Quel avenir pour l’éducation des adultes au Québec?

Au cours des prochains mois, une réflexion doit s’engager sur le renouvellement de la politique en éducation des adultes.
Photo: Thinkstock Au cours des prochains mois, une réflexion doit s’engager sur le renouvellement de la politique en éducation des adultes.

n juin dernier, l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA) apprenait que le nouveau gouvernement suspendait son financement de la Semaine québécoise des adultes en formation (SQAF). Quelques semaines plus tard, cette suspension était transformée en non-renouvellement du financement. Cette décision s’inscrit d’emblée dans les orientations du gouvernement actuel, qui réalise des compressions dans de nombreux programmes et activités.

 

Il faut d’abord souligner le double discours du gouvernement actuel. Le premier ministre a récemment indiqué que les décisions d’arrêt de programmes seront prises après leur évaluation et que les personnes et groupes impliqués connaîtront les raisons des compressions. Pour lui, il s’agit d’une intention pédagogique. Or, dans le cas de la Semaine, aucun protagoniste n’a présenté une évaluation et aucune raison n’a été fournie. Dans ces conditions, nous ne pouvons qu’être perplexes quant aux manières de faire de l’actuel gouvernement.

 

Cette perplexité est renforcée par le mandat de la commission permanente de révision des programmes, dont « les travaux […] devront permettre au gouvernement de statuer sur l’opportunité d’éliminer certains programmes, de réduire leur portée ou de les repositionner et d’être en mesure de les évaluer de façons continues ». En d’autres mots, trois possibilités existent : disparaître, réduire ou transformer. Mais dans un régime décisionnel reposant sur l’évaluation, une quatrième possibilité doit exister : croître.

 

En effet, des programmes qui répondent à des besoins, bien gérés et qui atteignent leurs objectifs, devraient pouvoir poursuivre leurs activités, voire être augmentés. Si cette dernière possibilité n’existe pas, le jeu est truqué et on ne peut plus parler d’un régime rationnel et raisonnable d’évaluation.

 

Un bilan plutôt positif

 

La SQAF a été mise en place dans la foulée de la politique de 2002 sur l’éducation et la formation des adultes et d’initiatives similaires existantes en Allemagne, en Suisse et en Angleterre. Cette activité s’inscrivait directement dans le sens des politiques récentes préconisées par de nombreuses organisations internationales : l’éducation et la formation tout au long de la vie. En effet, un élément majeur de celles-ci consiste à intervenir pour stimuler la demande de formation. Différents dispositifs sont proposés : reconnaissance des acquis, valorisation de l’expérience des adultes en formation, soutien financier favorisant l’accès, etc.

 

En soulignant l’importance de l’éducation des adultes, la diversité des pratiques en milieu institutionnel comme en milieu de travail et en milieu populaire et en présentant des témoignages positifs de personnes en formation, la SQAF agit sur la demande en éducation pour la stimuler. Il faut y voir un instrument de promotion d’une culture de la formation continue, qui a porté à conséquence en soutenant la participation et la concertation des réseaux dans toutes les régions du Québec.

 

L’ICEA est un lieu de rencontre et de concertation des réseaux de l’éducation et de la formation des adultes. Il a fait de la SQAF une activité majeure parce qu’elle rejoint autant les personnes formatrices qu’apprenantes, quel que soit le volet où ils font leur apprentissage. Une conséquence de la décision gouvernementale est de fragiliser l’Institut, qui fut créé il y a 68 ans.

 

Au cours des prochains mois, une réflexion doit s’engager sur le renouvellement de la politique en éducation des adultes. L’action gouvernementale ne peut pas s’éloigner d’une composante importante de toute politique inspirée par l’éducation et la formation tout au long de la vie, soit celle de la valorisation et la reconnaissance de la formation.

 

*Léa Cousineau, présidente; Isabelle-Line Hurtubise, vice-présidente; Nicole Boily, trésorière; Claude Bégin, Pierre Doray, Paula Duguay, personnes conseillères au comité exécutif et Ronald Cameron, directeur général de l’ICEA.

La SQAF agit sur la demande en éducation pour la stimuler

  • Nicole Moreau - Inscrite 22 août 2014 06 h 42

    pour moi, prendre ce type de décision de la part du gouvernement signifie que la formation continue est une responsabilité individuelle exclusivement

    pourtant, on a bien vu, au fil des dernières années, voire des dernières décennies, qu'il s'agit d'une importante responsabilité collective.

    le développement des communautés est associé à l'accès à la formation continue, sous des formes très diverses, selon les besoins et les compétences des uns et des autres, le développement des entreprises également, ce n'est pas la seule responsabilité des travailleurs de se former pour être en mesure de se maintenir au travail.

    ne pas favoriser le développement continue des populations par un éventail larges de mesures, c'est, je le crois, se "tirer dans le pied"

  • Grace Di Lullo - Inscrit 22 août 2014 13 h 16

    Essentielle Formation Continue

    La formation continue est à mon avis essentielle pour le Québec.
    Cette formation offre plusieurs services à des individus et des entreprises.
    Elle permet à des gens ayant abandonné un parcours éducatif de le reprendre à l'age certain d'être adulte.
    Elle permet à des gens de se réorienter en terme de carrière ou d'améliorer sa situation professionnelle.
    Elle permet également de répondre à des besoins formations criant dans les entreprises. Certes, on peut parler de la loi du 1%,mais il est clair que certaines entreprises privilégieront une formation,ou un groupe de ressources humaines lorsqu'il arrive de décider de l'attribution du 1%. Il arrive parfois que certaines entreprises formeront une personne pour que cette dernière forme les autres à son tour. La formation est faire sur le tas. Il serait bon que des entreprises des PE ou des PME se mutualisent pour faire bénéficier leurs employés de la formation continue.
    Elle permet également à des individus et des entreprises de se mettre à jour.

    À mon avis, la formation continue devrait être un aspect important des mesures favorisant l'emploi et le développement de la main d'oeuvre. Elle est trop souvent oubliée ou tout simplement peu considérer.

    La formation continue est j'en suis certaine un facteur d'enrichissement individuel et collectif.