L’islamophobie et le chat d’Amir Khadir

Selon l’auteur, il est fort probable qu’en occultant la réalité de l’islamisme, en refusant d’en discuter, on alimente la haine, les ressentiments qu’on prétend combattre. Et les victimes, comme toujours, seront les personnes innocentes, à commencer par la majorité des musulmans qui ne partagent pourtant pas cette vision extrémiste de l’islam.
Photo: Jean-Philippe Ksiazek Agence France-Presse Selon l’auteur, il est fort probable qu’en occultant la réalité de l’islamisme, en refusant d’en discuter, on alimente la haine, les ressentiments qu’on prétend combattre. Et les victimes, comme toujours, seront les personnes innocentes, à commencer par la majorité des musulmans qui ne partagent pourtant pas cette vision extrémiste de l’islam.

Au lendemain des commémorations du massacre de la mosquée de Québec, Amir Khadir appelle la population du Québec à un acte de courage face à l’islamophobie qui gangrénerait leur société (Le Devoir, 30 janvier 2018). « Trouvons le courage d’appeler un chat un chat », dit-il, c’est-à-dire faisons face à la réalité pour nous défaire de la peur fantasmée, irrationnelle, des musulmans. D’accord, allons-y courageusement.

 

Amir Khadir rappelle d’abord une réalité brutale : le massacre de la mosquée de Québec par Alexandre Bissonnette : 6 morts, 19 blessés, une communauté terrorisée. Une fois évoquée cette réalité, M. Khadir apaise adroitement la douleur causée par ce traumatisme social : « le Québec tout entier a réagi avec justesse et dignité », dit-il, même les animateurs de radio-poubelles, dont la profession est d’alimenter les ressentiments, auraient montré de la solidarité envers les victimes.

 

Le chat de M. Kadhir est bel et bien sorti du sac affublé du mot « islamophobie » qui, par sa vertu d’anathème, dirait absolument tout des causes de ce massacre, de cette haine, de ce ressentiment délirant. Le ressentiment et la brutalité semblent toutefois ne se trouver que parmi les Québécois dits de souche. Est-ce à dire que la vision du député, pourtant solidaire, est à sens unique ? Il insiste : n’occultons pas ce qui nous arrive, la société québécoise de laquelle nous sommes si fiers mérite mieux que le racisme, la xénophobie, la fermeture à l’autre, l’intolérance, le repli identitaire qui nous viennent bien sûr d’ailleurs, inspirés par les Trump et Le Pen de ce monde — l’ADN québécois est naturellement bienveillant. En effet, que nous arrive-t-il, M. Khadir, la parole publique serait-elle à ce point en crise, ici comme ailleurs ?

 

Il arrive justement que nous craignons de dire qu’il existe, dans l’histoire et dans le monde d’aujourd’hui, un phénomène religieux violent qui s’appelle l’islamisme : l’islam extrémiste, guerrier, conquérant, celui du djihad armé et de l’entrisme social, c’est-à-dire la revendication sans fin d’accommodements religieux et culturels.

 

Dire cela, écrire cela, c’est sans doute être islamophobe aux yeux de M. Khadir. Et la plupart des chroniqueurs, contrairement à ce qu’affirme insidieusement le député solidaire, sont payés pour escamoter cette réalité. Il reste à voir jusqu’à quel point elle est exacte, mais la dénégation orchestrée de l’islamisme au coeur de l’islam non seulement empêche la compréhension de la montée aux extrêmes, pour ensuite la désamorcer en faisant les distinctions qui s’imposent, mais il est fort probable qu’en occultant cette réalité, en refusant d’en discuter, on alimente la haine, les ressentiments qu’on prétend combattre. Et les victimes, comme toujours, seront les personnes innocentes, à commencer par la majorité des musulmans qui ne partagent pourtant pas cette vision extrémiste de l’islam, pas plus que la majorité catholique, chrétienne ou juive d’Occident ne partage la vision d’extrêmes droites qui instrumentalisent leur religion à des fins de doctrines mortifères.

 

En muselant toute tentative de discussion avec l’accusation d’islamophobie, il est normal que celle-ci soit perçue comme un instrument d’intimidation.

 

Affaissement de l’Europe

 

Dans un petit livre récent, L’impossible paix en Méditerranée, l’écrivain algérien Boualem Sansal décrit sans ambages la situation d’instabilité chronique en Méditerranée, situation qui concerne la planète entière, dont le Québec, relié au monde rappelons-le : « Plusieurs phénomènes sont aujourd’hui à l’oeuvre, qui vont considérablement accroître la sismicité en Méditerranée dont parle Edgar Morin : c’est l’affaissement assourdissant de l’Europe, c’est la montée en puissance et la radicalisation de la Turquie islamiste, c’est la faillite des pays arabes, c’est la mondialisation, qui fait feu de tout bois et détruit les derniers piliers de solidarité traditionnelle. Le résultat premier de la conjonction de ces phénomènes est l’avancée massive de l’islam radical en Méditerranée et en Europe. C’est un nouveau monde qui se profile dans la violence et la douleur. La transformation sera systémique, et donc la violence atteindra des sommets exceptionnels. Ces choses-là ne peuvent pas se faire dans la douceur et la négociation. »

 

L’affaissement assourdissant de l’Europe, c’est aussi ce que l’auteur appelle ailleurs « la société qui murmure », cette société impuissante à affirmer ses valeurs de réflexivité, de liberté, de doute, de laïcité face à la volonté de soumettre l’individu inhérente à l’islamisme.

 

Dans ce dialogue avec le psychiatre Boris Cylrulnik, Sansal affirme que la priorité des priorités politiques devrait être de combattre la nhada, « l’éveil islamique », qui ne sera pas stoppé par un langage de rectitude politique. Boris Cyrulnik affirme même, et il n’est pas le seul intellectuel de renom à le dire, que « l’islam modéré est une stratégie guerrière »…

 

Ces deux auteurs connus et respectés sont-ils bernés par la peur et le fantasme, d’affreux chroniqueurs islamophobes bornés et racistes ? Comme le seraient l’écrivain algérien Kamel Daoud, le philosophe français Abdennour Bidar, le regretté Abdelwahab Meddeb, tous les libres-penseurs de l’Islam et de l’Occident qui appellent à surmonter les ressentiments religieux et identitaires pour construire une société pluraliste, non réductible au communautarisme ?

 

Pour échapper à l’islamophobie, qui serait une haine aveugle envers tous les musulmans, ne faudrait-il pas commencer par reconnaître le problème de l’islamisme au sein de l’islam, dire et analyser cette réalité pour la contrer, la circonscrire ? Cesser de galvauder, tout en les amalgamant, des notions aussi différentes que celles de racisme, d’intolérance, d’inquiétude légitime ? Bref, avec Amir Khadir, j’en appelle au courage d’appeler un chat un chat. Mais encore doit-on reconnaître que la nuit, tous les chats sont gris.

  • André Chevalier - Abonné 1 février 2018 07 h 05

    Coexistence impossible entre la démocratie et l'islamisme.

    Il n'existe aucun pays à majorité musulmane où la démocratie réussit à s'épanouir.

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 février 2018 09 h 42

      Enfin, un homme courageux qui ose dire la vérité. Critiquer l'islam politique ne constitue ni le racisme ni la xénophobie. Il faudrait se débarrasser de la rectitude politique pour appeler un chat, un chat.

    • Stéphane Thellen - Abonné 1 février 2018 09 h 47

      Vous êtes capable de comprendre j'imagine que les interventions impéristes y sont pour quelque chose ;-)?

    • Anne Sirois - Abonnée 1 février 2018 09 h 48

      Laissons l'histoire suivre son cours. Il a bien pris 17 siècles avant que la démocratie s'infiltre dans la chrétienté

    • Sean O'Donoghue - Abonné 1 février 2018 10 h 58

      Si on accepte que la démocratie prend d'autres formes que la nôtre, la Libye, l'iran, l'irak, etc. l'ont connue en ayant des sociétés laïques et de partage. L'histoire récente démontre que quand ces pays avancent, on les attaque et ils régressent terriblement. Si on les aurait laissé faire, ce serait très différent et peut être on ne parlerait même pas d'islamisme. La mesure de la démocratie dans ces pays n'a rien à voir avec le fait qu'ils sont de majorité musulmane. Je suis vraiment désolé, mais on a foutu le bordel.

    • Gilles Théberge - Abonné 1 février 2018 11 h 28

      Madame Sirois, nous vivons maintenant. Nous ne pouvons même pas attendre un petit siècle...

    • Serge Pelletier - Abonné 1 février 2018 11 h 59

      Madame Sirois, la démocratie existait en Occident chrétien, de même que dans les empires romain et grec. Il y a effectivement eu des périodes de despotismes royales, mais généralement elles furent de courtes périodes. Conséquement votre affirmation de 1,700 ans avant l'avènement de la démocratie en Occident est fausse.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 1 février 2018 12 h 26

      Qui donc, dans la pièce est en désaccord avec l’analyse qui est faite sur l’islam intégriste. Pourquoi laisser entendre que Amir Khadir penserait le contraire? Que ses propos affaiblirait le « juste » procès que nous occidentaux et ou des intellectuels en ruptue avec l’Islam nous faisons à l’Islam comme religion et à l’intégrisme islamique en particulier?

      En effet, sur quoi se base l’auteur de cet essai... pour dire ou laisser entendre que Amir Khadir défendrait ou miniserait ou serait en désaccord avec ses réfléxions pour qualifier l’Islam intégriste!

      Monsieur McMillan lui-même établit le contexte où Amir Khadir affirme qu’il faut appeler les choses par leur nom qu’un chat est un chat. Et ce contexte, qui donne du sens à son intervention n’est pas celui d’une thèse sur les idéologies et les dérives de l’intégrisme. Ce contexte est celui où concrètement nous nous retrouvons citoyens et citoyennes du Québec, c’est aussi celui où nous nous retrouvions, nous citoyens et citoyennes de la ville de Québec réunis pour commémorer un attentat terroriste perprété par l’un des nôtres (cad de la ville de Québec) à l’encontre de croyants en prière. Le contexte, c’est aussi la multiplications des crimes et des agressions verbales dont sont victimes nos concitoyennes croyants ou non croyants au dieu de Mahomet.

      Pour qui veut bien entendre, il est évident qu’Amir Khadir est intervenu en tant qu’homme publique... non pas comme un idéologue ou un universitaire qui expose une thèse. Amir a fait une déclaration en rapport à « un contexte précis» celui des crimes qui se commettent à l’encontre de nos concitoyens; les motifs de ces crimes ont un nom. Ces crimes attaquent des personnes en raison de leurs « présumés » croyances et visent particulièrement des musulmans et des femmes qui portent des voiles.

    • Gilles Dupuis - Abonné 1 février 2018 12 h 56

      Je pourrais être d’accord avec l’auteur de cet article, s’il ne confondait à son tour l’islamisme, i.e. la doctrine de l’Islam (qui varie beaucoup d’une école de pensée à une autre), avec sa version radicale ou extrémiste qui n’en représente qu’une faction (et fraction). Or c’est cette version récente et minoritaire du phénomène qui engendre ici l’islamophobie... Bref, un chat ne s’appelle pas toujours un chat, n’en déplaise à Gilles McMillan et ses supporters.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 1 février 2018 14 h 38

      À André Chevalier,

      "Coexistence impossible entre la démocratie et l'islamisme"-André Chevalier

      Si vous trouvez qu'on est davantage en démocratie en occident comme au Québec. C'est que nous n'avons pas la même définition de ce qu'est la démocratie.

      Parce qu'ici, c'est capitalisme qui est incompatible avec la démocratie.


      Christian Montmarquette

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 16 h 00

      Ben voyons donc, monsieur Thellen. Vous ne savez donc pas que tous ces pays arriérés qu'on a si généreusement invités à entrer dans la modernité en mettant leurs ressources naturelles au service de la civilisation ont bénéficié en retour d'une bienveillante assistance pour moderniser à cette fin leurs institutions politiques? Bon, admettons que c'était pas toujours des démocraties, et que, des fois, ce sont même les intégristes qui ont été un peu instrumentalisés, mais une haute fin ne justifie-t-elle pas des moyens un peu douteux? :)

    • André Chevalier - Abonné 1 février 2018 18 h 30

      Christian Monmarquette,
      Donc, vous êtes d'accord avec mon énoncé: l'islamisme est incompatible avec la démocratie.
      Par ailleurs,vous affirmez qu'aucun pays occidental n'est démocratique, ce qui est faux.
      En pensant le capital est un outil financier de développement, pas une idéologie. Même des pays socialistes l'utilisent.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 2 février 2018 07 h 24

      À André Chevalier,

      "Vous êtes d'accord avec mon énoncé: l'islamisme est incompatible avec la démocratie." - André Chevalier

      Je suis d'accord pour identifier nos "vrais" problèmes de démocratie au Québec, plutôt que de perdre notre temps à fixer le doigt qui pointe la Lune.

      Quand on sait qu'il faut 105,000 votes à Québec solidaire pour faire élire un député, alors qu'il n'en faut que 25,000 au Parti libéral, qui, on le sait rejette le scrutin proportionnel, alors qu'il s'est maintenu au pouvoir avec 20 millions d'argent sale, c'est tout dire.

      — Capisce?

      Christian Montmarquette

  • Gilbert Troutet - Abonné 1 février 2018 07 h 32

    Excellente analyse

    Voilà précisément ce qu'il faut dire à nos dirigeants, les Trudeau, Couillard et Khadir de ce monde, ainsi qu'à ceux qui les suivent. Et l'exemple vient de l'Europe, plus exposée à l'immigration des pays de la Méditerranée. Vous avez donc raison de parler de l ’affaissement assourdissant de l’Europe, cette « société qui murmure » et se montre impuissante à affirmer ses valeurs de réflexivité, de liberté, de doute, de laïcité face à la volonté de soumettre l’individu inhérente à l’islamisme.

    Nous craignons en effet de dire qu’il existe, dans l’histoire et dans le monde d’aujourd’hui, « un phénomène religieux violent qui s’appelle l’islamisme : l’islam extrémiste, guerrier, conquérant, celui du djihad armé et de l’entrisme social, c’est-à-dire la revendication sans fin d’accommodements religieux et culturels.» Et comme plusieurs lecteurs le rappelaient dans Le Devoir hier, les tenants de ce courant islamiste ont bien essayé, il y a quelques années, de faire légaliser la charia en Ontario. Ils essaieront encore, en tentant de nous enfumer avec un prétendu « islam modéré ». C'est pourquoi nous devons rester fermes et vigilants.

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 février 2018 09 h 51

      Je suis d'accord avec vous, et plus important encore, il faut se rappeler que par notre silence, on est en train de faire du tort à la communauté musulmane modérée qui ne partage pas l'extrémisme religieux et qui souffre les conséquences néfastes de cette minorité fanatique de porte-paroles autoproclamées, protégée par nos dirigeants. Il faut arrêter de dorloter l'Islam politique.

    • Jean Duchesneau - Abonné 1 février 2018 10 h 29

      On le voit bien en Europe, ce qui sert la cause des islamistes, c'est le communautarisme découlant de l'idéologie multiculturaliste.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 1 février 2018 13 h 45

      À Gilbert Troutet,

      "C'est pourquoi nous devons rester fermes et vigilants."-Gilbert Troutet

      En ce qui me concerne et après 10 ans de polémiques et de débats aussi stériles qu'envenimés au Québec...

      Il ne s'agit pas de "vigilance", mais "d'acharnement".

      Avec des gouvernements sans scrupules qui volent le peuple à coups de milliards depuis des décennies... - Ne trouvez-vous pas qu'on aurait mieux à faire au Québec que de ressasser un débat qui tourne en rond et de sert qu'à faire de la petite politique sur de dos d'une communauté qui ne représente que 3% des gens?

      Christian Montmarquette

    • Gisèle Filion - Abonnée 1 février 2018 13 h 55

      @ Gilbert Goulet Les demandes d'accommodements religieux qui se font passer pour des accomodements raisonnables, ne sont-ils pas le premier pas vers la radicalisation ? La radicalisation ne commence-elle pas lorsqu'une religion a des visées politiques? Et sous prétexte d'inclusion n'est-on pas en train d'inviter la radicalisation à se frayer un chemin dans nos démocraties par le bias du politiquement correct. Sous prétexte d'inclusion est-on en train de s'ouvrir à des valeurs qui exècrent la démocratie?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 16 h 58

      Madame Filion, qu'une association culturelle ait des aspirations politiques n'en fait pas d'emblée une candidate à la radicalisation, même quand il s'agit d'une religion. Malheureusement, l'islamisme radical, qui est une réalité, sert trop souvent de prétexte pour confiner les musulmans et les autres religions à la sphère privée, alors que les chartes nous protègent efficacement contre les prétentions, pour autant qu'elles en ont, d'instaurer ou de restaurer un état de religieux. Quand un accommodement religieux est accordé, ce n'est pas parce qu'il est religieux mais parce qu'il ne constitue pas une contrainte excessive sur les autres citoyens, considérant le caractère fondateur des pratiques en cause (pour éviter les demandes farfelues).

      Pour ce qui est de l'islam politique, loin qu'il faille ici le combattre, je crois au contraire que la meilleure façon d'éviter la radicalisation et l'isolement serait d'en favoriser l'émergence dans la conversation publique, comme contribution originale à la fondation de la société de demain, au même titre que n'importe quelle mouvance idéologique. Avec les mêmes limites. Pas plus.

    • Gisèle Filion - Abonnée 1 février 2018 23 h 40

      @ Richard Maltais Desjardins
      Je crois justement le contraire , la charte privilégie la religion parce qu’elle n’ accorde pas le même privilège à toutes les autres options spirituelles.
      Mes propos ne visent pas à combattre la religion mais à réclamer les mêmes limites à toutes les options spirituelles. Ni plus ni moins. Comme le ferait une charte laïque des droits et libertés. La religion n’est - elle pas une option spirituelle ?

  • Stéphane Thellen - Abonné 1 février 2018 08 h 09

    Position néo-conservatrice classique

    Argumentaire néo-conservateur assez commun il me semble: les féministes sont à l'origine de l'antiféminisme, les communautés racisées à l'origine du racisme et évidement, les juifs ont courru après...

    Vous aurez compris que cela ne ne convainc pas du tout.

    • David Cormier - Abonné 1 février 2018 11 h 32

      Votre réponse constitue une position gauchiste classique. On comprendra que ce n'est pas très convaincant.

    • Nadia Alexan - Abonnée 1 février 2018 12 h 04

      À monsieur Stephane Thellen: Vous faites de l'aveuglement volontaire en refusant le bon sens, la discussion éclairée de l'islam politique et en lançant des étiquettes de néoconservatisme classique aux réformateurs de l'islamisme, pourtant de gauche. Vous êtes en train de faire du tort à la communauté musulmane que vous êtes censé protéger.
      De plus, vous faites du tort à tous les futurs immigrants-es qui font peur à la majorité canadienne qui s'inquiète de perdre ses valeurs de l'égalité hommes/femme et de la liberté d'expression, avec une immigration de plus en plus religieuse.
      J'ai même entendu les inquiétudes de beaucoup de personnes qui ont peur de la ratification d'un scrutin proportionnel qui pourrait se traduire à une majorité des islamistes, assez fécondes, qui prônent la charia et les extrémismes religieux et qui peut nuire à nos valeurs progressistes.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 1 février 2018 12 h 19

      Quel est dans ce cas Monsieur Thellen votre lecture du Coran de Sami Aldeeb? En tant que Palestinien arabe, pour lequel l'ouvragre littéraire fondamental est le Coran, il lui semblait essentiel de bénéficier d'une traduction fidèle.

      C'est ce qu'il offre en français. Or, son interprétation rigoureuse propose un reclassement chronologique des versets, très pertinent d'ailleurs pour un juriste, qui permet de constituer le Coran mecquois VS le Coran médinois.

      Compte tenu que le Coran dit lui-même être parfait et qu'il tombe du ciel (c'est une figure), une interprétation rigoriste et littérale (médinoise) est tout à fait valable. Cette interprétation, juridiquement et politiquement parlant est incidemment popularisée et diffusée, elle n'est pas contraire à l'orthodoxie, mais concurrence les interprétations des réformistes et des modérés.

      Montrer que la lecture orthodoxe et littérale est problématique est le travail des réformistes, mais ceux-ci sont sans cesse menacés et c'est pire quand ils se font taxer d'islamophobie.

      Rappeler cette réalité c'est être réaliste et honnête, ça n'a rien à voir avec votre réponse à l'effet que ça serait une position néo-conservatrice classique, c'est une réponse pauvre et votre illustration avec le féminisme et le racisme est un « homme de paille » et que vous n'accepteriez sans doute pas de la part de vos propres étudiants.

      Vous avez raisons de souligner le rôle des impérialistes, mais justement ce sont ces mêmes impérialistes qui ont favorisé l'essor des Moudjahidines en Afghanistan. Consolider au Québec la laïcité et aider les musulmans plus modérés en cessant d'accepter le chantage de ceux qui se prétendent leurs représentants me semble justement plus suceptible de favoriser par la suite l'intégration qu'un modèle communautariste. C'est difficile de bâtir des solidarités avec des gens qui nient la possibilité que vos fils marient leurs filles.

      À tout le moins, on peut en discuter avant de lancer des anathèm

  • Gisèle Filion - Abonnée 1 février 2018 08 h 24

    Une vision de citoyen du monde

    Monsieur Mc Millan,
    Quelle analyse pertinente et juste !
    Oui, ce qui se passe partout dans le monde, est trop souvent occulté comme si cela n'existait pas. Le djhad en particulier. La montée de l’islamisme, et surtout les actes de guerre que cela entraînent dans les pays musulmans qui tentent de s’émanciper. Occultés dans le débat !
    Certains versets du Coran incitant à la haine des mécréants. Occultés dans les débats !
    Et dans les démocraties, la fausse représentation des multiples demandes d’accommodements religieux qui se font passer pour des accommodements raisonnables. Occultés dans les débats !
    Un certain langage politiquement correct qui endosse aveuglément le fait que la première étape de la radicalisation, ait cours, au nom de l’inclusion ! Occulté dans les débats !
    Il y a dans cette façon de faire un vice caché. L’ouverture aux autres oui, mais l’ouverture béate à tout et son contraire..... ça heurte le bon sens.
    Une société démocratique ne peut tolérer une religion politique, sans signer son arrêt de mort.
    La radicalisation ça commence quand la religion a des visées politiques. Les accommodements religieux n’en sont-ils pas la première étape ? Ça aussi, il faudrait en discuter, non ?
    Oui, appelons un chat un chat !
    Quand on se veut citoyen du monde, il faut avoir une vision assez large pour voir ce qui s'y passe, sans rien occulter.

    • Marc Therrien - Abonné 1 février 2018 17 h 30

      Ainsi, si le Coran est le texte sacré de l'islam pour les musulmans, il semble que beaucoup de ses versets suscitent la frayeur à leur seule lecture. L’islamophobie qui nomme cette peur- qu’elle soit rationnelle ou irrationnelle n’est pas ici important- serait alors bien légitime. Une fois que l’on le reconnaît et l’accepte, il reste à voir ce qu’on fait avec cette peur et comment on la gère. Il faut peut-être la traiter comme on traite la peur des chats.

      Marc Therrien

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 22 h 09

      On vire le chat ? ;)

    • Solange Bolduc - Abonnée 1 février 2018 22 h 23

      @M. Therrien, vous avez peur des chats? Pas moi!. Mais j'ai peur des chiens en général, Et je n'ai jamais résolu encore d'où m'est venu cette peur! Cela m'a toujours dérangé: j'aime les animaux! J'ai lutté pour ne défaire de cette peur, je lutte encore quand j'en rencontre dans la rue, surtout les gros chiens, ou genre pittbulls! J'hésite encore, passablement, de les approcher, mais certains sont tellement, à mes yeux, sympathiques, que j'ose m'en approcher ou je tente de séduire le maître pour qu'il me rassure; j'ose alors le touchrer ou m'en approcher délicatement, s'il nm'en accorde la permission, avec muselière ou pas! !

      C'est pareil pour les Musulmans, en particulier! Certains font peur, d'autres pas...Mais il y a toujours une raison!

    • Gisèle Filion - Abonnée 1 février 2018 23 h 22

      Mais le chat n’a pas , comme la religion, de privilège dans la Charte des droits et liberté. Je dis bien privilège car la religion a un privilège dans la charte des droits et liberté par rapport à toute autre option spirituelle. Pourtant il y a d’autres options spirituelles tout aussi respectables, que la religion.

    • Marie Nobert - Abonnée 2 février 2018 00 h 13

      @Richard M. Desjardins.

      Pur plaisir. (22:09)

      En '79, a été viré le dernier «chah persan» ayant existé sur cette planète, mais comme un «chat viré» est symbole de naufrage... On connait la suite de l'histoire qui s'annonce sans fin. (!)

      JHS Baril

      Ps. La «démocratie» selon QS ça ressemble à quoi? Prendre chat pour lièvre? Misère.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 février 2018 08 h 06

      Vous ne vous en rappelez certainement pas, madame Filion, mais sur celle-là, nous sommes d'accord. Je retirerais la mention « et de religion » à l'article de 2a. D'abord parce qu'elle n'est effectivement qu'une modalité de la liberté de conscience à quoi on accorderait une valeur spéciale (fiscalité, régimes scolaires confessionnels...) qui compromet l'équilibre délicat dans lequel les libertés se limitent et se renforcent mutuellement. Mais surtout parce que ce privilège apparent, qu'on trouve aussi dans d'autres chartes, avait surtout pour objet de protéger les groupements religieux contre la répression au moment où leur était enlevé tout pouvoir temporel. Les cultes n'ayant plus tant de visées politiques et la répression des cultes n'étant plus à l'ordre du jour, la mention devient caduque... à condition, justement, que nous ayons le discernement de ne pas leur attribuer de telles ambitions dès qu'une femme paraît avec un signe religieux ou qu'un groupe demande des accommodements différents des nôtres. Notre défiance confirmerait alors que la religion doit continuer de bénéficier d'une protection spéciale. Mais cette justification de fait ne ferait que mettre en évidence le cercle dans lequel nous nous tiendrions. Je crois que la charte canadienne protègerait suffisamment les religions, même sans cette mention, même si l'aversion au religieux devait prendre des proportions plus grandes. On couperait au moins à la prétention selon laquelle la charte canadienne est un encouragement explicite au communautarisme religieux.

  • Raynald Rouette - Abonné 1 février 2018 08 h 26

    Bravo, c'est clair, limpide et transparent


    Je fais la même lecture que vous, ça fait le tour du jardin...

    Pour le Québec la crise des accommodements religieux est le déclencheur des hostilités par l'islam ou l'islamisme conquérant. Un chat est un chat...

    Une question doit être posée concernant Amir Kadir... Il est un membre fondateur de QS en 2006, ce parti sert-il de tremplin à la mouvance islamiste?

    Pierre Vadeboncoeur étais convaincu que QS a été fondé pour nuire au PQ, donc directement au Québec.

    Curieusement, je crois que sa sortie publique du 30 janvier dernier est une première depuis 2006. Il a été étrangement silencieux dans les débats sur la loi 62 et tout ce qui concerne l'appartion au Québec de l'islam fondamentaliste revendicateur.

    Est-ce parce qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections? Ou-bien voyons-nous le vrai Amir Kadir?

    • Guy Milette - Abonné 1 février 2018 19 h 06

      La théorie du complot, encore et encore ! Ça devient indigeste à la fin .

    • Christian Montmarquette - Inscrit 2 février 2018 04 h 53

      À Guy Milette..

      Je ne saurais mieux dire.

      Quand on a pas d'argument, on en invente.