La démocratie au-delà du populisme

Bernie Sanders «canalisait la colère des gens vers une mobilisation sociale à caractère démocratique»,  affirme Gabriel Nadeau-Dubois. 
Photo: Molly Riley Agence France-Presse Bernie Sanders «canalisait la colère des gens vers une mobilisation sociale à caractère démocratique»,  affirme Gabriel Nadeau-Dubois. 

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version écourtée d’un article paru dans la revue Nouveau Projet, printemps-été 2017, no 11.

 

Élection de Donald Trump, Brexit, montée de partis xénophobes un peu partout en Occident, multiplication de fausses nouvelles et d’autres « faits alternatifs » : ces phénomènes récents en amènent plusieurs à remettre en question la capacité même des électeurs à faire les « bons » choix. La démocratie est-elle malade du peuple ?

 

Fondamentalement, l’ascension de Trump n’est pas un phénomène propre aux États-Unis de 2016. Ne nous trompons pas : la forme spectaculaire et grotesque qu’a prise sa campagne — coiffures improbables, bronzage artificiel, démonstrations ostentatoires de richesse, mythe de l’homme d’affaires providentiel — n’est que la sauce américaine avec laquelle on sert ce plat dont la recette est déjà bien connue dans la plupart des démocraties occidentales : un savant mélange de patriotisme nostalgique et de critique de la classe politique traditionnelle s’appuyant sur l’insécurité sociale et économique. C’est la soupe qu’a servie avec succès le camp pro-Brexit au Royaume-Uni, et c’est celle que mijote Marine Le Pen en France, mais aussi Geert Wilders aux Pays-Bas, Viktor Orbán en Hongrie, l’UKIP au Royaume-Uni, le FPÖ autrichien, et bien d’autres encore.

 

Le succès des partis xénophobes

 

Ces forces politiques ont leurs particularités propres, mais elles ont aussi beaucoup en commun. L’efficacité de leurs discours clivants est liée au déclin d’une classe moyenne qui, contrairement aux cadres supérieurs et aux membres des professions libérales, n’a jamais profité (ni économiquement ni culturellement) des bénéfices de la mondialisation. Les partis xénophobes connaissent du succès dans la mesure où ils articulent une réponse identitaire aux effets du néolibéralisme. Et c’est leur procès féroce de la classe politique traditionnelle qui fait mouche auprès du salarié blanc moyen.

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d'un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version écourtée d'un article paru dans la revue Nouveau Projet, printemps-été 2017, no 11.
 

Si cette rhétorique fonctionne, ce n’est pas parce que les gens sont ignorants ou mal informés, mais parce qu’ils connaissent par coeur l’élite qui se partage le pouvoir depuis les années 1980. En jetant sociaux-démocrates et conservateurs dans le même panier, les nouveaux démagogues mettent le doigt sur un phénomène réel : dans la plupart des démocraties occidentales, l’alternance entre partis de gauche et de droite n’a rien changé à la trajectoire globale des sociétés (augmentation des inégalités, précarisation du marché du travail, insécurité, etc.). C’est du néolibéralisme et de ceux qui l’ont mis en place qu’est malade la démocratie, pas de l’ignorance du « peuple ». Une étude récente d’Ipsos Global Advisor montrait qu’une majorité de Français (61 %), d’Italiens (60 %) et d’Espagnols (56 %) sont convaincus que leur vie est moins bonne que celle de la génération précédente. Dans ces mêmes pays, le taux de méfiance envers les gouvernements atteint des sommets (89 % en Espagne, 80 % en Italie et 77 % en France). Le portrait est semblable dans toutes les démocraties européennes : la perception d’un déclin du niveau de vie marche main dans la main avec la défiance envers la classe politique et les institutions démocratiques.

 

Les forces démagogiques qui montent répondent (de manière perverse et mensongère, certes) à une volonté de changement qui n’est ni irrationnelle ni fondée sur l’ignorance. En jouant avec des mécanismes d’exclusion inacceptables, elles accomplissent néanmoins quelque chose dont les partis traditionnels ne sont plus capables : donner de l’espoir.

 

La force du collectif

 

Il ne faut donc pas désespérer du « peuple », ni du fait que les réseaux sociaux donnent la parole à ses éléments les moins instruits, et encore moins de la démocratie elle-même. La crise actuelle s’enracine dans un sentiment plus profond, celui d’être impuissant face à son sort et à celui de ses semblables. La défaite cuisante de Clinton devrait servir de leçon : on ne renversera pas cette tendance en faisant la morale aux gens, mais en insistant sur la puissance de l’action collective, réel oxygène de la vie démocratique.

 

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si, en parallèle de Trump, a émergé la figure de Bernie Sanders. La popularité de l’iconoclaste sénateur du Vermont, qui a tout de même remporté la primaire démocrate dans 23 États et totalisé 13 millions de votes, démontre qu’il est possible de mettre d’autres visages et d’autres noms sur la détresse sociale qui menace actuellement les démocraties occidentales. Au-delà du prisme facile opposant « bon peuple » et « méchantes élites », Sanders insistait sur l’idée selon laquelle c’était ensemble qu’il était possible de transformer la société. Dans l’un de ses discours les plus célèbres, il déclarait ainsi que « quand nous nous unirons pour exiger que ce pays soit au service de tous plutôt que d’une minorité, nous transformerons l’Amérique. Voilà la raison d’être de cette campagne : rassembler les gens ».

 

Certains ont raillé le ton fleur bleue des discours de Sanders, mais en insistant sur l’action collective plutôt que sur ses capacités personnelles à régler la situation, il canalisait la colère des gens vers une mobilisation sociale à caractère démocratique. Il y a là une piste à suivre pour sortir de la crise actuelle. Une solution qui, fondamentalement, s’appuie moins sur l’opposition entre « peuple » et « élite » que sur la dichotomie entre l’impuissance individuelle et l’action collective. Ce n’est pas un surplus de démocratie qui nous a menés dans la situation actuelle, mais un manque de démocratie. Les démagogues s’appuient sur le mythe de la toute-puissance de l’individu exceptionnel. Le remède démocratique à leurs funestes propositions repose sur la démonstration de la force du collectif.

 

 

 

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  • Nadia Alexan - Abonnée 11 avril 2017 01 h 16

    Il faudrait d'abord articuler la source notre malaise collective!

    Vous avez raison de dire que la force collective peut changer les choses, mais il faut d'abord articuler ce qui va mal pour les gens ordinaires. Les maitres du monde ont propagé l'idéologie néolibérale qui a infiltré chaque aspect de notre vie, même aux seines de nos universités qui se nomment, maintenant, après les sociétés privées, comme les salles de cours du H.E.C. ou du Pavillon John Molson, de l'Université Concordia, et j'en passe.
    Pendant les trente dernières années, depuis que nos élites ont embrassé l'idéologie mercantile des «Chicago Boys» et qu'ils ont trahi le bon peuple avec les fausses promesses de prospérité: les privatisations, les accords de libre-échange, les subventions insensées, l'austérité et le laissez-faire des grandes entreprises, qui cachent leurs profits du fisc dans les paradis fiscaux avec impunité, on a perdu notre démocratie. Il faudrait d'abord articuler la source du malaise généralisée de notre époque avant de trouver des solutions! Il n'y a pas un seul parti politique qui ose même se soustraire du Capitalisme sauvage.

    • Benoit Toupin - Abonné 11 avril 2017 09 h 54

      "Il n'y a pas un seul parti politique qui ose même se soustraire du capitalisme sauvage."

      La chose est vrai; la raison étant que sans contre-poids et stratégie qui dépasse les limites de notre petit coin de pays, il y aura trop à perdre à court terme pour la classe moyenne et les plus démunis; soyons réaliste... Les nations se faisant une concurrence fiscale pour attirer les fruits rarrissimes d'un monde mercantile, faire monde à part n'est pas sans conséquence à court terme. D'où le choix des élus qui s'accommodent de la situation, en tentant, selon leur vision des choses de mieux protéger ses citoyens les plus vulnérables.

      Croire qu'il suffit de la force collective pour changer les choses ne me satisfait pas; il faudra de la patience, du temps et beaucoup de créativité pour que cette force collective essaime et propage sa pensée, développe une stratégie sociale mondiale et un rapport de force qui permette de ramener notre monde à un plus juste équilibre. J'insiste sur un courant et une solidarité mondiale...

      Entre temps le choix de nos élus n'est pas si déplorable s'ils sont engagés à la protection des plus fragiles, qu'ils sont résolus à mettre le poids de leur fonction à avancer sans condition vers un plus juste équilibre et un plus grand respect des valeurs humanistes.

      Si la force collective peut changer les choses, il lui faut reconnaître que le transition vers un plus juste doit se faire avec le souci de protection de tous, chemin faisant, et surtout bien identifier ce qu'elle ne veut plus et ce qu'elle propose comme but à atteindre. Le caplitalisme sauvage, non merci... Mais quoi d'autre? Un capitalisme raisonnable et balisé ou un ordre nouveau à définir...

      Plus le choix entraine un changement majeur de l'ordre des choses, plus il faudra patience, effort et sagesse. Le populisme est un raccourci fondé sur l'impatience, tout le contraire de ce qu'il faut. Mais le discours contestataire ne suffit pas non plus...

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 11 avril 2017 12 h 44

      @ N Alexan
      Ah le "bon peuple"toujours trahi, toujours bon et informé malgré tout le matraquage politico-idéologico-médiatique qu'il subit! Il y a quelque chose de proche du religieux dans cette idée du "bon peuple" et ce n'est pas pour rien que cette notion vient directement des rois de France . À cette époque le "bon peuple" méritait bien des rois de droit divin. bien entendu.
      Pierre Leyraud

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 11 avril 2017 07 h 14

    Les miracles de "la force du collectif "!

    Depuis quand le populisme n'a-t-il pas une base collective justement? Depuis quand le populisme ne parle-t-il pas justement au nom d'un "peuple" déjà là ? Peut-on ignorer à ce point les mobilisations collectives des populistes emblématiques comme Perron en Argentine ou Mussolini en Italie ?
    Quand on lit" Le remède démocratique à leurs funestes propositions repose sur la démonstration de la force du collectif." comment peut-on parler de "remède démocratique" sans parler en même temps d'objectifs politique et de programme politique ? Si, à juste titre le texte signale qu'il faut quitter le terrain de la morale pour revenir sur celui du politique et de la politique, il ne faut pas croire aux miracles de "la démonstration de force du collectif".
    La démocratie c'est quand la population, en faisant siennes des idées politiques d'émancipation, devient un peuple. Non la démocratie ne se réduit pas à un ensemble de mécanismes ( mobilisation collective, scrutin proportionnel, contrôle des élus...), ce n'est pas non plus un pragmatisme utilitaire tenant lieu de ligne d'action. Il faut oser afficher des perspectives politiques et, si des idées non mobilisatrices sont inefficaces, des mobilisations collectives sans objectifs clairs sont de la poudre aux yeux.Quand va-t-on enfin parler de politique et ne plus tout miser sur "l'auto-organisation" et '"l'auto-organisation" du "peuple" ?

    Pierre Leyraud

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 11 avril 2017 09 h 46

      Le populisme est un qualificatif de l'action et du discours de politiciens. Non une caractéristique du peuple. Ces politiciens qu'on dit populistes ont pour dénominateur commun de prétendre parler au nom du peuple, savoir ce que celui-ci veut.

      Il suffit de regarder la belle brochette de politiciens qui s'est servi de cette tactique (aussi bien PLQ que conservateurs qu'ADQ, que Trump, etc.) pour réaliser 1. qu'elle est directement liée au culte de la personnalité, puisque l'action du peuple se limite à choisir l'individu qui prétend incarner ses aspirations. 2. Qu'elle n'a rien à voir avec une préoccupation réelle pour le bien commun ou pour la démocratie, qu'elle relève plutôt de la stratégie électoraliste.

      Chaque fois qu'un politicien prétend qu'il y aurait une «majorité silencieuse» qui aurait une position politique unifiée au nom de laquelle il parlerait, et au nom de laquelle il se permet d'écraser les mobilisations collectives, il y a populisme.

      Le populisme est fondamentalement opposé au collectif.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 11 avril 2017 11 h 02

      @ J C Leblond
      Outre le fait que je me demande à quoi peut bien ressembler "une caractéristique du peuple", je ne vois pas en quoi ce que j'ai écrit laisse penser que pour moi le populisme soit une caractéristque du peuple ?
      Quand à votre conclusion"Le populisme est fondamentalement opposé au collectif.", non seulement je ne vois pas en quoi ce que vous avez écrit le démontre , mais au contraire tous les mouvements populaires demandent aux individus de se fondre dans le "mouvement populaire" qui est collectif, mais peut-être pas dans le sens que vous le souhaitez.

      Pierre Leyraud

    • Cyril Dionne - Abonné 11 avril 2017 17 h 46

      D’accord avec vous M. Leyraud. Et si vous me le permettez.

      C’est quoi cela l’action collective ? Les gens menés par les élites gauchistes (ils se font appeler des co-portes parole) vers une synthèse socialiste qui n’est plus de notre temps. Ils sont nés seulement deux siècles en retard. En bref, c’est la mondialisation et son cousin bâtard, le libre-échange, qui sont responsables de cette débâcle démocratique et socioéconomique.

      L’altermondialisation, tout comme le néolibéralisme, ont pour thème la mondialisation. C’est la litanie de la libre circulation des biens, des services et des gens. En bref, les dogmes de Québec solidaire et des multiculturalistes « of Canada ». Aussi, toute les cultures sont égales et donc alors, nul besoin de s’intégrer. Le Capharnaüm multiculturaliste à son meilleur (voir la Tour de Babel).

      Cet élitisme de gauche me pue au nez moi qui suis de centre-gauche. C’est comme pour les burkas, personne ne veut d’une coiffée de cet attifage de soumission que ce soit au public et certainement pas au privé. Donald Trump n’est pas le problème, mais la réaction légitime des gens qui sont dépossédés de leur culture et de leur richesse socioéconomique. Idem pour le populisme ; c’est l’apanage des gens ordinaires qui en ont ras-le-bol avec ceux qui composent la Sainte rectitude politique.

      Nos idiots utiles de l’extrême gauche font le jeu des néolibéralistes de ce monde. Bernie Sanders n’avait aucune chance de remporter la victoire finale, lui qui était issue d’un état qui ne compte même pas un 1% de la population américaine. Évidemment, si on n’est pas d’accord avec les dogmes d’une gauche qui carbure aux notions communistes, nous sommes xénophobes pour ne pas dire racistes.

      «Sur une longue période, vous pouvez vous attendre à ce que le capitalisme soit anti-raciste, précisément parce qu’il est anti-humain.» (Naom Chomsky).

      Vous vous reconnaissez, chers membres de la gauche caviar ?

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 11 avril 2017 18 h 13

      En effet, M. Leyraud. Je vous avais lu trop vite, désolé.

  • Hermel Cyr - Abonné 11 avril 2017 07 h 54

    Excellent…

    … texte qui a l’avantage de souligner le fait que le discours populiste prend racine dans les problèmes générés par le système néolibéral.

    Nadeau-Dubois montre ici qu’il est possible de poser un regard lucide et progressiste sans le discours – trop souvent employé par une certaine gauche – moralisateur et accusateur des « masses ignares » qui n’ont pas le bonheur d’avoir un parcours académique.

    Surtout, GND met le doigt sur le principal problème, soit celui d’un déficit démocratique qui soustrait la discussion des enjeux du développement du domaine public; tout en évitant la polarisation « élites » et « peuple ». Excellent!

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 11 avril 2017 09 h 41

      Vous qualifiez le texte d'être "un regard lucide et progressiste " .Passons sur la lucidité qui ressemble plus à un constat, mais en quoi ce regard est-il progressiste ? Parce qu'il ne prend pas " le discours – trop souvent employé par une certaine gauche – moralisateur et accusateur des « masses ignares » qui n’ont pas le bonheur d’avoir un parcours académique. "? Mais jutement n'est ce pas la marque de commerce du populisme de rejeter lui aussi le discours " moralisateur et accusateur des « masses ignares » qui n’ont pas le bonheur d’avoir un parcours académique."! Un discours critique du populisme devrait minimalement se garder de tomber lui aussi dans le populisme des masses qui "savent " qoi faire mais qui ne savent pas comment le faire !
      Pierre Leyraud

  • Jean-François Trottier - Abonné 11 avril 2017 07 h 54

    Critique et contre-critique

    "En jetant sociaux-démocrates et conservateurs dans le même panier, les nouveaux démagogues mettent le doigt sur un phénomène réel".
    Je vous recommande donc de taper publiquement sur les doigts de très nombreux membres et sympathisants QS qui amalgament PQ et PLQ dans une seule dénomination de néolibéraux. Ce serait un bon départ et une démonstration de sérieux.

    C'est tout aussi vrai pour de trop nombreuses accusations de racisme.

    Faire appel à l'intelligence des gens passe par un vocabulaire qui reflète la réalité.

    D'autre part, les accusations de traîtrise de votre part, qui n'ont jamais exclus qui que ce soit, font partie de ces enflures inacceptables. Vos "plrécisions" par la suite ne valaient pas mieux, au contraire.

    Je comprends que cette déclaration est devenue pour vous un genre de "marque de commerce" et qu'elle est donc difficile à renier. Il vous faudra dépasser le marketing primaire si vous voulez réellemment inclure tous les Québécois, sinon vous resterez le représentant d'un club fermé.

    Les approches dogmatiques ne sont jamais acceptables. Les jugements tranchants sur quiconque et sa mère ne valent pas mieux.

    En général on finit par être jugé comme on a jugé. ce que vous servez au passé est garant du traitement que vous subirez dans un avenir bien plus rapproché que vous ne le pensez. La prochaine cohorte qui sortira des universités risque déjà de vous ramener à la réalité de la politique.

    Enfin, l'approche générale de QS sur les minorités culturelle ressemble beaucoup au multiculturalisme, qu ne fonctionne que dans une société d'où se dégage une forte majorité culturelle. Tout confondre sous un seul chapeau de libertés individuelles est une aberration au Québec. Ça fait partie des sophismes de généralisation indue.

    La nécessité de créer un lieu de discussion basé sur les communautés culturelles, comprenant des représentant de chaque peuple autochtone, est essentiel.
    Référez-vous à l'écologie sociale telle que définie par Pie

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 11 avril 2017 09 h 52

      Vous dites: «Je vous recommande donc de taper publiquement sur les doigts de très nombreux membres et sympathisants QS qui amalgament PQ et PLQ dans une seule dénomination de néolibéraux.»

      C'est pourtant ce que l'on observe depuis 40 ans en Occident: les partis se prétendant aussi bien conservateurs que socialistes poursuivent en fait le même programme de droite, à quelques différences cosmétiques près: Pinochet, Thatcher et Reagan furent les pionniers historiques de la mise en oeuvre du néolibéralisme. Mulroney et Helmut Kohl aussi. Mais quand ces partis conservateurs ont été remplacés par des partis se prétendant de gauche, la mise en oeuvre du même programme de privatisation et d'austérité s'est poursuivi. À tel point qu'au Québec, par exemple, des conservateurs se sont retrouvés, au même moment, à la tête aussi bien du PQ (Bouchard) que du PLQ (Charest). C'est d'ailleurs la façon dont j'ai compris le propos de M. Nadeau-Dubois: les partis qui se sont partagés le pouvoir un peu partout, y compris au Québec, représentent une fauce alternative.

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 avril 2017 10 h 05

      Ce qui est remarquable dans son texte, c'est que tous ces exemples portent sur des pays étrangers. Pourtant, au Québec, à la fin des années 1990, il y a eu création des CPE, de l'assurance parentale, de l'assurance médicaments, le développement de l'économie sociale supporté par l'État. Dire que le Québec fut emporté par un unanimisme néolibéral des partis politique relève de "faits alternatifs".
      J'aime bien GND, mais cette fois-ci je crois qu'il nous sert un discours qu'il aurait intérêt à retravailler. Oui, la politique québécoise fut influencée par les positions néolibérales ambiantes, mais le Québec est aussi un des endroits qui a le mieux résisté à ces sirènes.
      Pour une certaines gauche doctrinaire, l'évocation du terme néolibéral est l'équivalent populiste du terme multiculturalisme de la droite québécoise doctrinaire.

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 avril 2017 11 h 48

      M. Leblond, je m'attendais a lire des réactions telles que la vôtre, évidemment : vous êtes les "bons" et donc tous les autres sont des méchants. Bravo!

      Passer le message que le PQ est néolibéral émane d'une analyse primaire si fausse qu'elle ne mériterait aucune réponse sans l'importance de la bonasse unanimité régnant sur certains réseaux sociaux. Depuis Trump on en a compris ce poids et donc on doit réagir.

      En réponse a cette ânerie je pourrais dire qu'elle correspond à confondre QS et le Léninisme! J'ai le sens commun de ne pas le faire, ayez la décence d'avoir un minimum de sens critique envers vous-même.
      Les deux périodes qui mènent a une dérive vers la droite du PQ, mais PAS au néolibéralisme :
      L'arrivée de Bouchard a sa tête suite a des paroles carrément démissionnaires d'un Parizeau dégoûté de la politique et du vol du référendum par les Libéraux d'Ottawa (que je me retiens de qualifier). Quand Bouchard a démissionné, c'était pour éviter le révolte de son propre cabinet, qui refusait de plus en plus de l'appuyer.
      Second : un gouvernement de 18 mois, MINORITAIRE, dans une Chambre occupée MAJORITAIREMENT par les néolibéraux du PLQ et de la CAQ, dirigé par une personne qui avait atteint son niveau d'incompétence et tournait comme une girouette selon les sondages, dans un appareil gouvernemental miné par les Libéraux qui savaient depuis longtemps qu'ils perdaient le pouvoir : des trous budgétaires partout, sans parler de troubles sociaux préparés ad hoc sous Charest.

      Il a été tres étonnant que le PQ ne se soit pas sabordé suite au référendum. SOnt restés des gens pour combattre les délires libéraux, dans un parti amputé de toute volonté, assomé. Je ne veux pas défendre le PQ, au contraire. Il reste qu'il est ignoble de le taxer de néolibéral.

      Ignoble et rien de moins.

      Pire : tellement imprécis qu'il donne une idée d'un côté assez noir de certains partisans QS.

      Ah! vous êtes les "bons" ! Les GIJoe aussi sont les "bons" dans les films.

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 11 avril 2017 18 h 12

      M. Trottier, j'ai illustré le propos de GND avec lequel vous avez ouvert votre commentaire d'exemples historiques. Bien que le néolibéralisme ait été mis en oeuvre d'abord par des partis conservateurs de façon autoritaire, leur oeuvre a été poursuivie par des partis du pouvoir se présentant comme étant à gauche, de telle sorte qu'un peu partout, l'alternance au pouvoir n'a pas empêché que le néolibéralisme devienne la norme. Je ne pense pas que le Québec soit à ce point une société distincte qu'il n'ait pas été touché par ce phénomène planétaire.

      De là à conclure que je parle de bien et de mal, ou que j'affirme qu'il n'y ait aucune différence entre le PLQ et le PQ, je crois que vous réagissez un peu vite, et je m'explique mal votre ton carrément colérique. Il est clair que le PQ est beaucoup moins affecté par la corruption que le PLQ, et qu'il ait fait preuve dans son histoire d'une sensibilité sociale plus développée que le PLQ. Ceci dit, plusieurs de ses prises de position indiquent qu'il est raisonnable d'affirmer qu'il n'aurait pas été magiquement épargné par un courant planétaire qui a affecté pratiquement tous les partis de l'alternance du pouvoir. Je ne vais pas dresser la liste de celles-ci, d'autres l'ont fait et vous la connaissez.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 avril 2017 00 h 31

      M. Leblond,
      exactement. C'est pourquoi ne pas faire la différence entre les partis d'idéologie néolibérale et ceux qui ont dû s'adapter à cette vague inouïe est, mise à part l'insulte contenue dans ce mot, d'une imprécision très dangereuse que vous devriez voir.

      Quand on parle en plus de partis provinciaux, i.e. qui ont très peu de pouvoir et aucun contrôle sur les déplacement de capital, l'imprécision devient de l'aveuglement.

      Les amalgames poussent les forces dites sociales à se lancer dans des querelles toutes en arguties au point de passer plus de temps à lutter les unes contre les autres que de réussir un projet de société plus englobant.

      Projet qui n'arrivera jamais quand les uns se disent les uniques dépositaires de la vérité.

      Vous dites " les partis qui se sont partagés le pouvoir un peu partout, y compris au Québec, représentent une fauce alternative.".

      Ou bien vous considérez QS comme une "vraie alternative", ou bien vous écrivez carrément pour rien.

      Je ne crois pas que vous écriviez pour rien.
      Je ne vous crois pas quand vous dites ne pas penser en termes de "bons" et "mauvais". Vous dites "faux" et "vrai".

      Demain encore on lira que le PQ est néolibéral.
      Après-demain QS sera ringard.

      AInsi vont les dénonciations d'une génération au complet, au tout-à-l'égout avec le manque de discernement... par un populisme bien-pensant.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 avril 2017 09 h 26

      M. Leblond, je vous relis...
      Réalisez-vous comment votre analyse des différents partis sociaux-démocrates ayant pris le pouvoir dans le monde condamne directement QS à devenir néolibéral dès qu'il sera au pouvoir? Si TOUS les partis le font...

      Je ne sais pas comment, mais vous devrez réviser vos positions éventuellement. Je ne me mêlerai pas de vos pensées personnelles, je n'en vois que les résultats.

      Toutefois je reviens à la charge : à la base du néolibéralisme existe la nécessité de la réduction de l'État.
      Si vous réussissez à incorporer dans le même bol le PQ et la réduction de l'État... je croirai que vous êtes capable de toutes les acrobaties du monde, Il me restera à vous féliciter pour votre virtuosité avec tout de même un sourire en coin.

  • Jean-Henry Noël - Inscrit 11 avril 2017 08 h 47

    La démocratie

    Et si la démocratie n'était pas d'abord et avant tout du populisme (sans péjoratif) ? N'est-elle pas basée sur le suffrage universel ? Qu'est-ce qui ne va pas avec les décisions du peuple ? En dénonçant le «populisme», on nie les principes mêmes sur quoi la démocratie se fonde. Accuser les partis politiques allègrement de populisme, c'est contester le principe démocratique même. A qui revient la faute si la majorité des lecteurs sont des analphabètes ? La démocratie, en copinant avec le capitalisme, ne fait que s'avilir.

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 11 avril 2017 09 h 56

      Il faudrait encore que «populisme» signifie «décision du peuple». Autrement dit, donner à populisme et démocratie la même définition, pour pouvoir ensuite dire: populisme et démocratie sont la même chose.

      Mais la définition de populisme est-elle vraiment «décision du peuple»? On se sert du terme populisme non pas pour décrire le peuple (à moins que vous trouviez un contre-exemple?), mais pour décrire les actions et le discours de politiciens. Une définition plus exacte de populisme serait: prétendre parler au nom du peuple. Comme quand Charest en appelait à la «majorité silencieuse» pour ignorer le mouvement étudiant, ou quand Couillard prétendait s'aoccuper «des vraies affaires» (autrement dit: celles qui «préoccupent vraiment le peuple»).

      Le populisme est une posture qui sert à évacuer tout débat significatif.