Publicité du PLQ - Faux coup d’cochon

Le cinéaste Xavier Dolan
Photo: Agence France-Presse (photo) Alberto Pizzoli Le cinéaste Xavier Dolan

L'expertise du PLQ repose dans le détournement de paroles, d’images, et leur opportunisme surexcité d’un moment d’hésitation de Madame Pauline Marois, qui semble simplement, dans la vidéo qu’ils utilisent pour faire la promotion de leur parti, se questionner sur l’efficacité de sa méthode de « tapage ».

Je ne vois pas quelles conclusions les Québécois peuvent tirer de ce comportement circonstanciel, comme les y invite Jean Charest, sinon celle que deux couvercles l’un contre l’autre font moins de bruit qu’une cuillère à bois contre une casserole Starfrit. La contribution du PLQ à la culture générale québécoise est, en ce sens, inespérée.


Mais qu’elle porte toujours ou non le carré rouge, je préfère de loin l’image d’une dame qui prend la rue avec bonne humeur à celle d’un homme sur fond blanc qui, de sophismes exaspérants en silences inutiles, prétend protéger l’ensemble des Québécois et des étudiants, et se félicite d’être responsable et courageux d’un ton semi-sévère. Mais qui croit encore en son autorité morale ?


Car qu’advient-il des images de Jean Charest inepte face à la gestion de la crise étudiante ? Ou en position de déni acharné face à la demande de commission d’enquête ? Ou lors de son plaidoyer sur les gaz de schiste ? Ou encore en train de serrer la main de tous les protagonistes financiers impliqués dans son Plan Nord ? Ou même dans son lit baldaquin à Sagard ?


La matière est riche pour une riposte, mais ces images sont pour la plupart laissées à l’imagination des Québécois, ou à leur mémoire - dont on sonde ces temps-ci la faculté - ainsi qu’à se souvenir des points de presse, entrevues ou communiqués du PLQ.


Cette vidéo mystificatrice qu’il a mise en ligne s’inscrit dans une démarche de publicité négative contestable, et contestée. À la guerre comme à la guerre ! Mais l’initiative du Parti libéral d’utiliser ces images, de les mettre au ralenti, et de tenter d’illustrer la confusion ou la fantaisie de Pauline Marois, est finalement d’un piètre amateurisme.


Et le drame réel de ce brûlot n’est pas que l’équipe de Jean Charest manipule le peuple avec une constance éhontée ; mais plutôt qu’une partie encore trop importante de ce peuple puisse y souscrire avec une aveugle assiduité.


Réélire ce gouvernement, n’est-ce pas admettre notre imbécillité consentante ?

52 commentaires
  • André Martin - Inscrit 28 juin 2012 00 h 52

    «Nous avons, nous, une responsabilité. C'est que les Québécois soient bien informés»

    Xavier Dolan à parfaitement raison! Voici ce qu'a dit aujourd'hui (28 juin 2012) Jean Charest à propos de cette "publicité" du PLQ : «Nous avons, nous, une responsabilité. C'est que les Québécois soient bien informés»....

    Que Madame Marois ai voulu récupérer un peu de capital politique auprès des étudiants en utilisant l'un de leurs pacifiques moyens de pression (dont Charest se moque sottement!), c'est de bonne guerre! Ce qui est indigne cependant, et absolument démagogique et méprisable de la part du PLQ, c'est de récupérer ce petit instant dans la vie d'une députée, adaprée d'une séquence de vidéo numérique volée, pour ensuite complètement la trafiquée afin de dévaloriser cet adversaire politique.
    «Nous avons, nous, une responsabilité. C'est que les Québécois soient bien informés» : Tu parles, Gustave! Avec toi, je suis sûr d'être bien informé!!!
    Moi, je vous le dit : À jouer ce petit jeu pitoyable Charest se place la tête au mitant des deux couvercles de casseroles. Boiiingggg!
    Madame Marois a t-elle eu tort de jouer les Hare Krishna sur la voie publique avec des couvercles de casseroles dans une manifestation étudiante? Peut-être, mais moi, ça me rappelle un peu le bonnet de plastique de Gilles Duceppe dans une fromagerie : un brin ridicule, mais nullement indigne!

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 28 juin 2012 05 h 54

      Heu... Une question, c'est qui don' Gustave?

    • Jacques Gagnon - Inscrit 28 juin 2012 23 h 25

      Madame Marois ne se fait pas de capital politique, elle fait ce qu'on lui demande, autant les autres partis que le peuple, elle prend position. Elle expose ses idées à elle pour que nous puissions savoir où elle loge. Elle étoffe son programme, nous renseigne plus sur ce qu'elle fera, de sorte que l'on ait pas de surprise quand elle sera au pouvoir.

      Je n'aime pas que l'on affuble tout le temps les politiciens de sombres et basses oeuvres, de calculs malsains et de tactiques déloyales. Même quand ils essaient d'être honnêtes et de jouer le vrai jeu de la démocratie, on les ridiculise. En fait, c'est comme si on aimait ça, comme ça, et que l'on souhaitait secrètement pouvoir continuer éternellement à ne pas y croire.

  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 28 juin 2012 01 h 18

    pub ratée

    premièrement, merci Xavier pour ta contribution au débat.

    Effectivement, cette pub qui tente de donner une image de Marois comme étant presque sénile est d'un amateurisme flagrant. Non seulement elle démontre que le PLQ est désespéré, et même si je suis plus QS que PQ, cette pub vient enlever cette image de Castafiore qui lui collait à la peau.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Micheline Trépanier - Inscrite 28 juin 2012 02 h 06

    Tout un plat pour rien!

    Tout un plat pour rien ...
    Pauline Marois frappe des couvercles de casseroles dans une manifestation. Soit!
    Jean Charest a tenté lui de maintenir le couvercle sur la marmite de la corruption pendant combien de temps alors que tout le Québec réclamait une commission d'enquête? Vite une vidéo montrant Charest, la main sur le couvercle de la " marmite corruption" s.v.p
    Qui de Pauline ou James John devrait avoir à rougir le plus de son geste ?
    La réponse aux prochaines élections.

  • Michel Dion - Abonné 28 juin 2012 03 h 02

    La seule carte qu'il lui reste

    Semer la confusion, exploiter les faibles d'esprit et attiser la hargne des bien-pensants, voilà donc la dernière carte de Jean Charest. Cet homme cynique et retors ne s'en privera pas. Cet homme est petit, si petit qu'il tente de ramener le Québec à sa grandeur.

  • Yves Claudé - Inscrit 28 juin 2012 03 h 52

    «Vrai coup de cochon» : le mépris du droit économique et moral des créateurs !

    Monsieur Xavier Dolan, en maître de la symbolique, perçoit très bien l’incapacité d’un pouvoir aux abois à créer du sens, un sens national, social, rassembleur, … alors que le PLQ ne fait que tenter de détourner ou détruire du sens, entre autres à travers l’acharnement contre le carré rouge, et le mépris bourgeois d’un mode d’expression politique intrinsèquement populaire tel que celui des casseroles manifestantes.

    Cependant, le «vrai coup de cochon» de la part du PLQ, c’est le mépris du droit économique et moral des créateurs, mépris qu’il affiche et revendique avec un incroyable cynisme, lorsqu’il persiste dans le vol et le viol d’une œuvre de Monsieur Guy Séguin, auteur de la vidéo détournée par le gouvernement Charest.

    La ministre de la culture, Madame Christine St-Pierre, si éloquente récemment à propos de la symbolique de la couleur rouge, est à présent étrangement silencieuse lorsque son parti se comporte d’une manière délinquante en matière de droits d’auteurs. La ministre pense-t-elle qu’il est maintenant permis de piller et dénaturer les œuvres des créateurs, comme ce fut le cas pour Monsieur Claude Robinson ?

    Yves Claudé