Lettres - Québécois et autochtones

Je suis d'accord avec Sébastien Lavoie qui, dans une lettre au Devoir parue le 8 novembre, affirme que les peuples autochtones forment des nations qui ont aussi droit à l'autodétermination. Cependant, au lieu de chercher à savoir qui a le plus souffert ou qui abuse le plus de la situation, je pense que les Québécois et les Premières Nations avec lesquelles ils partagent un même territoire doivent envisager leur avenir dans un esprit de souveraineté-partenariat. Les questions des correctifs à apporter et des plaies à panser seront alors abordées dans des négociations d'égal à égal.

Il ne s'agit pas ici de rectitude politique, mais bien du respect de l'histoire et des alliances anciennes. Comme Champlain le souhaitait, nos nations doivent s'unir. Quoi qu'il arrive, nos descendants cohabiteront, dans un Québec indépendant multinational, ou côte à côte dans des réserves, les uns fabriquant des raquettes et des mocassins et les autres tricotant des ceintures fléchées et des tuques des Patriotes. Avant de devenir de simples attractions touristiques, la nation québécoise et les Premières nations doivent cheminer ensemble vers l'indépendance.

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Pierre Lincourt - Montréal, le 8 novembre 2011
8 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 10 novembre 2011 02 h 33

    Tout est dit ici...

    Mon commentaire est dans son titre tout entier contenu.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 10 novembre 2011 07 h 17

    Anglophones et fédéralistes

    Une grande partie des Premières nations du Québec est anglophone et fédéraliste. Ça commence mal pour leur demander de se séparer avec nous, Québécois, d’avec le Canada.

  • Chambord - Inscrit 10 novembre 2011 07 h 21

    Non tout n'est pas dit...

    Il faut au moins ajouter que la "rencontre" de la nation québécoise avec le Premières nations dans une souveraineté-partenariat nécessite un modèle inédit de société. Rien de moins!

    Les cultures identitaires des Premières nations sont incompatibles avec le modèle de société productiviste de la nation québécoise "occidentale". Si le partenariat dont on parle n'implique pas très concrètement la promotion et le développement d'activités traditionnelles reconnues explicitement par la notion de "droits ancestraux", alors il s'agit, à terme, d'assimilation et non de partenariat.

    Il s'agit de déterminer si le passé des Autochtones, toujours présent malgré tout, a un avenir. À l'évidence, la réponse est oui. Les cultures autochtones sont "durables", et c'est l'unique raison de leur persistance.

    Il n'est pas question de ne pas innover... Il est question de faire du nouveau avec de l'ancien.

    En somme, si les Autochtones avaient été exterminés, il faudrait les réinventer pour redécouvrir la sagesse pérenne de leurs cultures, par-delà le mythe du progrès!

  • celljack - Inscrit 10 novembre 2011 08 h 55

    Bel optimisme.

    J'ai plusieurs amis amérindiens. Pour ce qui est d'une amitié, d'échanges économiques et de relations d'affaires, ces gens honnêtes et fiers ne peuvent que mériter notre confiance et notre respect.

    À travers ces amis, j'ai eu l'occasion malheureuse de me rendre compte que l'union entre amérindiens et occidentaux au niveau culturel et social est une toute autre chose. Il existe malheureusement un racisme, littéralement racisme, puisque fondé sur l'appartenance familiale, dans le partage de la culture et dans l'ouverture émotionnelle.

    Ainsi, on peut bien s'imaginer être en union, il demeurera quand même une ligne imaginaire qui séparera nos territoires imaginaires. Peut-être s'effacera-t-elle avec le temps.

    D'ici là, notre union n'est qu'un espèce de mensonge collectif qui maintient artificiellement la paix. Ni eux, ni nous n'aurons droit à l'auto-détermination avant soit d'avoir tracé une ligne claire, soit d'avoir effacé toute trace d'elle.

  • Yves Côté - Abonné 10 novembre 2011 12 h 21

    A Monsieur Chambord...

    Vrai. Vous avez raison, tout n'est pas vraiment dit dans ce texte.
    Mais je persiste dans mon idée : les bases de l'égalité démocratique y sont établies.
    Reste à "configurer" tout cela avec la réalité, vous avez bien raison de le souligner...
    Vive le Québec libre et républicain !