Voile intégral et confusion des enjeux

Certains pays musulmans, telles l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et d’autres, ont interdit le voile intégral dans certains lieux, espérant ainsi freiner l’influence politique des groupes salafistes.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Certains pays musulmans, telles l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et d’autres, ont interdit le voile intégral dans certains lieux, espérant ainsi freiner l’influence politique des groupes salafistes.

L'adoption récente de la loi sur la neutralité religieuse suscite un tollé. La polémique est centrée autour de l’exigence de donner et de recevoir les services publics à visage découvert.

 

Pour y voir plus clair, il faut faire la distinction entre deux types d’opposition. L’une pragmatique, comme celle du maire de Montréal et d’autres municipalités, décriant la difficulté d’application de l’interdiction du voile intégral dans les transports en commun, l’autre de principe, basée sur l’enjeu des droits de la personne. À mon avis, l’opposition basée sur les droits de la personne résulte d’une confusion et d’une incompréhension profonde du phénomène.

 

Comme le soulignait Ali Rizvi, auteur de The Atheist Muslim, la gauche se trompe au sujet de l’islam et la droite se trompe au sujet des musulmans. Cette remarque judicieuse résume les errements de part et d’autre du spectre politique. Elle renvoie au fait qu’une certaine gauche confond l’islam en tant que croyances religieuses et l’intégrisme qui manipule la religion à des fins politiques, tandis que la droite ne fait pas la distinction entre les musulmans et les intégristes, ce qui l’amène à rejeter les premiers par peur des seconds.

 

Soyons clairs. Se cacher le visage n’est ni un droit fondamental ni une liberté religieuse.

 

D’ailleurs, la plupart des musulmans et des musulmanes en sont convaincus.

 

Une vision idéologique sectaire

 

Rappelons que dès la fin du XIXe siècle, des réformistes musulmans, y compris parmi les autorités religieuses, préconisaient l’abandon du voile porté par les femmes, considérant qu’il n’avait rien de religieux, mais relevait de coutumes patriarcales symbolisant la réclusion des femmes.

 

Aujourd’hui encore, des chefs religieux de l’Université Al-Azhar du Caire, considérée comme la référence religieuse de la branche sunnite, se sont vivement opposés au port du voile intégral, considérant qu’il ne relève pas du dogme religieux, mais d’un courant politique intégriste.

 

Ceux et celles qui appellent à contester l’interdiction du voile intégral devant les tribunaux, croyant ainsi se porter à la défense des droits et libertés des femmes musulmanes, se fourvoient et jouent un jeu dangereux. De plus, il faut bien réaliser que les accusations mensongères de racisme et d’islamophobie, que d’aucuns attribuent à toute critique de l’islam, ne font que renforcer l’influence croissante des groupes intégristes salafistes qui promeuvent une idéologie liberticide.

 

Contrairement au hidjab, dont la promotion active par certains groupes depuis les années 1970 a réussi à banaliser ce symbole, que plusieurs considèrent à présent comme étant l’expression de leur identité religieuse, le voile intégral cachant le visage des femmes est reconnu comme étant l’emblème des groupes intégristes salafistes qui le prônent activement.

 

C’est pourquoi certains pays musulmans, tels l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et d’autres, ont interdit le voile intégral dans certains lieux, espérant ainsi freiner l’influence politique des groupes salafistes. C’est dans la poursuite du même objectif que plusieurs pays européens ont décidé d’interdire le voile intégral à divers degrés, interdiction qui a passé le test de la Cour européenne des droits de l’homme, qui l’a validée. Toutefois, l’interdiction du voile intégral a donné lieu partout à des contestations juridiques coûteuses, ce qui en dit long sur la combativité des militants salafistes qui mènent ce djihad juridique.

 

L’objectif poursuivi par les groupes intégristes salafistes, ici comme ailleurs, est la promotion d’une vision idéologique sectaire et suprémaciste, basée sur une lecture extrêmement rigoriste des textes religieux de l’islam. Or, cette idéologie constitue une menace pour le vivre-ensemble, tant dans les pays occidentaux que dans les pays à majorité musulmane. En effet, cette idéologie menace les droits des femmes et des minorités, mais également la sécurité et la liberté de conscience des musulmans et des musulmanes qui refusent d’y adhérer.

 

On a tort de sous-estimer l’importance de ces groupes, pour l’instant minoritaires au Canada, dont l’influence dépasse le poids numérique. Largement financés par les pétrodollars, ces groupes sont passés maîtres dans la mise en place de stratégies efficaces et adaptées à chaque contexte. Par exemple, dans les pays où les musulmans sont minoritaires, ces groupes réussissent à étendre leur influence à travers l’encadrement religieux offert, ainsi que l’organisation d’activités communautaires répondant aux besoins des fidèles. Cette stratégie leur permet d’élargir graduellement leur base populaire, notamment auprès des jeunes et des femmes isolées tout en promouvant leur idéologie.

 

Des pistes d’action

 

Compte tenu des enjeux globaux des droits de la personne et de la liberté de conscience, gravement menacés par l’idéologie qui sous-tend le niqab et la burka, il est clair que le supposé « droit » de porter le voile intégral ne fait pas le poids.

 

Par conséquent, il est contre-productif et irresponsable de contester juridiquement l’interdiction du voile intégral, sous prétexte de protéger les droits de celles qui le portent. En fait, un véritable engagement pour les droits de la personne devrait nous inciter à contrer l’idéologie identitaire et sectaire des groupes qui le promeuvent.

 

Néanmoins, il faut bien reconnaître que la loi 62 est mal ficelée et insuffisante, comme l’a expliqué l’ex-bâtonnière du Barreau de Montréal dans un article paru dans Le Devoir récemment. Cette loi laisse la porte ouverte à tous les accommodements religieux et a omis d’inscrire la laïcité comme un principe essentiel, seul garant du respect des droits et de la liberté de conscience de tous et de toutes, y compris pour les minorités musulmanes.

 

Bien entendu, la voie juridique n’est pas la seule. L’éducation et la lutte contre les discriminations, ainsi que la responsabilisation de tous les milieux dans la poursuite d’objectifs communs, visant entre autres à favoriser l’intégration culturelle et pas seulement économique des immigrants s’imposent également. Les médias ont un rôle primordial à jouer pour ramener le débat sur les véritables enjeux, au lieu de se contenter de faire écho aux accusations mensongères de racisme qui enveniment le débat. Il faudrait enfin écouter davantage la voix des musulmanes et des musulmans qui soutiennent véritablement les principes de laïcité et d’égalité, pour les inclure dans la recherche de solutions.

33 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 26 octobre 2017 01 h 48

    Se cacher le visage n’est ni un droit fondamental ni une liberté religieuse.

    Merci, madame Yolande Geadah, pour votre explication lucide et nécessaire à la démagogie ambiante ces jours-ci. J'espère que les bien pensants tels que messieurs Justin Trudeau, Bouchard, Taylor, Gabriel Nadeau-Dubois et Michel Seymour sont à l'écoute.
    Il faudrait lire l'article attentivement pour comprendre la menace à laquelle nous sommes confrontées. «L’objectif poursuivi par les groupes intégristes salafistes, ici comme ailleurs, est la promotion d’une vision idéologique sectaire et suprémaciste, basée sur une lecture extrêmement rigoriste des textes religieux de l’islam.»

    • Claude Bariteau - Abonné 26 octobre 2017 08 h 18

      J'ajoute mon merci au vôtre, Mme Alexan, car Mme Geadah a bien cadré la problématique du voile intégral dans les pays d'Europe et ailleurs.

      Dans son texte, elle souligne aussi la position de l'ex-bâtonnière
      du Barreau de Montréal à l'effet que la loi 62 invite plus à des accommodements religieux qu'à circonscrire les contours du «vivre-ensemble» dont les modalités fondant la laïcité constituentle point nodal.

      Or, au Québec, qui n'est qu'une province, définir ces contours devient vite un enjeu politique. C'est d'ailleurs dans cette perspective que fut conçue la loi 62, car, en bout de piste, elle s'inscrit dans l'esprit de la constitution canadienne et la façon dont les juges de la Cour suprême ont balisé l'obligation de dévoiler le visage pour recevoir ou donner un service, limitant alors cette obligation au plus petit dénominateur commun.

      Du coup, cette Cour a privilégié la liberté d'ayant droits à celle des citouyens et des citoyennes de définir les contours du «vivre-ensemble», ceux-ci, au Canada, découlant de l'affirmation d'un univers politique «post-national» conformément à deux aprioris : un premier, les règles dans un empire; un second, celles d'entreprises et d'organismes qui valorisent une diminution des pouvoirs des États souverains.

      Sous cet angle, le Canada s'affiche promoteur de ces aprioris et la loi 62 s'inscrit dans cette ligne de pensée.

    • Jean Duchesneau - Abonné 26 octobre 2017 17 h 23

      Merci Mme Geadah pour ce texte qui rejoint parfaitement mon point de vue. Les ornières idéologiques de la gauche bien pensante et de l'extrême droite empêchent de voir la mouvance reliée à l'islam. En effet, des intellectuels et des théologiens proposent une réforme de cette religion ne serait-ce que sur la règle d'abrogation qui a été décrétée au XIe siècle, longtemps après la mort du prophète. Nous devrions prendre conscience de cette lutte entre musulmans et appuyer ceux qui veulent d'un islam compatible avec la modernité. S'en remettre qu'aux droits de la personne en ce qui a trait au voile, c'est prendre parti pour les conservateurs islamistes contre les réformateurs.

    • Marc Lévesque - Inscrit 26 octobre 2017 18 h 59

      Mme Alexan,

      Mme Geadah a dit: "Se cacher le visage n’est ni un droit fondamental ni une liberté religieuse"

      Dans le context de la loi fédérale, si une personne croit sincèrement que pour pratiquer sa religion elle doit porter le voile alors c'est un droit constitutionnelle pour elle de le faire.

      Alors je crois que Mme Geada se trompe.

    • Jean Gadbois - Abonné 26 octobre 2017 23 h 17

      Mme. Alexan,
      Allons, allons, ce que les québécoises et les québécois veulent, depuis les deux référendums, c'est de pouvoir magasiner, les musulmannes, les musulmans, les purs-laines, les "autres", toutes et tous... quand ils veulent, où ils veulent, voilées-maquillées-avec-des-sacs-Coco Chanel, ou non voilées avec leurs crucifix et leurs souliers Gucci... La vraie charte des valeurs québécoise elle est là.
      Ailleurs dans le monde, c'est une autre histoire, mais ici, c'est ça qui est ça, dixit Martin Léon.

  • Jacques-André Lambert - Abonné 26 octobre 2017 03 h 47

    Écouter

    "Il faudrait enfin écouter davantage la voix des musulmanes et des musulmans qui soutiennent véritablement les principes de laïcité et d’égalité, pour les inclure dans la recherche de solutions."

    Mais qui, au Canada, veut les entendre?

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 octobre 2017 09 h 26

      Madame Lambert, le Canada s'en fout complètement.

      Il est assis sur le multiculturalisme, dont on sait qu'il pousse les immigrants à s'intégrer totalement à la culturte dominante en deux générations au plus.

      Ne nous faisons pas d'illusion, il n'y a qu'une culture dominante, autant à Edmonton qu'au Lac St-Jean. Les Québécois sont une minorité partout.

      Le multiculturalisme transforme toute us divergente en un folklore, comme un panache qu'on porte "fièrement" une fois par année pour honorer ses ancêtres avant de retourner dans un bureau drab parler de commerce.

      Pour les Canadiens, le voile intégral est "cute", exotique et sans grande portée. À la limite ça fait un très bon film à la Disney genre "Aladdin et Aladdinde", et puis ça s'harmonise avec les soquettes colorées de Justin.

      Le multiculturalisme ne reconnaît aucunement les groupes sociaux, au contraire! P.E. Trudeau les niait carrément et tout l'édifice canadien tient en l'érection du seul individu comme moteur de développement, seul à avoir des droits, ce qui est bien, et sans le moindre attachement social autre que le territoire, ce qui est absolument faux.

      Comment écouter "les" musulmans dénoncer le voile intégral si "les" musulmans n'existent pas ?

    • Cyril Dionne - Abonné 26 octobre 2017 17 h 03

      Non seulement le Canada s'en fout complètement, mais il entretient des jugements qui ne sont que racistes envers les francophones d’Amérique et surtout ceux du Québec. Nous vivons dans un pays francophobe n’en déplaise à nos multiculturalistes libéraux du Québec. Il faudrait vivre hors Québec pour comprendre ce qui est évident.

      Ceci étant dit, dire que « Contrairement au hidjab, dont la promotion active par certains groupes depuis les années 1970 a réussi à banaliser ce symbole, que plusieurs considèrent à présent comme étant l’expression de leur identité religieuse […]» est complètement faux. Le « hidjab » est une carte de visite qu’on porte sur la tête pour étaler ses croyances en des amis imaginaires. J’imagine que tous les chrétiens devraient s’habiller en croisés ou bien porter une croix gigantesque autour du cou pour affirmer leurs croyances en des entités extraterrestres. Que c’est ridicule. Nous sommes bien en 2017?

      “ Il faut continuer à se moquer de la religion musulmane jusqu'à ce que l'islam soit aussi banalisé que le catholicisme” (Charo, Charlie Hebdo oblige.)

  • Gisèle Filion - Abonnée 26 octobre 2017 06 h 58

    Bravo pour votre vision si bien éclairée et articulée

    Comme vous avez raison Madame Geadah !

    Vous allez droit au coeur du problème.
    C'est la liberté de conscience qui est menacée par le voile intégral.
    Quand l'idéologie du voile intégral se cache sous la burqa et réclame le droit de s'exhiber partout et toujours, au nom des droits individuels, on passe sous silence le problème du sens de la burqa, pour ne s'en remettre qu'à son apparence superficielle. On instrumentalise les droits et libertés en tentant de faire croire que le port de la burqa est un droit fondamental. Il y a dans cette façon de ne pas voir l'essence même du problème, ou un vice de forme ou de la mauvaise foi.

    Le niqab n'est pas porté pour se vêtir mais dans le but avoué, de se cacher le visage. Quand on y répond en le considérant comme un vêtement, on a une vision bien superficielle des choses. Un selfie avec ça?

    De plus, l'interprétation rigoriste de l'islam constitue un piège pour ceux qui y adhèrent, en menaçant les fidèles qui voudraient en sortir par des fatwas. Sans parler du droit de critiquer l'islam à la lumière de la raison, qu'on ne reconnaît pas.
    N'est-ce pas ça un "kidnapping" de la liberté de conscience?

    La religion ne pervertit-elle pas la charte lorsqu'elle s'y insère ainsi ?

    • Michèle Lévesque - Abonnée 26 octobre 2017 12 h 53

      @G.Filion 26 oct. 06h58

      Très juste ce "on passe sous silence le problème du sens de la burqa, pour ne s'en remettre qu'à son apparence superficielle." Des exemples de tels abus se trouvent dans les photos choisis pour illustrer les écrits sur le voile intégral. Cette superficialité banalisante n'est par contre aucunement superficielle, mais elle participe au contraire de choix venant jouer profondément dans notre inconscient personnel et collectif.

      Je m'explique en 3 exemples.

      1A) Le 29 août dernier, La Presse Plus a choisi la photo d'une jeune femme niquabée, mais aux yeux rieurs pour illustrer le propos de Nadia el-Mabrouk et. al. qui pourtant dénoncait fermement le voile dans "Il faut mettre fin à l'image stéréotypée des musulmanes".

      1B) La PP a repris cette même photo quand elle a publié les réactions du public à cette lettre, mais en édulcorant encore plus le but des auteur(e)s en titrant à partir du titre du commentaire de Catherine Larochelle, militante anti-laïcité reconnue, "Une école raciste?"... Un choix d'autant plus étrange que ce texte tenait bien mal la route en 'expliquant' que si les fillettes musulmanes sont voilées dans les manuels du cours ÉCR, c'est au fond à cause du racisme systémique (atavique) des Soucheux. Pénible.

      2) Mais pas besoin d'aller si loin, juste remonter en haut du présent article illustré par une svelte jeune femme dans une mosquée, sans hommes devant, et portant un hijab d'une rare élégance, tellement qu'au premier abord on a l'impression qu'il est fait de plis raffinés en cuirs très fins. Innocent?

      3) Maintenant, comparons ces banalisations aux terrifiantes burqas qu'a choisie Euronews pour dire la victoire de la loi Belge de 2002, interdisant le voile intégral dans l'espace public, suite au verdict de la CRDH dans : "La loi belge contre le niqab validée par la CEDH", 11 juillet 2017. http://fr.euronews.com/2017/07/11/la-loi-belge-con Ni innocent, ni neutre.

      Quel est l'e

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 26 octobre 2017 07 h 38

    Un texte excellent

    J’ai bien aimé le texte de Mme Geadah. Celui-ci est un des textes les plus nuancés et plus réfléchis que j’ai lus depuis longtemps sur cette question à la fois complexe et délicate.

    J’aurais toutefois aimé que l’auteure attache plus d’importance au financement étranger des institutions musulmanes, même si elle y fait allusion.

    L’Autriche a interdit ce financement, direct ou indirect, non seulement pour la construction des mosquées, mais également pour leur fonctionnement.

    La solution autrichienne va au-delà comme l’obligation faite aux imams et aux prédicateurs de connaître la langue nationale.

    J’ajouterais également la création d’une école coranique libre, à l’image des facultés de théologie universitaires québécoises, qui viserait à encadrer l’imanat sans autre but que le soustraire à l’influence saoudienne.

    • André Joyal - Abonné 26 octobre 2017 11 h 34

      Depuis longtemps vous dites M.Martel : vous voulez dire à l'époque de la charte du PQ que défendait l'auteure, dans ces pages, avec beaucoup de pertinence. Je fais partie de ceux qui adorent la lire.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 26 octobre 2017 08 h 56

    Le Canada, un pays constitutionnellement religieux

    Le fait qu'il n'y ait constitutionnellement aucune religion d'État n'empêche pas le Canada d'être un pays constitutionnellement religieux: depuis 1985 le préambule de la Charte canadienne des droits et libertés (L.R.C. 1985) reconnaît seulement deux valeurs fondatrices et structurantes au Canada nouveau, la primauté du droit et la présence de Dieu. Il ne les hiérarchise même pas! On peut y lire: « le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit». On aura beau dire et redire que « (...) se cacher le visage n’est ni un droit fondamental ni une liberté religieuse» pour l'univers tout entier, la référence fondamentale à Dieu, Yahvé ou Allah rattache une pratique et des rites au monde religieux, met en oeuvre la liberté de conscience et de religion garantie à l'art. 2(a) et oblige la Cour suprême du Canada à en être juridiquement l'arbitre ultime. Heureusement, le Québec n'est pas une nation constitutionnellement religieuse, la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (1975) ne comportant pas la même disposition que la Charte canadienne. Utilisons la clause dérogatoire prévue à la Charte canadienne et définissons le vivre-ensemble comme plus de 90% de la population le souhaite.