Plaidoyer pour la cigarette électronique

<em>«Quand, chaque année au Québec, plus de 10 000 personnes meurent du tabac, comment interdire aux fumeurs d’avoir accès à une nouvelle technologie assimilable aux substituts nicotiniques?»</em>, demande l'auteur.
Photo: Agence France-Presse (photo) Christophe Ena «Quand, chaque année au Québec, plus de 10 000 personnes meurent du tabac, comment interdire aux fumeurs d’avoir accès à une nouvelle technologie assimilable aux substituts nicotiniques?», demande l'auteur.
Dans son article La cigarette électronique : loin d’être un remède miracle pour cesser de fumer, Monsieur Mario Bujold met en doute les taux de succès annoncés dans mon livre sur la cigarette électronique. Je faisais référence aux sept études observationnelles disponibles, réalisées entre 2010 et 2013. En moyenne, on constate un taux moyen de 73 % d’arrêt du tabac chez les 5843 vapoteurs (utilisateurs des cigarettes électroniques) ayant participé à ces enquêtes.

De son côté, Monsieur Bujold fait référence à l’étude de Christopher Bullen, dans laquelle il n’était observé aucune différence significative entre les timbres à 21 mg de nicotine, les cigarettes électroniques testées et le placebo. Outre le fait que l’inefficacité complète des timbres laisse entrevoir un défaut de protocole, l’échec de la cigarette électronique utilisée est expliqué par l’auteur lui-même : «Les faibles taux de sevrage observés doivent être dû à l’inefficacité des dispositifs utilisés pour délivrer la nicotine : comme cela a été expliqué, leur délivrance a été insuffisante (ce qui n’est pratiquement plus le cas avec les modèles de cigarettes électroniques plus récents).» Christopher Bullen précise en effet qu’avec le modèle de cigarette électronique de son étude, les participants ne recevaient que 20 % de la dose de nicotine qu’ils obtenaient avec leurs cigarettes. C’est du reste depuis 2012 que les dispositifs de cigarettes électroniques sont devenus plus efficaces, expliquant leurs succès auprès des fumeurs désireux d’arrêter de fumer.

Monsieur Bujold affirme ensuite que «la cigarette électronique présente un risque réel de faire augmenter la consommation de tabac au Québec, notamment chez les jeunes». Pourtant, la veille de son article était publié dans le New England Journal of Medicine l’article de la Dre Amy Fairchild faisant référence aux résultats d’observation des Centers for Diseases Control and Prevention de l’usage des cigarettes classiques et électroniques chez les étudiants américains en High School en 2011 et 2012. On constate que si 15,8 % d’entre eux fumaient et 1,5 % vapotaient en 2011, ils n’étaient plus que 14 % à fumer en 2012 et 2,8 % à vapoter. Autrement dit, chez ces étudiants, l’usage de la cigarette électronique se substitue à celui du tabac.

Quand, chaque année au Québec, plus de 10 000 personnes meurent du tabac, comment interdire aux fumeurs d’avoir accès à une nouvelle technologie assimilable aux substituts nicotiniques? Comme les autres substituts, la cigarette électronique ne contenant pas de tabac, apporte de la nicotine sans les dangers de la combustion du tabac. En plus des autres substituts, elle procure à ses utilisateurs un plaisir qu’ils apprécient et qui explique son grand succès. Comme le rappelle Monsieur Bujold, le nombre de ses utilisateurs a plus que doublé aux États-Unis l’an dernier. Devant un tel succès qui vient concurrencer l’usage du tabac, comment ne pas faire de la cigarette électronique un outil de plus dans la lutte contre le tabagisme?
6 commentaires
  • Richard Laroche - Inscrit 30 janvier 2014 07 h 28

    C'est pas logique

    Ceux qui veulent combattre leur dépendance à la nicotine doivent arrêter la nicotine, peu importe sous quelle forme.

    Remplacer une source de nicotine par une autre moins "dommageable", ça ne change pas la dépendance, le gaspillage de temps et d'argent et les dommages de la nicotine même sur la santé.

    La promotion d'une tel produit par un médecin est un cas de déontologie. Le collège des médecins est une vraie farce et laisse ses membres faire carrément n'importe quoi.

    • Yves Archambault - Abonné 30 janvier 2014 10 h 56

      Monsieur Laroche devrait s'ouvrir à la problématique de la réduction des méfaits....

      Yves Archambault

    • Gaetane Derome - Abonnée 30 janvier 2014 14 h 59

      @ M.Laroche,

      Le Dr.Philippe Presles est,a ma connaissance,un medecin francais,tabacologue,une specialite qui n'existe pas au Quebec.Il n'a donc rien a voir avec le College des Medecins du Quebec.
      Par ailleurs,ce n'est pas vraiment la nicotine qui est dommageable pour la sante mais tous les autres produits inhales.Bien sur,c'est la nicotine qui causera la dependance mais ce n'est pas celle-ci qui causera les maladies pulmonaires ou cardiovasculaires secondaire a la consommation du tabac.
      L'ideal est de ne pas consommer de tabac ni de nicotine mais l'article visait ici a faire prendre conscience d'une alternative pour ceux qui n'arrivent pas a se passer de ce produit.A noter qu'en ce moment,le nombre de fumeurs stagne autour du 20% et je ne pense pas qu'on puisse aller bien plus bas...

    • Richard Laroche - Inscrit 30 janvier 2014 15 h 35

      Avec ces tournures de phrase maladroites, on pourrait quasiment croire que la cigarette électronique ne présente pas de danger pour la santé!

      Un accro qui peut acheter sa drogue plus longtemps sans mourir, c'est payant! Il y a apparence de mauvaise foi quand un médecin livre une lutte strictement adressée au tabagisme sans se préoccupper de la problématique principale: la dépendance à la nicotine.

      Quand le docteur Presles affirme que la cigarette électronique apporte de la nicotine sans les dangers de la combustion du tabac, il joue dangereusement sur des questions d'interprétation. La nicotine seule comporte des effets négatifs sur la santé. Les dangers de la nicotine sont compris à l'intérieur des dangers du tabac.

      Il serait donc plus juste de dire que la cigarette électronique apporte de la nicotine avec certains dangers de la combustion du tabac en moins.

  • Robert Henri - Inscrit 30 janvier 2014 08 h 46

    Une béquille

    Une béquille. Juste une simple béquille. Bien sur, certains en ont besoin mais rien ne vaut la volonté. Vouloir vraiment arrêter, le meilleur moyen.

  • François Deschênes - Inscrit 30 janvier 2014 21 h 53

    Qu'est-ce qu'un non-fumeur connait de la volonté face au tabagisme?
    En quoi ça le regarde la façon dont le fumeur tente de se libérer de sa dépendance?
    Pourquoi tant de hargne et de morale envers une problématique qui n'est pas la sienne?
    Quels sont les motifs pour imposer sa façon de voir les choses?
    Losqu'une personne victime du tabagisme trouve une solution, pourquoi ne pas l'aider en la laissant faire ou même en l'encourageant?
    Parmi les moralistes qui veulent contrôler la vie des autres il y a des gros qui devraient manger moins de cochoneries, il y a des pollueurs qui devraient polluer moins, il y a des automobilistes qui devraient prendre le transport en commun, il y a des exploiteurs qui devraient exploiter moins, des alcooliques qui devraient boire moins, des endettés qui devraient dépenser moins, des abuseurs qui devraient abuser moins, des gamblers qui devraient contrôler leur jeu... À chacun ses défauts et pratiques auto-destructrices qui nuisent à la société. Personne n'est parfait et chacun devrait chercher à s'améliorer sans pour autant nuire aux autres. Vivre et laisser vivre, se mêler de ses affaires. Mais pourquoi s'attaquer particulièrement aux fumeurs et à ceux qui essaient de se sortir de cette dépendance au lieu de les aider juste en se mêlant des ses affaire, c'est à dire en ne cherchant pas à faire interdire le remède qu'ils jugent efficace? Pour la cigarette électronique il faudrait faire confiance aux utilisateurs et les laisser en paix à leurs affaires. Et reconnaître que si certains fument et essaient de s'en sortir ce n'est justement pas de nos affaires que de pourir leur vie en imposant une façon de faire alors qu'on a pas l'expérience du problème. Bref la vapote regarde les vapoteurs et les autres devraient se concentrer sur leurs problèmes à eux.