Lettre - Pour un état impartial

Heureux de voir que le point de vue du citoyen (la clientèle, les usagers) est enfin mis en avant. Celui qui se présente devant un guichet de l’État est parfois nerveux, voire angoissé.

 

C’est le cas de l’élève qui vient pour un examen, de celui ou celle qui doit être examiné au volant d’une voiture, ou a une histoire compliquée à raconter à une administration. Si la machine administrative se présente porteuse d’un signe religieux, une interrogation peut surgir sur l’objectivité de l’autorité. Des immigrants ont souffert de violences religieuses au pays de leur naissance. Tout cela exige une autodiscipline de la part des représentants de l’État.

 

Après 45 ans d’enseignement, je connais les dégâts d’accusations de partialité dans l’évaluation. Il ne suffit pas que l’État soit impartial. Il faut le montrer.

2 commentaires
  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 27 janvier 2014 11 h 02

    À demi

    Le raisonnement que vous proposez ne va pas assez loin.

    Certaines femmes ont connu des relations violentes avec des hommes. Il faudrait qu'elles puissent avoir accès à des femmes dans les administrations publiques, pour éviter le malaise.

    Certains immigrants ont également eu maille à partir avec le gouvernement de leur pays. Il faudrait donc éviter tout signe du pouvoir et de l'autorité pour les accommoder.

    Car nous parlons bien d'accommodements dans ces cas-ci. Accommodements pour des femmes ne voulant pas raconter leur histoire à un policier ou un médecin mâle. Pour le cas des attributs gouvernementaux, nul accommodement demandé, même si malaise il peut y avoir.

    Dans le cas de l'interdiction des signes non-catholiques (la catégorie ostentatoire est arbitraire et défendu par le fait qu'il puisse y avoir "malaise"), c'est un accommodement demandé au service de la majorité. La comparaison souvent faite avec l'expression de l'appartenance politique ne convient pas, puisque le malaise provient de ce que le service public et son administration sont l'interface des services gouvernementaux aux citoyens, et qu'on a voulu éviter de considérer ceux-ci, identifiés (à tort) comme un résultat direct de l'arbitraire du parti au pouvoir, comme déterminés par l'appartenance politique.

    En aucun cas l'appartenance religieuse ne modifie le statut du citoyen ou sa capacité à bénéficier de services : la religion est distincte de l'État. Autrement, il faudrait cacher l'appartenance religieuse, pour éviter que les croyants de la confession au pouvoir ne soient mieux traités. Ce qui n'est pas le cas.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 janvier 2014 08 h 55

      Ça se tient presque !

      Sauf que... «accommodement demandé au service de la majorité» fait erreur. Ce n'est pas au service de la «majorité», c'est au service de «Tous» !

      Aucun citoyen ne doit retrouver devant lui ou elle une personne qui affiche un symbole contraire à sa propre foi quand il ou elle fait affaire avec l'État, quelle qu'elle soit ! C'est la politesse à sa plus élémentaire expression.

      Comment démontrer aucune tendance ? En en affichant aucune !

      Comment démontrer dans la vrai vie que le service aux citoyens est égal pour tous et ne dénigre personne ? Devinez !

      À moins... d'exiger que tous les représentants(tes) de l'État portent tous et toutes en tout temps tous les symboles de toutes les religions en même temps ! C'est plus compliqué !

      À moins aussi que vous me prouviez que d'être reçu par une personne nue-tête est une insulte à qui que se soit qui porte coiffure. Pas fait non plus !

      Le citoyen est le client et le client a toujours raison (de quelque religion qu'il soit !)

      À quand la demande express d'un ou d'une citoyen(ne) d'exiger que la personne en face de lui ou elle porte le même symbole que sa propre personne afin de se sentir respecté(es) ? C'est le monde à l'envers !

      À quand les poursuites en justice pour dénigration à ses propres valeurs par un ou une représentent(te) pour un citoyen de confession différente ? Le chemin que nous ne prendrons pas nous mène directement vers ce qui n'est pas encore arrivé, ça s'appelle l'avenir.

      Je viens d'entendre M. Couillard dire à la télé «Des policiers avec des turbans, y en a pas». Tant mieux et arrangeons-nous pour qu'il n'y en aie pas dans l'avenir non plus. Ça s'appelle «prévoir». Difficile pour certains qui sont plus habitués à «réagir» qu'«agir» ! Réagir ne prouve que : On est en retard ! Le reste n'est que de l'argumentation souvent futile.

      Oubliez les palabres et imaginez-vous debout dans une ligne de clients qui n'avance pas et pourquoi.

      Bonne journée