compagnie d’un adulte qui puisse fournir aux élèves une grille d’analyse adéquate, ceux-ci auraient l’occasion de réfléchir à la différence entre l’opinion et la mauvaise foi, l’intimidation, le mensonge, le faux raisonnement et la haine.

16 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 13 février 2017 01 h 07

    Éducation et sélection culturelle


    "D’ailleurs, des extraits de radio poubelle devraient peut-être servir d’objet pédagogique en classe."

    Bonne idée.
    Et de retour à la maison, ces enfants pourraient à leur tour essayer de parfaire l'éducation de leurs parents qui écoutent cette radio poubelle. La transmission de la culture commence très tôt dans les familles.

    Marc Therrien

    • Brigitte Garneau - Abonnée 13 février 2017 10 h 49

      Comme c'est bien répondu monsieur Therrien! J'aime bien l'idée qu'il faille maintenant compter sur les enfants afin que ceux-ci puissent éduquer leurs parents. Misère!C'est dire à quel point l'éducation n'est pas une priorité dans la société à laquelle nous appartenons...

  • Jacques Tremblay - Inscrit 13 février 2017 08 h 53

    Quel manque de savoir vivre!

    De quel droit un Chauffeur d'autobus scolaire peut-il imposer à tout son environnement captif jour après jour le choix récurant pour ne pas dire obsédant de SA radio et SA musique sans compter le volume de celle-ci? Après le jeune trouvera éventuellement normal d'aller écœurer tout le monde avec SA musique provenant à tue-tête des portes ouvertes de SON char sur le bord de SA plage ou de SON parc. Ça prends tout un village pour éduquer un enfant y compris des chauffeurs d'autobus conscients des valeurs qu'ils implantent jusque dans l'inconscient de nos enfants. Et quels choix de discours! On est loin des Joyeux Troubadours qui berçaient notre enfance toute en nuance et en français SVP le midi dès notre arrivée dans la cuisine familiale. Malheureusement pour certains la culture c'est comme la confiture moins ils en ont plus ils l'étendent.
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 13 février 2017 18 h 01

      Quel manque de jugement de la part la Commission scolaire de la Capitale!

  • Bruno Asselin - Abonné 13 février 2017 09 h 08

    Très beau réquisitoire

    J'espère que la commission scolaire lira ce texte. Déjà que j'étais contre de ce faire imposer parfois ce type de radio dans le transport en commun (RTC), dans les autobus scolaires c'est inacceptable.

  • Michèle Dorais - Abonnée 13 février 2017 09 h 37

    Le gros bon sens indéfendable ?

    Ainsi vont nos contradictions.

    Nos politiques sont incapables de faire la différence entre le gros bons sens et les abus enveloppés dans le droit à la liberté d'expression. Nos politiques sont incapables de défendre les responsabilités citoyennes face au suprémacistes blancs et autres polémistes dont on ne connaît que trop la diatribe haineuse qui alimentent les bas instincts.

    Il n'y a pas de honte à se tenir debout contre l'indéfendable. Nos politiques et la commission scolaire ont failli à leur devoir de préserver le droit à la liberté d'expression contre l'irresponsabilité des radios poubelles. Nos enfants méritent mieux que cela.

    Les conducteurs d'autobus sont des employés de la commission scolaire. Celle-ci a droit de regard sur les conditions de travail, il me semble, autant que sur les heures de travail. Si, à la demande expresse des parents, la commission scolaire interdit l'écoute de la radio poubelle lorsqu'il y a des enfant à bord, elle peut exercer ce droit sans que l'on ait à redire.

  • Gilles Théberge - Abonné 13 février 2017 10 h 10

    Ça prouve, en outre, que les chauffeurs d’autobus scolaire auraient dû poursuivre leurs études...

    • Brigitte Garneau - Abonnée 13 février 2017 10 h 51

      En effet, ça porte à réflexion...