Lettre - Le cinéma et la langue

Je ne sais pas exactement quel était le but de la lettre de Sylvio Le Blanc publiée dans l'édition du Devoir du 7 décembre, mais le découpage linguistique des salles de cinéma à Montréal est un phénomène plutôt bien établi. Les grands complexes cinématographiques de la région métropolitaine présentent sur leurs écrans soit des films en langue anglaise, soit des films en langue française. Rares sont les cinémas où l'anglais et le français se côtoient (feu Ex-Centris et le Cinéma du Parc sont de notables exceptions). On va donc au Cineplex Banque Scotia pour voir un film américain en langue originale et on ira au Cinéplex Quartier latin pour voir le même film doublé en langue française. Jamais l'inverse.

C'est une question de spécialisation de la clientèle: le cinéphile se trouvant devant une salle comble pourra vraisemblablement choisir un autre film, parmi la sélection offerte à ce cinéma, dans une langue qu'il comprend.

Les chiffres de M. Le Blanc me semblent également imprécis. Il fait état de 76 films présentés dans le Grand Montréal le 5 décembre 2010 (30 en langue française et 46 en langue anglaise). Or, selon les données de Cinéac pour la même semaine, on trouvait en tout et partout sur tous les écrans du Québec un total de 61 films différents! M. Le Blanc compte probablement le nombre d'écrans, et non de films. Mais peu importe le nombre d'écrans, car ce qui compte, c'est la disponibilité des films sur un territoire donné.

Quand on s'attarde aux versions disponibles au Québec pour ces 61 films, on arrive à une tout autre conclusion. Des 61 films projetés sur nos écrans le 5 décembre 2010, 51 l'ont été (à un moment ou à un autre de leur sortie commerciale) en français et en anglais, six exclusivement en anglais et quatre en français seulement. Le cinéphile francophone est donc loin d'être négligé au Québec, ayant accès à 90 % des films présentés dans sa langue. Quant au cinéphile montréalais, il jouit de l'embarras du choix puisque la presque totalité des films présentés dans les salles du Grand Montréal le sont en français et en anglais. Que se soit sur un ou dix écrans, cela est fort secondaire à mon avis!


5 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 10 décembre 2010 06 h 39

    Les chiffres sont les chiffres

    Encore ce matin, je consulte le site «cinemamontreal.com» et je vois que 30 films sont présentés en français dans la grande région de Montréal et 41 en anglais. Le 3 mai 2003, c’était 54 contre 49, soit 24 de plus qu’aujourd’hui du côté franco. Les savants calculs de M. Martin B. Landry, coordonnateur au doublage chez Alliance Atlantis Vivafilm, n'y changent rien. Les anglophones, qui forment environ 10 % de la population du Québec, donnent l'impression d'être majoritaires quand on cause cinéma. Il est curieux que M. Landry ne s'inquiète pas de la situation.

  • Sylvain Auclair - Abonné 10 décembre 2010 09 h 50

    Dans mon quartier...

    Il n'y a qu'un cinéma, qui ne présente des films qu'en anglais.

  • Martin Landry - Inscrit 10 décembre 2010 13 h 52

    On ne compare pas des pommes et des oranges...

    Les francophones formaient 52,8% de la population de l'île de Montréal en 2001 (depuis cette proportion a glissé légèrement). Vous ne pouvez pas invoquer des statistiques provinciales et les appliquer à un constat municipal. Comparons des pommes avec des pommes, svp...
    Mais je répète : calculer le nombre d'écrans est une exercice futile et inutile! Ce qui importe, c'est la disponibilité ou non des films en français et à ce chapitre le Québec fait très bonne figure (et Montréal n'y fait pas exeption malgré le "faible' pourcentage de francophones qui y habitent).

    PS Alliance Atlantis Vivafilm n'existe plus depuis longtemps et je ne suis plus coordonnateur. Merci de toujours vérifier vos informations avant de disséminer vos opinions.

  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit 10 décembre 2010 16 h 17

    De plus

    Sur les 52% de francophone à Montréal, la majorité sont bilingues et préfèrent de loin la version original à une traduction, surtout si celle ci viens de France qui ont les pires traductions.
    Faisons comme la majorité des pays au monde, présentons les films seulement dans leur version original avec sous titre.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 11 décembre 2010 18 h 02

    Toutes mes excuses, Martin Bob Landry

    !