Médias anglophones - Que la diabolisation des souverainistes cesse!

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal considère que l’attentat politique survenu au rassemblement du Parti québécois le 4 septembre dernier est un acte isolé de folie, mais qu’il a eu néanmoins un déclencheur sociopolitique. C’est pourquoi nous lançons un appel à la modération des médias anglophones québécois et canadiens qui ont multiplié des accusations de xénophobie et toutes sortes d’insinuations calomnieuses à l’endroit des souverainistes ou des défenseurs du français.


Plusieurs ont constaté récemment l’émergence d’une inquiétude, sinon un climat de peur dans la population anglophone, qui n’est certainement pas sans rapport avec les dérapages diffusés dans ces médias, et lesquels se font plus fréquents lorsque les enjeux électoraux le commandent.


Par exemple, dans The Gazette, le National Post ou le Globe and Mail, on traite les souverainistes québécois ou ceux qui veulent renforcer la loi 101 de franco-suprémacistes, d’intolérants, d’anglophobes, de faucons, de radicaux, d’idiots fermés d’esprit, qui veulent assimiler, détruire et qui méprisent les minorités, etc. Et on diffuse sans retenue des commentaires carrément haineux des lecteurs qui ne se gênent pas de faire des parallèles avec les mouvements fascistes et néonazis.

 

D’autres moyens de communication


Ces accusations sont profondément injustes. Le projet indépendantiste est aussi légitime que le projet fédéraliste. Le « nous » canadien n’est pas plus inclusif que le « nous » québécois. Le multiculturalisme n’est pas supérieur à l’interculturalisme. L’aménagement linguistique québécois est éminemment plus généreux envers la minorité historique anglophone que celui qui prévaut dans le reste du Canada pour les francophones.


Pour qu’il y ait un débat démocratique et respectueux, il faut utiliser d’autres moyens de communiquer que de se culpabiliser ou de se diaboliser mutuellement. D’une part, les Québécois ne doivent plus accepter que des accusations aussi graves soient portées à la légère et à des fins politiquement partisanes.


D’autre part, nous sommes convaincus qu’une majorité d’anglophones considère que les Québécois ont le droit d’assurer la survie et l’épanouissement de leur langue et de leur culture, comme tous les autres peuples. La SSJBM a des membres de toutes les langues et de toutes les origines depuis 1834.


Des intellectuels et des politiciens anglophones ont défendu la légitimité et l’éthique de la Charte de la langue française. Qu’on pense à Gregory Baum (professeur émérite à l’Université McGill), Ramsay Clark (ex-procureur général des États-Unis), Normand Spector (ex-directeur de cabinet du premier ministre Brian Mulroney) et plusieurs autres.


Nous invitons ces éléments anglophones modérés à intervenir davantage. Parce qu’au-delà de nos intérêts nationaux respectifs, nous croyons en une vie internationale fondée sur la liberté et la solidarité entre les peuples, et sur la fraternité entre les citoyennes et les citoyens du monde. Il en va de l’avenir de notre vie démocratique en tant que nations québécoise et canadienne, quels que soient nos choix.

***
 

Mario Beaulieu - Président général de la SSJBM et du Mouvement Québec français

27 commentaires
  • Philippe Hébert - Inscrit 7 septembre 2012 06 h 34

    Lisa Corbella du Calgary Herald en remettait hier, traitant le PQ du parti le plus raciste de l'histoire du Canada.

    Le pire dans tout cela, c'est que ces propos et articles hostiles, malintentionnés et de propagandes à l'égard du mouvement souverainistes dans les médias anglophones sont tràs actifs depuis le début de la campagne électorale, et que sur leurs sites internet respectifs leurs sections de commentaires croulent sous le sinsultes envers les souverainistes ou les québécois. Le Quebec bashing est devenir un plaisir chez les anglophones à l'extérieur du Québec.

    Et malgré toute cette visibilité de commentaires disgracieux à notre égard, les médias québécois ont fermés leurs yeux et n'en ont même pas dénoncés. Cette lettre publiée aujourd'hui est la première qui parle de cela dans un média du Québec.

    • Phil Roberts - Inscrit 10 septembre 2012 00 h 22

      Le Calgary Herald est le pire. Même pour un anglo-québécois comme moi, je trouve qu'il ont souvent torts et ils ne comprennent pas les complexités de la société québécoise. Selon moi, tous les journaux ouest de Toronto ne valent même pas la peine de lire.

  • Annie-Ève Collin - Inscrite 7 septembre 2012 06 h 50

    des liens svp

    Dernièrement, j'ai fréquemment lu des commentaires selon lesquels il y a une diabolisation, voire une haine des Québécois francophones, et particulièrement de ceux qui sont nationaliste et/ou souverainistes, dans les médias anglophones. Je ne remets en cause la bonne foi de personne, mais j'aimerais vérifier par moi-même. J'ai cherché dans des journaux anglophones (Toronto Star, Globe and Mail), et en dehors de quelques grossièretés ici et là dans les commentaires des lecteurs, je n'ai pas constaté ça. Du refus de la souveraineté, des critiques de la loi 101, oui, mais pas de la diabolisation ni de la haine. Voici où je veux en venir : quelqu'un peut-il m'indiquer des sources, idéalement des liens internet, où je pourrais trouver des exemples de cette diabolisation dont on parle ? Merci.

    • Daniel Côté - Inscrit 7 septembre 2012 12 h 34

      Pour les médias anglophones, je ne pourrais pas dire mais personnellement, j'ai passé la fin de semaine de la fêtes du travail dans l'ouest de Montréal et mon neveu m'a fait part que pour la plupart des ses amis allophones (dans l'ouest de Montréal, la langue parlée est le français dans les cours et l'anglais dans les couloirs de l'école!) Pauline Marois c'est Adolf Hitler.

      Ils n'ont que 15-17 ans!
      D'où peut bien provenir cette pensée?

  • Guy Berniquez - Inscrit 7 septembre 2012 07 h 44

    Il n'y a pas que les médias anglophone

    En diabolisant les manifs des étudiants durant le printemps érable, Jean Charest et son entourage on installer climat de haine et de violence dans la population.

    Nous à Montréal on voyait bien qu'il n'y avait pas de quoi à fouetter un chat. Par contre, en région c'est toute une autre chose. De loin, par média interposé les choses paraissent pires. Alors, un type en état de psychose peut aisément trouver un exécutoire à sa violence où il pense la trouver.

    D'autant plus que Mme Marois a approuvé ces manifs en descendant elle-même dans la rue avec sa casserole.

    Manifs étudiantes + les libéraux + les médias + les médias anglais francophobe + Élection = Violence

    • Daniel Côté - Inscrit 7 septembre 2012 12 h 40

      Quand le Premier Ministre Jean Charest, l'apôtre de la non-violence dans les rues, affirme sans cesse que les "séparatistes" sont dangereux, il n'en faut pas plus pour un esprit dérangé de se sentir "investi" a régler le problème...

    • Daniel Côté - Inscrit 7 septembre 2012 12 h 49

      Personnellement, le commentaire le plus déplorable que j'ai entendu après l'attentat est celui de l'ex-ministre Serge Simard à la radio de Radio-Canada comme quoi en appuyant les manisfestations, Pauline Marois a amenée une culture de violence et qu'elle doit assumer ce qui arrive!

      Avec ce genre de raisonnement, il n'ai pas surprennant qu'il y a toujours quelqu'un pour dire d'une femme qui c'est fait violée qu'elle l'a cherchée!!!

  • Michel Lebel - Abonné 7 septembre 2012 07 h 59

    La poutre...

    La diabolisation n'est pas une chose à sens unique! Bien des souverainistes et nationalistes québécois diabolisent ou caricaturent les anglophones. Par exemple, combien de commentateurs ont utilisé à mauvais escient le prénom anglais de Jean Charest? Avant de parler, il faut se demander si on n'a pas une poutre dans son oeil. À commencer peut-être par la SSJBM?

    • Annie-Ève Collin - Inscrite 7 septembre 2012 11 h 46

      Vous avez raison, sauf que présentement, on parle d'une tentative de meurtre contre la cheffe du PQ, parti souverainiste et pro-français, qui a causé la mort d'un individu, et peut-être que ce genre d'incident va se reproduire, alors on cherche les causes afin de réagir pour que ça ne se reproduise pas. Mentionner que la diabolisation existe dans l'autre sens n'apporte aucune solution au problème.

    • - Inscrit 7 septembre 2012 12 h 16

      Faut être objectif quand même. Si vous lisez ou regardez les médias anglophones (ce que je fais à tous les jours), le vitriole contre le mouvement indépendendiste québécois frise l'illégalité en vertu du Code criminel et les commentaires eux sont souvent innommables. Je n'ai jamais vu un tel degré d'excès de langage employé dans des médias en français (mais j'avoue ne pas avoir tout lu...). Je pense que la rhétorique des médias anglophones est très exagérée et peut effectivement pousser des gens « borderline » à commettre des gestes qu'ils croient être pour le bien commun et la sauvegarde du pays.

      Évidemment, il faut tenir compte du fait que pour les média anglophones, l'indépendantisme vise le démembrement du Canada, un pays qu'ils tiennent à coeur et il est bien facile de glisser dans l'exagération quand il est question de son pays... mais ça ne l'excuse pas.

    • France Marcotte - Abonnée 7 septembre 2012 12 h 28

      Il peut bien y avoir animosité de part et d'autre mais la question est de savoir de quel côté est le pouvoir.

      Une mouche et moi, on peut bien se regarder de travers, mais moi seule ai le pouvoir d'écraser.

    • Daniel Côté - Inscrit 7 septembre 2012 12 h 44

      Bien que je n'approuve pas que l'on traite Jean Charest de "John James Charest" parce que personellement, je trouve que l'on tombe dans la démagogie, je doute que sous-entendre que Jean Charest travaille pour les anglais sous-entend qu'il travaille pour le diable!

      Beaucoup de sous-entendus....

    • Michel Lebel - Abonné 7 septembre 2012 13 h 18

      @ Annie-Ève Collin,

      Je pense que les événements que nous avons connus ces derniers mois au Québec ont mené à une banalisation de la violence et de l'illégalité. On dit bien qu'on récolte ce que l'on sème. Enfin je constate que certains médias écrits et vocaux laissent à peu près tout passer. Tout va, au nom de la liberté d'expression, ce qui est une fausse conception de cette liberté.

      Ceci étant dit, je crois que la tragédie du Metropolis a été l'oeuvre d'une personne déséquilibrée, qui n'avait plus sa raison. Geste qui peut malheureusement arriver dans toute société.
      N'oublions aussi jamais la fragilité des êtres humains. Ce qui exige la tenue de propos responsables, n'attisant aucune haine et exclusion.


      Michel Lebel

    • Pierre Simard - Inscrit 7 septembre 2012 14 h 33

      Vous direz ce que vous voulez mais, "John James" est son véritable nom!

    • Jean Blier - Inscrit 7 septembre 2012 14 h 41

      À Daniel Côté,

      c'est le nom sur son certificat de naissance, il l'a changé quand il s'est présenté en politique. C'est pas très démagogique.

  • Robert Bernier - Abonné 7 septembre 2012 08 h 17

    Il fallait le dire

    Bravo à la SSJBM pour avoir eu le courage d'exprimer clairement la présence de ce déclencheur. Ça fait des décennies que la communauté anglophone ne se gêne pas pour traiter tout francophone un tant soit peu nationaliste de nazi. Et les nazis étaient très très méchants, voyez-vous. Se rappelle-t-on, également, que, durant la campagne référendaire de 1995, des représentants de plusieurs municipalités du Montréal anglais avaient présenté une carte en vue de la partition de l'ouest de l'île? Et qu'on proposait d'appeler les chars d'assaut d'Ottawa en renforts? Je n'ai pas, alors, entendu beaucoup de grands représentants anglophones s'élever contre ces propos outranciers.

    Pas de doute que, quand la soi-disant "intelligentsia" se croit justifiée d'adopter de tels propos, quelques têtes chaudes ou quelques déséquilibrés se croient, eux, justifiés de passer à l'acte.

    La vie publique impose une responsabilité personnelle, un peu de maîtrise de soi, un minimum de sens civil.

    Robert Bernier
    Mirabel

    • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 7 septembre 2012 17 h 35

      Les minorités francophones au Canada sont traitées avec le critère du -là où le nombre le justifie-, la minorité anglophone est traitée au Québec par la construction d'un méga hôpital universitaire anglophone que le PQ ne remet pas en question de fait. La minorité anglophone québécoise bénéficie de tous les services à part le fait qu'elle n'est pas majoritaire au Québec. Toute cette question linguistique canadienne puisque le Québec majoritaire francophone reste une province est l'expression d'une totale inégalité qui mérite un point d'exclamation!

      Le problème aussi provient de ces Québécois francophones qui se fichent de la question qui ne lisent pas les journaux anglophones lorsque mêmes bilingues. Impossible de dire donc que le Québec par sa nature de langue française dans le Canada n'est pas menacé. Il faut que le gouvernement du PQ agisse avec les moyens d'un gouvernement minoritaire et confronte l'opposition à son irresponsabilité linguistique y compris de la part de la CAQ et QS.