Un flou inquiétant

Les projets pilotes expérimentant le nouveau programme d'histoire se sont bien déroulés, ont été bien reçu dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les projets pilotes expérimentant le nouveau programme d'histoire se sont bien déroulés, ont été bien reçu dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.

Le nouveau programme d’enseignement de l’histoire en IIIe et IVe secondaire est très attendu par les enseignants. Il a été rédigé en tenant compte des différents acteurs du monde de l’éducation — les enseignants, les historiens, les didacticiens, les autochtones, les anglophones et les communautés culturelles — et il fait un large consensus.

L’amélioration des contenus qui avait pour objectif de les ajuster aux recherches historiographiques est au rendez-vous. L’abandon d’un programme thématique en IVe secondaire ainsi que la révision des compétences à développer s’imposaient : il fallait davantage tenir compte de la pratique en classe.

Il y a quelque temps, lors de l’étude des crédits 2016-2017 à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a fait une déclaration pour le moins surprenante. Il a dit offrir un délai supplémentaire aux écoles qui ne se sentiraient pas tout à fait prêtes à mettre en place le nouveau programme d’histoire en IIIe secondaire. Cependant, la rédaction du programme est achevée pour ce niveau et les manuels, avec les budgets qui s’y rattachent, seront disponibles pour la rentrée scolaire de septembre 2016. Selon les responsables des programmes au ministère, les projets-pilotes expérimentés dans 31 classes du Québec se sont bien déroulés, ont été bien reçus dans le milieu et se poursuivent en IVe secondaire.

Des complications

Devant ce constat, il aurait été préférable de maintenir l’échéancier initial pour toutes les écoles afin d’éviter certains problèmes qui ne manqueront pas de survenir.

Ainsi, ce report partiel pourra compliquer la situation d’apprentissage pour les élèves qui changeront d’école avant la fin du programme et qui seront confrontés à des programmes non concordants d’un niveau à l’autre. Également, qu’adviendra-t-il de l’épreuve uniforme à laquelle tous les élèves devront se soumettre au terme du programme ?

À défaut de revenir sur cette offre de report, il serait important que le ministre clarifie la situation afin de sortir le monde de l’enseignement de l’histoire du flou administratif actuel. Il doit aussi confirmer que le nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada sera bel et bien applicable en IIIe secondaire dès la prochaine année scolaire.

3 commentaires
  • Marcel-Bertrand Paradis - Abonné 2 juin 2016 06 h 40

    Incroyable

    Ce programme semble être un vrai salmigondis,pire une auberge espagnole.

  • François Dugal - Inscrit 2 juin 2016 07 h 43

    Niveler par le bas

    Toutes les matières enseignées dans le réseau scolaire québécois, je dis bien toutes, sont dans "un flou inquiétant." Cet état de fait est volontaire, il s'agit de baisser le seuil de réussite au plus bas afin d'augmenter le niveau de réussite, ce qui fait bien paraître les sous-ministres et les concepteurs de programmes.
    Le but ultime de cette action est de produire des consommateurs serviles et sans jugement; je peux nommer plusieurs associations professionnelles qui se réjouissent de cette situation.

  • Jean Breton - Abonné 2 juin 2016 10 h 28

    Que le ministre de l'éducation se tienne debout

    J'approuve tout à fait la position de la Société des professeurs d'histoire. Il faut rappeler ici que dans cette société on retrouve la crème des enseignants. La plupart du temps, des gens qui ont été formés en histoire. Des pédagogues qui savent articuler le savoir théorique et la réalité du terrain.

    De 1982 à 2007, le programme d'histoire au cours secondaire jouissait de l'estime générale. Malheureusement, depuis 2007, on nous a affligés d'un nouveau programme qui se révèle être un vrai désastre. On a bien essayé de le rapiécer. Mais ce fut peine perdue.

    Programme jovialiste conçu par des pédagocrates universitaires qui, entre autres, faisait l'impasse sur les luttes de nos devanciers pour bâtir la société d'aujourd'hui. De plus, les apprentis sorciers qui l'ont conçu ont affiché un souverain mépris envers les enseignants du secondaire. Leur rôle n'étant plus d'être des « maîtres » mais de simples accompagnateurs. Faut-il s'étonner dès lors que ce sont surtout les cégépiens les plus faibles qui choisissent la profession d'enseignants...

    Merci à l'ancienne ministre Marie Malavoy d'avoir corriger le tir et d'avoir mis fin au mépris à l'encontre des enseignants.

    Jean Breton - Abonné