Lettre - L’antithèse de la gentilhommerie

Selon le cardinal John Henry Newman, un gentleman n’est jamais mesquin ou petit, il ne cherche pas à tirer parti d’une situation de façon déloyale et il observe la maxime du sage selon laquelle il convient de se comporter toujours envers un ennemi comme s’il devait un jour devenir un ami.


Il est affligeant de constater à quel point nos dirigeants nationaux conservateurs, amants de la reine et de l’aristocratie anglaise, agissent en toute impunité à l’encontre de l’élégance, de la magnificence et du savoir-vivre caractéristiques de la gentilhommerie.


Ces malotrus, que, rappelons-le, seule une faible minorité de Canadiens a portés au pouvoir à la suite de manoeuvres frauduleuses alléguées (les robocalls) et d’une division savamment orchestrée des votes, n’ont jamais hésité à piétiner, à diffamer et à souiller publiquement les Dion et Ignatieff.


Aujourd’hui, ils ne se gardent même pas une petite gêne pour persifler et humilier Trudeau fils dès le lendemain de son accession à la direction du Parti libéral. Ironie du sort, ils le font alors que celui-ci n’a encore strictement rien fait, donc rien fait encore pour mériter un tel mépris. On est à des années-lumière de l’esprit chevaleresque et du débat d’idées.


Que les conservateurs ne s’étonnent pas du cynisme des citoyens à leur égard, eux qui le cultivent si effrontément envers leurs adversaires. Mais qu’ils se rassurent, car, pour paraphraser Alexandre Dumas, dans son roman Les 45 : « Votre présence à la tête de l’État nous surit ».



Jean-Pierre Charest - Montréal, le 16 avril 2013

  • Solange Bolduc - Abonnée 18 avril 2013 11 h 15

    Deux poids deux mesures ?

    Vous ne trouvez pas que Trudeau s'est attiré lui-même ces investives en se présentant sur une scène, se déshabillant(ou presque ) pour montrer son beau corps, comme s'il était un danseur ...et tout cela pour ramasser de l'argent ! De la grande politique !

    Je ne suis pas du tout une fan de Harper, loin de moi ce chef conservateur et ses politiques, mais il y a des limites à ne voir le mal que de l'aute côté de la clôture !

    Et comment se fait-il qu'on n'a pas cherché à dénoncer tous les coups bas donnés à Mme Marois, du côté des fédéralistes, en particulier, au sujet de ses tenues vestimentaires (bijoux, etc), de sa richesse, et dernièrement de l'achat d'un condo ? Parce qu'elle est femme et souverainiste ? Et si Trudeau s'était acheté le même condo dans le Vieux-Montréal, on n'en aurait même pas parlé parce que c'est un homme déjà riche comme Crésus, héritage de son père !

    Alors que Mme Marois et son mari semblent avoir gagné leur argent, ils ont travaillé fort tous les deux ?

    Du discernement, ça ne vous dit rien ?

    • Michel Gagnon - Inscrit 18 avril 2013 12 h 03

      Ce serait bien, n'est-ce pas M. Charest, de revenir à l'esprit chevaleresque et au débats d'idées de Trudeau père et des Libéraux à l'égard du mouvement souverainiste, que ce soit avec la Loi des mesures de guerre de 1970, le Référendum de 1980, le rapatriement de la Constitution de 1982, le scandale des commandites, le Référendum de 1995, la Loi sur la clarté...
      Les Conservateurs sont ignobles... c'était tellement mieux avec les Libéraux.
      Trudeau fils est tellement respectueux du Québec!

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 18 avril 2013 12 h 19

      Madame Bolduc, je crois que c'est votre texte qui devrait être publié dans la version papier du Devoir plutôt que celle de M Charest. Oui, il y a souvent deux poids deux mesures.

    • Jean-Pierre Charest - Inscrit 18 avril 2013 14 h 11

      Mme Bolduc,

      J'ai lu votre réponse à mon opinion dans le Devoir.

      1- Vous avez raison: le traitement fait à Mme Marois a été odieux, et je vous invite à transmettre votre opinion comme je l'ai fait.

      2- Je ne défends pas Trudeau: il se donnera lui-même toute la corde pour se pendre, ce qui, à n’en pas douter, ne tardera pas. Je ne me gênerai d’ailleurs pas pour pourfendre ses imbécilités quand viendra le temps... si le Devoir accepte de me publier à nouveau.

      3- Mon but est de pourfendre l'utilisation des moyens de masse pour détruire sans impunité la réputation des gens. D’ailleurs, j'aurais dû faire la même chose contre le gouvernement Charest (sans lien de parenté avec moi) quand ils ont fait leur pub dégradante envers Mme Marois l'an passé (les casseroles). Mais, encore une fois, on ne peut pas être partout, et je ne suis pas chroniqueur au Devoir...

      J.P.Charest.

  • Lisa Hamel - Inscrite 18 avril 2013 15 h 19

    Très bon texte

    Je suis bien d'accord avec vous, M. Charest. Il convient de dénoncer l'odieuse, l'ignoble politique pratiquée par ses gens sans scrupules qui, comme vous le rappelez très bien, ont été porté au pouvoir à la suite de manoeuvres frauduleuses. Cette fois, ce fût les robot-calls. Lors d'une élection antérieure, ce fût la stratégie du in-and-out afin de dépenser plus que permis (ils en ont par ailleurs été reconnus coupables, ne l'oublions pas). Nous méritons un meilleur exemple de la part de nos dirigeants. Cela me rapelle les enfantillages de l'école primaire. Élevons le débat, que diable!