Non à la dissolution nationale, mais oui au métissage

S’il y a une nation québécoise en 2017, elle est toujours francophone et attachée à sa spécificité, mais elle est nécessairement pluraliste et métissée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir S’il y a une nation québécoise en 2017, elle est toujours francophone et attachée à sa spécificité, mais elle est nécessairement pluraliste et métissée.

Réponse au texte d’Alexis Tétreault, « Résister à l’idéologie de la dissolution nationale », publié dans Le Devoir du 24 mai dernier.

 

Dans un texte récemment paru dans les pages du Devoir, Alexis Tétreault, étudiant en histoire, soutient que la jeunesse québécoise, ou du moins une partie de la jeunesse, a opéré une rupture avec les combats de nos aïeux. Elle aurait abandonné un cadre d’analyse politique « national », soucieux de la survie de la nation canadienne-française ou québécoise, au profit d’une vision multiculturelle de la société. Dans la nouvelle idéologie multiculturelle que dénonce M. Tétreault, certaines questions seraient devenues taboues. On ne pourrait plus, par exemple, exiger des immigrants qu’ils s’adaptent à nous ou s’interroger sur la quantité et la provenance des immigrants que le Québec souhaite accueillir. Ce genre de préoccupations serait interdit, au nom d’une nouvelle rectitude politique imprégnée de multiculturalisme. Bref, bien qu’il ne le nomme jamais, M. Tétreault reprend dans ses grandes lignes l’analyse que fait Mathieu Bock-Côté de l’état de la question nationale au Québec.

 

M. Tétreault a partiellement raison, me semble-t-il. Les Québécois sont en droit de se questionner sur la quantité d’immigrants qu’ils souhaitent accueillir, sur leur provenance et sur ce qu’ils peuvent attendre d’eux en matière d’efforts d’intégration. Ce sont là des questions légitimes. Un cadre d’analyse national, qui rende possible ces questions, demeure pertinent. Encore faut-il préciser qui sont ces « Québécois » à qui l’on reconnaît le droit de poser ces questions. Quelle est, autrement dit, la « nation » habilitée à s’interroger sur l’accueil et l’intégration des immigrants ? S’agit-il des Québécois d’ascendance canadienne-française ? Autrement dit des « Québécois de souche » ? Les Tremblay et Gagnon de « chez nous » ? Ou alors renvoie-t-on à tous les Québécois établis sur le territoire et ayant adopté la langue française et certaines références culturelles de la majorité, comme les Diouf, les Benhabib, les Awada, les Laferrière et les Houda-Pepin ? Cela inclut-il les Anglo-Québécois qui se sentent « Québécois » et se sont réconciliés avec nos lois linguistiques ?

 

« Nation québécoise »

 

On le voit, le concept de « nation québécoise » ne va pas de soi en 2017. Entre l’époque de nos aïeux « canayens » et aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. S’il y a une nation québécoise en 2017, elle est toujours francophone et attachée à sa spécificité, mais elle est nécessairement pluraliste et métissée. À mon avis, la vieille nation canadienne-française, qui s’est redéfinie comme québécoise lors de la Révolution tranquille, peut légitimement se présenter comme le centre intégrateur de cette nation québécoise de 2017. Mais elle doit aussi accepter qu’en faisant le choix d’être une terre d’immigration, elle a accepté (sans peut-être pleinement le réaliser) qu’elle ne serait plus la seule à définir l’identité nationale québécoise. D’autres ont voix au chapitre : les Nguyen, les Bastidas, les Brouri, les Québécois d’origine haïtienne, française, roumaine ou syrienne. Nous pouvons attendre d’eux qu’ils épousent le fait français et la cause de notre « petite nation », mais nous devons accepter le fait qu’ils aborderont la question de l’immigration et de l’identité québécoise avec leur sensibilité propre. Ils changeront inévitablement ce que c’est qu’« être Québécois ». En outre, cette nouvelle nation québécoise, puisqu’elle est attachée aux principes démocratiques de liberté, d’égalité et de laïcité, doit tenir compte des droits et libertés individuelles lorsqu’elle réfléchit à ce qu’elle peut exiger des nouveaux arrivants. Il y a, effectivement, des choses qu’on ne peut pas exiger d’eux, même si cela correspond aux voeux d’une majorité, fût-elle « de souche » et historiquement plus ancienne.

 

Tout cela n’empêche pas les Québécois de toutes origines de se demander, collectivement, quels devraient être les seuils d’immigration et ce qu’on peut attendre des nouveaux arrivants pour qu’ils s’intègrent à leur société d’accueil. Le débat sur les mérites respectifs du multiculturalisme, comme politique fédérale, et de l’interculturalisme d’un Gérard Bouchard, reste pertinent. Le débat sur la laïcité demeure également légitime. Entre le modèle républicain et le modèle libéral de laïcité, les Québécois peuvent hésiter. Mais il m’apparaît évident que le cadre d’analyse nationale à appliquer ne peut être celui qui prédominait dans le nationalisme québécois des années 1960 et 1970 par exemple, où la nation à défendre était clairement celle des « pure laine ». Cette redéfinition me semble essentielle pour éviter que l’on tombe dans une défense passéiste et crispée de la majorité de souche et, sous couvert de critiquer le multiculturalisme, dans une condamnation pure et simple du métissage à l’oeuvre dans la nation québécoise de 2017.

  • Nadia Alexan - Abonnée 29 mai 2017 02 h 01

    Les valeurs universelles des Lumières ne sont pas négociables!

    Tous les Québécois, soient qu'ils proviennent de la vielle ou de la nouvelle souche, sont d'accord que les nouveaux arrivants doivent y adhérer à nos valeurs de la laïcité, de l'égalité homme/femme et de la liberté d'expression.
    Par contre, quelques islamistes salafistes, intégristes ne veulent pas vivre avec nos lois et nos valeurs. Alors, quoi faire? Les droits et les libertés individuelles ne doivent pas nuire au bon sens et au bien vivre ensemble. Les valeurs universelles des Lumières ne sont pas négociables!

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 29 mai 2017 09 h 04

      Ce que je retiens des philosophes dit des Lumières, du moins des Lumières françaises, c'est leur combat contre l'obscurantisme et l'ignorance, d'abord religieux et ensuite civil.

    • Anne Sirois - Abonnée 29 mai 2017 13 h 16

      De la même façon nous devons nous élever contre les militants extrémistes de tout acabit, qu'ils soient néo-nazis, islamistes, fondamentalistes chrétiens ou autres.

    • Claude Bariteau - Abonné 29 mai 2017 13 h 52

      Madame Alexan, quand vous écrivez « nos valeurs de la laïcité, de l'égalité homme/femme et de la liberté d'expression », faites-vous référence aux lois prévalant au Canada, qui est le pays d'acceuil, des lois qui s'appliquent dans les provinces que la Cour suprême a mandat de faire respecter ?

      Il faudrait alors préciser aux valeurs qui s'appliquent au Canada et dans les provinces, car, en ce qui concerne les provinces, les nouveaux arrivants n'ont à se conformer qu'aux valeurs et aux lois canadiennes, tout comme les provenants de vieille ou de nouvelle souche.

      Là se trouve le cadre, qui est canadien, du « vivre ensemble » et ce cadre, s'il s'inspire en grande partie des valeurs des Lumières, est foncièrement inspiré par le régime monarchiste constitutionnel qui accorde, comme en Grande-Bretagne, une égalité des citoyens et des citoyennes tout en avançant que les croyances religieuses fondent cette égalité.

      Il en découle alors une conception particulière de la nation canadienne au sein sein de ce pays, conception qui rend caduque toute autre approche qui rejette cette adéquation. Pour le Canada, ce point n'est pas négociable, car inscrit dans sa constitution. Il ne pourrait être modifié qu'en changeant ce point ou, pour une province, en quittant ce pys et en se dotant d'un « vivre ensemble » différent, dont j'explique le processus plus bas.

  • Yves Côté - Abonné 29 mai 2017 05 h 37

    Etre ou ne pas...

    Etre Québécois n'est ni de présenter un certificat d'origine contrôlée de France, ni d'être de langue française.
    Pas plus que de produire une déclaration de domiciliation au Québec ou d'être de couleur de peau X, de foi Y (ou l'inverse...), de type de pratique ou d'identité sexuelle Z ou de tendance politique quelconque. Encore moins de certifier quelque adhésion à droite, au centre ou à gauche que ce soit...
    Etre Québécois, c'est d'affirmer aussi légitime en droits que normal en statut, que le français soit la langue commune du Québec et de sa société. Donc, sa langue de cohésion par des partages économiques, culturels, éducatifs, sociaux, humains, etc.
    De ne pas le revendiquer, ou plus discrètement de se refuser à prendre cette valeur de légitimité pour soi-même, fait tout simplement de nous quelqu'un qui est autre en identité. Ce qui n'est certainement pas condamnable en moralité, mais qui signifie autre chose en matières d'identité nationale et de patriotisme. Qu'on réside ou pas au Québec ne changeant rien à la chose.
    Pourquoi en est-il devenu ainsi aujourd'hui, à l'opposé de ce qu'il en était à l'époque précédente, celle-là où on pouvait revendiquer d'être Canadien et Québécois ?
    A cause de la pressante et sans cesse plus ouverte détermination politique du Canada et des Canadiens à faire du Québec, jusque-là siège incontestable d'une nation historique française, catholique et déterminante au pays, une simple province parmi les autres.
    Détermination qui proclame comme fondement la Constitution de 1982, bien que le Québec tout entier refuse de la signer jusqu'à aujourd'hui.
    Raison pour laquelle le Canada, depuis la version qu'il a donnée de ce que pouvait être une "Nuit des longs couteaux", applique une stratégie politique coutumière visant à pouvoir proclamer comme effective au Québec la dite-Constitution et qui, depuis 1996, s'investit surtout comme jamais auparavant à disloquer en tout la société québécoise.
    Alors, être ou ne pas être Québécois ?

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 mai 2017 20 h 26

      Confusion des mots

      Être raciste, c’est considérer qu’un groupe racial et supérieur ou inférieur à un autre, point final.
      Être xénophobe, c’est avoir peur des étrangers ou manifester de l’hostilité envers les étrangers.

      Je ne crois pas que les Québécois francophones comme groupe se croient supérieurs ou inférieurs à d’autres groupes raciaux ou ethniques, contrairement aux gens de certains pays impérialistes ou de membres de certaines religions. Ils ne sont donc pas racistes.

      Les Québécois francophones ont cependant le droit de vouloir demeurer ce qu’ils sont sans se faire engloutir petit à petit, et sans accepter de se faire gruger dans une mer anglophone. Nous avons le droit d’être Maîtres chez nous et de le rester en n’acceptant ici que les immigrants qui veulent s’intégrer à la majorité québécoise.

      Un grand principe : « Immigrer dans un pays est un privilège, pas un droit. » Et ce privilège doit se mériter.

      Dans le cas du Québec, ce privilège se mérite par l’engagement de la part de l’immigrant d’apprendre la langue officielle qui est le français s’il ne la connaît pas suffisamment. Et la citoyenneté québécoise ne devrait être accordée qu’aux immmigrants qui connaissent suffisamment la langue française, politique analogue à celle qui est appliquée dans de nombreux pays.

      Ce n’est pas être raciste que de partager de telles vues, mais c’est avoir une attitude différente de la grenouille qui resterait dans le chaudron pendant qu’on continue à chauffer le poêle!

    • Yves Côté - Abonné 30 mai 2017 03 h 37

      Monsieur Saint-Arnaud, merci d'en remettre une couche ici.
      Bien entendu, je suis parfaitement d'accord avec vous.
      Toutefois, notre pays n'en étant pas encore un, et surtout notre pays à naître étant de plus en plus en péril d'être avorté par un pays qui perçoit l'anéantissement du pouvoir politique restant des Québécois comme une victoire préalable obligatoire à son englobement du Québec, du Québec devenu définitivement indistinct, non seulement nous sommes mais aussi nous resterons démunis en matière d'exclusivité de lois sur l'immigration tant que nous n'aurons pas proclamé la République...
      Raison pour laquelle nous devons, cent fois mille fois, répéter à l'encontre de la propagande canadienne que l'identité québécoise n'a rien à voir avec quelque concept de race et encore plus de racisme, que ce soit.
      C'est la raison pour laquelle, selon moi, si tous qui nous arrivent doivent avoir en tête qu'ils sont au Québec sur une terre française de langue historique, tous doivent y être chez eux en participant à l'essort de notre culture.
      Culture qui fait du Québec un espace d'Amérique original et différent des autres, sans pour autant prétendre à la supériorité de cette société que nous y construisons tous, dans un esprit commun de fraternité humaine.
      Mes amitiés républicaines, Monsieur.

  • Jocelyne Lapierre - Abonnée 29 mai 2017 08 h 01

    Société "métissée"

    Oui, le multiculturalisme dans toutes ses formes est un échec partout où il a été mise en place et imposée, au seul profit des multinationales, aux sociétés demeurées relativement homogènes et de souche chrétienne pendant des millénaires.

    Ce n'est pas tant le métissage (à condition qu'il soit limité) qui menace notre patrimoine civilisationnel et anthropologique, mais bien l'arrivée de peuples entiers en notre sein, qui plus est, n'ont aucune obligation d'intégration, laquelle d'ailleurs nos chers dirigeants admettent ne plus pouvoir l'assurer, et nous demandent plutôt "d'accommoder".

    Les attaques terroristes à Manchester, Paris, Bruxelles, Londres, Nice, Berlin n'ont toujours pas réussi à éveiller nos esprits et sortir de notre angélisme suicidaire et à nommer l'ennemi? Eh bien subissons le sort de toutes les grandes civilisations et sombrons dans le chaos et le barbarisme.

    Le métissage du point de vue du pays d'accueil ne consiste pas du tout à se dissoudre et disparaître, mais plutôt à inviter les nouveaux arrivants à s'intégrer pleinement et à choisir notre mode de vie. L'attitude contraire est une invasion, rien de moins, et les jihadistes en profitent pleinement, aidés par les oligarques et idiots utiles.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 29 mai 2017 08 h 47

      À quoi faites-vous allusion lorsque vous évoquez la notion de métissage limité? Personnellement, je ne vois aucune limite au métissage. Et l'intégration à notre mode de vie? De quel mode de vie s'agit-il? Peut-on encore l'améliorer, le diversifier, l'enrichir?

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 mai 2017 09 h 55

      Avec 80 % de sa population francophone et son histoire de 400 ans, le Québec est une nation. Que l’immigration effrénée depuis quelques dizaines d’années ait apporté un certain métissage, oui, mais la majorité québécoise existe toujours.

    • Jocelyne Lapierre - Abonnée 29 mai 2017 11 h 44

      M. Saint-Arnaud, les pondérations démographiques sont en train de changer à la vitesse à la lumière, tandis que les ratios d'immigration augmentent d'année en année, une immigration qui transporte dans son bagage une civilisation, une religion, des moeurs et coutumes aux Antipodes des nôtres.

      Une vue courte et l'angélisme nous feront inexorablement courir à notre perte. Nos enfants, nos filles surtout, en souffriront et nous damneront.

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 29 mai 2017 12 h 18

      Il y a maldonne. Vous exigez que les immigrants s'intègrent. Vous, que faites-vous pour les intégrer ? Est-ce que vous n'avez pas un rôle fondamental à jouer ? Ne leur donnez pas du travail (il y a même des Français qui se cassent la gueule au Québec). Discriminez-les dans le logement. Et vous vous exigez qu'ils vous aiment ! Il y a des quartiers entiers de Montréal qui sont composés uniquement d'immigrants. Et vous parlez de métissage. Les Québécois fuient Montréal car apparemment, c'est une ville d'étudiants et d'immigrés. Ces questions-là, vous auriez dû vous les poser il y a cinquante ans. Maintenant, c'est trop tard.

    • Jocelyne Lapierre - Abonnée 29 mai 2017 12 h 56

      Au sujet de nos filles qui souffriront de notre inaction et de notre manque courage à protéger "nos foyers et nos droits", parlez-en aux Iraniennes qui ont grandi et vécu en Iran avant la "révolution" islamique. Ces mêmes femmes qui ne portaient pas le voile et s'habillaient à l'occidentale au temps du Shah ont vu leurs filles porter le voile dès le jeune âge et grandir sous un régime qui leur confère la moitié des droits des hommes, leur interdit toutes sortes de postes au gouvernement, le droit de participer aux Olympiques ou de quitter le pays sans l'autorisation écrite d'un homme de la famille ou de son conjoint. Aucune de ces iraniennes ne vous aurait crû si vous leur aviez dit qu'un jour leur pays serait sous le joug islamique.

    • Jocelyne Lapierre - Abonnée 29 mai 2017 18 h 10

      M. Noel, je naissais il y a 50 ans. À la petite école, j'ai fait partie de la première cohorte d'écoliers conditionnés à l'idéologie multiculturalistes.

      Ce que j'ai fait pour aider à l'intégration des immigrants? Votre question me déconcerte tant elle transpire le mépris. Ne me jugez pas.

  • Gilbert Turp - Abonné 29 mai 2017 08 h 11

    Essentialisme ethnique en 2017 ???

    Alexis Tétreault déplorait la perte du sens de l'histoire et l'indifférence culturelle de plusieurs jeunes de sa génération. Je partage son inquiétude en matière de TRASMISSION. Il y a bel et bien dispersion de la connaissance aujourd'hui, voire une parcellisation. Vous enseignez, vous devez sûrement vous en rendre compte.
    Hélas, au souci d'histoire et de culture (appelons ça la connaissance, merde !) vous rétorquez par des modèles d'ingénierie sociale sur base de catégoriation ethnique ?
    Ne faites-vous pas ici - inconsciemment j'espère - de l'essentialisme et de l'étiquettage d'êtres humains ?
    Ayoye ! La philosophie a peut-être besoin d'un peu de science.

  • Christian Labrie - Abonné 29 mai 2017 08 h 12

    Un peu de culture historique

    Le métissage a toujours fait parti de l'histoire depuis l'implantation des Français en Nouvelle-France. D'abord avec les autochtones, puis d'autres peuples comme les irlandais, des allemands, des écossais, pour nommer les principaux immgrants avant les guerres mondiales. Les conquérants anglais se sont plutôt mis à part, attendant plutôt que les canadiens-français s'intègrent à eux. Le discours ci-haut sur les "pure laine" démontre son ignorance de l'histoire. Bien sûr que c'est l'ensemble des québécois, toute origine comprise, qui définiera le Québec de demain. Mais à 80% de québécois d'origine canadienne-française, ce qui inclut les métissages ci-haut mentionnés, ça fait beaucoup de poids.
    La vision qui oppose dans ce texte une certaine majorité "pure laine" à une multitude de groupes d'origines différentes, entendu que la première serait à la base xénophobe, n'est pas, dans ça forme, très différente du type de clivage à l'origine du racisme. C'est même étonnant que des penseurs aussi capables d'être sensible aux particularités de différents groupes ethniques soient si fermés sur le groupe ethnique "pure laine".
    Depuis 1995 et le discours de Jacques Parizeau après la défaite du oui, l'idéologie qui veut que les québécois d'origine canadienne-française soient fermés et racistes est devenu le filon pour discréditer et affaiblir, isoler, cette population des autres et affaiblir le mouvement indépendantiste. Jacques Parizeau n'était pas raciste. Il avait dans un premier mariage épousé une immigrante d'origine polonaise. Il faut plutôt voir ses déclarations, certe favorisés possiblement par la prise d'alcool, comme la rėaction, comme celle de bien de québécois "pure laine", à un refus de la grande majorité des immigrants à se joindre à nous. Comme la réaction d'un amoureux qui découvre que la personne aimée en aime un autre.

    • Jocelyne Lapierre - Abonnée 29 mai 2017 12 h 48

      "Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage." C'est ce qui me vient à l'esprit quand je lis votre commentaire sur Parizeau.

      Vous déplorez d'abord qu'après la défaite du "oui" au référendum, les Québécois ont été dénigrés par le Canada anglais... puis, vous terminez votre propre commentaire en concluant que les déclarations de Parizeau étaient anti-immigrationnistes, fermées à l'Autre.

      Les Québécois n'ont jamais été "aimés" du Canada anglais qui a instauré de force la politique multiculturaliste dans l'unique but de diluer ce peuple qui lui tient tête depuis son asservissement au vainqueur et son abandon de son roi.