Joyeux 482e anniversaire Canada!

Ce n’est pas le 150e anniversaire que les fédéralistes nationalistes du Québec fêteront cette année, car leur Canada est bien plus vieux que cela.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Ce n’est pas le 150e anniversaire que les fédéralistes nationalistes du Québec fêteront cette année, car leur Canada est bien plus vieux que cela.

Alors que la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, organise cette semaine la Rencontre estivale 2017 des premiers ministres des provinces et territoires, il convient de souligner que la plupart des Québécois n’ont pu que difficilement célébrer le 150e anniversaire de leur fédération avec le même enthousiasme que leurs compatriotes du reste du pays. En effet, le Québec n’ayant toujours pas signé la Constitution, force est de reconnaître que la nation québécoise ne fait toujours pas officiellement partie de cette fédération dans laquelle les plus fédéralistes des Québécois se sentent « exilés ». Voilà pourquoi le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a cru bon de saisir cette occasion historique afin d’entamer un vaste dialogue sur la place du Québec au sein du Canada.

 

Certes, la fin de non-recevoir du premier ministre du Canada est regrettable. Mais elle n’empêchera pas cette importante discussion d’avoir lieu. Quoiqu’en pense Justin Trudeau, un seul homme ne saurait à lui seul imposer ses vues sur l’avenir du Québec et des autres provinces canadiennes. Si la majorité des Québécois souhaitent encore intégrer la grande famille canadienne avec honneur et dignité, ils n’en restent pas moins libres de leur futur. Monsieur Trudeau doit donc comprendre que si le Canada continue de refuser d’accorder au Québec la place qui lui revient dans la fédération, les Québécois n’auront pas d’autre option que de prendre leur destinée en main.

 

Heureusement, monsieur Trudeau a su démontrer par le passé qu’il sait réajuster ses positions lorsqu’il se rend compte qu’il s’est trompé. On se rappellera, par exemple, qu’il a enfin accepté de reconnaître la nation québécoise au sein du Canada, et ce, après s’y être farouchement opposé. Voilà qui est tout à son honneur ! Mais si Justin Trudeau ne sait pas saisir la main tendue de Philippe Couillard, c’est un rendez-vous crucial avec l’histoire qu’il manquera inéluctablement. Qu’on se le tienne pour dit : l’histoire du Canada et du Québec continuera de s’écrire, avec ou sans lui.

 

Un Canada de diverses cultures

 

À ce titre, le temps est venu de célébrer l’ouverture qui caractérise notre pays en reconnaissant la nature multiculturelle, mais aussi multinationale, d’un Canada qui est composé de diverses cultures, certes, mais aussi de diverses nations et de multiples Premières Nations. À l’heure de la réconciliation, les Québécois comme leurs compatriotes autochtones doivent prendre la place qui leur revient dans leur pays, tant sur le plan historique que constitutionnel.

 

Pendant que les souverainistes rêvent encore d’une république indépendante, les Québécois fédéralistes, eux, continueront de se battre pour reconquérir leur pays et affirmer leur contribution à notre histoire canadienne commune. Ce n’est donc pas le 150e anniversaire que les fédéralistes nationalistes du Québec fêteront cette année, car leur Canada est bien plus vieux que cela.

 

En effet, ce n’est pas parce que le Parlement canadien a reconnu de façon informelle la nation québécoise en novembre 2006, 37 jours après que l’aile québécoise du Parti libéral du Canada eut voté une résolution allant dans le même sens, que les Québécois ont fêté le dixième anniversaire de leur nation l’année dernière. La raison est simple : la nation québécoise est bien plus vieille que la motion de la Chambre des communes !

 

D’une manière similaire, la place informelle du Québec au sein de la fédération canadienne ne nous permet pas de fêter pleinement le 150e d’un Canada qui trouve son origine il y a plus de 480 ans, lorsque Jacques Cartier s’inspira du mot iroquois « Kanata » pour inaugurer le Canada, en 1535.

 

En attendant que la nation québécoise puisse enfin prendre officiellement sa place dans la fédération canadienne, en voyant notamment sa reconnaissance être enchâssée dans la Constitution du pays, les fédéralistes nationalistes du Québec n’oublieront pas que le Canada, leur Canada, c’est aussi l’histoire des Autochtones, des Canadiens français et des Québécois. Joyeux 482e anniversaire Canada !

25 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 19 juillet 2017 05 h 38

    Du blabla


    Vous errez comme tout canadien errant au Québec.

    La nation canadienne est un construit politique. Quand Cartier déclare que ce territoire est le Kanata, il le reconnaît iroquoien par la France

    La France qui y expédie des compagnies n'en fera une province française qu’elle dénommera la Nouvelle-France avec trois colonies : le Canada, l’Acadie et la Louisiane.

    En aucun moment, ces colonies sont devenues des nations politiques. Elles ont été des lieux de résidence de Français qui, après la conquête de la Nouvelle-France par la Grande-Bretagne, sont devenus des ressortissants français qui choisirent de demeurer sur place.

    Cela n’en fit pas une nation politique, mais ce que la Grande-Bretagne qualifia de «race» différente à la race britannique à côté des «races» autochtones présentes sur leur territoire conquis et s’allia des représentants qu’elle reconnut tel pour les gouverner comme «races» différentes, ce qui correspond à la définition aujourd'hui reconnue par le PLC et la Chambre des communes de la «nation» québécoise et des «nations» autochtones.

    Cette définition, reprise par les leaders alliés aux britanniques chez les Autochtones et ceux aux définitions britanniques et canadiennes de la «nation» ethnoculturelle canayenne et canadienne-française est devenue «nation québécoise» revue en ces termes par des définisseurs locaux comme vous.
    ,
    En 1867, cette «nation» n'existe pas politiquement quand est créé le Dominion of Canada, une hyper-colonie britannique au-dessus de provinces qui, elles, furent créées alors que le Canada n'est reconnu pays qu'en 1931 et entreprend de se constituer en nation politique.

    Aujourd’hui, le PLQ veut revoir la notion de nation ethnoculturelle «québécoise» et la remplacer par une définition sociologique.

    Vous revoilà du coup à entrer les habitants du Québec dans les casses définies par le Canada. Vraiment, monsieur, vous errez et blablatez comme le PLQ.

    • Gilles Théberge - Abonné 19 juillet 2017 08 h 54

      Monsieur Bariteau une nuance s'impose, si l'on veut sonder les cœurs et les reins de nos ancêtres, quant à leur désir de rester ici après la défaite que l'on sait.

      Je pense qu'il faut considérer qu'ils avaient peu de moyens de retourner dans le pays de naissance. Ça beau être magnifique aujourd'hui la baie du mont St-Michel d'où est parti mon ancêtre, il reste qu'à l'époque la vie là bas était pénible, puisqu'ils l'ont quitté.

      Ils ne savaient pas écrire ni lire, ils avaient une famille sur les bras, ils avaient acquis des biens...

      Savaient-ils ce que l'avenir leur réservaient? J'en doute!

    • Claude Bariteau - Abonné 19 juillet 2017 11 h 05

      Monsieur Théberge, comme vos ancêtres généalogiques, les miens sont restés dans la colonie du Canada devenu la Province of Quebec. D'eux, certains se sont implantés plus à l'ouest et d'autres au sud des États-Unis.

      Ils étaient, comme vos ancêtres, à la recherche d'un lieu pour vivre honorablement.

      Ce ne sont pas ces derniers qui se sont alliés aux Britanniques, mais le Haut clergé catholique, des seigneurs et des gestionnaires reconnus leaders de nos ancêtres sans qu'ils aient un mot à dire.

      Certains se sont alliés à Pontiac pour aux Patriots américains en 1774 alors que le clergé, les seigneurs et des notables se réjouissaient de leur reconnaissance par la Grande-Bretagne pour bloquer la révolution américaine.

      En 1834, ils ont supporté le Parti patriote qui voulait changer l'ordre politique interne du Bas-Canada. Sans succès.

      Ils se sont retrouvés dans le Canada-Uni et n'ont pas eu un mot à dire lors de la création du Dominion of Canada.

      En clair, ils se sont battus pour assurer leur avenir en s'associant à d'autres habitants du territoire, mais ont rencontré une opposition venant de la Grande-Bretagne puis du Canada, qu'alimentèrent les gens comme le signataire de ce texte, le ministre Fournier et le PM Couillard, aussi le président de la CAQ car, comme leurs prédécesseurs qui ont tiré avantage de leur alliance avec la Grande-Bretagne, ils en tirent avec le Canada.

      Aujourd'hui, ils font tout pour que la «nation» ethnoculturelle définie par la Grande-Bretagne et le Canada demeure ethnoculturelle car elle constitue leur assise hier dans la Grande-Bretagne, aujourd'hui dans le Canada, aussi tout pour empêcher des alliances entre les habitants du territoire du Québec.

      Il n'est pas nécessaire de savoir lire et de ne pas avoir de famille sur les bras pour comprendre ce que vos ancêtres et leurs descendants ont compris et ont voulu transformé en se dotant d'un pays avec ceux et celles qui ont fait du territoire du Québec leur patrie.

    • Robert Beauchamp - Abonné 19 juillet 2017 11 h 46

      Bien d'accord avec vous M. Bariteau. Il faut savoir que Jean Charest a tout fait pour écarter de son parti les fédéralistes nationalistes. Il ne tolérait que les fédéralistes purs et durs. Le reste en effet est du bla-bla.

  • Hermel Cyr - Abonné 19 juillet 2017 07 h 10

    Une complainte qui n’en finit plus

    Ça fait des décennies que les Québécois lisent de tels textes, entendent ce discours.

    …Que des lamentations, des « si le Canada ne veut pas reconnaitre le Québec… » des « le Québec est libre de son destin » … Que les jérémiades de losers! Claude Ryan, Robert Bourassa, dans la foulée du politologue Léon Dion ont porté un tel discours débilitant. Des légions de libéraux au Québec et de conservateurs à Ottawa ont fait leurs carrières politiques en tenant le même discours et se sont ridiculisés jusqu’à en devenir pathétiques.

    Ce ne sont pas les « fédéralistes nationalistes » qui feront que le Québec est respecté.... Le respect en politique, c'est la libération. La seule option digne pour le Québec de demain reste l'indépendance politique du Québec, pleine et entière.

  • Guy Lafond - Inscrit 19 juillet 2017 07 h 51

    Réconciliation, comment?

    Merci à M. Francis Rivault de dire haut et fort l'inquiétude des Libéraux fédéraux à leur jeune chef, le très honorable Justin Trudeau!

    Je cite un passage de votre texte:

    À l’heure de la réconciliation, les Québécois comme leurs compatriotes autochtones doivent prendre la place qui leur revient dans leur pays, tant sur le plan historique que constitutionnel." - Fabrice Rivault

    J'ajouterais même aussi "sur les plans économique, énergétique et financier".

    Comment:

    Je pense que cette place, qui revient aux nations autochtones et à la nation québécoise, sera reconquise d'abord en promouvant sans cesse le virage vers une économie plus moderne, celle qui se construit surtout sur des énergies propres (énergie hydroélectrique, énergie solaire,...)

    Les nations autochtones, nous le savons, sont très proches de la Terre et des saisons. La nation québécoise, nous le savons aussi très bien, a construit un héritage incroyable au cours des 80 dernières années: celui des énergies propres, qui plaît aux nations autochtones!

    Ces peuples fiers et courageux peuvent maintenant montrer la voie au ROC (Rest of Canada) sans aucune hésitation et sans aucun sentiment d'infériorité.

    Soyons plus propres, plus équitables!

    Il en va de l'avenir de tous les enfants de cette planète!

    @GuyLafond
    (Un Québécois à vélo, en canot, à pied et à pied d'oeuvre près de chez vous. Ma façon à moi d'être Canadien et citoyen d'un monde qui se veut plus juste et plus transparent, n'en déplaise au premier ministre du Canada!)

  • André Poirier - Abonné 19 juillet 2017 07 h 54

    Une réserve

    Le Québec pourrait être une réserve. Plus de taxes, ni d'impôts et donc indépendant d'Ottawa.

  • Jean-François Trottier - Abonné 19 juillet 2017 08 h 44

    Le piège à cons

    "À l’heure de la réconciliation, les Québécois comme leurs compatriotes autochtones doivent prendre la place qui leur revient dans leur pays".

    Je déteste ce genre de petite phrase qui semble si gentillette, si galvanisatrice vers un but commun et des lendemains qui chantent.
    Quelle heure de la réconciliation ? Celle inventée pour une Commission dont le principal rôle est déjà de s'auto-tabletter dans un silence de plus en plus douillet ?
    Il n'y a pas d'heure de la réconciliation. Il n'y a que des gens qui souffrent et d'autres qui leur offrent un regard de commisération assez pénible merci.

    Quels compatriotes ? Pour ce faire il faudrait que certains liens existent entre les peuples Amérindiens, et entre eux et les Québécois.
    Parlez-nous des réserve, M. Rivault.
    Il semble que parler de la Nuit des longs couteaux, du lac Meech, des deux lois des mesures de guerre serait passéiste. Hé ben... Essayez de nommer seulement la loi 101 en présence de n'importe quel non-francophone from coast to coastê, ou même à un franco-Ontarien. La propagande infecte de vos amis et collaborateurs a produit son effet : il est toujours d'actualité de trouver les Québécois divisifs et même racistes, puis de se flatter la bédaine multiculturelle et triomphante.

    Et vous avez le front de parler de "compatriotes" ? Ce culot erre jusqu'aux confins de votre malhonnêteté intellectuelle.
    Il y a des nations et un Empire, construit sur l'ancien modèle Victorien et ouvert aux différences en autant qu'elles se monnaient dans les boutiques de souvenir.

    Mais le pire dans cette phrase est ce verbe, "doivent". Comme toujours, aux petits et aux brimés à se faire une place. Trudeau père chantait le même air de tout son esprit Jésuitique, excluant lui aussi les actes barbares d'Ottawa depuis la loi des Indiens jusqu'à celle sur la clarté, autre beau prétexte à une future action armée.

    Votre trompette sonne faux.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 20 juillet 2017 00 h 32

      @ jfc L'alouette en colère...Je vous approuve à 100%...À travers votre commentaire, on ressent la blessure que tout un peuple subit depuis des
      lustres. J'aime cette colère...car vous l'exprimez avec vos "tripes"....et
      j'aime cette écriture... qui démontre la force des mots.

      Il ne suffit pas d'entendre cette colère, il faut l'écouter. (F. Cousineau)

      Si mes compatriotes, que j'appelle parfois "con-citoyens" , avaient le quart de la moité de votre fougue patriotique, il y a belle lurette que le
      Québec serait un Pays.