Lettres - La CAQ et l'immigration

Le plan d'action de la Coalition Avenir Québec (CAQ) propose de limiter le nombre de nouveaux immigrants «à 45 000 pour deux ans afin de redéployer les politiques d'intégration» («Agir pour l'avenir», 14 novembre 2011). Outre une application plus ferme de la loi 101 et d'un renforcement du rôle de l'Office québécois de la langue française, la CAQ précise que les «ressources consacrées à l'intégration des immigrants à la majorité francophone doivent être substantiellement bonifiées».

On ne saurait s'opposer à ces propositions de la CAQ. L'enseignement du français aux immigrants adultes est l'une des graves lacunes de notre politique linguistique. Quant aux ressources financières, le Québec a déjà procédé à l'envers: alors que l'immigration augmentait de plus de 15 % entre 2002 et 2005, le budget diminuait de 8 %.

Mais l'intégration des immigrants n'est pas qu'une affaire de langue et de gros sous. Il en va aussi de dimensions évoluant plus lentement et plus difficilement: le social, le culturel, l'identitaire, etc. À ces égards, il y a des limites qu'une société de huit millions d'habitants ne saurait franchir. Pour ma part, j'estime qu'un objectif de 50 000 immigrants par année — pour un taux supérieur à 0,6 % — ne saurait être soutenu longtemps, surtout après 40 ans de sous-fécondité qui perdure. Même un taux de 0,5 %, soit 40 000 immigrants par année, devrait être exceptionnel. Je fais le pari qu'au cours de la présente décennie, une fois la realpolitik revenue en grâce, l'immigration sera substantiellement réduite.

J'ai montré que pour justifier une forte immigration, le Québec a déjà usé d'«arguments démographiques gonflés» (Le Devoir, 17 août 1994). Dubreuil et Marois ont renchéri en déboulonnant le cliché voulant qu'une immigration plus importante soit nécessaire pour contrer d'éventuelles pénuries de main-d'oeuvre (Le remède imaginaire, Boréal, 2011). Tous les partis politiques devraient s'en inspirer.

Michel Paillé - Démographe - Québec, le 30 novembre 2011
8 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 2 décembre 2011 06 h 29

    Avons-nous vraiment besoin de l'immigration?

    Nous devrions mieux franciser les immigrants...
    Nous devrions mieux choisir nos immigrants...
    La question qui tue : Avons-nous vraiment besoin de l'immigration?

    La recherche depuis quinze ans sur les performances économiques des immigrants montre qu’elles sont mauvaises et qu’elles ne vont qu’en se détériorant.

    Depuis des lunes, nos politiciens nous disent que nous avons besoin de l'immigration.
    Les journalistes répètent sans cesse que nous avons besoin de l'immigration.
    Sur quoi se base-t-on pour faire pareille affirmation? Sur quelles études? Sur quelles recherches?
    Jamais ne nous donnent-ils de sources de renseignement. C'est un lieu commun.
    Et si l'immigration avait un impact négatif? Et si l'immigration était à proscrire? Pendant des siècles n'a-t-on pas saigné les malades qui avaient de la fièvre alors que c'était la pire chose que l'on pouvait leur faire? Et si l'immigration était pernicieuse?
    Prenez la peine de lire : Le Remède Imaginaire (Pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec) Les auteurs: Benoît Dubreuil et Guillaume Marois. Éditeur : Le Boréal

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 2 décembre 2011 08 h 39

    Réalité

    Le Québec a fini de profiter de son dividende démographique (cohorte des années soixante-dix et entrée massive des femmes sur le marché du travail). Alors on fait quoi? Le commerce et l'industrie s'installent près des marchés en croissance, il serait utile d'en prendre note, à moins de vouloir faire de la frugalité notre raison d'être.

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 2 décembre 2011 09 h 41

    Où était le PQ?

    Le PQ a accepté les nouveaux cotas de 50,000 par année, des cotas suicidaires à moyen terme pour notre peuple

  • GLabelle - Inscrit 2 décembre 2011 10 h 14

    @M. St-Cyr

    Ce dont le Québec a besoin, ce n'est pas davantage de main-d'oeuvre, ce que permet l'immigration, c'est d'une meilleure main d'oeuvre.
    D'ailleurs, le peu de vision du "programme" à Legault est loin de permettre ça. Le flou qui entoure celui-ci permet davantage toutes les magouilles qui pourront faire en sorte que davantage de privé profitera des mannes de l'argent public.
    On verra!

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 2 décembre 2011 12 h 22

    @GLabelle

    La main d'œuvre immigrante est mieux formée, plus diplômée que la population moyenne, de plus elle accepte de travailler dans des conditions difficiles! Vous voulez quoi de plus!