Lettre - Réforme de la santé : l’absence du citoyen

D’un côté (Québec solidaire), on parle de donner plus de tonus aux CLSC, d’amplifier leur intervention. D’un autre côté (Parti libéral), on évoque des supercliniques pour renforcer la première ligne et les autres partis s’inscrivent quelque part sur ce continuum, un peu plus de public, un peu plus de privé. Une constance dans ces orientations de nos principaux partis politiques : on réduit ainsi l’individu à un simple consommateur de services ! Laissons aux technocrates ou au pouvoir du capital régulé par l’État le choix des orientations, de la gouvernance du système de santé.

 

Mais diantre, ces partis sont-ils unanimement sourds aux appels soutenus de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à une véritable participation des citoyens dans les services de santé ? Depuis la déclaration d’Alma Ata en 1978, l’OMS n’a de cesse de plaider l’importance pour les autorités publiques de soutenir la participation active des communautés locales et des associations bénévoles aux soins de santé primaires. Entre des établissements publics en santé, qui offrent de moins en moins de sièges aux citoyens à leur conseil d’administration, et des cliniques de plus en plus nombreuses appartenant à des pharmacies, au Québec, n’existe-t-il pas une formule mitoyenne valorisant un véritable engagement et une véritable participation citoyenne dans le domaine de la santé ?

 

Ne restons pas indifférents aux espoirs ainsi générés depuis une dizaine d’années par les coopératives de santé, des organisations qui carburent à une citoyenneté active en santé !


Jean-Pierre Girard - Montréal, le 11 mars 2014

2 commentaires
  • Paul Gagnon - Inscrit 13 mars 2014 11 h 17

    Expliquez-vous

    De quoi parlez-vous : du citoyen-médecin?

  • Luc Leblanc - Abonné 13 mars 2014 16 h 44

    Réforme de la santé: absence citoyenne

    Réponse à la lettre de M.Girard concernant la participation citoyenne dans les établissements de santé parue dans l’édition du 13 mars.

    Bonjour M. Girard,

    On ne se connaît pas, mais sachez que ce fut un grand bonheur de lire votre billet dans la section libre opinion du 13 mars.

    En réponse à votre question : « Entre des établissements publics en santé, qui offrent de moins en moins de sièges aux citoyens à leur conseil d’administration, et des cliniques de plus en plus nombreuses appartenant à des pharmacies, au Québec, n’existe-t-il pas une formule mitoyenne valorisant un véritable engagement et une véritable participation citoyenne dans le domaine de la santé ? », apprenez, M. Girard, que ce modèle existe et a fait depuis longtemps ses preuves au Québec.

    En effet, depuis 1968 la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles offre des services de santé et répond au mandat de CLSC depuis 1972 dans ce quartier du centre-ville de Montréal. Depuis ses origines et comme c’est toujours le cas aujourd’hui, la Clinique communautaire est administrée par un conseil d’administration citoyen élu en assemblée générale annuelle également citoyenne. En plus de cette structure administrative, les citoyens et groupes communautaires du quartier peuvent aussi s’impliquer dans une dizaine de comités de travail ou lieux de concertation sur divers sujets relier à la santé, aux services sociaux ou à l’action communautaire. Comme l’OMS, nous croyons fermement nous-aussi que ces structures de participation et d’implication citoyenne de proximité constituent une réponse garante d’un arrimage étroit des services et des activités d’un établissement de santé aux besoins de la population.

    Comme vous toutefois, nous constatons et trouvons vraiment dommage que notre système de santé s’éloigne à grands pas et depuis des années de ce modèle.

    Je vous souhaite solidairement la meilleure santé qui soit,

    Bien à vous,

    Luc Leblanc, coordonateur de la Clinique communautaire d