«Poison» d’avril du ministre

Au nom de Jeunes médecins pour la santé publique
 

Notre ministre de la Maladie administre une fois de plus une dose de poison au système de santé québécois. C’est maintenant la santé publique qui y goûte.

Ce 1er avril, entre 30 et 40 % du budget de chacune des directions régionales de santé publique est coupé. Une saine réorganisation du budget aurait pu être préconisée, mais l’ampleur des coupes imposées oblige plutôt le renvoi de professionnels qualifiés qui s’investissent corps et âme à la prévention en santé.

On nous promet que ces compressions ne toucheront pas les services à la population. Pourtant, celles-ci se font déjà ressentir.

Aujourd’hui, une infirmière qui coordonne un programme de santé sexuelle dans les écoles secondaires pour faire diminuer le taux d’ITSS dans sa région perd son emploi. Aujourd’hui, une nutritionniste qui travaille à offrir des aliments plus sains dans les arénas est reléguée au chômage. Aujourd’hui, un hygiéniste qui s’assure que les travailleurs de plusieurs dizaines d’usines ne courent pas de risques d’intoxication doit cesser ses activités. Aujourd’hui, un intervenant qui visite de jeunes familles en milieu défavorisé pour conseiller les nouveaux parents est renvoyé chez lui. Aujourd’hui, la population du Québec perd le tiers de ces alliés qui l’aidaient à rester en santé.

Des coupes administratives, disait-on ? Il faut très mal connaître la santé et ses déterminants pour dire une telle fausseté.

Il est prouvé qu’investir en santé publique a une rentabilité moyenne de 600 %. En plus de faire épargner de l’argent en évitant d’importants frais liés aux soins, on garde les gens en santé.

Cependant, les bénéfices de tels investissements se voient sur plusieurs années, bien au-delà d’un mandat politique. Serait-ce pour cette raison que le gouvernement Couillard se prive des atouts de la santé publique ?

En ce 1er avril, la santé publique avale à contrecoeur sa dose de poison prescrite par le ministre de la Maladie, s’en trouvant sévèrement affaiblie. Le seul antidote connu à cette intoxication est un changement politique majeur favorable à la prévention.

6 commentaires
  • Christian Montmarquette - Inscrit 2 avril 2015 04 h 24

    Mieux vaut prévenir que guérir


    Il est absolument clair et limpide que, non seulement, vaut-il beaucoup mieux prévenir que guérir.. Mais qu'il en est tout autant, administrativement parlant.

    - Comment- se fait-il que les libéraux ne comprennent pas cette élémentaire sagesse me direz-vous?

    Et bien, la réponse est simple et toujours la même selon moi.

    Il est beaucoup plus facile de dominer et d'opprimer une société malade et sous-éduquée, que le contraire. Et pour ceux qui, malgré tout, en auront un peu plus dans leurs poches, le démantèlement des services de soins du système public, les incitera à avoir recours à la médecine privée.

    Les néolibéraux ne font que poursuivre leur entreprise de démolition des services publics et de notre social-démocratie au profit de l'entreprise privée, plus chère et moins acessible.. Et il y en a qui en redemande!

    Comme on le voit.. Ça marche en grand! ..l'épouvantail de la dette, avec une société politiquement sous-éduquée et désinformée par les médias poubelles capitalistes.

    Christian Montmarquette

    • Jacques Gagnon - Inscrit 2 avril 2015 16 h 33

      «Comme on le voit.. Ça marche en grand! ..l'épouvantail de la dette, avec une société politiquement sous-éduquée et désinformée par les médias poubelles capitalistes. »

      C'est tout de même pas gentil de dire ça monsieur. On sent de la déception, du dépit. C'est pas comme ça que vous allez convaincre les gens que vous prétendez défendre de voter pour vous.

  • Claire Lavigne - Inscrite 2 avril 2015 06 h 56

    Devons axer sur la prévention et encourager la santé physique et mentale.
    Devons s'inspirer de la médecine chinoise: bonus accordé lorsque le patient garde sa santé!.

  • Annie Li - Abonnée 2 avril 2015 07 h 13

    Une pétition comme antidote

    Signons-la pour annuler les coupes en santé publique, qui touchent à même les services:
    https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-5153/index.html

  • Claude Gélinas - Abonné 2 avril 2015 10 h 27

    Prévention en première ligne !

    Et si les médecins étaient davantage payés pour préserver la santé que pour soigner la maladie ? Comment ? En faisant davantage de prévention, en insistant sur une alimentation de qualité, de bonnes attitudes de vie et l'exercice. Rappelez-vous la dernière fois que votre médecin a parlé de ces sujets ? Sauf erreur, le Japon a mis en vigueur ce modèle et aux dernières nouvelles ça marche !

  • Pierre Grandchamp - Abonné 2 avril 2015 11 h 23

    Ici à Joliette

    Il y a un mois, mon opthalmologiste a pris un ebioposie de ma paupière. Re. cancer possible.

    Normalement les résultats arrivent un mois après.En raison des coupures de personnel, ça va prendre 2 mois.