La lecture : pas seulement des livres !

Si on veut amener les jeunes à lire, il faut des professionnels pour les animer et les gérer.
Photo: Annik MH De Carufel Archives Le Devoir Si on veut amener les jeunes à lire, il faut des professionnels pour les animer et les gérer.

Depuis l’étonnante déclaration du ministre de l’Éducation sur les livres à l’école, j’ai lu dans tous les journaux d’innombrables chroniques dénonçant, avec raison, ces propos. Chaque chroniqueur y allait de ses propres analyses sur l’importance de la lecture chez les jeunes, sur le rôle de l’école, sur l’importance du livre en classe, etc.

 

Fort bien. Mais aucun commentateur n’a mentionné que dans les classes et les bibliothèques scolaires, il faut aussi… des magazines ! Or, l’achat de magazines éducatifs par les écoles était aussi menacé par les propos et directives du ministre de l’Éducation que l’achat de livres.

 

Magazines gratuits

 

Paradoxalement, la tempête médiatique autour de la déclaration de M. Bolduc coïncidant avec notre distribution gratuite, à la suite de demandes faites par les enseignants, de 198 600 magazines dans les écoles. Nous avons ainsi donné à 6620 enseignants et à leurs élèves une valeur de près d’un million de dollars de magazines de septembre (Les Explorateurs, Les Débrouillards et le nouveau Curium, le premier magazine de contenus pour les 14-17 ans au Québec). C’est toujours ça de gagné pour les écoles, en ces périodes de compressions gouvernementales ! Mais hélas, aucun média n’a parlé de ce qui est pourtant la plus importante activité de promotion de la lecture au Canada. Faut croire que c’est plus facile de critiquer que d’informer…

 

Savent-ils, tous ces journalistes « spécialistes de la lecture », que le magazine est le type de lecture préféré d’une forte proportion de jeunes (en particulier les garçons) ? Qu’il atteint présentement des records de popularité au Québec ? Ainsi, les magazines de Publications BLD (Les Débrouillards, Les Explorateurs, Curium…) et de Bayard Canada (Pomme d’api, J’aime lire, etc.) rejoignent chaque mois plus de 600 000 jeunes, parents et enseignants ? Chaque année, nous vendons plus d’un million et demi de magazines éducatifs. C’est sans compter les autres éditeurs de magazines éducatifs ou jeunesse.

 

Si on veut amener les jeunes à lire, il ne faut pas seulement des bibliothèques bien garnies et des professionnels pour les animer et les gérer. Il faut aussi respecter et valoriser les types de lecture des jeunes, y compris les magazines. Cela, les parents et les enseignants le savent… seuls les journaux et le ministère de l’Éducation sont en retard !

15 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 17 septembre 2014 01 h 26

    Différence de taille

    Les livres restent.

    Les magazines passent.

    • Dominique Duhamel - Inscrite 17 septembre 2014 07 h 20

      Ce qu'on lit, reste imprimé dans nos têtes.

    • Christian Methot - Abonné 17 septembre 2014 07 h 56

      Bien des livres passent aussi...

      Le journal passe aussi à tous les jours, et pourtant on ne critique pas la valeur de la lecture du Devoir.

      Où voulez-vous en venir exactement? C'est "mieux" de lire Zola que de lire "Les Débrouillards"?

    • Pierre Marcotte - Abonné 17 septembre 2014 08 h 20

      Les livres dorment souvent sur les tablettes. Les magazines peuvent se passer de main en main pendant des années.

      Ne confondez pas la richesse de la littérature classique avec la découverte du monde chez l'enfant. Les deux peuvent (et doivent) coexister.

      Anecdote: dans la dernière année, j'ai probablement lu (seulement) 2 livres au complet, mais au-dessus d'une vingtaine de publications hebdomadaires ou mensuelles.
      Imaginez à la grandeur du Québec.

    • Geneviève Tardif - Abonnée 17 septembre 2014 08 h 40

      Chez nous, les magazines restent! J'ai gardé toute la collection des Débrouillards du grand frère pendant des années pour la faire connaître à son cadet. Et à la bibliothèque de l'école, les anciens numéros des Débrouillards peuvent être empruntés, comme des livres.

      Soit, les magazines ne durent pas vingt ans. Mais ils passionnent les jeunes et ce sont de formidables incitatifs à la lecture, ma famille en est la preuve. Merci, monsieur Maltais!

    • Bernard Terreault - Abonné 17 septembre 2014 08 h 41

      J'ai pris le goûtde lire avec le "Journal de Spirou" ET les romans d'aventure, et je n'en ai pas honte.

    • Jean Richard - Abonné 17 septembre 2014 08 h 59

      Il y a bien des livres qui passent et des magazines qui restent. Les deux peuvent durer le temps que dure le papier.

  • Christian Methot - Abonné 17 septembre 2014 07 h 52

    Je suis snob

    Attention, vous venez de vaire la promotion de la basse culture, celle du vulgaire, dans les pages du Devoir.

    Attendez-vous à des répliques cinglantes de bien des lecteurs!

  • Jean Richard - Abonné 17 septembre 2014 08 h 57

    Lire, c'est lire

    Votre article est pertinent. Dans le débat sur les bibliothèques dans les milieux scolaires, on a tendance à mettre le livre sur un piédestal et à négliger les autres supports de l'écriture que sont les magazines – et même les quotidiens.

    Or lire, c'est lire. Un texte, c'est un texte. Faire de tout ce qui n'est pas un livre un mode mineur de la lecture, c'est faire fausse route. L'enfant qui lit certains magazines fait d'une pierre deux coups lorsqu'il s'agit de magazine à contenu thématique. Chez plusieurs enfants, le magazine a souvent plus de chances de susciter l'intérêt que le livre traditionnel (et on oublie que des romans, il y en a des mauvais, des douteux, et ce n'est pas parce qu'ils sont reliés en livres qu'ils sont préférables à d'autres).

    Il faudrait donc apprendre à parler de lecture et non seulement de livres.

    • Jocelyne Lapierre - Abonnée 17 septembre 2014 16 h 42

      Très bon commentaire, monsieur Richard.

  • Daniel Faucher - Abonné 17 septembre 2014 11 h 06

    Du feuilleton à l'oeuvre littéraire

    Plusieurs auteurs devenus célèbres ont d'abord publié leurs écrits sous forme de feuilleton dans les journaux...

  • René Pigeon - Abonné 17 septembre 2014 13 h 16

    dépose Le Devoir & magazines dans endroits publics ; livres épuisés vs livres neufs vs magazines

    Je dépose Le Devoir et mes magazines après lecture dans des endroits publics pour que des inconnus découvrent des nouvelles et opinions qui leur donneront le gout de revenir à de telles lectures et qui haussent l’appréciation de ceux dont on parle dans ces articles.
    Les livres me permettent d’approfondir les sujet pour lesquels on juge avoir le temps alors que les magazines me permettent d’acquérir des connaissances sur un plus grand nombre de sujets que les livres ne le permettent puisqu’un livre exige plus temps qu’un article. Les livres gagneraient des lecteurs s’ils étaient rédigés pour que le lecteur puisse sauter ce qui répond moins à ses besoins et pour mieux retenir ce qu’il lit pour pouvoir raconter à d’autres et mettre en application ce qu’il apprend.
    Les politiques de lecture négligent les magazines ainsi que les livres dits usagers en négligeant de mentionner que les bouquineries de livres usagers vendent en fait des livres épuisés ou non épuisés mais retirés des librairies vendant des livres neufs.
    René Pigeon, abonné