Intégration n’est pas assimilation

«En tant que parents, nous estimons qu’il est essentiel que nos enfants fréquentent des écoles où leur est transmise une éducation religieuse, culturelle qui reflète nos valeurs», affirme l'auteur, membre de la communauté juive hassidique.
Photo: François Pesant Le Devoir «En tant que parents, nous estimons qu’il est essentiel que nos enfants fréquentent des écoles où leur est transmise une éducation religieuse, culturelle qui reflète nos valeurs», affirme l'auteur, membre de la communauté juive hassidique.

Le déclencheur

 

« Ceux qui sortent des écoles hassidiques sont malheureusement démunis et incapables de vivre dans le monde moderne. Tellement qu’en Israël, une association d’anciens hassidim poursuit le gouvernement en l’accusant d’avoir failli à ses obligations. »
— Frédéric Bastien, «Le Québec n’est pas l’Allemagne nazie », Le Devoir, 25 août.

« Quand, du matin au soir, six jours sur sept, des enfants hassidiques sont forcés d’étudier presque exclusivement les textes fondateurs du judaïsme, nous sommes aux prises avec une gigantesque entorse à l’esprit de la loi. »
— Pierre Lacerte, «Deux poids, Dieu mesure ! », Le Devoir, 24 août.



Si l’on se fie à ce qui a été publié dans les pages du Devoir ces dernières semaines sur le programme d’enseignement à la maison adopté par les communautés juives hassidiques d’Outremont pour instruire leurs enfants, on pourrait croire que la nouvelle est mal reçue. Et pourtant.

 

Soyons réalistes, avec tous les préjugés qui circulent, il est évident que ce simple texte ne réussira pas à calmer le jeu. Malgré tout, il nous est apparu essentiel de tenter de remettre un peu les pendules à l’heure pour qu’entre citoyens de bonne volonté, un dialogue puisse s’établir.

 

En tant que parents, nous estimons qu’il est essentiel que nos enfants fréquentent des écoles où leur est transmise une éducation religieuse, culturelle qui reflète nos valeurs.

 

Sur ce continent, la communauté juive hassidique est très peu nombreuse. La préservation de notre langue, le yiddish, de notre culture et de notre religion commande une attention toute particulière dans ce monde où la sécularisation de nos sociétés nous amène à revoir constamment nos approches pédagogiques pour que nos enfants en sortent gagnants. Car c’est là notre objectif premier.

 

En fait, nous accompagnons en ce sens les Québécois qui veulent préserver leur langue et leur culture dans un environnement nord-américain anglophone. Nous sommes, comme vous, un peuple fier qui a survécu pendant des millénaires grâce à la transmission de nos valeurs de génération en génération. Le programme scolaire que nous suivons dans nos institutions religieuses permet à nos enfants de développer leur raisonnement et leur réflexion.

 

Mêmes examens

 

En septembre 2001, le Québec demande au juge de la Cour supérieure Gérard Dugré de lui accorder une injonction interlocutoire afin de fermer notre école pour garçons. Devant le tribunal, plusieurs spécialistes ont plaidé que l’enseignement prodigué à nos enfants dans nos écoles religieuses donnait des résultats équivalents à ceux sanctionnés par le ministère de l’Éducation du Québec.

 

En refusant d’accorder au gouvernement l’injonction interlocutoire demandée avant que le mérite de la cause ne soit plaidé sur le fond, la Cour note : « La preuve est nettement insuffisante afin de permettre au Tribunal de juger ce qui est dans le meilleur intérêt des enfants en cause : le régime pédagogique obligatoire instauré par la législation québécoise ou les services éducatifs dispensés par l’Académie… »

 

Nous avons toujours inclus les matières séculières dans l’enseignement que nous donnons à nos enfants pour qu’ils puissent s’intégrer dans ce Québec qui est devenu notre terre d’accueil. Mais, vous l’aurez compris, cette intégration ne veut pas dire une assimilation. Pour assurer encore plus cette intégration, nous avons, l’automne dernier, inscrit nos enfants auprès d’une commission scolaire québécoise. C’est une première. C’est donc à travers le programme d’enseignement à la maison que nous voulons nous assurer que nos enfants obtiennent leur diplôme, comme tous les jeunes Québécois. Ils y ont droit. Ils passeront les mêmes examens et seront soumis aux mêmes règles que vos propres enfants.

 

Bien sûr, le défi est de taille. Mais avec l’aide de nos institutions privées, de la commission scolaire et des ressources mises à leur disposition par le ministère de l’Éducation, nous espérons aider les parents qui rencontreront certaines difficultés à transmettre les matières obligatoires du cursus québécois à leurs enfants.

 

Modernité et valeurs millénaires

 

Solution profitable pour tous, pourrait-on dire. Notre communauté éduque ses enfants en leur transmettant ses valeurs millénaires, tout en respectant les lois du pays où nous vivons en enseignant les matières séculières que tous les Québécois doivent apprendre.

 

Retenons aussi que contrairement à ce qui est dit sur la place publique, nos institutions privées d’enseignement religieux ne sont pas subventionnées par le gouvernement. Si nous regardions ensemble quelques instants dans le rétroviseur, nous pourrions voir plusieurs points d’arrimage entre nos sociétés. Le décrochage scolaire est presque absent de nos institutions d’enseignement, comme la criminalité d’ailleurs. Nous payons nos impôts, nos taxes, nous créons des entreprises et donc des emplois, et la prévalence de l’assistance sociale dans nos familles n’est pas au-dessus de la moyenne québécoise. Nos enfants deviennent des citoyens responsables et l’on ne peut conclure que l’enseignement qui leur est donné les empêche de fonctionner dans un monde moderne.

 

Pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, l’on ne saurait juger de la qualité de l’enseignement que nos enfants reçoivent à la suite de poursuites intentées par d’ex-membres de notre communauté qui prétendent qu’ils ont été handicapés par cette même éducation.

 

Le droit des parents

 

Il est du devoir et du droit des parents de décider quel genre d’éducation leurs enfants recevront. Certains choisiront l’école publique, d’autres l’école privée, certains l’école alternative, d’autres l’école internationale.

 

Rappelons simplement que l’article 26.3 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme stipule que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». Et que le Canada adhère à la Convention des droits de l’enfant qui, à l’article 30, dit : « Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques ou des personnes d’origine autochtone, un enfant autochtone ou appartenant à une de ces minorités ne peut être privé du droit d’avoir sa propre vie culturelle, de professer et de pratiquer sa propre religion ou d’employer sa propre langue en commun avec les autres membres de son groupe. »

 

Notre histoire est un peu celle de cette humanité qui luttera jusqu’à la fin des temps pour préserver ce qui lui apparaît essentiel. Pour nous, c’est la parole de Dieu. Nous n’avons jamais tenté de vous imposer nos valeurs. De la même façon, nous ne saurions tolérer que vous nous empêchiez de les exercer. La liberté n’est-elle pas indivisible ?

29 commentaires
  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 septembre 2016 06 h 46

    La liberté est indivisible, mais...

    ... les revendications identitaires peuvent être divisives.

    « En fait, nous accompagnons en ce sens les Québécois qui veulent préserver leur langue et leur culture dans un environnement nord-américain anglophone. Nous sommes, comme vous, un peuple fier qui a survécu pendant des millénaires grâce à la transmission de nos valeurs de génération en génération. »

    Il est bien dommage qu'on tienne ce genre de propos, qui ne font qu'alimenter la grogne contre le communautarisme... venue de gens animés par le même réflexe de repli identitaire. Si toutes les personnes doivent pouvoir jouir des mêmes droits, ils ne peuvent les revendiquer à titre de membre d'un « peuple » que dans la mesure où cette appartenance a été un facteur de sujétion et de discrimination. Les droits ne sont autochtones, religieux, féminins, nationaux, etc. que dans la mesure où ces déterminations ont empêché d'accéder pleinement aux droits humains. Les pérenniser, c'est aussi essentialiser les différences. Ce qui n'est pas la même chose que d'encourager la diversité et le pluralisme.

    Ce qui agace tant dans cette volonté de faire « peuple » ou communauté, quand ce sont les autres qui les revendiquent comme si leur pleine appartenance à la société devait dépendre d'une telle reconnaissance, « nous » pourrions tout aussi bien l'appliquer à bien des de souche qui ne s'avancent dans la modernité qu'en enfonçant plus creux leurs racines pour que rien ne bouge.

    Ceci dit, pour le reste, seule la mauvaise permettrait encore de continuer de dire que les «écoles» religieuses juives sont subventionnées et que les enfants qui fréquentent ces établissements le font au détriment de leur développement personnel et social. La DPJ et la CS English Montreal ont répondu aux attentes... de ceux que les faits intéressent.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 septembre 2016 08 h 47

      Un repli identitaire certes. Un communautarisme peu ouvert aux autres Québécois, effectivement.

      Il semble également y exister une certaine ségrégation des sexes. Et Abraham Ekstein se trompe en disant qu'ils n'ont jamais voulu imposer leurs valeurs: la demande de fenêtres opaques d'un YWCA est un exemple, l'accommodement par la Société de l’assurance automobile du Québec afin que les hommes ne soient pas évalués par des femmes lors des examens de conduite en est un autre. Et que dire de Mindy Pollack, conseillère pour Projet Montréal qui refuse de serrer la main des hommes qui ne sont pas de sa famille?

      M. Ekstein affirme également que l'éducation fournie à leurs étudiants leur permet de développer raisonnement et réflexion. Leur permet-elle aussi de développer le sens critique?

      Et lorsque M. Ekstein, affirme que la communauté ne tolérera pas qu'on les empêche d'exercer leurs valeurs: c'est une menace à peine voilée!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 septembre 2016 09 h 54

      Les questions que vous soulevez ont déjà été retournées en tous sens. Sans vouloir ouvrir le débat, je suggère qu'il y a une différence entre exiger le respect et les imposer à autrui. Cette différence tient beaucoup aux conséquences. Par exemple, je suis tout à fait disposé à accepter que quelqu'un défende des valeurs sexistes mais a la condition que ce sexisme n'ait pas de conséquence sur l'accès à l'égalité, qui fait l'objet d'un consensus inscrit dans les lois. De même, je n'ai aucun inconvénient à ce que les hassidims instruisent leurs enfants à la maison et leur dispense un enseignement religieux dans des institutions privées non subventionnées, à condition que les enfants soient capables de satisfaire aux exigences du PFÉQ et que leur développement personnel et social ne soit pas compromis (cela ne se mesurant pas forcément par la facilité qu'ils auront éventuellement a s'invisibiliser).

      Je précise, parce que c'est important pour moi, que cette reconnaissance n'implique pas du tout que je me sente obligé d'adhérer aux valeurs en question. Cependant, si on s'empressait de prendre par exemple l'inquiétude que m'inspire le repli identitaire pour une reprise des soupçons vaguement antisémites qui reposent les mêmes de leurs élans islamophobes... je me mets hors jeu, qu'on se le dise.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 septembre 2016 10 h 09

      «Par exemple, je suis tout à fait disposé à accepter que quelqu'un défende des valeurs sexistes mais a la condition que ce sexisme n'ait pas de conséquence sur l'accès à l'égalité, qui fait l'objet d'un consensus inscrit dans les lois. » Richard Maltais Desjardins

      Vous banalisez le sexisme M. Maltais Desjardins!

      De plus, si on peut mesurer les exigences du PFÉQ, comment mesurer le dveloppement personnel et social. Et surtout le fait-on? J'en doute.

      Critiquer la communauté hassidique, leurs valeurs et les conséquences notamment sur l'égalité entre les femmes et les hommes, n'a rien d'antisémite.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 septembre 2016 11 h 18

      Nous éviterons mutuellement de nous faire des procès d'intention. Êtes-vous antisémite? Je ne sais pas. Est-ce que banalise le sexisme? Vous n'en savez rien. Le débat d'idées m'intéresse, pas les chamaillages de cour d'école.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 septembre 2016 12 h 15

      Vous vous concentrez vous-mêmes sur le supposé «antisémitisme» M. Maltais Desjardins. Mais j'ai aussi posé une question, l'avez-vous vu? Comment mesurer les exigences de développement personnel et social?

      Jugez que le sexisme peut ne pas avoir de conséquences sur l'accès à l'égalité comme vous dites est particulier. Diriez-vous alors que le racisme peut ne pas avoir de conséquences sur l'accès à l'égalité entre les citoyens également?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 septembre 2016 14 h 06

      La DPJ s'est prononcée sur la question de l'état du développement personnel et social de ces enfants. Je suppose que vous ne faites pas confiance aux moyens qu'elle a déployés pour en arriver à cette conclusion.

      Je n'ai pas dit que le sexisme POUVAIT ne pas avoir ne pas avoir de conséquence. J'ai dit qu'il ne le DEVAIT pas. Comme dans prépondérances des LOIS sur les VALEURS. Merci de me lire correctement.

      Il est toujours commode de caricaturer une position quand on ne veut pas en discuter honnêtement. Vous pouve continuer de vous concentrer sur vos soupçons. Vous le ferez seule.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 septembre 2016 20 h 19

      Je vous ai mal lu M. Maltais Desjardins. D'accord.

      Et je suis effectivement très sceptique des conclusions de la DPJ. Très.

      Et remarquez que le repli identitaire que pratiquent ces communautés est inquiétante. On se souvient de la poursuite de Yonana Lowen contre une commission scolaire et le gouvernement. D'ailleurs, dans cet article du Devoir, on affirme: «Ce père de famille, qui souffrirait de dépression chronique et de troubles psychologiques, dit avoir aujourd’hui du mal à lire, à écrire et à s’intégrer sur le marché du travail. Selon lui, ses difficultés à trouver un travail bien rémunéré sont dues à l’éducation déficiente qu’il a reçue dans les écoles de son ancienne communauté. Lors d’un reportage présenté à Radio-Canada au printemps dernier, il avait tenu des propos très durs à l’endroit du gouvernement et du ministère de l’Éducation. « L’antisémitisme, d’après moi, c’est de ne pas aider les enfants juifs. ». Il semblerait que la poursuite pourrait même se muter en action collective. En dehors de la communauté, point de salut?

      Et ces communautés pratiquent de l'apartheid sexiste qu'on ne peut tolérer dans notre société.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 septembre 2016 07 h 18

      Merci, madame St-Amour

      Je comprends votre inquiétude et la partage. Il faut espérer (et exiger au besoin) que la vigilance de la DPJ et l'encadrement de la CSEM fasse en sorte que nul enfant ayant grandi dans cette communauté ne soit de ce fait privé de la jouissance de ses droits fondamentaux. Sur l'affaire Lowen, qui aura au moins servi de déclencheur (même s'il n'en était pas besoin pour constater que la situation était préoccupante), le philosophe Baillargeon avait bien problématisé le sujet dans cet article

      https://voir.ca/chroniques/prise-de-tete/2014/11/26/laffaire-lowen/

      dont Lisa-Marie Gervais avait repris l'essentiel.

      Au plaisir

    • Johanne St-Amour - Abonnée 2 septembre 2016 08 h 52

      Merci pour ce rappel de la chronique de Normand Baillargeon. Ici un extrait qui m'apparaît important:

      «L’affaire Lowen, d’autant qu’elle concerne une communauté qui veut s’isoler, nous replonge de force dans le nœud de vipères. En voici quelques aspects.

      Cette affaire nous rappelle pour commencer une certaine lâcheté et un certain aveuglement volontaire de nos décideurs de politiques publiques, trop heureux de ces zones d’ombre évoquées plus haut et dans lesquelles ils ont pu se blottir. Ils ont en effet fermé les yeux sur ces écoles niant le droit des enfants à un avenir ouvert et ne respectant pas les conditions minimales du pacte social en matière d’éducation, qui comprend le droit de la collectivité à des citoyens.

      Elle nous rappelle aussi que nous avons trop souvent tendance à donner un traitement préférentiel aux religions, et à leur consentir des privilèges que nous n’accorderions pas pour des motifs autres que religieux.

      Elle nous rappelle encore la prééminence des considérations économiques dans nombre de nos débats publics, qui tend à minorer d’autres types de considérations et à appauvrir d’autant ces mêmes débats. M. Lowen et ses avocats arguent en effet, semble-t-il, que son manque d’éducation l’empêche de gagner sa vie. Soit, et c’est légitime. Mais ce manque l’a aussi, voire surtout, privé d’un avenir ouvert et de la possibilité de participer pleinement à la vie collective, ce que son droit à l’éducation lui promettait en effet – mais pas un emploi.»

  • Claude Gélinas - Abonné 1 septembre 2016 07 h 51

    Qui s'occupe de la défense des intérêts et des besoins en éducation des enfants hassidiques ?

    S'intégrer ne signifie-t-il pas faire comme tous les jeunes québécois qui suivent l'enseignement dans les écoles publiques ou privées, des programmes transmis par des maïtres spécialisés en pédagogie et non à la maison par des mères le plus souvent n'ayant pas l'expertise nécessaie pour se faire ?

    S'intégrer ne signifie-t-il par politesse répondre au bonjour de ses voisins et ne pas solliiciter leur aide que pour ouvrir et fermer la cusinière lorsque cette activité est interdite ?

    S'intégrer n'est-il pas de permettre aux enfants de socialiser en jouant avec des enfants non-hassidiques ?

    S'intégrer n'est-il pas de ne pas obliger les enfants hassidiques de se coiffer de façon à éviter qu'ils soient ridiculisés ?

    Les juifs hassidiques qui imposent de façon abusive l'enseignement religieux à ses enfants les privent-ils de leur jeunesse ?

  • Sylvain Auclair - Abonné 1 septembre 2016 08 h 02

    Votre langue?

    Le yiddish n'est pas la langue des hassidim, mais de tous les Juifs ashkénazes, religieux ou non.

    • Bernard Cooper - Abonné 3 septembre 2016 18 h 03

      Il reste très peu de juifs non-religieux qui parlent le yiddish. Avant la guerre de 1939-45, le yiddish était une langue culturellement et intellectuellement importante en Europe de l'Est surtout, où elle a contribuer a une renaissance laique de la culture juive ashkénaze. Après la guerre, ce rôle fut repris par l'hébreu moderne, principalement en Israel. Tristement pour le yiddish, c'est aujourd'hui les intégristes et sectaires hassidiques qui le véhicule.

  • Michel Lebel - Abonné 1 septembre 2016 08 h 02

    En toute transparence!


    Parlons vrai. Est-ce possible pour un enfant hassidique de pratiquer sa religion ou celle de ses parents tout en suivant le cursus scolaire québécois, examens obligatoires du ministère de l'Éducation inclus. Sans oublier le cours ECR... J'ai des doutes. Enfin je n'aime guère le mot polyvalent de ''valeurs", mais l'intégration dans une société ou un pays implique de suivre certaine règles. Les hassidims ne vivent pas sur une île déserte! Il importe donc que les choses se passent en toute transparence, pas sous les boisseaux. Visière levée!


    Michel Lebel

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 septembre 2016 10 h 08

      Sur la question du cursus, la réponse appartiendra à la CS et sera fondée sur le succès aux épreuves ministérielles. Entre temps, on peut présumer que les mesures de contrôle prévues seront mises en oeuvre, y compris a l'égard du cours ÉCR. Ce n'es pas un acte de foi qui est en cause, mais un contrat liant les parents.

      Sur la question des valeurs, j'ai donné un point de vue plus haut. Nul ne peut refuser d'obéir aux lois parce qu'elles ne sont pas conformes a ses valeurs. C'est a la fois le moins qu'on puisse demander a chacun... mais le plus, aussi. Vous saurez juger de cette intuition: le droit ne se substitue pas aux valeurs, mais permet d'en arbitrer les conflits. Des fois au nom de valeurs plus universelles, mais le plus souvent, comme leur reconnaissance fait de plus en plus défaut dans une société puraliste, en aval de compromis déterminés par les rapports de force.

    • Lise Bélanger - Abonnée 1 septembre 2016 18 h 41

      Bien d'accord avec votre commentaire M Lebel, vous remettez les pendules à l'heure.

  • Lise Allard - Abonnée 1 septembre 2016 09 h 15

    Abraham Ekstein ne répond à rien

    M. Ekstein voilà un texte habilement tricoté à coup de demi-vérité mais ne remettant en question aucun des texte cités en déclencheur.

    Pour vous, il est essentiel qu’entre citoyens, un dialogue puisse s’établir. Bravo, mais le malheur, c’est que pour dialoguer avec un membre d’une communauté hassidique, il faut être soi-même membre d’une communauté hassidique et ce n’est pas donné à tout le monde.

    Si pour des parents, il faut que les enfants ne fréquentent que des écoles où leur sont transmises certaines valeurs, pourquoi est-il aussi essentiel qu’ils n’aient aucun contact avec d’autres personnes et d’autres valeurs? On se demande si ces enfants ont le droit de vouloir ni même de voir autre chose.

    Concernant les vos approches pédagogiques, elles seraient constamment revues afin que ces enfants en sortent gagnants. Est-ce qu’on pourrait savoir ce qu’on entend par "gagnant" pour ces enfants?

    « nous accompagnons … les Québécois qui veulent préserver leur langue et leur culture dans un environnement nord-américain anglophone. » Merci, nous ignorions tout de cet accompagnement silencieux et distant. Toutefois contrairement à vous, nous acceptons de vivre en contact avec les « autres », vous savez les gens différents. On appelle ça de l’ouverture d’esprit et de l’hospitalité.

    « Le programme scolaire que nous suivons dans nos institutions religieuses permet à nos enfants de développer leur raisonnement et leur réflexion. » Ce programme ne semble vraiment pas leur permettre d’accéder à la modernité. Les enfants hassidim savent-ils que la Terre est ronde? Leur enseigne-t-on qu’elle existe depuis 4,5 milliards d’années? Est-ce contre vos valeurs et votre culture de vous ouvrir à ça? Auriez-vous despréjugés contre ces faits établis, démontrés et reconnus?

    « Le décrochage scolaire est presque absent de nos institutions d’enseignement, comme la criminalité d’ailleurs. » Cela semble enviable en effet, mais c’est peut-être parce que très peu de gens arrivent à so

    • Lise Allard - Abonnée 2 septembre 2016 10 h 12

      Voici la suite de mon texte (mes excuses, il a été automatiquement tronqué)

      Cela semble enviable en effet, mais c’est peut-être parce que très peu de gens arrivent à ... sortir de l’enfermement communautariste dans lequel ils sont nés et sont forcés de vivre. Jusqu’à preuve du contraire, ils ne semblent jouir d’aucune mobilité sociale digne de ce nom.

      « on ne peut conclure que l’enseignement qui leur est donné les empêche de fonctionner dans un monde moderne ». Est-ce qu’on peut appeler fonctionner dans le monde moderne, le fait de n’adresser la parole à aucun individu qui ne soit issu de son pur lignage?

      Concernant les poursuites intentées par d’ex-membres se disant handicapés par cette même éducation, loin de n’être qu’une hirondelle au printemps (ô quelle élégante réfutation), ces témoignages nous apportent un éclairage unique sur ce qui semble être un mode de vie autoritaire, opaque et secret à des années-lumière de la modernité.

      « Nous n’avons jamais tenté de vous imposer nos valeurs. De la même façon, nous ne saurions tolérer que vous nous empêchiez de les exercer. La liberté n’est-elle pas indivisible ? » Bien sûr, sauf que le problème c’est quand la liberté est entièrement dans les mains d’un pouvoir hiérarchique.