Lettre - Le bon libraire

Roland Haïm Benchimol n’est plus, notre quartier ne sera plus jamais le même.

 

Nous allions tous, je crois, à la Librairie d’Outremont d’abord pour voir Roland et, par la même occasion, pour y acheter des livres. Combien de fois me suis-je arrêté à la librairie pour le bonheur d’entendre sa voix, de le voir sourire, beau temps mauvais temps, et naviguer courageusement dans l’ordinateur à la recherche d’un titre ? À force de lire et de vivre parmi les livres, il en était venu à ressembler à ce que la littérature a de mieux à donner : une attention au monde aussi discrète que généreuse.