La liberté d’expression est aussi un objet et un moyen de lutte sociale

«Il y a ces libertés qu’on proclame fondamentales pour ensuite prestement justifier de les limiter sitôt qu’elles indisposent», fait remarquer Normand Landry.
Photo: iStock «Il y a ces libertés qu’on proclame fondamentales pour ensuite prestement justifier de les limiter sitôt qu’elles indisposent», fait remarquer Normand Landry.

Les médias, parmi lesquels Le Devoir, ont récemment traité de liberté d’expression avec un intérêt renouvelé.

Il y a ces libertés qu’on proclame fondamentales pour ensuite prestement justifier de les limiter sitôt qu’elles indisposent, sitôt qu’elles se voient associées à des contraintes et à des obligations, soient-elles morales ou juridiques.

La notion de « liberté d’expression » illustre précisément cet apparent paradoxe. Parfois idolâtrée, cette liberté fait néanmoins l’objet d’assauts incessants et de controverses récurrentes ; constitutionnalisée, elle trouve dans ses applications juridiques des limites qui en restreignent considérablement la portée. Au Québec et au Canada, la notion de « liberté d’expression » renvoie tout à la fois à un droit de la personne, à un droit constitutionnel, et à une norme morale.

Dans le cadre des débats qui nous animent, il arrive fréquemment que l’on confonde ces trois facettes. Pierre Trudel (Le Devoir, 4 avril) soutient que la liberté d’expression est ce que le droit nous dit qu’elle est : lui seul peut légitimement la définir et en poser les limites. Dans une société pluraliste, elle ne saurait se moduler selon les préférences et intérêts de chacun. Ce serait ouvrir grand la porte à la censure, aux sensibilités qui s’accommodent mal des propos que d’autres jugent acceptables ou même opportuns. Soit, mais le droit n’est pas une chose déconnectée du social ; il se module en fonction des consensus, des époques, des contextes. Une culture de liberté d’expression favorise bien plus l’émergence de robustes et sains débats publics que des règles juridiques que l’on oppose dans un système de justice toujours inaccessible pour la vaste majorité de la population. Il est sain et nécessaire que l’on se questionne sur les limites de la liberté d’expression à un niveau moral et social.

La fin des exclusions

Marcos Ancelovici (Le Devoir, 1er avril 2017) rappelle que cette liberté d’expression se module selon les privilèges en société : tous n’ont pas la même capacité à s’en saisir. Des pans entiers de notre société peinent à se faire entendre — ce sont ces gens dont on parle beaucoup, mais qu’on entend peu : minorités culturelles, sexuelles, ethniques, gens en situation de pauvreté. Ainsi « capturée » par les élites, la liberté d’expression pourrait alors renforcer des inégalités. Cela est très vrai. Mais la solution au problème n’est certainement pas de légitimer les gestes et actions qui cherchent à empêcher l’expression de discours que l’on estime être en droit de qualifier unilatéralement de « xénophobes », de « transphobes, », de « colonialistes » ou de « sexistes », comme l’a récemment fait l’Association facultaire étudiante des sciences humaines de l’UQAM. Dans un texte publié dans Ricochet, Alain Savard va plus loin encore, il dit : rien ne sert de dialoguer avec les élites et leurs représentants, nous sommes en lutte. On ne saurait dire mieux pour illustrer les risques d’une société qui se polarise et qui se replie, à gauche comme à droite, en sacrifiant au passage un principe de débat public pourtant fondamental. La lutte contre les inégalités expressives est une avenue beaucoup plus prometteuse et productive que la constitution de ghettos idéologiques et les appels à la censure.

Valérie Lefebvre-Faucher, finalement (Le Devoir, 1er avril 2017), se demande pourquoi on se préoccupe tant de la liberté d’expression des gens — des hommes, pour la plupart — qui ont des tribunes et qui s’imposent dans l’espace public alors que tant d’entre nous continuent à être confinés à la marge, dans des zones d’ombre. La question est peut-être ici : il devient intenable, dans une société pluraliste et profondément inégale, de continuer à tolérer ces inégalités qui proscrivent une réelle diversification du début public. Plutôt que de récuser un principe de liberté d’expression ayant joué un rôle majeur dans la démocratisation des sociétés, il conviendrait de s’en saisir pour exiger la fin de ces exclusions. Si elle est d’abord un principe juridique, la liberté d’expression est aussi un objet et un moyen de lutte sociale.

22 commentaires
  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 12 avril 2017 06 h 51

    La liberté d'expression: expression d'un rapport de force ?

    Vous écrivez très justement "Pierre Trudel (Le Devoir, 4 avril) soutient que la liberté d’expression est ce que le droit nous dit qu’elle est " et plus loin"Soit, mais le droit n’est pas une chose déconnectée du social ; il se module en fonction des consensus, des époques, des contextes". Mais que faire si, à cette liberté d'expression qui s'appuie sur un droit socialement construit, on nous oppose les réactions de "sensibilités " qui échappent à la rationnalité . Il n'y a pas longtemps, dans ce journal, M Lapierre nous mettait en garde ,à propos de l'utilisation du mot "islamophobie" contre le fait que cela pouvait "froisser" des personnes et il nous appelait, à mots à peine couverts, à une sorte d'autocensure. Comment se plier au salutaire " passage un principe de débat public " si une des deux parties fonctionne sur la base de dogmes et de vérités révélées ? Le principe d'équité cher à Rawls et à sa conception de la délibération publique se limite-t-il à, d'un côté "je pense ça et je l'explique" et de l'autre côté" je pense ça et c'est tout" et on passe au vote ? Cela ressemble à s'y méprendre à un rapport de force.
    Faut-il finalement se résoudre à éliminer la raison pour se contenter d'un "raisonnable" uniquement pragmatique et émotionnel? Tout semble indiquer qu'on en prend malheureusement le chemin.

    Pierre Leyraud

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 avril 2017 08 h 41

      « Cela ressemble à s'y méprendre à un rapport de force. »

      Je ne suis pas sûr que la délibération publique puisse se faire autrement que dans un rapport de forceS dès lors qu'elle porte sur des enjeux politiques et non sur la couleur de la margarine.

      Cependant, cela ne veut pas dire que la raison soit dévaluée. À condition de ne plus concevoir la raison comme une juridiction qui pourrait se superposer au réel pour l'ordonner selon des préceptes élaborés dans l'abstraction. Plutôt que de chercher une raison à l'histoire ou de l'arraisonner, il est bien plus intéressant (et modeste) d'essayer de voir comment la rationalité s'incarne dans l'histoire, intrinquée avec les autres déterminants qui commandent son développement.

      Et merci à Normand Landry pour cette très éclairante synthèse.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 12 avril 2017 09 h 08

      @ R Maltais Desjardins
      Vous écrivez "Je ne suis pas sûr que la délibération publique puisse se faire autrement que dans un rapport de forceS" et plus loin"Cependant, cela ne veut pas dire que la raison soit dévaluée. " Même en ne concevant plus la raison comme une juridiction pouvant se superposer au réel ( comment la raison,qui est une faculté, pourrait ordonner à ce qui existe ??) et si les mots on encore un sens, je ne vois pas comment le constat (personnel) que vous faites sur la délibération publique ne correspond pas à une dévaluation de la raison. Peut-être existe-t-il un concept de rapport de forces rationnel comme un concept de guerre pacifique ?
      Par ailleurs êtes-vous sûr que c'est faire preuve de modestie que "d'essayer de voir comment la rationalité s'incarne dans l'histoire" sans " chercher une raison à l'histoire" ? Ce n'est pas un peu comme essayer trouver sans chercher ce qu'on espère trouver ?
      Pierre Leyraud

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 12 avril 2017 09 h 36

      @R Maltais Desjardins
      J'ai oublié de vous demander comment on s'y prend pour décider rationnellement, par délibération publique, de la couleur de la margarine surtout si on sait qu'elle peut facilement être teintée ?

      Pierre Leyraud

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 avril 2017 10 h 40

      Monsieur Leyraud, les mots ont un sens, mais ni vous ni moi ne pouvons en réclamer l'exclusivité quand ils commandent des nuances.

      Ceci dit, j'avais quand même remarqué que la raison était une faculté, comme les philosophes des Lumières, pour qui l'idée d'en superposer L'USAGE au réel pour le comprendre ou agir sur lui n'était pas une hérésie.

      Sur mon constat « personnel » concernant la délibération publique, peut-être est-il en effet excessif de prétendre que ceux qui défendent une position souhaitent qu'elle s'impose au détriment de celles auxquelles ils s'opposent. Tout cela n'étant après tout qu'un simple jeu de société.

      Votre oxymore suggère qu'il y aurait alternative entre rapports de forces et usage de la raison. J'en prends note, comme vous avez compris que pour moi, il n'en est rien. Sauf dans ces courtois échanges qui se déroulent ici, la raison ne se déploie jamais en surplomb de l'histoire, mais dans son mouvement même.

      Quant à la chercher ailleurs que dans ce réel-là, c'est un peu comme ce type qui cherche ses clés sous le lampadaire même si c'est dans le noir qu'il les a perdues.

      Au plaisir.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 12 avril 2017 11 h 10

      @ R Maltais Desjardins
      J'ai justement pensé que votre raison, "dans son mouvement même'" ,avait saisi que c'est vous qui me suggeriez les oxymores que vous mentionnez.
      Par ailleurs quand vous écrivez qu'il est " en effet excessif de prétendre que ceux qui défendent une position souhaitent qu'elle s'impose au détriment de celles auxquelles ils s'opposent", outre le fait qu'on se demande bien pourquoi ils la défendent, je me demande aussi si, par auto-réflexion, vous appliquez cette proposition aux positions que vous défendez ? Cela serait d'un altruisme rare .

      Au plaisir
      Pierre Leyraud

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 avril 2017 12 h 20

      La couleur de la margarine, disais-je... sans croire nécessaire d'ajouter que même pour cela, si la délibération publique est nécessaire, c'est qu'il y a litige entre intérêts concurrents. Il y aura donc des arguments rationnels (ça demande quand même un effort pour être résolument subjectif), mais pas uniquement, ni principalement, peut-être.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 avril 2017 14 h 10

      trop de friture sur la ligne. A une autre fois.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 avril 2017 16 h 18

      Comme je vais reformuler très différemment, M. Leyraud pourra dire si je reflète bien sa pensée.

      Il n'y a qu'une seule vérité, mais nos impressions subjectives sur la réalité ne correspondent pas nécessairement à la vérité. On s'approche de la vérité par l'usage de la raison. Qui fonctionne selon certaines règles. Or, l'expression libre permet tout autant l'expression de la raison que ce qui n'en relève pas, voire en violerait les règles.

      Chaque point de vue devient considéré comme égal à tous les autres, dans un relativisme absolu, si j'ose me permettre cet oxymore.

      Comment alors s'assurer de la prévalence de la raison?

      La réponse ne peut pas être d'avoir un détenteur de la raison qui censure les autres.

      Même si je vous comprends bien, M, Leyraud (ça reste à vérifier), je ne connais pas la réponse. Mais la question est certainement bonne.

      Peut-être ne nous reste-t-il que le seul petit espoir qu'à la longue, avec patience, par élimination, la raison sera reconnue.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 avril 2017 16 h 48

      Tentative de mieux refléter votre pensée M. Leyraud - amendement à mon intervention prédécente.

      "Chaque point de vue devient considéré comme égal à tous les autres, dans un relativisme absolu" ou, en cas d'inégalité, la prévalence de l'un sur l'autre n'a pas nécessairement de rapport avec l'usage de la raison, mais découlerait trop souvent des rapports de force.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 avril 2017 17 h 48

      Monsieur Labelle, avant que Monsieur Leyraud vous réponde lui-même, je suggère qu'il ne croit pas davantage à une vérité accessible à la raison et dont les droits et les libertés seraient la manifestation. Il parle plutôt, dans la suite de l'auteur, d'un droit socialement construit selon les consensus, les contextes, les époques.

      Comme vous avez peut-être eu envie de le lire, mon problème, c'est qu'il s'inquiète aussitôt que « à cette liberté d'expression qui s'appuie sur un droit socialement construit, on nous oppose les réactions de "sensibilités " qui échappent à la rationnalité. » Ma réponse est que dans le mouvement réel de l'histoire, si ces sensibilités (je dirais plutôt ces intérêts) ne sont pas rationnelles, elles concourent avec la rationalité à fonder ce « droit socialement construit ».

      La question n'est donc pas de savoir comment on pourrait bien faire pour assurer la prévalence de la raison, quelque motif très raisonnable que vous ou moi puissions avoir de le désirer, mais pourquoi diable devrions-nous présumer que ce désir est si éminemment partagé que l'humanité serait prête à y subordonner l'intérêt ? Pas dans les discours vertueux, mais dans la vraie vie ? Je ne crois pas cela. Je crois que le culte voué aux Lumières était largement la justification idéologique d'une révolution bourgeoise qui aspirait avant tout à dépouiller l'aristocratie et les clercs de leurs prérogatives. Conférer à la seule Raison la légitimité législative et renvoyer tout le reste aux « sensibilités » et aux « rapports de forces » comme si cet usage de la raison n'avait pas elle-même sa source et ses mobiles dans une sensibilité historiquement déterminée, dans une position au sein d'un rapport de forces, voilà le tour de force quasi religieux par lequel la nouvelle idole a simplement détrôné l'ancienne. Pas étonnant qu'elle trouve de fidèles parmi les catholiques d'antan.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 avril 2017 20 h 34

      Bonjour RMD!

      Mise en abyme: n'utilisez-vous pas la raison en affirmant "que le culte voué aux Lumières était largement la justification idéologique d'une révolution bourgeoise qui aspirait avant tout à dépouiller l'aristocratie et les clercs de leurs prérogatives." Supposons, temporairement, pour les fins de la discussion, que vous ayez raison.

      Vous n'auriez pu déduire ceci que par l'usage de la raison, par l'observation de l'histoire et le décodage de son sens par l'utilisation d'inférences, d'hypothético-déductif ou d'autres éléments de la raison.

      Par ailleurs, ne considérez-vous pas votre affirmation plus près de la vérité que d'autres sur le même sujet?

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 12 avril 2017 22 h 47

      @R Labelle et R Maltais Desjardins
      Je vous ai lu et je vous remercie pour vos commentaires sur mon commentaires mais ,dans vos commentaires, il y a pas mal de passages que je ne comprends tout simplement pas et sur les passages que je comprends ...j'en perds la raison !

      Au plaisir
      Pierre Leyraud

    • Raymond Labelle - Abonné 12 avril 2017 23 h 49

      À M. Leyraud. Merci de vous être donné la peine de nous avoir lus, de nous signaler l'avoir fait et de votre honnête rétroaction ("feedback"). Un vrai gentleman.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 avril 2017 07 h 09

      « Vous n'auriez pu déduire ceci que par l'usage de la raison »

      Bien sûr ! Mais le paradoxe n'est qu'apparent. L'éthologie s'emploie à décrire et expliquer rationnellement des comportements qui ne sont pas rationnels chez les animaux et qui ne le sont pas entièrement chez l'être humain. Histoire de chatouiller un peu monsieur Leyraud, il ne viendrait pas à cette discipline l'idée de corriger dans la nature ce qui relèverait seulement de " sensibilités " échappant à la rationalité, histoire de lui faire bénéficier elle aussi de la vérité des Lumières. Dans le texte que monsieur Leyraud commentait, le but n'était pas de lier le bon usage de la liberté d'expression à une rationalité qui transcenderait l'intérêt, si désirable que cela puisse paraître abstraitement, mais de montrer comment elle est revendiquée et capturée comme moyen et comme objet des luttes sociales. Le jugement moral et social qu'il invite à porter sur les limites de la liberté d'expression ne repose pas une « essence » rationnelle dont les uns ou les autres s'écarteraient pour la pervertir dans un jeu de rapports de forces, comme si elle n'en était pas d'emblée l'un des moyens et des objets.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 avril 2017 07 h 40

      Merci pour cette tout à fait intéressante (en tout cas pour nous :0). discussion cher RMD et M. Leyraud. J'arrête ici même si, bien sûr, nous n'avons pas épuisé ce vaste sujet.

      J'ai des scrupules envers les autres lecteurs d'occuper plus d'espace à cette page et je ne voudrais pas cesser la discussion tout en laissant un commentaire sur le fond qui vous donnerait le goût de répondre. Cela serait discourtois. Je ne voudrais pas non plus partir sans rien dire - vous méritez, pour votre peine, au moins un accusé de réception. Je vous laisse donc le dernier mot sur le fond de la question.

      Soyez assurés que je vous ai bien lu et que j'ai trouvé cette discussion plaisante et enrichissante.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 13 avril 2017 09 h 07

      Je ne crois pas que ceux qui passent par ici soient indisposés par notre échange. Je ne prendrai pas le dernier mot de l'échange et vous repasserai plutôt la parole. Bonne journée.

    • Raymond Labelle - Abonné 13 avril 2017 11 h 39

      Je craque. Ai traité un autre aspect dans une intervention principale. En ai déjà parlé, mais pas une répétition - pensée évolue en spirale. Voir ci-dessous. Devrai travailler ma dépendance aux commentaires du Devoir.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 avril 2017 07 h 06

    … on s’exprime tous gagnants !

    « Des pans entiers de notre société peinent à se faire entendre — ce sont ces gens dont on parle beaucoup, mais qu’on entend peu » ; « Si elle est d’abord un principe juridique, la liberté d’expression est aussi un objet et un moyen de lutte sociale. » (Normand Landry, professeur, titulaire de chaire de recherche, et chercheur)

    De ces citations, douceur double + une :

    A Qu’elle relève d’abord ou selon d’un quelconque principe juridique, ou politique ?, cette liberté d’expression, celle dont on cherche à exercer de compétence et d’influence, appartient moins au monde de luttes que celui des relations-communications qui, d’un possible vivre-ensemble transparent et différent, fonde et transcende la communauté ambiante, construit et déconstruit, et qui limite et délimite l’émergence et socialisation des idées-valeurs de société X ;

    B De ces « pans entiers », figure, entr’autres exemples, celui s’originant du monde de la « déficience intellectuelle », un monde là où, présentement et avec l’inspiration-réalisation du programme international d’éducation à la citoyenneté et démocratique, des personnes concernées cherchent à prendre et à exercer une présence-parole sociales reconnues, et ce, pendant que d’autres aiment exprimer-identifier leurs besoins-intérêts-droits, comme à leur place, et ;

    C Qu’en conséquence, cette liberté d’expression, représentant d’être l’être-humain tout entier, et universelle, demeure possible si, d’aucune réserve ni de distinction de « classe sociale », tout le monde, sauf personne ?, œuvre dans une direction-vision similaires ou consensuelles qu’ensemble et de différence …

    … on s’exprime tous gagnants ! - 12 avril 2017 -

  • Richard Olivier - Inscrit 12 avril 2017 12 h 21

    Liberté.... mon oeil.

    Censuré, opinions qui diaparaissent lorsqu`on répond aux articles dans les journaux.

    Trop politique, trop nationaniste, trop pro français, trop pro NATION....bien vous risquez de vous faire censurer au « Journal de Montréal...

    On est pas des Charlie, à moins d`être soumis aux autres et suivre le train du parles pas trop fort...
    On aime pas que tu nous déranges..

    Vous êtes contre une immigration massive sans pouvoir intégrer les immigrants et des franciser...
    BIEN ne le dites pas,,au Journal de Montréal ,on va vous censurer et vous accuser de raciste..

  • Marc Therrien - Abonné 12 avril 2017 22 h 08

    Provoquer la liberté


    Quand je pense à la liberté, je commence par me demander et calculer si je peux ou dois la prendre ou attendre qu'elle me soit accordée. Je ne peux donc la concevoir sans concevoir la contrainte de laquelle je la prendrai ou qui acceptera de me la donner sans que je n’ais trop à forcer.

    En ce qui concerne la liberté d’expression, ce qui me semble en jeu, c’est l’étendue de la possibilité de pouvoir provoquer et la négociation de la grandeur de l’enclos dans lequel celle-ci pourra exister sans que son proposeur ne soit affublé du problème de santé mentale appelé « trouble oppositionnel avec provocation ».

    Ainsi, en ce qui me concerne, le but de la liberté d’expression de soi est de favoriser la prise de risques permettant de gagner en maturité et en confiance de façon à agrandir l’enclos plutôt que de le restreindre.

    Si la liberté d’expression est un objet de lutte sociale, je vois dans la liberté de provocation « une façon de remettre la réalité sur ses deux pieds » (Bertol Brecht) après qu’elle ait épuisé son idéal de marcher sur la tête.

    Marc Therrien

  • Raymond Labelle - Abonné 13 avril 2017 11 h 44

    La question de l’accès à la parole : autres points à considérer.

    « Marcos Ancelovici rappelle que cette liberté d’expression se module selon les privilèges en société : tous n’ont pas la même capacité à s’en saisir. »

    C'est vrai.

    Rappelons aussi que, parmi les gens qui ont moins de capacité à se saisir de la parole, peuvent se trouver autant des gens plus près de nos préférences idéologiques, ou qui ne les menacent pas, que des gens qui les contredisent.

    Par exemple, des gens de gauche ont accès à la parole. Ignacio Ramonet, Naomi Klein, Noam Chomsky, Alain Deneault, Éric Pineault, Steven Guibault, Laure Waridel, GND, Manon Massé et d’autres donnent des conférences, publient, sont invités à des entrevues, on les voit beaucoup. Généralement, les médias les traitent avec bienveillance et font écho à leurs propos.

    Par contre, Marine Le Pen (MLP), au Québec en tout cas, est vilipendée par les médias, elle est condamnée de façon quasi-unanime par les journalistes et chroniqueurs "mainstream" et nos politiciens. Il est plus difficile pour elle de passer son message à travers ce filtre.

    On pourrait dire que MLP est en situation d’inégalité expressive par rapport aux personnes nommées au premier paragraphe.

    Doit-on comprendre que M. Ancelovici voudrait élargir l'accès à la parole à MLP si elle venait au Québec, ou s'opposerait à des tentatives d'obstruction à cet accès, en raison de l'inégalité expressive défavorisant MLP?

    Peut-être, il faudrait le lui demander.

    Si on proposait de défavoriser MLP, ça ne pourrait être que sur des critères fondés sur le contenu anticipé de sa parole.

    L’auteur de l’article propose que nous reconnaissions que certains groupes peuvent être défavorisés dans l’expression et tentions de favoriser leur expression. Bonne piste.

    Accorder la liberté d’expression seulement aux gens qui sont d’accord avec nous, ne nous contredisent pas ou nous paraissent inoffensifs ne pose pas la question de la liberté d’expression. Staline ou Hitler auraient été tout à fait à l’aise avec ça.