Lettres - Athlètes québécois sous l'unifolié

Y aurait-il un inconvénient à ce que le Québec ne soit pas un pays? C'est sans doute la question que dissimulait l'abondant et répétitif commentaire des Jeux olympiques. On ne sait trop combien de Québécois sont allés s'enivrer de rouge à Vancouver, chose si naturelle pour les Anglos et les «Multiculturos». Pourtant, la récupération politique sautait aux yeux et aurait dû inspirer quelque prudence. La présence du Québec a été littéralement submergée par une frénésie patriotique à saveur d'unifolié.

Comme pays indépendant, le Canada peut tenir des jeux internationaux et embrigader ceux qui aspirent aux grands honneurs sportifs. Quel avenir resterait-il aux jeunes athlètes québécois s'ils refusaient de revêtir la livrée rouge? Imagine-t-on le tollé s'ils osaient le tatouage de la plus petite fleur de lys? Ne voit-on pas que l'illogisme du Québec à ne pas devenir ce qu'il prétend être oblige nos jeunes athlètes à une condition de mercenaires du sport? Quand ils entrent dans une équipe canadienne, ils perdent leur identité première et sont contraints de n'afficher que les couleurs du Canada. Dans ces conditions, les quelques secondes de gloire au podium ne sont-elles pas le deuil éclatant de notre dignité de peuple?

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Hubert Larocque - Gatineau, le 2 mars 2010
16 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 4 mars 2010 05 h 03

    Plus pisse-vinaigre que celà, tu meurs...

    Les athètes qui ont participé à ces Jeux ont tous été identifiés en parole et sur tous les tableaux par leur nom.

    C'est le nom et la photo d'Alexandre Bilodeau, de Joanie Rochette ou de chacun de ceux qui a brillé à ces Jeux qui a été présenté dans les media du monde entier, et que les lecteurs et téléspectateurs ont retenus. Personne, sauf Hubert Larocque, n'a songé à demander l'allégeance politique ou les croyances religieuses de ces jeunes déterminés à se dépasser et à briller parmi les meilleurs.

    M. Larocque, un peuple est beau, grand et fort par la beauté, la grandeur et la force de ses membres. Pas par ses gérants d'estrade.

    Il n'y a que M. Larocque pour soutenir que ces jeunes sont revenus de ces Jeux humiliés.

    Il y a de ces obsessions qui rendent les gens bizarres.

  • michel lebel - Inscrit 4 mars 2010 06 h 20

    Histoire de drapeaux!

    Je ne carbure guère à l'étalement de drapeaux, quels qu'ils soient, Bref le nationalisme n'est mon fort. Ni non plus les Jeux Olympiques, qui n'ont plus rien d'amateur. Mais je sais apprécier un exploit sportif, et j'admire les personnes qui consacrent tant d'énergie et d'années à un sport. Je leur dis bravo. Quant au drapeau qui les soutient, je m'en fous pas mal. Je ne suis pas de l'école des Sheila Copps ou Bernard Landry!

  • Mme Gisèle Aubé Ecole Cure-Antoine-Labelle - Inscrite 4 mars 2010 06 h 33

    Malhonnêté!!!

    Faut vraiment être malhonnête pour penser que le sport est apolitique. En fait, le sport juste un outils pour faire du nation building quand on y pense...

  • Yves Petit - Inscrit 4 mars 2010 07 h 09

    Drapeau du Québec

    Tout à fait d'accord avec vous M. Laroque. Pourquoi un athlète Québécois n'aurait-il pas brandi un fleurdelisé sur le podium et d'autres un drapeau du Tibet ou de Formose? Un Coke ou un Big Mac aurait mieux passé, je suppose.

  • Michèle Dorais - Abonnée 4 mars 2010 07 h 17

    d'où vient l'argent ?

    Ce serait vraiment mal venu de cracher dans la main qui nourrit.... rouge ou bleue....ou verte ?