Lettres - En faveur de la loi 115

J'approuve le gouvernement libéral dans le dossier de la loi 115. J'ai eu une éducation en anglais au primaire grâce à ma mère qui était anglophone et j'en suis très reconnaissante aujourd'hui.

Je suis francophone, mais bilingue. Je dis que je suis francophone avant tout, car j'ai toujours parlé le français à la maison, je vis au Québec et je comprends que la langue officielle est le français. Honnêtement, je suis heureuse que le Québec ne soit pas gouverné par le Parti québécois en ce moment, car ils sont trop radicaux pour moi. J'ai toujours travaillé au Québec, mais je suis certaine que parler anglais a favorisé mon embauche dans plusieurs grandes compagnies qui ont leur siège social ici. Malgré le fait qu'au travail, on parlait français, je voyais bien que j'étais très utile lorsqu'il était question de traduction et de rencontres de travail à Toronto.

Le Québec doit protéger sa langue, bien sûr, mais pas en se cachant de la réalité mondiale qui parle majoritairement anglais. Pourquoi ne pouvons-nous pas nous être les deux? Sérieusement, le passé du Parti libéral montre bien qu'ils ont toujours veillé à protéger le français. Je me souviens, entre autres, de la loi 22, qui a fait perdre ses élections à Bourassa dans les années 70.
10 commentaires
  • Adario - Inscrit 25 octobre 2010 07 h 56

    Pourquoi ne pouvons-nous pas être les deux ? La force du français

    Chère madame,

    L'enjeu touchant la discrimination positive en faveur du français, ici, au Québec, ne vise pas à exclure l'apprentissage de d'autres langues, bien au contraire.

    L'intention derrière la préservation et la promotion de la langue française au Québec vise le maintient d'un lien social fort et d'une langue dont les écrits ont une puissance d'innovation en matière d'idées et de techniques trop peu considérée.

    Bref, la discrimination en faveur du français a pour but d'éviter que cette langue sombre dans le simple « folklore », ici, au Québec. D'ailleurs, que pensez-vous de l'apport que notre société a apporté et peut encore apporter grâce aux différentes initiatives sociales qui sont largement reprises par les autres pays à travers le monde (protection de la langue, diversité culturelle, caisse populaire, etc.) ?

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 25 octobre 2010 09 h 35

    Pourquoi pas plutot les 3?

    Je suis montréalais enfant de la loi 101 et, avec plusieurs amis "vote ethniques", nous sommes la génération la plus trilingue des Amériques.

    La génération des baby-boomers a fait des miracles contre la discrimination raciale qu'on vivait : plus personne ne se fera dire "speak white". Et avec l'émigration post-1995 des anglos qui ne voulaient rien savoir de cohabiter aussi en français, la relation a changé.

    Montréal est la porte d'entrée de la francophonie en Amérique du nord, d'une relation franco-anglo. Les anglos viennent souvent pour y apprendre le français, ceux qui y restent considèrent qu'être unilingue anglo c'est vivre à moitié ; maintenant, des anglos comme Julius Gray font la proposition d'abolir les commissions scolaires linguistiques pour en faire qu'une seule avec l'enseignement, en mineure partie en anglais.

    Dans certains coins de la ville, la deuxième langue après le français est latine. Mon français écrit s'est grandement amélioré depuis que j'ai appris l'espagnol, spécifiquement les accords en genre et nombre et accords de verbe. Je crois qu'il serait positif de mettre fin à cette ségrégation scolaire et en instaurant un cursus 80% français, 10% anglais et 10% latin (espagnol-américain) pour tous.

    Montréal devient le lieu d'échanges internationaux qu'elle est destinée d'être depuis que J.Cartier est venu trouver le chemin pour rencontrer les indiens et les chinois. Montréal est déja plus apte que NYC à être LE lieu des échanges internationaux. Je crois qu'il ne reste qu'à se considérer aussi partie de l'Amérique latine.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Bernard Dupuis - Abonné 25 octobre 2010 09 h 36

    Le syndrome de la pente glissante

    Le problème n'est pas, me semble-t-il, le bilinguisme comme tel. C'est plutôt le fait d'envoyer les enfants à l'école anglaise qui constitue l'erreur fondamentale.

    Il y a plusieurs années, les francophones hors Québec se sont engagés sur cette pente glissante. Ils se disaient, étant donné leur environnement anglophone, qu'il fallait bien envoyer les enfants à l'école anglaise afin qu'ils soient parfaitement bilingues. Après une génération, ils en venaient à penser: «Puisque tout le monde comprend et parle l'anglais, à quoi cela sert-il d'apprendre le français?» C'est sur la base de ce raisonnement que le français a pratiquement disparu de plus de la moitié des provinces canadiennes. Les ennemis du français au Québec, Brend Taylor en tête, sont parfaitement au courant de cette stratégie d'anglicisation typiquement canadienne. Il est désolant de voir que beaucoup de francophones n'en sont même pas conscients.

  • François Dugal - Inscrit 25 octobre 2010 09 h 45

    L'école publique

    Pour apprendre une langue seconde, il faut faire un effort et étudier. Mes quatre enfants sont allés à l'école publique en français et ils sont tous les quatre parfaitement bilingues; ils ont fait les efforts nécessaires.
    Quand on est étudiant, on étudie.

  • Sylvain Auclair - Abonné 25 octobre 2010 10 h 15

    Pourquoi en anglais?

    Vous dites, madame, avoir travaillé dans des sociétés ayant leur siège social «ici», au Québec, j'imagine. S'il s'agit de sociétés québécoises, permettez-moi d'être naïfs, mais pourquoi faudrait-il toujours que ce soit
    à nous de parler la langue de nos interlocuteurs, et jamais le contraire?
    Le Canada est censé être bilingue, non? En tout cas, c'est ce qu'on me répond quand je demande en vain d'être servi en français dans des commerces montréalais.