Lettre - «Nous, on sait…»

Vous arborez un carré rouge ? Il n’en faut pas plus dorénavant pour qu’on laisse entendre que vous pactisez avec « l’intimidation » et « la violence », comme vient de le faire la ministre Christine St-Pierre pour Fred Pellerin. Car « nous, on sait ce que ça veut dire », le carré rouge, car « nous », on est le Pouvoir, et l’on a amplement les moyens de sévir en donnant aux mots et aux symboles le sens qui nous convient.

Si un gouvernement d’« élus » prétend détenir à lui seul toute la légitimité démocratique, il en usurpe du coup l’exercice jusque dans son principe. Dans un État de droit, nul pouvoir n’a la prérogative de contraindre, par l’insinuation ou la menace, le citoyen que je suis à renoncer à son droit d’exprimer pacifiquement sa dissidence. Un morceau d’étoffe n’est pas un cocktail Molotov. Avoir stigmatisé sur la place publique le conteur qui ouvre si généreusement l’espace d’un rêve à partager, c’était le traiter avec bassesse. Et cela revient surtout à signifier le dessein de « mettre au pas » les artistes et les intellectuels, ainsi qu’à donner libre cours à l’arbitraire et aux abus que ne rougit pas de commettre un État policier.


Ce n’est pas à un gouvernement que nous devons le droit d’agir en citoyens libres et responsables, mais à nos ancêtres, qui se sont battus, parfois jusqu’à la mort, pour l’obtenir. C’est précisément en désignant publiquement comme des fauteurs de trouble ceux qui, pacifiquement et de ce fait en toute légitimité, refusent d’approuver son « nous, on sait ce que ça veut dire » que le gouvernement Charest recourt délibérément à l’intimidation et fait peser la menace d’un usage illégitime de la violence d’État - en n’hésitant pas à provoquer ainsi le désordre au sein de la société civile dans le but de faire taire les récalcitrants.


C’est désormais avec une détermination affermie qu’en toute occasion je porterai le carré rouge pour rappeler, à ceux qui apprécient tellement chez les gouvernés l’inclination à la servitude volontaire, que j’appartiens à un peuple libre et souverain.


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Paul Chamberland, écrivain - Le 10 juin 2012

14 commentaires
  • Yvan Lachapelle - Abonné 11 juin 2012 03 h 20

    Vraiment nulle

    Je ne suis pas surpris des propos de la ministre.N'oubliez pas qu'elle avait appuyée ouvertement le massacre injustifié de milliers d'irakiens lorsqu'elle était journaliste à radio canada.C'est le genre de personne qui nuit considérablement au Québec et aux Québecois.J'espère que les prochaines élections l'empêcheront de continuer à dire des âneries sur un podium.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 11 juin 2012 06 h 40

    Plaire au boss et conserver sa job

    Madame la ministre veut simplement conserver sa limousine et plaire au boss, Jean Charest. Grand bien lui fasse.

  • Laurent Desbois - Inscrit 11 juin 2012 06 h 42

    À la rigueur, la police pourrait même écrire la loi!!!

    Plus nécessaire d’aller devant le juge… justice et sentence ont déjà été rendues!!!

    À la rigueur, la police pourrait même écrire la loi!!!

  • Fernand Lachaine - Inscrit 11 juin 2012 06 h 51

    Merci monsieur Chamberland.

    Merci monsieur Chamberland.
    Il ne faut pas se taire.
    Ce gouvernement corrompu ne nous fera pas taire.
    Ces colonels en cravate ne nous empêcheront pas d'exprimer notre désaprobation envers cette loi 78 qui veut nous menotter et nous mettre en prison si nous sommes en désaccord avec ce mauvais gouvernement.
    Fred Pellerin est dans son plein droit de porter le carré et il avait tout à fait raison de refuser cette "médaille" offerte par des fous furieux.
    Le peuple québécois pourra lui en discerner une dans des moments plus heureux.
    Vivre le CARRÉ ROUGE.

  • Louis Maxime - Inscrit 11 juin 2012 07 h 11

    ULTRA NULLE !



    Depuis qu'elle est ministre de la culture elle a déjà accumulée toute une guirlande de bavures incendiaires du même genre. Même les fonctionnaires de son ministère, ne font que ramasser les pots cassés derrière elle à chaque fois qu'elle ouvre la bouche.

    C'est de loin la pire ministre que le Québec a dû subir !
    D'avoir couper des programmes comme VVAP ( Villes et Villages d'art et de Patrimoine) est impardonnable et démontre une culture du niveau de la F1 et de celle du maire d'Huntingdon !