Mort aux dévots incroyants!

En réclamant notre mort, ceux qui se prétendent les meilleurs amis de Dieu l’insultent. Ils insultent Dieu. Leur dieu. D’abord, quel est ce dieu tout-puissant mais irritable qui a besoin d’une fourmi humaine pour prendre sa défense ? Dieu a-t-il besoin qu’un fidèle l’attende à la sortie de l’école parce qu’il a peur qu’un non-croyant lui tire la langue ou lui pique son bonnet ? Bonjour, Dieu, ça s’est bien passé aujourd’hui avec la maîtresse, elle a été gentille avec toi ? Tiens, voilà ton goûter et montre-moi celui qui t’embête dans la cour de récré, je vais l’égorger. Mais après tout, peut-être que Dieu est une grosse larve pleurnicheuse qui n’est pas capable de régler ses comptes lui-même.

 

Le plus troublant, c’est que quasiment toutes les religions sont capables de nous dépeindre l’enfer. Non seulement l’enfer existe, mais les textes sacrés le décrivent assez bien. On connaît la couleur du papier peint, la chaleur des flammes et la taille des chaînes qui cliquettent lugubrement. La chair des suppliciés n’a pas le temps de cicatriser complètement qu’elle est de nouveau arrachée. Berck !

 

Les meilleurs amis de Dieu nous promettent très souvent l’enfer. Pour eux, il n’y a pas de doute, on va pleurer notre mère pour l’éternité. Un jour. Un jour qui arrivera forcément puisque nous sommes mortels. Alors pourquoi veulent-ils nous assassiner s’ils sont sûrs que la punition divine s’abattra sur nous dans un laps de temps relativement court ? En effet, même si le mécréant vit quatre-vingt-dix ou cent ans, ça ne représente rien par rapport au temps qu’il passera à rôtir dans les braises.

 

La vérité, c’est que le fidèle qui rêve de nous découper en rondelles ne croit pas aux textes sacrés. Il ne croit pas à l’enfer, il ne croit pas à la punition divine, il ne croit pas à l’éternité. Bref, il ne croit pas. S’il était sûr de lui, le fou de Dieu laisserait faire le temps et, le moment venu, il nous montrerait du doigt en se foutant de notre gueule. Il est sur l’Escalator qui l’emmène au paradis, nous sommes sur l’Escalator qui nous descend en enfer, et il rit. Nous sommes penauds, voire suppliants. Nous sommes surtout jaloux (maintenant que nous savons que Dieu existe) de toutes les bonnes confitures et des beaux culs dont Dieu va le régaler là-haut. Mais non, le crétin habité par l’idée de Dieu n’est pas sûr que ce soit l’idée de Dieu qui l’habite. Il n’est pas sûr que Dieu, s’il existe, est aussi puissant que ça. Alors, dans le doute, il se propose de faire le boulot. Quelqu’un qui fait le boulot de Dieu n’est ni plus ni moins que quelqu’un qui se prend pour Dieu. Y a-t-il pire blasphème pour un croyant que de se prendre pour Dieu ?

 

Le fidèle a tort de tuer l’infidèle, non pas parce que Dieu est amour, mais parce qu’il donne raison au mécréant : Dieu n’existe pas. En massacrant l’infidèle, c’est l’idée d’un dieu tout-puissant qu’il massacre, le dévot mégalo. Et qu’est-ce que serait un dieu qui ne serait pas tout-puissant ? Un chef de rayon à la FNAC ? Allons, assez blasphémé.

 

Je crois que vous en serez d’accord, il faut obliger les fous de Dieu à se regarder dans un miroir jusqu’à ce qu’ils se suicident en réalisant que Dieu, qui est censé avoir fait l’homme à son image, ne peut pas avoir une aussi sale gueule. Amen.

15 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 8 janvier 2015 01 h 40

    J'avais déjà dit un peu ça à ma mère

    Catholique d'une petite isolée du Nouveau-brunswick, elle m'a traité d'anté-christ. la peur de l'inconnu.

  • Gaston Bourdages - Abonné 8 janvier 2015 03 h 18

    Un auteur de violence comme moi (1989) peut-il...

    ...tenir voire exprimer un ou des propos intelligents sur la violence, toutes formes et contenus confondus ? Je me réfère ici à cette lettre ouverte publiée dans Le Devoir il y a de cela lunes et soleils où j'avais titré mon «papier»: «La sentence que je porterai toujours». Oui, j'ai un lien avec feu monsieur Charb. Relation que je ne souhaite à aucun être humain sur cette planète. Ceci écrit, que puis-je bien «dire» sur cet autre drame qui échappe aux justes mots ou de Voltaire ou de madame de Beauvoir ou de Hugo ? Vous entretenir de la Bête habitant l'Homme? Vous «parler» de déséquilibres logeant dans certains cerveaux d'êtres humains dits «intégristes»? Discourir sur des possibles religions favorisant, souhaitant même l'usage de la violence? L'Homme est si capable de beautés et de son antonyme ! Je pense à celles et ceux ayant souffert et souffrant encore de la violence, toutes formes et contenus confondus...incluant celle que j'ai exprimée en 1989. J'en suis cosncient et de la Bête et sur cette même Bête je puis aussi en ajouter par d'autres propos que je souhaite intelligents. Mes respects,
    Gaston Bourdages,
    «Pousseux de crayon sur la page blanche»,
    Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 janvier 2015 04 h 54

    Si

    Si ton dieu ne peut pas faire son ménage tout seul, il vaut quoi ?

    PL

  • Carole Jean - Inscrite 8 janvier 2015 06 h 27

    L’islamisme en déroute


    Quand on se sent obligé de tuer et d’assassiner, c’est qu’on a perdu la bataille des idées.
    Les islamistes de tout crin et leurs défenseurs bien-pensants ont fait des martyrs français de la liberté d’expression et de la liberté de presse des héros de nos valeurs. En ce faisant, ils ont réveillé ceux qui dorment encore et qui ont la tête bien ancrée dans le sable que notre civilisation et nos valeurs vont devoir être défendues. Notre civilisation est en guerre contre l’islamisme. Il serait temps d’agir en conséquence.

  • Cyril Dionne - Abonné 8 janvier 2015 07 h 45

    La polarisation

    Nous ne pouvons pas critiquer la religion musulmane au risque de passer pour islamophobe ou pire, raciste, tout cela au nom de la Sainte rectitude politique. Et c’est probablement pour cela qu’il n’y a pas eu beaucoup de dialogue à ce sujet dans les pages des journaux et dans les médias en général, parce que plusieurs ont peur des répercussions professionnelles et personnelles qui pourraient leur arriver. Voici les premières victimes de ce chantage théocratique. Ceci devient une limitation qui nous est imposée par des croyances personnelles (religions) que beaucoup appellent superstitions. Le pouvoir de la liberté d’expression renverse des gouvernements, des dictatures et des pouvoirs théocratiques et redonne la liberté à tous les êtres humains. C’est probablement pour cela aussi que l’establishment religieux musulman ne veut pas de cette liberté, à tout le moins, pour tous ses fidèles. Et il n’y a pas si longtemps, l'ex président égyptien Mohamed Morsi, dûment élu par la population en majorité musulmane, lors de sa première allocution aux Nations Unies, avait affirmé que la liberté d’expression s’arrêtait à l’endroit où débutait le droit divin : « Les insultes à l’endroit du prophète de l’islam, Mahomet, doivent être rejetées et nous ne les permettrons pas, ni en paroles ni en actes ». On pourrait répondre à cela par : « La liberté des uns s’arrête là où celle de l’autre commence », point à la ligne. Pour le droit divin, on laisse cela aux affaires extra-terrestres. Malheureusement Charb et ses autres confrères ont payé de leur vie pour défendre notre droit de parole qui semble être si fragile.

    Les religions semblent encourager la polarisation des croyances et la polarisation chez les peuples. C’est l’éléphant dans la pièce.

    En passant, si toutes les religions monothéismes prônent un seul dieu qui est différent des autres, comment savoir lequel est le bon ? Quelqu'un pourrait-il éclairer ma lanterne sur ce sujet ?

    • Gaston Bourdages - Abonné 8 janvier 2015 08 h 22

      Exercice fort nourrissant que celui de vous lire monsieur Dionne, mercis! Je réfléchis à ce que vous rapportez des propos de monsieur Morsi...Pourquoi s'est-il ainsi exprimé? De la fronde de sa part? Comment vivre voire cohabiter avec une telle intolérance face à la pensée de l'autre? Les mots...«nous ne le permettrons pas» à eux seuls annoncent l'injustifiable. Concernant vos questions...Monsieur Dubois, Claude, chante aussi : «Si Dieu existe...» Il existe de ces gens qui ont besoins d'un dieu. D'autres y ajoutent le goût. Besoins et goûts interreliés à celui de donner sens...à l'ultime...donner sens à la vie. Croire en un Dieu est un choix....libre tout comme l'est celui d'être athé ou agnostique. L'important serait-il aussi d'être profondément heureux avec le choix que nous faisons de croire ou non?
      Mes respects,
      Gaston Bourdages,
      «Pousseux de crayon sur la page blanche»
      Saint-Mathieu de Rioux, Qc.

    • Guy La Vergne - Abonné 8 janvier 2015 11 h 24

      La réponse a peut-être déjà été présentée:
      « Comme cela a déjà été dit, nous sommes tous athée envers la plupart des dieux auxquels l'humanité n'ait jamais cru. Certains vont simplement un dieu plus loin. » Richard Dawkins

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 janvier 2015 14 h 25

      « comment savoir lequel est le bon ?» Celui qui a des adeptes qui incluent toutes les personnes qui ne croient pas en lui. Et non, on ne l'a pas trouvé celui-là.

      PL