Qu’en est-il de la dimension historique?

Le maire Coderre à cheval sur son Bixi et vêtu d'un chandail du Canadien. L'esprit montréalais d'aujourd'hui doit aussi être éclairé par celui d'hier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le maire Coderre à cheval sur son Bixi et vêtu d'un chandail du Canadien. L'esprit montréalais d'aujourd'hui doit aussi être éclairé par celui d'hier.

Montréal aura bientôt 375 ans. Quelle grande occasion ! Mais pourquoi ? Pour célébrer ? Oui, mais encore. À l’heure actuelle, le 375e est le plus souvent présenté à travers deux axes. D’une part, il y a les legs, des infrastructures que nous construirons, un peu partout à travers la ville. De l’autre, les célébrations. Des grandes et moins grandes fêtes, un peu partout sur le territoire. Mais qu’en est-il donc de la dimension historique du 375e ?

Sans dimension historique, en quoi ces legs sont-ils différents de ce que nous construisons chaque année ? D’une nouvelle bibliothèque inaugurée l’an dernier ? De la construction du pont Champlain ? Du nouveau CHUM ? Sans dimension historique, en quoi nos célébrations seront-elles différentes d’un de nos grands festivals annuels, sinon qu’elles seront plus grandioses ? Il y a bien quelques initiatives de rappel historique ici et là. Mais elles sont encore trop peu nombreuses et pas encore centrales à l’idée du 375e.

Grand rendez-vous

Cette dimension historique est essentielle pour donner un sens au 375e. Cette prise de conscience de notre histoire collective, c’est ce qui fait de nous, citoyens de Montréal plus que de simples habitants de la ville, mais ses héritiers.

Le 375e doit être ce grand rendez-vous avec notre histoire, de tout le chemin accompli au fil des années. Montréal n’est pas née comme on la connaît aujourd’hui. Elle a grandi, a été éprouvée, a réussi, s’est démarquée, s’est illustrée au fil des siècles.

Montréal, c’est aussi des héros et des héroïnes qui nous sont propres. De nos fondateurs à nos bâtisseuses. De nos dieux du stade à nos capitaines d’industrie. De nos artistes à nos pionnières. Il nous faut les redécouvrir pour ainsi puiser dans leurs exemples de la fierté, de l’inspiration, de la force. Si nous le faisons bien et ensemble, nous pourrons y trouver des leçons pour éviter de répéter nos erreurs, pour s’inspirer du meilleur et faire mieux.

Notre histoire est grande et riche. À nous de la (re)découvrir pour véritablement faire du 375e une célébration qui nous inscrit comme les héritiers de Montréal.

Cette démarche ne peut pas s’inscrire en parallèle du reste ou attendre au dernier moment. C’est dès maintenant que nous devons faire émerger cette dimension historique. Et comme pour les legs et les célébrations, c’est donc dès maintenant qu’il faut préparer le terrain.

Une conversation collective

Il y a tant que nous pourrions faire. Annoncer aujourd’hui une bourse alléchante qui serait accordée en 2017 pour le meilleur ouvrage sur l’histoire de Montréal. Inviter nos écoles à lancer des projets scolaires autour de nos grands personnages ou faits marquants. Mettre au défi notre communauté Web de développer des applications pour faciliter la découverte des origines des noms des rues et des stations de métro qui nous sont à la fois si familiers, mais de fait inconnus

Mais cela peut-il vraiment fonctionner ? Il paraît que l’histoire suscite aujourd’hui bien peu d’intérêt. Que cela n’anime plus les conversations. Je me souviens… de quoi déjà ? On en viendrait même à douter qu’il puisse y avoir un engouement pour connaître notre histoire. Je ne peux y croire.

Fondée un 17 mai 1642, Montréal vient tout juste de célébrer son 373e anniversaire. L’occasion est belle d’en profiter pour lancer cette conversation collective sur notre histoire. D’où l’initiative du #375en10, ancrée sur les médias sociaux. À chacun d’y aller de sa liste de dix faits marquants ou de personnages qui reprennent nos 375 années d’histoire, de la partager et de lancer un défi similaire à son entourage.

Chacun de nous peut y participer. Idem pour nos institutions. Par exemple, à la Chambre de commerce de mettre en avant sa grande histoire montréalaise. À nos grandes institutions universitaires et de médecine de faire de même.

Il ne s’agit pas d’un exercice scientifique, mais d’un prétexte pour lancer la conversation. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises listes. À vous de nous rappeler l’importance d’un fait marquant sous-estimé, de nous surprendre par un personnage oublié. De faire émerger et rayonner notre histoire selon une perspective qui nous touche.

Que la conversation débute. Que l’intérêt pour notre histoire émerge. Que la célébration commence !

9 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 25 mai 2015 07 h 55

    La photo

    Sur la photo, monsieur le maire Coderre, vêtu de son gilet des Canadiens, circule sur une rue typiquement montréalaise : avez-vous remarqué les nombreux nids de poules ?

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 25 mai 2015 08 h 56

    Nos leaders sont fédéralistes.

    Vous écrivez dans votre article ce que la majorité des Québécois pensent.

    Vous dites;
    A - Sans dimension historique, en quoi nos célébrations seront-elles différentes d’un de nos grands festivals annuels, sinon qu’elles seront plus grandioses ?

    Souvenez-vous du 400e de Québec, nous avons eu droit à Sir Paul de New York.
    M. Jean Charest était notre premier ministre, un très grand fédéraliste, ce qui est légitime. Aucune mention historique, il avait peur d'un réveil souverainiste qui aurait sûrement eu lieu.

    Vous dites;
    B - Montréal n’est pas née comme on la connaît aujourd’hui. Elle a grandi, a été éprouvée, a réussi, s’est démarquée, s’est illustrée au fil des siècles.

    Moniang (Algonquien), mont Royal, Hochelaga, Ville-Marie et finalement Montréal.
    Oui! Montréal a évolué.
    Tout comme ses citoyens et ses populations: Iroquoïenne, Algonquienne, Huronne, Française, Métis, Anglaise, occupation Américaine, et finalement Anglaise.

    Huguenots, catholiques, protestants, les Québécois ont été exploités, répudiés et pendus (patriotes du haut et bas Canada et Métis) sans aucune objection du clergé qui voulait conserver ses seigneuries et richesses.

    L'immigration nous a faits évolués avec: les Italiens, les Juifs, les Arabes, les Grecs, les Libanais, les Égyptiens et les Africains.
    Les Français, les Canadiens, les Canadiens Français, les Québécois, disparaissent peu à peu submerger dans cette mer de monde et ceci à la très grande satisfaction de ceux qui ne veulent pas fêter le régime français et qui a peur du combat d'un très grand peuple.

    Vous dites;
    C - Notre histoire est grande et riche.
    C'est tout à fait vrai, d'une grandeur et d'une richesse immense.

    Quelle occasion de donner une leçon d'histoire aux Québécois. Qu'en dira cependant M. Couillard inc. notre premier ?

  • Gilles Delisle - Abonné 25 mai 2015 09 h 26

    Excellentes idées pour célébrer le 375e de Montréal

    Revaloriser l'histoire de Montréal, quelle bonne idée, M. Lavoie. Ce que la population a oublié et qu'une bonne partie de notre jeunesse ne connaît pas, l'histoire de Montréal devrait être le fil conducteur de ces fêtes et commémorations qui arrivent à grand pas.

  • Lina Trudel - Abonnée 25 mai 2015 10 h 17

    Enfin un appel à la raison

    Vous avez complètement raison. Il faut redonner à ces commémorations leurs véritables sens historiques.Je pense que ce n'est pas le peuple qui ne s'intéresse pas à l'histoire.
    C'est bien davantage parceque ces commémorations sont trop souvent détournés de leurs buts par les «faiseurs» de spectacles et promoteurs privés qui cherchent d'abord à s'enrichir.

    • Louise Melançon - Abonnée 25 mai 2015 10 h 53

      Que vous avez raison, vous-même! merci de dire ce qui m'apparaît le plus vrai dans cette histoire...

  • Jacques Boulanger - Inscrit 25 mai 2015 10 h 44

    Labeaume-Coderre, la même vacuité

    Comme Labeaume avant lui pour le 400e de Québec, la dimension historique sera occultée en faveur de la partie mercantile de la Fête. À quoi s'attendre d'après vous d'un Kid Kodak dont la vie se résume à sa passion pour le CH et les Expos ?

    • François Dugal - Inscrit 25 mai 2015 11 h 13

      Le "Dynamic Duo" Labeaume-Coderre a été dûment élu par leurs concitoyens respectifs. Il y en a, dans "la population en général", qui doivent être contents de leurs choix. Cela en dit long sur nos valeurs collectives, monsieur Boulanger; il y en a qui aiment le vide.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 25 mai 2015 18 h 25

      Il y a surtout beaucoup de citoyens qui aimeraient que leur ville s'embellisse, devienne un pole majeur dans toutes les nouvelles économies, que le plein emploi soit de mise, bref qu'elle soit une vraie Métropole et non comme encore ( Je n'ai pas choisi la photo aussi ) une ville où les rues et routes sont en pleines décrépitudes..
      Cela nous demande 5 % de création et 95 % de transpiration...Avis aux intéressés...Immigrants de toutes langues, de tous pays bienvenus! Ya de l'ouvrage en masse! Merci à Mr Labaume et Coderre qui ont l'air d'avoir compris le message et surtout d'arreter de pelleter des nuages à la Gérard Tremblay et cie...