Ni gauche accommodante ni droite libertaire

La nation québécoise arrive à la croisée des chemins relativement à la question de son existence. Le temps n’est donc plus aux tergiversations idéologiques, aux utopies compensatoires, qu’elles soient de gauche ou de droite.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La nation québécoise arrive à la croisée des chemins relativement à la question de son existence. Le temps n’est donc plus aux tergiversations idéologiques, aux utopies compensatoires, qu’elles soient de gauche ou de droite.

Génération nationale a été fondée dans le but de faire la promotion de l’idée de nation auprès de la jeunesse québécoise. Alors que la question de notre statut national n’est toujours pas réglée, une forme d’autodénigrement décomplexé sous couvert de bons sentiments semble émerger au sein de nos élites. Tandis que le Québec semble actuellement bloqué, notre jeunesse n’est pas à l’abri des pièges liés aux deux courants idéologiques post-nationaux se livrant à une compétition en matière de « progressisme » et de « modernisme ».

D’un côté, la « gauche », « accommodante » à souhait, s’estime parfois « citoyenne du monde » et « cosmopolite », et rejette les frontières. Au sein de cette « gauche », la rhétorique de la « tolérance » est surutilisée pour camoufler le vertueux reniement de soi. Son « progressisme » la mène à l’acceptation de pratiques archaïques et obscurantistes au nom de « l’ouverture à l’autre ».


De l’autre, une nouvelle « droite » s’autoqualifiant bien souvent de « libertarienne ». Ceux qui s’en réclament versent dans un individualisme forcené et dans un rejet viscéral de l’appartenance nationale. Ceux qui s’en réclament sont bien souvent anglomanes, fédéralistes, partisans de la mondialisation financière et obsédés par la culture de masse américaine.

 

Dépassée, la question nationale ?


Entre ces deux options, l’idée de la nation doit prévaloir comme horizon de pensée. Génération nationale réaffirme la légitimité même de la majorité historique de se définir comme référence culturelle. Notre statut de « petite nation » - dont l’existence même n’est aucunement garantie à long terme - exige précisément une fermeté accrue en matière d’affirmation identitaire. La nation se doit d’être le cadre de solidarité et de protection de ses composantes, surtout à l’ère d’une mondialisation bien souvent située, à tort, comme « fin de l’histoire ».


Pour nous, la question nationale comme axe de polarisation n’est aucunement dépassée. Si la tentation de se normaliser et de placer le débat sur le même pôle que l’ensemble des sociétés matures et achevées est bien réelle, on ne peut se comporter comme si le Québec était déjà un pays alors qu’il n’en est pas encore un. Aucun projet de société n’est réalisable tant et aussi longtemps que la nation québécoise sera en elle-même inachevée et condamnée au statut de demi-État, à moins de démissionner collectivement du projet d’indépendance - ce qui aurait des conséquences dramatiques et permanentes.


À l’origine de notre démarche, d’abord, un sentiment. Le sentiment d’une majorité nationale qui a perdu foi en elle-même et dans les institutions qui la porte. Sentiment bien triste, pour qui en voit d’emblée les tenants et aboutissants. Bien qu’elle soit sujette à la tutelle d’un gouvernement fédéral élu par une majorité étrangère, et précarisée culturellement par l’attrait de l’anglais et de la culture de masse américaine, sa minorisation chez elle et sa disparition lente n’a pourtant rien d’une fatalité imposée. Bien au contraire, elle a tout d’une fatalité librement consentie.


Or, nous l’affirmons sans détour : que ce soit par sentiment de fatigue culturelle, ou pour mieux s’affirmer prétendument de notre temps, jamais nous ne consentirons à une telle fatalité. Il est vrai que la nation québécoise arrive à la croisée des chemins relativement à la question de son existence. Le temps n’est donc plus aux tergiversations idéologiques, aux utopies compensatoires, qu’elles soient de gauche ou de droite. On dit que l’époque de la Révolution tranquille est terminée. Qu’elle le soit ou non, sans la renier, nous ne nous encombrerons plus de ses idéologies qui l’ont détournée de sa raison d’être initiale, soit la nation.

 

Une génération pour la nation


La prochaine ère de réforme, nous ne la voulons pas tranquille, non plus que nous ne la voulons révolutionnaire. Nous désirons susciter une entreprise de redressement national, de ré-enracinement culturel, lequel requerra un sens certain de la continuité, mais aussi un certain sens de la rupture. Car ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire nationale, c’est en effet accepter une part de « déjà là », dont nous nous exercerons à formuler une synthèse. Mais c’est aussi assumer une nécessaire rupture d’avec de vieux réflexes. De vieux réflexes canadiens-français, comme l’apolitisme et la tentation de souscrire à des utopies compensatoires. De nouveaux réflexes québécois en voie de s’installer, tels que le pessimisme à outrance, le repli individuel dans la société de consommation, voire parfois la tentation à tout relativiser pour se conforter soi-même dans l’inaction, le non-effort.


Nous proposons aux Québécois de renouer avec l’idéal de la nation, nous leur proposons de rompre avec notre statut canadien qui nous confine à l’infantilité par sa mise en tutelle. Nous proposons à la jeunesse de se donner les moyens collectifs de ses ambitions individuelles, nous lui proposons Génération nationale.

 

*Mathieu Pelletier, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Antoine Pageau St-Hilaire, Sébastien Bilodeau, Esther Benfredj, Hadrien Paquette et Simon Thouin. Tous sont membres de l’exécutif de Génération nationale.

24 commentaires
  • Christian Montmarquette - Inscrit 15 janvier 2013 05 h 52

    L’indépendance : À gauche, à droite ou en avant ?


    «Le temps n’est donc plus aux tergiversations idéologiques, aux utopies compensatoires, qu’elles soient de gauche ou de droite» ..dit l'article.

    Les gens de la droite nationaliste reviennent avec leur discours éculé à l'effet que l’indépendance ne serait à de gauche, ni à droite.

    Mais, le jour où ils devront se brancher et écrire leur constitution, il faudra bien qu’ils se décident et qu’ils nous disent si cette constitution sera progressiste ou rétrograde ?

    À savoir, si ce Québec indépendant sera pour ou contre la peine de mort? Les électeurs pourront voter directement pour leur premier ministre ou leur président? Notre mode de scrutin sera-t-il encore calqué sur le système britannique ou proportionnel? Pourrons-nous destituer des députés et des gouvernements scélérats? Le droit à un revenu minimum sera-t-il garanti? L’itinérance sera-t-elle acceptable? Le droit au logement sera-t-il protégé par la loi? Le droit à la santé et à l’éducation seront-ils protégés par l'État ou abandonnés à l’entreprise privée ? - Qu’en sera-t-il du droit des femmes à l’avortement? Qu’est-ce que nos gouvernements auront le droit de faire de nos ressources naturelles? Notre constitution protègera-t-elle les écosystèmes du Québec? L’État pourra-t-il privatiser l’eau etc.

    Rien qu’à voir, on voit bien.

    Quand ces nationalistes de droite nous répètent ad nauseam que :l’indépendance n’est ni à gauche, ni à droite, mais quelque part en avant dans les limbes...

    Exigeons désormais qu’ils nous disent de quoi sera fait cet «en avant» plutôt que de les laisser nous demander de leur signer un chèque en blanc.

    Christian Montmarquette
    Montréal

    Addendum :

    «Aucun projet de société n’est réalisable tant et aussi longtemps que la nation québécoise sera en elle-même inachevée »-Génération nationale

    Ça na aucun sens d'affirmer des énormités pareilles sachant tout ce qui s'est passé durant la révolution tranquille.

    .

    • Marc Blanchard - Inscrit 15 janvier 2013 09 h 23

      C. Montmarquette est au rendez-vous pour servir sa propagande.

    • Eric Harvey - Inscrit 15 janvier 2013 09 h 27

      Bien d'accord avec vous!

      Personnellement, j'ajouterais aussi que je n'aime pas cette idée de séparer l'option Québécoise en deux extrêmes qu'on nomme "gauche accomodante" ou "droite libertaire".

      L'idée de ce mouvement est intéressante, mais bien franchement essayer d'inventer des extrêmes pour justifier son existence au centre ne me semble pas convainquant. Sur quelle analyse profonde et quantitative de la société un tel constat est-il basé?? Sur les propos télévisé de Duhaime et de RadioX??

      Ensuite, que de prétendre que le Québec est inachevé me semble être un sophisme en soit, pousser une semi-vérité pour vendre le bébé, mais aussi l'eau du bain...Le Québec n'est pas plus apolitique que les autres provinces et la société de consomation dans laquelle certain se réfugie n'a rien de typiquement Québécois non plus. Encore une fois, pourquoi utiliser ces arguments pour vendre spécifiquement l'idée que le Québec a besoin de l'indépendance pour règler tout ces problèmes qui ont beaucoup plus à faire avec un phénomène générationel global...

      il y'a effectivement beaucoup à faire pour faire de ce monde un monde plus équitable et plus juste, et bien franchement la souveraineté du Québec ne vaut rien si elle ne se situe pas dans un idéal d'ouveture et de justice sociale. Les leviés pour changer le monde sont majoritairement supra-nationales maintenant, et puis pas besoin de l'indépendance pour agir localement non plus. La société civile a tout les pouvoirs dont elle a besoin pour se prendre en main et construire un meilleur demain.

      my two cents! (oops je suis donc anglophile....)

    • Pierre Schneider - Abonné 15 janvier 2013 10 h 52

      Le grand absent de ce discours n'est pas dans la polarité gauche-droite, mais c'est l'idéal républicain (cette idée suspecte, dixit Marc Chevrier) qui est censurée dans les discours des tous ces souverainistes qui oublient que c'est le peuple qui doit être souverain et que c'est à lui seul et non aux élites serviles d'écrire cette constitution citoyenne d'un Québec libre.

    • Richard Laroche - Inscrit 15 janvier 2013 11 h 22

      Une constitution doit être définie uniquement par le droit naturel. La règle d'or, les droits de l'Homme et de l'Environnement, etc.

      Une constitution enfermée dans le progressisme est aussi enfermée qu'une constitution conservatrice (ou rétrograde comme tu dis). L'imposition autoritaire d'une forme de société à travers la constitution implique une tyrannie intrinsèque. Qui saurait ce qu'est la justice et la liberté, sinon un tyrant?

      La violence est l'expression ultime du droit naturel et aucune nation ne sera stable et en paix sans s'y soumettre. C'est pourquoi accepter la guerre des idées, perpétuelle, est la seule voie humaine non-violente pour une société durable.

    • Anders Turgeon - Abonné 15 janvier 2013 11 h 38

      M. Montmarquette, pourquoi la Constitution ne pourrait-elle être pas entre progressisme et libéralisme politique et économique?

    • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 15 janvier 2013 12 h 28

      @Pierre Schneider: Si les souverainistes étaient vraiment républicains, ils nous parleraient beaucoup d'équilibre et de contre-pouvoirs. Or ils ne parlent que d'unité, de centralisme, d'intégration, d'homogénéité. Le républicanisme, c'est beaucoup plus que la souveraineté du peuple, qui n'est que le début d'une constitution qui assurerait la liberté et l'égalité. La république américaine s'est fondée à partir du conflit entre ses États en inventant le fédéralisme (Madison entre autres) et en se dotant d'institutions fortes.
      Je n'entends rien en ce sens dans le discours nationaliste, qui ne cesse de promouvoir l'idée de se délester de pouvoirs plutôt que d'en créer de nouveaux qui protégeraient le citoyen contre la tyrannie, surtout celle de la majorité à cinquante plus un.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 15 janvier 2013 12 h 57

      Les orientations politiques d'un pays/État et sa constitution sont deux choses qui doivent demeurer clairement distinctes. Les politiques changent avec les époques, les générations, c'est normal. La constitution doit servir de balises pour encadrer les politiques.

      Lorsque vous écrivez, M. Montmarquette "Pourrons-nous destituer des députés et des gouvernements scélérats?", faites-vous allusion à ces dictatures communistes, ou à des présidents de gouvernements socialistes pourris?

    • Christian Montmarquette - Inscrit 15 janvier 2013 14 h 13


      «Lorsque vous écrivez, M. Montmarquette "Pourrons-nous destituer des députés et des gouvernements scélérats?", faites-vous allusion à ces dictatures communistes, ou à des présidents de gouvernements socialistes pourris?»-Albert Descôteaux

      Je fais d'abord allusion à la nécessité d'inclure dans la constitution une instance et un pouvoir citoyen capable de se débarrasser d'un gouvernement corrompu ou qui ne respecte pas ses engagements électoraux.

      Il est inconcevable dans une démocratie digne de ce nom, qu'il soit possible de gagner des élections en faisant des promesses que le parti ne respecte pas une fois élu, alors que de simples entreprises se feraient facilement poursuivre pour bris de contrat dans une simple entente commerciale.

      La participation politique du citoyen ne devrait pas se résumer à voter une fois aux 4 ans, et de se retrouver ensuite muselé dans une quasi-dictature, alors que tous savent que les gouvernement sont dirigés par en arrière par de puissants pouvoirs financiers qui tirent les ficelles du pouvoir et manipulent nos politiciens comme les marionnettes d'un théâtre de carton.

      Christian Montmarquette
      Montréal

      .

    • Jean-François Trottier - Abonné 15 janvier 2013 16 h 53

      M. Montmarquette, vous cultivez l'art de mettre la charrue avant les boeufs vous manquez de sens démocratique.
      Ce faisant vous tombez dans le vieux piège de la clique à Trudeau, qui toujours exigeait de savoir ce qui va se passer si.... et si.... et encore! Vouloir tout savoir du futur est non seulement stupide mais démagogique. En gros vous étalez clairement votre manque de confiance en votre nation et demandez des assurances précises sur mille petits points comme si l'on pouvait prévoir aussi facilement en politique qu'aux échecs.
      Je vais vous poser une seule question : croyez-vous que vos demandes ont plus de chance d'avoir une réponse positive dans le futur à l'intérieur du Canada ou au Québec ?
      Non, je n'attends pas de réponse, quoique pour ma part elle est évidente avec l'emprise que le Bible Belt de l'ouest impose de plus en plus sur Ottawa.
      Je désire seulement vous faire constater que la question réelle se pose autrement : l'espace géographique se mesure au confort que l'on y ressent. Par exemple je me sens "chez moi" à New-York, disons comme un invité. Je me sens bien à Chicago ou Dallas parce que j'y connais des gens brillants et intéressants. Par contre je ressens toujours une petite gêne dans les milieux affairistes de Toronto, probablement parce que j'y vais pour affaire justement. Sais pas.
      Mais il n'y a qu'au Québec que je me sens le droit de débattre, comme en famille je dirais. Il y a des lieux que je fuis comme on fuit un cousin raseur, des endroits que je préfère... mais j'y suis "en famille" tout de même.
      Ceci dit, vous avez raison de dire que le débat gauche-droite est inhérent à la question nationale. Toutefois vos arguments sont pour le moins navrants. Créer un espace-pays est une chose, s'y démener pour le rendre viable, une autre.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 janvier 2013 18 h 46

      @ M. Montmarquette

      Vous êtes encore « poigné » avec votre faux discours de la gauche\droite. Les tyrannies se situent toujours aux antipodes du centre politique M. Montmarquette. Et vous n'avez pas encore compris que la convergence de l'indépendance se fait avec les gens de toutes les couches sociétales et niveaux socio-économiques et non pas seulement avec nos Bobos du plateau et leur programme illuminé qui promet tout à tout le monde, sauf comment vont-ils payer la facture? Et ratisser à gauche de la gauche ne produira pas une majorité gagnante lors d'un référendum. Ah j'oubliais, seulement 50% de vos militants se disent souverainistes et donc l'option de l'indépendance n'est pas importante pour ce parti, lui qui est financé par de l'argent prêté par des anglophones.

      Ce manifeste dénonce aussi cette droite fédéraliste servile au pouvoir de l'argent et qui rejette du même coup leur héritage culturelle et linguistique en embrassant cette mondialisation illusoire qui ne profite qu'au 5% de la population.

      Enfin un manifeste, même s'il a été écrit par des jeunes, qui est plus ancré dans la réalité quotidienne des gens ordinaires que la go-gauche caviar de Québec solidaire. La majorité silencieuse se retrouve dans ce centre qui vous rend si inconfortable, vous qui avez seulement 6% de gens qui vous supportent et qui ne dépassez pas les limites du métro de Montréal. Et vous avez déjà fait votre plein de supporteurs.

      Est-ce que vous avez pris la peine de lire tout leur manifeste, surtout en ce qui concerne l'éducation? Je suis pleinement d'accord avec « En écrasant la transmission de connaissances au profit de l’acquisition de compétences, elle tend à confiner l’éducation dans un rôle strictement technique et utilitaire ». C'est rare d'entendre des mots d'une lucidité et d'une maturité exemplaire dans un domaine aussi important que l'éducation.

      Tout simplement bravo à Génération nationale.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 16 janvier 2013 02 h 22


      «Vous êtes encore « poigné » (SIC) avec votre faux discours de la gauche\droite. »-Cyril Dionne

      C'est une insulte à l'intelligence de renier la dialectique gauche-droite en politique, alors qu'elle est au coeur des débats sur le reste de la planète.

      Et plutôt que de sombrer dans l'insulte et vos «go-gocheries» infantiles donnez-nous donc «votre» vision du pays, car pour l'instant, nous n'entendons que l'écho du vide abyssal de vos propositions.

      Et pour autant que je sache, ce n'est pas Québec Solidaire qui renie la question nationale, mais les nationalistes de droite qui renient la question sociale et constitutionnelle.

      La droite nationaliste qui se définie comme des indépendantiste inconditionnelle accuse sans cesse Québec Solidaire de vouloir mettre des conditions à l'indépendance, alors que c'est exactement le contraire. C'est la droite nationaliste refuse toute discussion sur l'indépendance, si cela engendre un débat gauche-droite; ce qui est déjà une énorme condition!

      En ce qui me concerne, quand je vois quelqu'un qui tente de m'embarquer dans un projet qu'il refuse de définir, généralement, ça sent mauvais. Et si on ne me défini pas le pays à naitre, j'en déduis presqu'automatiquement qu'on me réserve de mauvaises surprises.

      En refusant tout débat préalable et toute définition du pays, protection des droits civils et des droits acquis, on s'attend donc à ce qu'il y ait quelque chose à cacher et recul plutôt que progrès.

      D'ailleurs, et pour ne prendre que cet exemple, qu'a donc réellement fait Trudeau en 1982 au moment du rapatriement de la Constitution? Il en a profité pour faire perdre des acquis au Québec, dont l'important droit de véto.

      Je vous prie donc de vous définir avant de vous signer un chèque en blanc, parce que moi, un pays de droite, j'en ai déjà un, et il se nomme «CANADA».

      Christian Montmarquette
      Québec Solidaire
      Montréal

      .

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 15 janvier 2013 06 h 46

    Nation et État

    " Nation : un peuple en possession d'un État" (K. Deutsch)

    Notre Nation a plus de 400 ans d'histoire. Nous sommes passé de l'Habitation de Québec (naissance de notre État) à ma Cabane au Canada (annexion de 1760) avec pour horizon, l'assimilation ( M. Séguin).

    Se doter d'une doctrine politique claire pour penser notre nation est donc une question existentiel. D'où l'intérêt pour cette iniatitive de Génération nationale.

  • Marc Ouimet - Abonné 15 janvier 2013 08 h 28

    proposition intéressante

    Je trouve l'initiative intéressante, bien qu'il faille à mon sens y ajouter beaucoup plus de profondeur. Si l'identité nationale est, d'une certaine façon, l'âme d'un peuple, il importe de la définir plus que de l'invoquer. Oui, la question nationale a trop souvent et depuis trop longtemps été tassée par bien d'autres (dont la plupart issue du néolibéralisme) et je salue cette initiative pour la remettre au centre du débat public. J'en serai.

    Ceci étant dit, il me semble qu'il manque une réflexion de fond: qu'est-ce que la nation québécoise, comment se définit-elle dans le temps, hier, aujourd'hui et demain? Quelles en sont les valeurs, quel projet de société porte-t-elle? Quelle vision du monde, de l'Autre (anglophone, autochtone, immigrant)? Quelle vision du territoire, de son habitation, de son "développement" (considérant toute les dérives que ce terme a pu justifier, tant sur le plan environnemental que de l'empiètement des territoires - voire de la dignité - des nations autochtones)?

    La question nationale intéresse encore, seulement beaucoup de gens, moi le premier, refusons les chèque en blanc à ses ténors. Il faut s'organiser, certes, mais pas au prix de ne pas se donner l'espace pour réfléchir et rêver sans ambages, parce que c'est ce que devrait être un projet de pays: une utopie orientée vers le bien commun, l'expression de la souveraineté d'un peuple habitant un territoire donné (dans notre cas incluant les nations autochtones et les minorités), de ses idéaux de vivre-ensemble, de sa place dans le monde. Il faut des poètes ET des stratèges, et les mécanismes pour qu'aucun ne triomphe sur l'autre.

    Je me sens optimiste ce matin.

  • France Marcotte - Abonnée 15 janvier 2013 09 h 04

    Du fond de notre âge

    Difficile de ne pas se réjouir de cette vague d'énergie nouvelle qui tente de se soulever, de venir au monde, mais il y en a qui y parviennent.

    Cette poussée semble toutefois assez puissante pour envoyer valser de tels obstacles.

  • Serge William - Inscrit 15 janvier 2013 09 h 16

    Devant

    La posture est très bien illustrée par cette citation de Bernard Landry. Ce n'est pas parce que que monsieur Landry est moins à gauche que QS, que son insistance à prioriser la souveraineté plutôt que le débat gauche-droite est moins pertinent.

    Pour orienter nos moyens d'actions un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, il faut d'abord les avoirs ces moyens. Or il nous manque la moitié de notre coffre d'outils. Vouloir écarter cette réalité pour des convictions de droite ou de gauche c'est se condamner à l'inaction perpétuelle. Ou jusqu'à ce que les forces souverainistes ne soit paralysées par les effets irrépressibles d'une démographie clairement à l'avantage du statu quo.

    Les souverainistes de gauche comprennent bien la logique du procédé malgré les hauts cris de la frange la plus extrême de cette mouvance.

    Personnellement je félicite Génération nationale pour sa proposition. Cette initiative mérite le soutien de tous les souverainistes.