Lettres - La justice américaine

L'Amérique, et son système de justice tout particulièrement, vient de montrer au monde que personne n'est au-dessus des lois, de la loi, surtout en matière de crime contre la personne, surtout en matière de criminalité sexuelle, lorsque sont en cause des femmes, des enfants ou toute personne vulnérable.

La «Special Victim Unit» évoquée dans la célèbre série télévisée de NBC Law and Order vient de montrer au monde qu'elle existe bel et bien et qu'elle a le bras long. Que dire, aussi, de ces procureurs indépendants, les DA's, lesquels doivent se faire réélire périodiquement pour conserver leur statut? Nous sommes loin de nos fonctionnaires, procureurs de la Couronne, qui n'ont plus rien à prouver.

Malgré les critiques, la justice américaine fonctionne à vitesse grand V: il suffit d'observer le changement d'attitude des conducteurs québécois sur les routes de l'État de New York, une fois traversé le poste frontière de Lacolle. On croirait à un dédoublement de personnalité, à une schizophrénie autoprotectrice. La crainte des sanctions est toujours aussi efficace, et ce, depuis l'Antiquité! J'ose espérer que DSK et la diplomatie française auront compris le message: les femmes, d'aussi humbles conditions soient-elles, ont des droits. Quant à la défense du «coup monté», messieurs les diplomates, frères du machisme français, vous repasserez. Personne ne vous croit!

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Me Claude Laferrière - Avocat et chargé de cours en droit de la sécurité nationale, Université de Montréal - Le 17 mai 2011
  • Catherine Paquet - Abonnée 19 mai 2011 04 h 32

    Merci

    Il faut que partout on arrive à appliquer cette règle, qui devrait être universelle: Personne n'est au dessus des lois.

    Il y a beaucoup de travail à faire quand on entend certains intellectuels se désoler que certains "puissants" aient été traités comme des "gens ordinaires"

  • lephilosophe - Inscrit 19 mai 2011 07 h 48

    Et les bandits de la finance?

    On aimerait que l'efficacité de la justice américaine se soit également rendu jusqu'aux banquiers et autres tripoteurs de produits financiers toxiques qui ont plongé le monde entier dans la pire crise financière de l'histoire du capitalisme. Là, il semble bien qu'il y ait des gens «au-dessus des lois». Aucune accusation n'est venue contre Lehman Brothers dont on apprenait à la faveur de la crise des finances publiques grecques qu'ils avaient masqué les bilans comptables afin de bien faire paraître le gouvernement Conservateur grec... au détriment des autres bailleurs de fonds comme les banques allemandes entre autres... Ce n'est qu'un exemple parmi des centaines d'une justice à deux vitesses.

    Bernard Gadoua

  • alen - Inscrit 19 mai 2011 07 h 57

    Un brin de jugeote

    Lisez donc l'article <sécurité routière - ...> juste à droite ici. Si seulement on avait le courage de passer à l'acte de la même manière pour l'alcool ou les excès de très grande vitesse chez-nous..!

  • abelle - Inscrit 19 mai 2011 08 h 16

    accusation ne signifie pas culpabité

    M. laferriére, le problème n'est pas de savoir si un accusé peut être "au dessus des lois".
    Dans le cas DSK, celui-ci est à priori traité comme un coupable alors qu'il n'est que"accusé", et avant même le procès, on influence l'opinion publique en l'exhibant menotté devant toutes les caméras du monde. On parle d'une "victime", alors que pour le moment, rien n'est établi et on doit garder en tête que la "victime" n'est qu'une "plaignante". Un flou volontairement entretenu entre accusation et culpabilité. De plus, il me semble que M. Strauss-Kahn n'est justement pas traité comme tout le monde: est-ce que M. Tout le Monde se retrouverait menotté à la une de tous les médias du monde? Quelle hypocrisie!
    Ce qui est contestable ici est la forme que prend l'affaire et non le fond.
    M. Laferrière, n'essayez pas de "noyer le poison" en faisant croire que les français ne reconnaissent pas la gravité des faits. Mais attendons au moins de savoir si ces faits sont avérés et ne tirons pas de conclusions hâtives. Pour le moment seule l'accusation a eu l'occasion de s'exprimer. La défense n'a pas parlé. Il n'y a pas encore eu de preuves formelles de culpabilité, ne vous en déplaise!

  • Hermil LeBel - Inscrit 19 mai 2011 08 h 40

    Une justice sous influence équivaut à un déni de justice

    Personne n'est supposé être au dessus des lois... Vraiment ?

    Dans un système de justice assujetti à une idéologie déviante, il existe bel et bien 2 catégories de justiciables, triées selon le genre...

    Voici un exemple concret de corruption judiciaire illustré dans ses moindres détails à même les documents originaux de la cour. http://bit.ly/evX2IN

    Voilà de la matière à réflexion à ce Me Claude Laferrière en mission pour sauvegarder l'image de sa profession en déficit de crédibilité